C’était il y a 132 ans

La Tour Eiffel a été inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l’Exposition universelle de Paris qui commémora le centenaire de la Révolution française (33 millions de visiteurs). Elle devint contre toute attente le symbole universel de la capitale française.

La tour Eiffel et le Champ-de-Mars en janvier 1889 (Paul Delance, musée Carnavalet, Paris)
La tour en construction .

Un ingénieur de son temps

Le  »père  » de la Tour Eiffel, qui lui a donné son nom, est un ingénieur centralien très représentatif de son temps. Sa génération, exaltée par les progrès des techniques en tous genres,  est aussi celle de Ferdinand de Lesseps et de Jules Verne

 

Né à Dijon le 15 décembre 1832, avec un patronyme d’origine germanique, Bönickhausen dit Eiffel, le futur ingénieur laissera tomber la première partie de son nom pour ne pas apparaître allemand.

Gustave Eiffel  voit dans le fer le matériau de l’architecture du futur. Il crée sa propre société en 1867, à 35 ans, et met au point des structures métalliques en forme de treillis, qui allient légèreté, souplesse et résistance.

Homme d’affaires habile, il capte les marchés publics dans tous les pays d’Europe.

C’est ainsi qu’il réalise le viaduc Maria Pia, sur le Douro, au Portugal, à l’occasion d’une exposition universelle, puis le viaduc de Garabit, en Auvergne, en 1882. On lui doit aussi la gare de Budapest, en Hongrie, les charpentes métalliques du Bon Marché et du Crédit Lyonnais, à Paris, la coupole de l’observatoire de Nice mais aussi la structure de la statue de la liberté !

Gustave Eiffel est donc déjà un ingénieur de grand prestige quand le président de la République Jules Grévy   et le président du Conseil J. Ferry décident de célébrer le prochain centenaire de la prise de la Bastille avec faste, par le biais d’une Exposition universelle sur la vaste esplanade du Champ-de-Mars, au cœur de la capitale, au bord de la Seine.

Les organisateurs lancent dès 1884 l’idée d’une tour de 1000 pieds, soit environ 300 mètres, symbole de la grandeur retrouvée de la France et de la bonne santé des institutions républicaines, à peine troublées par le  »boulangisme  »

Un symbole républicain

Justement, dès mai 1884, deux ingénieurs du bureau d’études de la société Eiffel & Cie, Maurice Koechlin et Émile Nouguie, dessinent un pylône métallique géant. L’architecte Stephen Sauvestre lui donne la forme qu’on lui connaît, avec ses quatre pieds reliés par des arches qui font le lien avec l’architecture traditionnelle.

Gustave Eiffel affiche d’abord son scepticisme devant le projet. Mais il ne tarde pas à se raviser quand il voit prendre forme le projet d’Exposition universelle.

Il rachète alors pour cent mille francs le brevet déposé par ses deux ingénieurs le 18 septembre 1884, concernant la structure métallique.  Devenu seul propriétaire du projet, il est assuré de lui donner son nom !

C’est ainsi qu’il présente sa tour une semaine après le décret du 8 novembre 1884 qui institue l’exposition ! 

L’administration publie deux ans plus tard un cahier des charges de la future tour qui écarte opportunément le principal rival d’Eiffel. L’homme d’affaires a utilisé à bon escient sa fortune et son entregent… Sans trop de surprise, le projet de la société Eiffel & Cie est retenu à l’issue d’un concours au cours duquel s’affrontent une centaine de projets.

Indifférent dans un premier temps, Gustave Eiffel commence à s’intéresser au projet lorsqu’il en mesure la portée symbolique et médiatique. Il rachète alors à ses ingénieurs leurs droits sur le brevet déposé en commun, concernant la structure métallique.

D’emblée, les détracteurs sont légion.

Le 14 février 1887, Le Temps publie un manifeste de protestation signé par des personnalités du monde des arts et des lettres parmi lesquelles Leconte de Lille, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, Charles Garnier, Sully Prudhomme, Paul Verlaine :  » Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu’ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l’art et de l’histoire français menacés, contre l’érection, en plein cœur de la capitale, de l’inutile et monstrueuse tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d’esprit de justice a déjà baptisée du nom de « tour de Babel  »

En dépit de ces oppositions, la tour est construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours avec, sur le chantier, un total d’environ deux cents ouvriers… sans aucun accident mortel, ce dont Gustave Eiffel a tout lieu d’être fier (si ce n’est un ouvrier qui fait une chute en vaquant sur la Tour en-dehors des horaires de travail).

Elle mesure 318 mètres et pèse 10 100 tonnes, avec 18 000 pièces de structure en fer puddlé (un type de fer presque sans carbone, aujourd’hui délaissé, dont Gustave Eiffel appréciait la facilité de façonnage). Les pièces de la structure sont assemblées par 2.500.000 rivets. Il s’agit de gros clous chauffés à blanc et enfoncés dans un trou à travers deux pièces. L’assemblage se fait en aplatissant d’un coup de masse l’extrémité de la tige opposée à la tête.

Le 25 mars 1889, Gustave Eiffel lui-même fixe un immense drapeau tricolore au paratonnerre. Une semaine plus tard, le président de la République Sadi Carnot inaugure la Tour Eiffel.

Le succès populaire est immédiat. Pas moins de deux millions de visiteurs en font l’ascension pendant la durée de l’exposition, soit à pied soit en empruntant les ascenseurs de chacun des quatre piliers pour gagner les deuxième et troisième étages. Ces ascenseurs du Français Roux-Cambaluzier et de l’Américain Otis sont eux-mêmes révolutionnaires par leur technique et leurs performances.

Opportune radio :

Prévue pour être détruite après l’exposition, la Tour Eiffel devra sa survie à l’installation à son sommet, par Gustave Eiffel lui-même, d’un laboratoire de recherche et surtout d’une antenne destinée à relayer les premières émissions de radio vers les Parisiens. Cette fonction permettra à la Tour de durer assez longtemps pour devenir un élément incontournable du paysage parisien.

Si elle n’est plus depuis longtemps le plus haut édifice du monde, la « vieille dame », en dépit de sa beauté très relative, conserve les faveurs du public et l’amour des Parisiens. À preuve les illuminations et le feu d’artifice qui ont salué l’entrée dans le troisième millénaire.

Pour Gustave Eiffel, dont la postérité est assurée, l’avenir immédiat s’annonce quelque peu difficile. L’ambitieux homme d’affaires, grisé par le succès, s’était engagé à achever le percement de l’isthme de Panama avec Ferdinand de Lesseps. Mais la Compagnie de Panama a déposé son bilan le 16 décembre 1888. Des milliers d’épargnants sont ruinés. Il s’ensuit une procédure judiciaire et un procès , en 1893, au cours duquel Gustave Eiffel va être, non sans raison, soupçonné d’avoir tenté de corrompre médias et politiciens. Il est incarcéré quelques heures, est condamné à deux ans de prison et  n’échappe à sa peine que de justesse, grâce à une mesure de clémence de la Cour de cassation.

Toilettage :

En 2009, pour ses 120 ans, la Tour Eiffel s’est refait une beauté qui a nécessité 60 tonnes de peinture, 1500 brosses, 5000 disques abrasifs… et le travail de 25 artisans. C’est son dix-septième  » lifting  ».

 » La soupe aux cailloux  »….

En Sibérie, au nord de la Russie, vivait une vieille babouchka qui connaissait le secret du bonheur

secret du bonheur
Depuis de nombreuses années, cette babouchka allait de ville en ville pour dévoiler son secret à ceux qui voulaient bien l’écouter.
Alors qu’elle traversait un village qu’elle ne connaissait pas, elle frappa à toutes les portes afin de trouver un lit pour la nuit. Mais personne ne lui ouvrit.

»Ces gens restent chez eux, ils ne savent pas être heureux  », se dit-elle.  »Voilà un endroit pour moi !  »

La babouchka commença par ramasser du petit bois pour allumer un feu.

Puis elle alla remplir sa gamelle au puits et la posa sur le feu .

Un petit garçon s’approcha d’elle :

 » Que faites-vous ?  »

–  » Je fais une soupe aux cailloux  » , répondit-elle.  »D’ailleurs j’aurais besoin de trois grosses pierres rondes . Sais- tu où en trouver ?  »

Le petit garçon fila chercher trois belles pierres, qu’il lui tendit.

  » Ces pierres feront une excellente soupe  », dit-elle en les plongeant dans l’eau. » Dommage qu’on ne puisse pas en faire beaucoup dans cette gamelle  »…

–  Ma mère a une grosse marmite ! dit le garçon. Je vais la chercher ! 

Alors qu’il prenait la marmite, sa mère lui demanda ce qu’il faisait.

–  Il y a une » babouchka  » sur la place du village. Elle fait une soupe aux cailloux…

Une soupe aux cailloux ? songea-t-elle. J’aimerais bien voir ça !

La mère suivit son fils sur la place du village. Puis, intrigués par la scène, les villageois sortirent un à un de chez eux.

–  Évidemment, précisa la babouchka, la vraie soupe aux cailloux doit être assaisonnée avec du sel et du poivre, mais je n’en ai pas…

–  Moi, j’en ai ! dit un villageois.

Et il disparut avant de revenir avec du sel, du poivre et d’autres épices de la région.

La babouchka goûta la soupe :

–  La dernière fois que j’ai eu des pierres de cette forme, j’y ai ajouté quelques carottes, c’était délicieux !

–  Des carottes ? demanda une autre femme. Je crois que j’en ai une ou deux chez moi. Je vais voir…

Et la femme revint avec un panier rempli de carottes… ainsi que deux beaux choux, qu’elle se pressa de jeter dans la marmite.

–  Hum, soupira la babouchka. Quel dommage que je n’aie pas d’oignons, ce serait si bon !

–  Oh oui ! dit un fermier. Je cours en chercher !

Et petit à petit, chacun apporta de quoi enrichir la soupe. Quand l’un avait à cœur de donner, le suivant donnait plus encore. Poireaux, tomates, saucisses, lard fumé…. La soupe dégageait à présent une délicieuse odeur. Enfin, la babouchka déclara :

– La soupe est prête !

Tous se réunirent alors autour d’une grande table, apportant avec eux pains et boissons. Quel festin ! Au village, on n’avait jamais vu ça !

Après le repas, chants et danses se prolongèrent jusque tard dans la nuit.

Le village avait retrouvé le bonheur et la joie, grâce à trois cailloux et une vieille, très vieille babouchka.

N.B :  » grand-mère « , une babouchka désigne une vieille femme d ‘ origine Russe

Il y a 141 ans ….

Jules Ferry

( J.Ferry )

expulsait les religieux de l’enseignement :

Le 29 mars 1880, Jules Ferry , le ministre de l’Instruction publique prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois. Les congrégations catholiques non autorisées disposent du même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement.

Presque aussitôt 5 000 congrégationnistes sont expulsés sans ménagement et certaines municipalités anticléricales font même du zèle en expulsant aussi les religieuses qui se dévouent dans les hôpitaux. C’est le début d’une active politique de laïcisation de l’enseignement par Jules Ferry, fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une riche famille de libres penseurs .

Des Français mieux instruits ? :

Bien qu’on fasse souvent le rapprochement , le développement de l’instruction publique n’a pas( d’après ce que j’ai lu ) , de rapport avec la laïcisation de l’enseignement ….

En France, en 1686-1690, sous le règne de Louis XIV, 29% des hommes et 14% des femmes seulement étaient considérés comme sachant lire et écrire car capables de signer leur registre de mariage. Ils seront respectivement 47% et 27% en 1786-1790, à la veille de la Révolution.

L’État commence à s’ intéresser à l’éducation des enfants sous le règne de Louis-Philippe 1er

Louis Philippe 1er

À ce moment-là, la moitié des Français ne savent encore ni lire ni écrire et le pays est très en retard par rapport à l’Angleterre et d’autres pays de l’Europe du nord.

Le ministre François Guizot

F. Guizot ?

par la loi  »majeure  » du 28 juin 1833 met en œuvre l’instruction primaire publique en imposant l’ouverture d’au moins une école dans chaque commune. Sous Napoléon III , le ministre Victor Duruy  amplifie son action. Il développe les lycées et encourage l’instruction des filles malgré l’opposition des milieux traditionnels.

Donc, à la fin du Second Empire et avant que n’intervienne Jules Ferry, la France est déjà un pays fortement alphabétisé. Vers 1870, 72% des nouveaux mariés sont en mesure de signer le registre de mariage (78% des hommes, 66% des femmes). Dans le nord et l’est du pays, cette proportion dépasse même les 80%.

Au début de la IIIe République, l’enseignement primaire et secondaire a encore une forte connotation religieuse du fait de la  loi Falloux(selon laquelle les congrégations catholiques peuvent ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix.) , votée le 15 mars 1850, sous la précédente République (!), par une Assemblée à majorité conservatrice.

Cette loi oblige tous les instituteurs à inscrire le catéchisme au programme et à conduire les enfants à la messe ! Elle permet aussi aux congrégations religieuses et aux Frères des écoles chrétiennes d’ouvrir librement des établissements en-dehors du secteur public, avec les professeurs de leur choix, et leur permet d’accueillir jusqu’à la moitié des enfants dans ces établissements. La loi Falloux a pour effet de réveiller l’anticléricalisme ( .la loi Falloux limite cependant la possibilité pour l’État et les collectivités locales   de subventionner les établissements privés : les subventions ne peuvent pas excéder le dixième des dépenses annuelles de l’établissement )

____________________________________________

Jules Ferry et les dirigeants de la IIIe République veulent des citoyens instruits mais pas seulement ! Ils veulent aussi forger de bons républicains et de bons patriotes. c’est dans ce but qu’ils veulent exclure les religieux de l’enseignement.

Le jeune ministre dépose dès mars 1879 , un projet de loi pour retirer aux membres des congrégations non autorisées le droit d’enseigner mais le Sénat repousse le texte le 2 août.

Jules Ferry ne se laisse pas démonter pour autant et réplique par les deux décrets du 29 mars 1880, très vite appliqués. Sous le coup, le président du Conseil, Charles de Freycinet

Résultat d’images pour Charles de Freycinet
Ch . de Freycinet ?

, est obligé de démissionner le 19 septembre 1880. Il est remplacé à la tête du gouvernement par… Jules Ferry lui-même.

Le nouveau chef du gouvernement en profite pour compléter l’application de ses décrets. Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée

C. Sée

, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l’accès à un enseignement secondaire public où les cours de religion seront remplacés par des cours de morale.!!!!!

Un an après , il fait voter la création de l’École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées. L’Église n’a donc plus désormais le monopole de la formation des filles.

Jules Ferry établit par ailleurs la gratuité de l’enseignement primaire par la loi du 16 juin 1881 et le rend laïc et obligatoire par la loi du 29 mars 1882.

L’enseignement primaire, public, gratuit et obligatoire, devient le fer de lance de la IIIe République. Les personnes qui en sont de fervents adeptes exaltent les  » hussards noirs de la République  », modestes et dévoués instituteurs qui préparent les écoliers à devenir de bons citoyens et de fervents patriotes.

Une école en 1905

Parce que je l’ai un peu ce soir…..

…… »Avoir le cafard »…..

.……une expression mélancolique née de l’arabe et de Charles Baudelaire.

Quel est le rapport entre les cafards

Résultat d’images pour cafard insecte images

et la tristesse que l’on ressent quand on « a le cafard » ? Bien que l’insecte rampant ne soit pas connu pour son caractère festif, l’origine de cette expression est un peu plus complexe. À l’origine, le mot « cafard » vient de l’arabe « kafir », qui désignait un mécréant, soit une personne peu croyante. Dans la France du 16e siècle, le mot était d’ailleurs utilisé dans ce sens.

Sachant que  » Dieu est lumière  » ????, les personnes qui évoluaient dans les ténèbres ont naturellement été surnommés « cafards », tout comme les insectes qui, fourbes, grandissent dans les coins sombres et agissent de façon sournoise. Le verbe « cafarder » vint alors compléter ce portrait péjoratif rattaché à ce mot.

Cafard ou grillons selon la rive du Rhin

Mais c’est Charles Baudelaire qui va en réalité populariser cette analogie entre l’insecte et l’état d’esprit dans la langue courante. Dans Les fleurs du Mal, le poète maudit écrit à propos du démon :

« Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art, la forme de la plus séduisante des femmes.

Et, sous de spécieux prétextes de cafard, accoutume ma lèvre à des philtres infâmes. »

Charles Baudelaire :

Afficher l’image source

à qui l’on doit également l’invention du « spleen », était un expert dans le champ lexical de tout ce qui plombe le moral. D’ailleurs c’est aussi ce poète du 19e siècle qui a dit « La vie a une fin, le chagrin n’en a pas ». Voilà de quoi avoir le cafard. Ou les grillons lol .

Parlant du  » Démon  » :
 » Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art,
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.  »

( Baudelaire )

Car c’est cet animal qu’a retenu la langue allemande, dans laquelle on exprime sa mélancolie en disant que l’on « a attrapé des grillons ». En Roumanie, on dit « être tombé dans un puits à mélancolie », une expression qui n’est pas animalière, mais qui a le mérite d’être claire.

Rouge, jaune, brun…..

…La tour Eiffel est passée par toutes les couleurs :

Avant les jeux olympiques de 2024 ,la Tour Eiffel s’offre un lifting de grande envergure .Du  » brun Tour Eiffel  » , le monument devrait passer à une teinte dorée ! Ce sera un  » retour aux sources pour l’œuvre de G. Eiffel ….Ce ne sera pas son premier  » coup de peinture , mais cette fois ci , le Tour s’offre un changement de look inédit puisque les travaux débutés en 2019 , ne seront terminés qu’en 2022 . Il faut noter que le travail est considérable : Pour cette 20 ème couche de peinture , la Tour Eiffel au 18000 pièces métalliques et 2,5 millions de rivets , il faudra d’abord la débarrasser de ses 19 couches de peinture précédentes avec un décapage qui doit entre’ autre ,permettre de retire le plomb des anciennes peintures .

Appliquée tous les sept ans , sur la demande de Gustave Eiffel lui même , ces couches de peinture sont nécessaires à la bonne tenue de la Tour , ( pas seulement esthétiques ) . La Tour est construite en fer  » puddlé  » , et ce matériau , parait il , doit être protégé de la corrosion qu’il subirait si il était exposé  » à nu  » aux intempéries .

Un brun  » Tour Eiffel  » depuis 1968 :

En 1889 , pour l’ Exposition universelle , trois ans plus tard ,elle est passée à l’ocre brun puis ,en 1889 , à une variation de cinq jaune en 1899 ; jaune -brun de 1907 à 1947 , rouge brun de 1954 à 61 et , enfin à un  » brun tour Eiffel  » conçu spécialement pour le monument en 1968 , ce brun dégradé sur trois tonalités des pieds au sommet de la Tour Eiffel aurait été choisi pour rester en harmonie avec le paysage de la capitale . Les experts des monuments historiques de Paris et le ministère de la culture , après une analyse  » fine  »des différentes couleurs dont avait déjà été » parées  » le monument ,ont décidé de redonner un  » coup de jeune  » à la tour en choisissant de la faire revenir au  » brun jaune  » de 1907 . Environ 60 tonnes de peinture seront appliqués à  » l’œuvre  »de 10000 tonnes !

Un travail qu’on peu qualifier d’équilibriste minutieux puisque , au risque de déformer certains éléments , la Tour ne doit pas dépasser un certain poids …..

Il y a 660 ans !!!!!!

Finalement, notre époque n’a rien inventé du point de vue monnaie ( dévaluation, création de nouvelle  »pièce  » , monnaie, ) etc….Comme :

Le 5 décembre 1360, à Compiègne, le roi Jean II crée une nouvelle monnaie, le  » franc  », de même valeur que la monnaie existante, la livre tournois.

La fille du roi mariée contre rançon :

Portrait de JeanIIle Bon (musée du Louvre)Jean II le Bon ( » le Bon  » à l’époque =  » le Brave  ») a été fait prisonnier à la bataille de Poitiers . Il a subi une longue captivité en Angleterre et son geôlier, le roi anglais Édouard III, pour le libérer , a réclamé une énorme rançon, environ trois millions de livres tournois, soit 12,5 tonnes d’or. !

Comme le royaume est ruiné , pour obtenir une partie de la rançon, Jean accepte une  »mésalliance  » avec le riche duc de Milan, Galéas Visconti. Il  »vend » sa fille Isabelle contre 600 000 livres à cet homme ,qui n’est qu’un marchand issu de basse classe .

Édouard III accepte de libérer son prisonnier après un premier versement de 400 000 livres. Mais le roi de France doit s’engager à verser le reste et pour cela n’hésite pas à endetter son pays. Ce qui fait que, sur le chemin du retour, à Compiègne, il prend trois ordonnances. Il crée , pour commencer ,de nouvelles taxes et généralise l’impôt sur le sel, la fameuse gabelle qui va devenir incontournable et très impopulaire ).

Le franc, rival du florin :

Pour rendre le règlement de sa rançon plus facile , le roi crée ensuite le  » franc  ». La nouvelle pièce commémore sa libération comme l’indique son nom (franc et affranchissement sont synonymes de libre et libération)

Le roi déclare , rappelle dans son ordonnance:

 » Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours  ».  » Nous avons ordonné et ordonnons que le Denier d’Or fin que nous faisons faire à présent et entendons à faire continuer sera appelé Franc d’Or  ».

Le premier franc :

Le franc à cheval
Le franc de 1360 est en or fin de 3,88 grammes. Il vient en complément de l’écu d’or qu’avait introduit Saint Louis au siècle précédent, et de la livre tournois en argent. Il vaut une livre ou vingt.????

Le premier franc représente le roi à cheval avec la légende  » Johannes Dei GratiaFrancorum Rex  ». Une version ultérieure du franc, en 1365, représentera le roi à pied (le  » franc à pied  » lol ).

Jean II le Bon et son fils, le futur Charles V suivirent pour la monnaie les recommandations de leur conseiller Nicolas Oresme. Dans son Traité des Monnaies (1370), ce clerc, philosophe et traducteur d’Aristote, prône une monnaie stable, garante de la puissance du souverain, capable de rivaliser sur les marchés avec le prestigieux florin de Florence, qui domine l’Europe depuis déjà un siècle.

Au Moyen Âge, les pièces de monnaies  tirent leur valeur de leur poids en métal précieux (or ou argent). Les pièces de différents pays peuvent circuler côte à côte sur les marchés, leur attrait dépendant de la confiance que le public accorde à l’émetteur. Si celui-ci est suspect de tricher sur la quantité de métal précieux ou de laisser faire les faux-monnayeurs, sa monnaie tendra à être rejetée par le public et dévalorisée à son détriment.

Une rançon pour rien :

Pendant que les Français s’échinent à payer au roi anglais la rançon pour la libération de son souverain, ce dernier revient en Angleterre comme prisonnier volontaire !! pour laver l’honneur d’un otage français qui s’était enfui sous prétexte d’un pèlerinage,( son propre fils, Louis d’Anjou, pressé de rejoindre sa jeune épouse ).

 » Vous avez blêmi l’honneur de votre lignage  », lance le roi à son trop malin rejeton. Jean II le Bon meurt en prison , le 8 avril 1364… De mauvaises langues susurrent que c’est moins l’honneur que le souvenir d’une belle Anglaise qui l’a ramené dans sa confortable prison.

Vicissitudes du franc :

La France, du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, se montre attachée au  » bimétallisme  » : pièces principales en or et subdivisions en argent.

Le financier John Law (National Portrait Gallery, Londres)Le franc poursuit une carrière  » à éclipses  ». La pièce de Jean II le Bon et de Charles V est frappée jusqu’en 1385. Une pièce du même nom mais en argent reparaît brèvement en 1576 sous le règne du roi Henri III. À partir de Louis XIII, le franc n’est plus qu’une unité de compte. Il disparaît au profit de la livre, elle-même divisée en 20 sous ou 240 deniers. Mais dans le langage courant, on continue de parler de franc plutôt que de livre.

Au XVIIIe siècle, on tente à deux reprises d’introduire des billets en plus des pièces, les billets étant gagés sur des richesses réelles ou à venir.

Ce sont les ressources de la colonie de Louisiane dans le premier cas (expérience de John Law, sous la Régence, en 1716-1720) et les biens enlevés au clergé et aux émigrés dans le second cas (création des assignats  par l’Assemblée Nationale, au début de la Révolution, en décembre 1789). 

Dans les deux cas, les pouvoirs publics ne résistent pas à la tentation d’imprimer plus de billets qu’ils n’ont de richesses en gage.

Un assignat de la RévolutionCes billets sans contrepartie sont très vite rejetés par le public et l’on en revient à chaque fois aux pièces d’or ou d’argent.

Les pièces en franc sont remises à l’honneur par la Convention, sous la Révolution.

Une loi du 7 avril 1795, confirmée le 15 août 1795, fait du franc l’unité monétaire de la France, en remplacement de la livre. La nouvelle unité monétaire, très simple d’emploi avec ses décimes, ses centimes et ses millimes, est immédiatement adoptée.

Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul , lui donne une base stable par la loi du 7 Germinal an XI (27 mars 1803) qui définit la nouvelle pièce de 1 Franc par  »5 grammes d’argent au titre de neuf dixièmes de fin  ». Une  pièce en or de 20 francs est également créée sous le nom de Napoléon.

Bonaparte institue une Banque de France  pour soutenir la nouvelle monnaie et développer la monnaie scripturale (= fictif, reposant sur des écritures ).

Le   »franc germinal » va traverser avec succès le XIXe siècle ? ! ses changements de régime et même la défaite de 1870. Respectueux de la monnaie nationale, les insurgés de la Commune épargnent le stock d’or de la Monnaie. Sa stabilité vaut même au franc germinal d’être adopté comme référence commune par de nombreux pays au sein de l’  » Union latine  »

Dévalué après la Guerre de 1914-1918, le franc germinal est remplacé par un franc  » au rabais  », le  »franc Poincaré  », en 1928.

Le franc a duré comme monnaie de référence de la France jusqu’au 31 décembre 2001, dernier jour avant l’euro . Il subsiste dans les anciennes colonies françaises d’Afrique et du Pacifique ainsi qu’en Suisse …..

 » Mêles toi ….

…de tes oignons  »

Pour qui aime , les petits oignons rissolés, confies …..c’est délicieux ( moi….bofff ) ; c’est la raison pour laquelle on dit d’une personne affriolante à souhait qu’elle est  » aux petits oignons  »

Cependant , les oignons dont on conseille de se mêler n’ont rien à voir avec la gastronomie :Autrefois , le mot désignait les  » arpions  » ou le bas du dos => l’expression signifie tout simplement  » occupes toi de tes pieds ou de tes fesses  » Mais le bulbe

Résultat d’images pour bulbe d'oignon

représente aussi une autre partie du corps que l’on nomme aussi en terme argotique , populaire  » l’oigne  »( en clair : l’anus ! )

ou encore l’olive

, l’oeiller et enfin  » l’as de pique  » , » le  » trou du souffleur  » , où on conseille souvent de se mettre diverse choses !

_________________________________________________________

Pas de commentaire depuis plus de 7 jours => Je les bloque !

marin-francis08@outlook.com

fralurcy085903@gmail.com

R.A.S…..

.….Tout le monde s’en fiche , mais je n’ai pas envie d’écrire sur mes blogs cette nuit . Si ce n’est que Manu est venu avec mes deux adorables petites filles , nous sommes allés au restaurant ( Manu a payé )….Puis il a insisté pour que nous allions faire des courses dans un super marché et là aussi , il a tout payé ! => Placards et frigo sont plein !

Et ce mercredi après – midi , je lui ai promis d’aller à cette fameuse  » épicerie solidaire  » dont je parlais il y a quelques jours sur mes blogs …

Bonne journée à vous qui passeriez .A ce soir peut être

F.

La chandelle….

Comme chacun sait , l’expression  » tenir la chandelle  » signifie que l’on se sent de trop, que l’on se sent mal à l’aise en présence d’un couple, ne pas savoir ou se mettre et même s’en retrouver gêné , ennuyé voire en colère car le couple semble dans son monde rien qu’à lui ou flirte, par exemple.

 

Origine de cette expression ?


Aujourd’hui l’expression a donc un sens figuré mais à l’époque de son origine, au XIXème siècle, elle était utilisée littéralement !: Lorsqu’un couple marié souhaitait avoir des rapports sexuels, il faisait appel à une femme de chambre ou un valet afin qu’ils éclairent la pièce en tenant une chandelle pendant toute la durée des ébats du couple.!!!!! De là, en imaginant l’embarras occasionné par une telle  » mission  » au valet ou la femme de chambre, l’expression a donc pris le sens qu’on lui connait maintenant.

________________________

 » économiser le bouts de chandelles  » ?

Vers 1780 , les 6 valets de chambres de Louis XVI récupéraient les  » fonds de bougies  » des appartements du roi à Versailles ,Fontainebleau et Compiègne …..But de la manœuvre ? Ils comptaient les revendre à des ciriers afin d’arrondir leurs fins de mois !

La cire , une matière rare et précieuse :

A l’époque , la cire est encore une denrée rare et précieuse : Nobles et bourgeois laissaient leurs domestiques s’adonner à cette pratique du trafic de cire car le profit à en tirer leurs semblaient dérisoire ….D’où l’expression quelque peu méprisante :  » Faire des économies de bouts de chandelles  » ……Toujours utilisée aujourd’hui en parlant d’une personne qu’on croit / juge avare par exemple …..

C’était il y a…..

Environ 80 ans: Trotsky

Résultat d’images pour Léon Trotski

assassiné : ( NUL mais simplement pour tester le nouvel éditeur ..QUE JE N’AIME PAS !)=> Copié sur le net !

Le 20 août 2020 marque le 80e anniversaire de l’assassinat de l’internationaliste révolutionnaire, Léon Trotsky. Avec Vladimir Ilitch Lénine, Trotsky était le principal dirigeant et représentant international de la révolution russe en 1917. C’est lui qui, le 7 novembre (le 25 octobre sur le calendrier occidental), annonce au nom du Comité militaire révolutionnaire le renversement du gouvernement provisoire et dirige la défense de Petrograd contre l’offensive des Cosaques contre-révolutionnaires. Au gouvernement soviétique, il occupe le poste de Commissaire aux Affaires étrangères et prône la fin du carnage impérialiste commencé en 1914. C’est Trotsky qui mène les négociations de Brest-Litovsk au nom du gouvernement soviétique pour mettre fin aux hostilités. En tant que Commissaire du Peuple à la Guerre, Trotsky a joué un rôle décisif dans la défense de la république soviétique, pendant la guerre civile et dans la défaite de l’intervention militaire d’une large coalition de puissances étrangères, dont la France, dans le but était de noyer la révolution dans le sang.

Résolument internationalistes, Lénine et Trotsky comprenaient et expliquaient franchement aux travailleurs du monde entier que la démocratie soviétique ne pouvait pas se maintenir sans l’extension internationale de la révolution socialiste, et notamment dans les pays les plus économiquement et socialement avancés de l’Europe occidentale. L’épuisement de la révolution dans un pays arriéré et dévasté par des années de guerre et de blocus économique a acculé le régime révolutionnaire à faire des concessions aux intérêts capitalistes dans le cadre de la Nouvelle Politique Economique (NEP). Il fallait gagner du temps dans la perspective de victoires révolutionnaires possibles au-delà de ses frontières. Mais les défaites subies en Europe, et notamment celle de la tentative révolutionnaire de 1923 en Allemagne, ont inauguré une période de contre-révolution et de stabilisation capitaliste à l’Ouest, condamnant la révolution russe à l’isolement et l’épuisement qui ont préparé le terrain au développement de la contre-révolution bureaucratique. Au cours des années 20, Trotsky s’est battu vaillamment pour défendre la démocratie soviétique et une politique révolutionnaire internationaliste, face à l’émergence du régime bureaucratique incarné par Staline, qui a ordonné son exil à Alma-Ata en janvier 1928.  En Turquie (à partir de février 1929), et puis successivement en France, en Norvège et finalement au Mexique, Trotsky n’a jamais abandonné ce combat. Tout au long de ces années d’exil et jusqu’au jour de son assassinat, les écrits et les discours de Trotsky constituent un véritable trésor théorique, historique et programmatique et méritent d’être étudiés par tous ceux qui, de nos jours, souhaitent un dénouement révolutionnaire de l’impasse dans laquelle le capitalisme a mené l’humanité.

Les  » procès de Moscou  » sont souvent cités, à juste titre, pour illustrer la nature contre-révolutionnaire du régime stalinien. Entre 1936 et 1939, pratiquement tous les membres du Comité Central de l’époque de Lénine vivant en URSS – dont par exemple Zinoviev, Kamenev, Smirnov Piatakov, Sojoknikov, Toukhatchevski, Boukharine, Rykov et Rakovsky – ont été massacrés. Mais les victimes de ces « procès », dont les noms et les parcours nous sont connus, ne doivent jamais faire oublier les centaines de milliers de communistes « de base » qui ont été fusillés dans les camps de concentration du régime stalinien. Il fallait exterminer en masse tous les éléments révolutionnaires au sein de la société, ainsi que leurs parents, leurs enfants, leurs amis et même, dans bien des cas, des individus dont le seul « crime » étaient d’être des voisins ou de vagues connaissances des condamnés.

Malgré les calomnies de Staline et de la bureaucratie, Trotsky reste l’une des plus grandes figures historiques du mouvement ouvrier international. En 1940, Staline – en alliance, à l’époque, avec Hitler, avec, à la clé, le partage et la « disparition » de la Pologne – ne pouvait permettre Trotsky de rester plus longtemps en vie. Après une première tentative d’assassinat en mai 1940, avec l’entrée nocturne d’un groupe d’hommes armés jusqu’à dans la chambre de Trotsky et de sa femme Natalia, et pendant laquelle son petit-fils, âgé alors de 14 ans, a reçu une balle de mitraillette dans son pied, une nouvelle tentative a été organisée au mois d’août.

Le petit-fils en question, Esteban (Sieva) Volkov, qui vit encore à Coyoacan, non loin de l’ancienne maison de son grand-père, nous a expliqué qu’après cette première attaque, certaines choses ont été modifiées dans la maison. « On a installé une porte métallique, de nouvelles fenêtres et des tours de surveillance pour les gardes. Trotsky était un peu sceptique quant à l’utilité réelle de tout ce travail. Il était persuadé que la prochaine attaque ne serait pas du même genre. Et il avait raison. Personne n’aurait pu imaginer que « Jackson » [Ramon Mercader], le compagnon de Sylvia Ageloff [une secrétaire], et qui ne s’intéressait pas à la politique – un homme d’affaires généreux, qui sympathisait avec les gardes, etc. – était en réalité un agent de la police secrète de l’URSS. Et finalement, c’est lui qui est parvenu à accomplir la volonté de Staline. 

Le 20 août, je revenais de l’école par la rue de Vienne, une rue assez longue, et lorsque j’arrivais à trois intersections de la maison, j’ai remarqué que quelque chose se passait. Je me suis mis à courir ; j’étais angoissé. Plusieurs officiers de police se tenaient devant la porte, qui était ouverte. Une voiture était là, mal garée. En entrant, j’ai vu Harold Robbins, l’un des gardes, qui tenait un revolver et était très agité. Je lui demandai : « Que se passe-t-il ? ». Il me répondit : « Jackson, Jackson… ». Je n’ai pas compris immédiatement, et continuais à marcher. Je vis alors un homme, tenu par deux policiers et dont le visage ruisselait de sang, criant et en larmes… C’était Jackson.

En entrant dans la maison, je réalisais ce qui venait de se passer. Natalia et les gardes étaient là. Je me souviens de ce détail : même à cet instant, malgré son état, Trotsky a refusé que son petit-fils assiste à la scène. Cela montre la grande qualité humaine de cet homme. De même, il eut la présence d’esprit de recommander de ne pas tuer Jackson, disant qu’il était plus utile vivant. Mais les gardes ont tout de même frappé Jackson… »

Dans cette même maison, aujourd’hui, le Musée Léon Trotsky, quelques mois avant son assassinat, plus exactement le 27 février 1940, Trotsky a rédigé quelques lignes dans son journal, auxquelles on fait souvent référence sous la désignation de « testament ». Les voici :

« Ma haute (et sans cesse montante) pression sanguine trompe mon entourage sur mon réel état de santé. Je suis actif et capable de travailler, mais l’issue est manifestement proche. Ces lignes seront publiées après ma mort.

Je n’ai pas besoin de réfuter une fois de plus ici les stupides et viles calomnies de Staline et de ses agents : il n’y a pas une seule tâche sur mon honneur révolutionnaire. Je ne suis jamais entré, que ce soit directement ou indirectement, dans aucun accord en coulisse, ou même négociation, avec les ennemis de la classe ouvrière. Des milliers d’opposants à Staline sont tombés victimes de semblables fausses accusations. Les nouvelles générations révolutionnaires réhabiliteront leur honneur politique, et agiront avec les bourreaux du Kremlin selon leurs mérites.

Je remercie chaleureusement les amis qui me sont restés loyaux à travers les heures les plus difficiles de ma vie. Je n’en nommerai aucun en particulier faute de pouvoir les nommer tous. Cependant, je me crois justifié à faire une exception pour ma compagne, Natalia Ivanovna Sedova. En plus du bonheur d’être un combattant pour la cause du socialisme, le destin m’a donné le bonheur d’être son époux. Durant les presque quarante ans de notre vie commune elle est restée une source inépuisable d’amour, de grandeur d’âme et de tendresse. Elle a subi de grandes souffrances, surtout dans la dernière période de notre vie. Mais je trouve quelque réconfort dans le fait qu’elle a connu aussi des jours de bonheur.

Pendant quarante-trois années de ma vie consciente, je suis resté un révolutionnaire ; pendant quarante-deux de ces années, j’ai lutté sous la bannière du marxisme. Si j’avais à tout recommencer, j’essaierais certes d’éviter telle ou telle erreur, mais le cours général de ma vie resterait inchangé. Je mourrai révolutionnaire prolétarien, marxiste, matérialiste dialectique, et par conséquent un athée irréductible. Ma foi en l’avenir communiste de l’humanité n’est pas moins ardente, bien au contraire elle est plus ferme aujourd’hui qu’elle n’était au temps de ma jeunesse.

Natacha vient juste de venir à la fenêtre de la cour et de l’ouvrir plus largement pour que l’air puisse entrer plus librement dans ma chambre. Je peux voir la large bande d’herbe verte le long du mur, le ciel bleu clair au-dessus du mur et la lumière du soleil partout. La vie est belle. Que les générations futures la nettoient de tout mal, de toute oppression et de toute violence, et en jouissent pleinement. »