Savoir çà aussi est inutile…

  1) La  » dysanie  » est le fait d’avoir du mal à se lever le matin ! ( j’en  » souffre  » ) Résultat d’images pour dysanie

 2) Selon l’OMS, une personne décide de mettre fin à ses jours toutes les 40 secondes dans le monde.Résultat d’images pour images illustrations personnes se suicidant avec arme à feu

   Chaque année, 800 000 personnes mettent fin à leurs jours. Un chiffre en baisse depuis 2010, mais qui reste très alarmant.

Toutes les 40 secondes, une personne sur Terre décide de mettre fin à ses jours. À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide , l’Organisation mondiale de la santé a  publié  un rapport chiffré sur ce phénomène. L’OMS indique qu’entre 2010 et 2016, le taux mondial a diminué de 9,8%, avec des baisses allant de 19,6% dans la région du Pacifique occidental à 4,2% dans la région de l’Asie du Sud-Est. 

    L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud sont les seules régions ayant enregistré une hausse (+6%) : l’accès aux armes à feu y est un important moyen de suicides, selon l’OMS. La baisse du taux mondial s’explique en partie par le fait qu’un plus grand nombre de pays dispose de stratégies de prévention. 

 »stéatopyge  »?

Résultat d’images pour images , illustrations femmes avec belle '' chute de reins ''                                              Résultat d’images pour photos , images stéatopyge

           Pourquoi ces deux images/photos de postérieurs féminins ? ( çà aurait pu être des masculins  mais….c’est tout de même plus agréable du point de vue  » plaisir des yeux  » ) …Pourquoi donc , simplement parce que j’ai lu  le mot  » stéatopyge  » que je ne connaissais pas , même si je me doutais que , comme  » callipyge  »  , il avait un rapport avec disons la  » chute de reins  » ..(Ne serait ce que via la chanson de Mr Brassens ) ..

    Disons donc que la première photo ,  » en haut  »  peut correspondre à  » callipyge  »  et les secondes , à droite à  » stéatopyge  » ( même si ce n’est pas flagrant ) , cet adjectif , d’après ce que j’ai lu a comme définition  :  » Qui est caractérisé par un développement exagéré du tissu adipeux fessier  » …..C’est à dire , dans le langage commun  :  » Qui a un gros cul  » …..oups ! 

 ( Cependant , quand  » pyge  » est associé à  » géo  » , on obtient alors, une insulte  imagée dont l’équivalent en langage courant serait  » cul- terreux  » )

___________________________________________________________

Bonnus : Mr Brassens …( pas de vidéo  » convenable  » )=> Paroles

Que jamais l’art abstrait, qui sévit maintenant
N’enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce
Qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison
Que ne suis-je, madame, un poète de race
Pour dire à sa louange un immortel blason

En le voyant passer, j’en eus la chair de poule
Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui voue
Un culte véritable et, quand je perds aux boules
En embrassant Fanny, je ne pense qu’à vous

Pour obtenir, madame, un galbe de cet ordre

Vous devez torturer les gens de votre entour
Donner aux couturiers bien du fil à retordre
Et vous devez crever votre dame d’atour

C’est le duc de Bordeaux qui s’en va, tête basse
Car il ressemble au mien comme deux gouttes d’eau
S’il ressemblait au vôtre, on dirait, quand il passe
 » C’est un joli garçon que le duc de Bordeaux ! « 

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent
Que vous avez placé votre orgueil un peu bas
Que vous présumez trop, en somme de vos fesses
Et surtout, par faveur, ne vous asseyez pas

Laissez-les raconter qu’en sortant de calèche
La brise a fait voler votre robe et qu’on vit
Écrite dans un coeur transpercé d’une flèche

Cette expression triviale :  » A Julot pour la vie « 

Laissez-les dire encor qu’à la cour d’Angleterre
Faisant la révérence aux souverains anglois
Vous êtes, patatras ! tombée assise à terre
La loi d’la pesanteur est dur’, mais c’est la loi

Nul ne peut aujourd’hui trépasser sans voir Naples
A l’assaut des chefs-d’oeuvre ils veulent tous courir
Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables:
Voir votre académie, madame, et puis mourir

Que jamais l’art abstrait, qui sévit maintenant
N’enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité

Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

 

 

 

C’était il y a….

176 ans :

24 mai 1844 : premier télégramme en morse :

A Baltimore, aux États-Unis. L’un des inventeurs, l’Américain Alfred Vail Résultat d’images pour alfred vail images jpg  , reçoit un message télégraphique constitué de points et de traits. C’ est le jour de la première communication en morse.Résultat d’images pour alfred vail images jpg

Et que dit-il, ce message codé ?
 » What hath god wrought  » ( Ce que Dieu a forgé ) . L’auteur du message n’est autre que Samuel Morse , concepteur de l’alphabet Résultat d’images pour images message en morsedu même nom. Il se trouve alors à 600 kilomètres de là, à Washington, au Capitole.  Inutile de dire qu’après des années de recherche de tâtonnement, les deux interlocuteurs exultent !

 

 

En Suisse…..

 

C’était aussi un 20 mai …

  Il y a 218 ans : Bonaparte légalise l’esclavage !

     Par le décret du 30 Floréal An X (20 mai 1802), Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage. Par pragmatisme (simple capacité à s’adapter aux contraintes de la réalité) , dans le souci de stabiliser les colonies françaises, le Premier Consul veut le maintenir là où il n’a pas été encore aboli…

N.B : L’esclavage est alors couramment  pratiqué en-dehors de l’Europe occidentale, et pas seulement dans les colonies européennes. Il est commun en Afrique comme en Asie. Il ne scandalise que les franges éclairées des Occidentaux. L’abolir dans les seules îles à sucre françaises aurait  sans doute été prématuré et aurait entraîné  l’éloignement l’Angleterre mais aussi l’Espagne et le Portugal de la République française.

 Une première abolition très limitée :

L’esclavage avait été en théorie aboli huit ans plus tôt par le décret de Pluviôse (4 février 1794). En réalité, cette mesure sans précédent votée par les députés de la Convention n’a pris effet qu’en Guadeloupe et à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti).

Les planteurs de la Martinique ont préféré se livrer aux Anglais au printemps 1794 plutôt que d’affranchir leurs esclaves.

Dans l’océan Indien, les colons de l’île de la Réunion et de l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice) ont réussi à s’opposer à l’application du décret.

 Pour ce qui est de la grande île de Saint-Domingue, elle a attendu le départ des Anglais, chassés par Toussaint Louverture en octobre 1798, pour appliquer le décret et abolir l’esclavage. Encore les anciens esclaves n’ont-ils  » troqué   » leur statut que pour celui de travailleurs forcés, avec la bénédiction de leur libérateur, Toussaint Louverture…

Le Premier Consul,  aurait sans doute souhaité s’en tenir au statu quo. Mais il est pris de court par la restitution de la Martinique à la France à la paix d’Amiens (25 mars 1802) et plus encore par les velléités indépendantistes de Saint-Domingue.

Les colonies en ébullition

À Saint-Domingue, Toussaint Louverture ne veut pas en rester à sa victoire sur les Anglais. Le 8 juillet 1801, le leader noir chasse les Espagnols de la partie orientale de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de l’île réunifiée.!

Il mène  une politique indépendante et signe des contrats de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne.

C’est  »plus que n’en peut supporter  » Napoléon Bonaparte. Dès 1799, celui-ci caresse le désir de reconstituer un empire colonial aux Amériques  » conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789  ».

 Profitant du répit offert par la paix signée à Lunéville avec l’Autriche, il décide de rétablir à Haïti la souveraineté française.

    Le 14 décembre 1801, une flotte de 36 navires appareille de Brest avec 23 000 hommes sous le commandement du général Leclerc pour reprendre Saint-Domingue. L’expédition dépasse en importance celle que Bonaparte conduisit en Égypte trois ans plus tôt… Son échec sera encore plus dramatique !

Le 2 mai 1802, une autre flotte de 11 navires débarque 3500 hommes en Guadeloupe sous le commandement du général Antoine Richepance. Elle a pour mission de restaurer l’ordre dans l’île où un conseil animé par des officiers de couleur a pris le pouvoir.

Un décret mal inspiré  …..

Vu le  contexte, le Premier Consul est sommé de choisir : appliquer partout le décret de Pluviôse ou ne l’appliquer nulle part.

Il est encouragé à l’abolir par Cambacérès , avocat des planteurs, peut-être aussi par sa propre femme, Joséphine de Beauharnais, issue d’une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie ; l’un et l’autre mettent en avant les difficultés des milieux d’affaires coloniaux depuis l’abolition de 1794.

   Il signe enfin le décret par lequel il légalise à nouveau l’esclavage dans les colonies où il perdure.

     L’esclavage revient à priver les hommes de couleur de leur citoyenneté et les travailleurs des plantations de leur salaire ; les maîtres ont le droit de punir leurs esclaves sans passer par la justice civile.

Le décret du 30 floréal An X (20 mai 1802) :

DÉCRET:
ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d’Amiens, du 6 germinal an X, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.

II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789.

IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement.

   Le décret du 30 floréal va avoir pour la France un résultat désastreux en poussant à la révolte les anciens esclaves de Saint-Domingue et en précipitant la perte de l’île.

Naissance du préjugé de couleur :

  Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les souverains européens toléraient l’esclavage aux colonies mais n’assimilaient pas les esclaves aux Noirs. Ils ne tenaient pas ceux-ci pour une race inférieure vouée à l’esclavage comme l’atteste la présence d’un certain nombre d’Africains ayant des fonctions élevées à la cour de Versailles et dans d’autres cours européennes, y compris Saint-Saint-Pétersbourg, avec l‘aïeul africain du poète Pouchkine.

Au milieu du siècle, deux mentalités se développent et s’opposent, parfois au sein des mêmes personnes :

L’une est inspirée par la raison et l’humanité, en conformité avec l’  »esprit des Lumières  » et la doctrine chrétienne. Elle porte les élites pensantes à dénoncer l’esclavage et les préjugés à l’égard des autres races. Elle est illustrée par les fort beaux textes de Voltaire et Montesquieu sur ce thème et mieux encore par la mobilisation contre la traite de Wilberforce en Angleterre et Grégoire en France.

L’autre est née du fantasme d’invasion lié à l‘arrivée d’Africains de plus en plus nombreux dans les colonies mais aussi en métropole, comme serviteurs ou enfants des colons de passage (à l’exemple d’Alexandre Dumas père) ou  » petits nègres  » offerts aux dames de la bonne société (image ci-dessus  ).

On commence à se prémunir contre cette menace en érigeant des barrières réglementaires, intellectuelles et morales. C’est la naissance du  » préjugé de couleur  ».

Voltaire, qui n’en est pas à une contradiction près, formule quelques sentences formellement  » racistes  » au sens moderne du mot, c’est-à-dire établissant une hiérarchie entre ce qu’il est convenu d’appeler les « races » humaines. Quant à Montesquieu, s’il est à l’abri de semblables inepties, il ne rechigne pas plus que Voltaire à investir dans le  » commerce triangulaire  » .

Plusieurs ordonnances, sous le règne de Louis XVI,Illustration. dénoncent les unions mixtes et légifèrent contre l’immigration noire en métropole, en fait limitée à quelques centaines d’individus, au motif que  » terre de France ne porte pas esclave  ». Le 9 août 1777 est créé un système de  » dépôt  » ?? dans les ports pour les esclaves qui accompagnent leur maître.

Après la Révolution, le Premier ConsulAfficher l’image source ne s’en tient pas à la légalisation de l’esclavage. Animé par un sentiment  » raciste  » qui le distingue de la plupart de ses contemporains, encore pétris de l’esprit des Lumières, il prend plusieurs mesures qui renouent avec le préjugé de couleur des décennies précédentes et l’aggravent nettement...!

    » Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n’ai pas d’autre raison, et celle-la est la bonne  », aurait-il déclaré au Conseil d’État en 1802. Il exclut de l’armée des officiers  » de couleur  » parmi lesquels le père d’Alexandre Dumas.

Bonaparte supprime aussi d’un trait de plume l’Institution nationale des Colonies, créée 5 ans plus tôt à l’instigation de l’abbé Grégoire pour promouvoir les enfants des colonies quelle que soit leur couleur de peau. Les vingt-deux élèves noirs de l’institution, qui étaient appelés à devenir officiers, sont affectés comme simples tambours dans autant de régiments.

 

Il y a ….

522 ans environ :

Le 20 mai 1498, Vasco de Gama aborde à Calicut, en Inde. Le navigateur portugais a été mandaté par le roi du Portugal Manuel Ier( dit le Fortuné)  pour achever la mission entamée dix ans plus tôt par Bartolomeu Dias. À 29 ans, il devient le premier Européen à rallier l’Inde par la mer, en contournant l’Afrique.

   C’est l’aboutissement du prodigieux rêve entretenu par les Portugais depuis près d’un siècle.

Arrivée de Vasco de Gama à Calicut, 20 mai 1498 (gravure de Roque Gameiro, Bibliothèque Nationale de Lisbonne, XIXe siècle)

  Sur la route des épices :

     Vasco de Gama quitte Lisbonne et l’embouchure du Tage le 8 juillet 1497, avec trois  nefs et une caravelle, ainsi que 160 hommes d’équipage.

Il fait escale sur l’archipel du Cap-Vert, au large du Sénégal, puis contourne le cap de Bonne Espérance découvert dix ans plus tôt par son compatriote Bartolomeu Dias et fait relâche le jour de Noël dans un havre qu’il baptise  » Natal   » (Noël en portugais).

    ( C’est aujourd’hui le port de Durban, capitale de la province sud-africaine du Natal.)

Remontant le long de la côte africaine, la flotte atteint successivement les ports de Mozambique, Mogadiscio et Kilwa où des commerçants arabes venus du nord commercent avec les Africains de l’intérieur.

  Encore plus au nord , à Malinde où il fait escale le 14 avril 1498, il sympathise avec le sultan local qui lui confie un pilote italien, venu là par l’Égypte et l’empire ottoman. Avec son aide, le navigateur coupe au large vers la péninsule indienne et la côte de Malabar.

C’est ainsi qu’il atteint Calicut (aujourd’hui Kozhikode), un port prospère du Dekkan indien connu pour ses exportations de cotonnades, dénommées calicot. Le capitaine envoie à terre un émissaire et celui-ci a la surprise d’être abordé dans un mélange d’espagnol et d’italien par un marchand juif tunisien, Gaspar. À son interlocuteur, il déclare  » tout de go  » être venu chercher  » des chrétiens et des épices  ». 

Le marchand assure au navigateur qu’il trouvera sur place des épices bien meilleur marché qu’à Alexandrie et qu’il en trouvera à bien meilleur compte encore à Malacca, dans la péninsule malaise, et dans les Moluques. Vasco de Gama ne manquera pas de transmettre l’information à son roi.

En attendant, le marchand le met en relations avec le seigneur local, le  » zamorin (ou samorin)  » Samutiri Manavikraman. Après que deux émissaires aient annoncé son arrivée, le navigateur est reçu avec tous les honneurs réservés à un grand ambassadeur.

Cependant , le zamorin refuse   de laisser une petite troupe de Portugais  dans sa ville. Il lui refuse aussi tout traitement de faveur en matière de taxes par rapport aux commerçants musulmans avec lesquels il est déjà en relation.

Ces derniers, pas rassurés pour autant, convainquent le zamorin que les Portugais se disposent à piller la ville. Vasco de Gama est aussitôt arrêté puis, au bout de quelques heures, autorisé à rembarquer et partir. Il lève l’ancre le 27 août 1498.

Vers la conquête des Indes :

Malgré ce  » demi-échec  », il est accueilli en grande pompe à Lisbonne, deux ans plus tard et le roi se montre déterminé à poursuivre l’aventure avec le concours de ses hardis marins. Vasco de Gama bien sûr, mais aussi Pedro Alvares Cabral.Résultat d’images pour pedro alvares cabral

 1500 : Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil

   Manuel le Fortuné monte aussitôt  une nouvelle expédition avec douze navires sous le commandement de Pedro Alvares Cabral (33 ans).

Celui-ci quitte Lisbonne le 9 mars 1500 mais il s’écarte  » plus que de raison  » de sa route et découvre le 24 avril une terre inconnue dont, tant qu’à faire, il prend possession au nom de son roi. Ce sera le Brésil… Ensuite , il poursuit sa route sur les traces de Vasco de Gama ( Il perdra plusieurs navires dans les tempêtes ). Il arrive à Calicut où ses relations avec le souverain et les marchands arabes se dégradent très vite. Une cinquantaine de Portugais sont tués.

Cabral exerce une répression terrible et fait bombarder la ville. Puis il descend la côte avec les navires qui lui restent et atteint un port vassal du zamorin, Cochin. Il aide leurs gouvernants à s’émanciper de la tutelle de Calicut puis prend le chemin du retour. Il regagne Lisbonne le 25 juillet 1501.

 Sept navires sur treize et les deux-tiers des hommes manquent à l’appel mais les navires restants ont des épices plein les cales.

 1502 : Vasco de Gama fonde l’empire portugais des Indes

Le roi se voit alors encouragé à monter une nouvelle expédition, encore plus importante.

 C’est ainsi qu’en février 1502, Vasco de Gama retourne aux Indes à la tête de 21 navires. Il porte cette fois le titre aussi nouveau que prestigieux d’Amiral des Indes. C’est qu’il ne s’agit plus seulement d’exploration mais de conquête.

Vasco de Gama fonde des comptoirs sur les côtes africaines et malgache, soumet les royaumes du littoral et sème la terreur à l’occasion, ne craignant pas de brûler par exemple un navire égyptien et son équipage !

De retour à Calicut , il bombarde le port en représailles des massacres exercés plus tôt contre l’équipage de Cabral. Puis il y installe de force une garnison sous le commandement de Vincente Sodré et, pour plus de sûreté, renforce son alliance avec le roi voisin de Cochin.

  Sa mission accomplie, il rentre à Lisbonne en décembre 1503 avec un colossal trésor dans ses cales : cinq mille tonnes de poivre et 35 000 quintaux de diverses épices ! A cette époque, que le poivre et les autres épices valent plus ou moins autant que leur poids en or.

   C’est la fortune assurée pour les marchands et armateurs portugais… et une catastrophe pour ceux de Venise qui voient s’effondrer d’un coup leur commerce avec les marchands orientaux .

 1510 : Afonso de Albuquerque conquiert Goa :

 Vasco de Gama sera ensuite relayé par Afonso de Albuquerque, qui achèvera la conquête du Dekkan, ce qui lui vaudra d’être fait duc de Goa.

Plus tard, en 1524, le roi Jean III sortira Vasco de Gama de sa retraite et le nommera vice-roi des Indes. L’explorateur mourra à Cochin quatre mois plus tard, le jour de Noël 1524.

Manquant d’armateurs et de commerçants , le Portugal va  commettre l’imprudence de déléguer la commercialisation de ses précieuses épices aux Hollandais.

 Ces commerçants redoutables et sans scrupules vont avoir vite fait de s’emparer de toute la filière, de sorte que la présence portugaise aux Indes va se réduire à la fin du XVIe siècle à quelques modestes implantations côtières, essentiellement le port de Goa.

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Les Grandes découvertes, carte : Claude Dubut et Catherine Zacharopoulou (AFDEC, Paris), pour Herodote.net        <=== Cartes des grandes découvertes 

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C’était il y a ….

….environ 85 ans :

     Lawrence d’Arabie ( que je prenais pour un personnage fictif ! )Lawrence d'Arabie, film de David Lean (1962) décédait …..

   Donc , ce monsieur a bien existé  : Thomas Edward Lawrence est né le 16 août 1888 d’un baronnet irlandais et d’une gouvernante écossaise….Son père avait d’abord épousé en Irlande une femme très belle mais acariâtre qui lui avait donné quatre filles. Le mari, volage, avait fini par s’enfuir avec la gouvernante des enfants mais sans jamais pouvoir obtenir le divorce.

    Sous un nom d’emprunt, dans la hantise que l’on révèle son illégitimité, le couple avait vécu dans le bonheur et donné le jour à cinq fils.

    T. E. Lawrence, deuxième de la fratrie, avait donc passé toute son enfance dans un environnement masculin et un accident de jeu, à seize ans, avait bloqué sa croissance à 1m64, lui inspirant de la répulsion pour son physique.

Éduqué sur un mode puritain, il avait été également bouleversé par la révélation de sa  » bâtardise  » , à dix-sept ans.

Toutes ces circonstances  allaient lui inspirer de l’aversion pour la sexualité,( ce qui   transparaît en filigrane dans le film de David Lean.)

Dahoum photographié par T.E. Lawrence vers 1916Le héros, comme dans la réalité, prend un soin maniaque à se vêtir de blanc ; on ne lui connaît aucune relation féminine mais il nourrit  »un amour platonique » pour certains bédouins de son entourage, tel le jeune Dahoum, mort prématurément en 1918 et auquel il dédicacera  » Les sept piliers de la sagesse  ».

    D’un naturel rêveur, T. E. Lawrence est très tôt passionné par l’Histoire. En mal d’aventures et soucieux de se refaire une identité, il se serait engagé sous un faux nom dans le Royal Artillery en avril 1905, n’y restant que quelques mois jusqu’à ce que son père vienne le récupérer.( C’est du moins ce qu’il raconte dans ses mémoires mais….).

  Étudiant à Oxford, il prépare une thèse sur les Croisades et, à vingt ans, s’embarque pour Beyrouth, alors sous tutelle ottomane. S’éloignant des villes, il se laisse prendre par la magie du désert et des bédouins arabes.

   De retour en Angleterre, il passe avec succès son doctorat d’Histoire et obtient une bourse en vue de rejoindre une mission archéologique anglaise qui travaille sur un site hittite sur les bords de l’Euphrate, Karkemish (ou Europus), à cent kilomètres d’Alep.

   Très vite s’affirme son ascendant sur les bédouins de l’équipe. C’est le début de l’épopée…

 

L’Orient dans la tourmente :

    La mission archéologique et Lawrence ne tardent pas à ressentir les échos de l’agitation croissante, au sein de l’empire ottoman, pris en main par les  » Jeunes Turcs  ».

    À Damas, qui cultive le souvenir glorieux du » califat des Omeyyades  », des intellectuels arabes ont l’intention de s’émanciper de la tutelle turque, (vieille d’un millénaire ). Ils souhaitent s’appuyer sur la France, très présente dans la région à travers ses missions et ses écoles.

    T. E. Lawrence se laisse griser par le projet de révolution arabe mais place ses espoirs sur les bédouins du désert, qui n’ont pas été corrompus par les Turcs et la modernité. Et bien entendu, il compte sur l’Angleterre, son pays, pour soutenir cette révolution.

   Début 1914, il est désigné pour une prospection dans le Sinaï. Sous couvert d’archéologie

,T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie) (L. d’Arabie ,Léonard Wooley 1913 )

il s’agit en fait d’assister un capitaine britannique dans un travail de topographie militaire.

   La mission d’espionnage tourne mal. Lawrence et l’un de ses compagnons, arrêtés par le gouverneur turc, arrivent à s’enfuir à travers le désert et arrivent, épuisés, à Damas. C’est alors que survient l’attentat de Sarajevo, qui va entraîner le monde dans la tourmente.

 

La guerre !

   Dès le début des hostilités, Lawrence se rend au Caire en qualité de lieutenant de réserve. Il se joint à une équipe de l’Intelligence Service qui formera plus tard le Bureau arabe des services secrets britanniques. Il est initié à son métier d’espion par Gertrude Bell  (1868-1926), femme de lettres et aventurière aussi excentrique que lui.

    En 1915, les Turcs étant entrés en guerre aux côtés des Allemands et des Austro-Hongrois, les Alliés franco-britanniques tentent de les combattre sur deux fronts, d’une part en débarquant un corps expéditionnaire sur la presqu’île de Gallipoli, aux portes d’Istamboul, d’autre part en occupant la Mésopotamie (l’Irak actuel).

   Les deux opérations se soldent par un désastre. Le corps expéditionnaire de Gallipoli doit rembarquer en catastrophe le 8 janvier 1916. Quand à l’armée anglo-indienne de Mésopotamie, elle est contrainte à une reddition humiliante le 26 avril 1916, ( pendant ce temps , la guerre des tranchées bat son plein en Europe ) .

  Au Caire, d’où les Anglais surveillent l’Orient, on décide  »faute de mieux »  de soulever les cheikhs arabes contre les Turcs ..

Justement,Hussein      Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque (1854 - 4 Juin 1931) , le chérif de la Mecque, de l’illustre famille des Hachémites, qui se dit descendant du prophète Mahomet, a fait l’année précédente aux Anglais une proposition en ce sens.

    Il se dit disposé à rejeter la tutelle ottomane et à combattre ses anciens maîtres en échange de sa souveraineté sur l’ensemble de l’  » île des Arabes  » : la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie et la péninsule arabique (à l’exception du Yémen et de quelques émirats côtiers, occupés par les Anglais).

   Sans attendre l’accord des Anglais, il donne le signal de l’insurrection le 10 juin 1916 en tirant d’une fenêtre de son palais de La Mecque en direction de la citadelle turque. Cette dernière capitule sans attendre.

   Son fils Abdallah ayant réitéré la proposition du chérif à l’état-major anglais du Caire, celui-ci décide enfin d’y répondre favorablement, quoiqu’il juge l’objectif irréalisable et lui préfère la création de plusieurs États arabes indépendants.

Le jeune T. E. Lawrence fait des pieds et de mains pour être de la partie. Il voit se préciser son rêve de recréation d’un empire arabe, au détriment des Turcs mais aussi des Français, très présents en Syrie.

   Comme le montrera la suite des événements, il se trompe au moins sur trois points :

       1) les Arabes des villes de Syrie n’ont que mépris pour les bédouins du désert et leur préfèrent la tutelle turque .

      2) Hussein et ses fils sont des intrigants sans envergure ni courage ;

     3) en Arabie même, Hussein, en dépit du prestige que lui vaut l’autorité sur les villes saintes de l’islam et sa qualité de chérif (descendant de Mahomet), est menacé par l’entreprise de conquête d’Ibn Séoud, émir du Nedjd (capitale : Riyad), à l’est de la péninsule.

    En attendant, le 12 octobre 1916, Lawrence embarque à Suez en direction de Djeddah, de l’autre côté de la mer Rouge, à la rencontre d’Abdallah et des cheikhs arabes du Hedjaz, la partie occidentale de la péninsule arabique.

La délégation alliée, comprend quelques Français dont le colonel Édouard Brémond. Ce  » vieux routier  » de la conquête du Maroc est pris en grippe par Lawrence qui finira par le marginaliser.

T.E. Lawrence (Lawrence d'Arabie) sur son dromadaire de combat à Akaba (1917)D’emblée, Lawrence convainc ses accompagnateurs de laisser les Arabes mener seuls leur révolte. Pas question d’un corps expéditionnaire qui viendrait ternir leur gloire. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter  les crédits de Londres : Onze millions de livres sont généreusement mis au service de la Révolte arabe. Ils vont servir à  » acheter les consciences  » .

  Pour conduire la Révolte, Lawrence fixe son choix sur Fayçal, le troisième fils du chérif Hussein, plutôt que sur le second, Abdallah. À dos de dromadaire, il se rend à son camp.

L’émir Fayçal, jeune homme élancé d’une trentaine d’années, l’accueille avec grâce :
– Comment trouvez-vous notre camp, ici, dans l’Ouadi Safra ?
– Superbe, mais loin de Damas !
– Loué soit Dieu, les Turcs sont plus proches, rétorque Fayçal sans se démonter.

Gloire médiatique :

Le 24 janvier 1917, l’armée de Fayçal, avec quelques milliers d’hommes, se met en route,  en direction de Médine,( à 400 kilomètres au nord de La Mecque ). Son importante garnison turque est placée sous les ordres de Fakhri pacha, qui s’est déjà illustré dans le génocide des Arméniens et tient la ville et ses 40.000 habitants par la terreur.

  Finalement , les combattants arabes vont échouer dans la guerre de siège et n’arriveront à entrer dans la seconde ville sainte de l’islam que le 10 janvier 1919, soit après l’armistice ! Qu’à cela ne tienne. Pour Lawrence et les Britanniques, il vaut mieux à tout prendre que la garnison turque demeure piégée au milieu du désert plutôt que de rejoindre le front européen.

L’état-major du Caire a un souci plus immédiat…

Le  » trop prudent  »général Archibald Murray ayant lamentablement échoué le 19 avril 1917 dans sa tentative de s’emparer de Gaza, au sud de la Palestine, il est remplacé par le général Edmund Allenby, surnommé the Bull ( » Le taureau  »), avec ordre de s’emparer de Jérusalem avant la Noël 1917 ! Il s’agit d’offrir un motif d’espoir à l’opinion publique, troublée par les échecs incessants sur les fronts européens.

Le général dispose pour ce faire d’un corps expéditionnaire de pas moins de 300.000 soldats !

  Allenby a besoin que soit au préalable neutralisé le port d’Akaba, au fond du golfe du même nom (aujourd’hui en Jordanie). Ce verrou pourrait gêner la progression de son armée vers la Palestine et Jérusalem. Le port d'Akaba en 1918( port d’Akaba )

   Lawrence,  connait bien le Sinaï et Akaba, lui propose donc de s’en emparer par surprise avec un détachement de cavaliers arabes. Le raid réussit avec brio. Le 5 juillet 1917, il surgit avec deux mille cavaliers sur les crêtes qui dominent le port. Les trois cents soldats turcs de la citadelle, surpris, se rendent dès le lendemain après un sanglant affrontement. Au Caire, à Londres et en France même, l’exploit fait l’effet d’une bombe.

 

     Devenu du jour au lendemain héros national, T. E. Lawrence (29 ans) est promu major, proposé pour  » l’Ordre du Bain  » et cité à l’ordre de l’Armée française. Qui plus est, l’émir Fayçal ayant renoncé à guider le raid d’Akaba, c’est le Britannique Lawrence qui apparaît comme le véritable chef de la Révolte arabe !

    Mais quand Allenby lui demande de déclencher une insurrection générale en soutien à son offensive sur Jérusalem, Lawrence se dérobe, à la grande déception du général qui voit la Révolte arabe tant vantée se réduire à peu de chose.

   Pendant l’automne, le jeune héros et ses légions de cavaliers vont se  » cantonner  » dans les attaques des infrastructures routières et de la voie ferrée du Hedjaz, construite par les Allemands entre Damas à Médine et inaugurée le 30 juillet 1908.

Entrée du général Allenby à Jérusalem le 11 décembre 1917( Entrée du général Allenby à Jérusalem ? )

   En novembre 1917, T.E. Lawrence se déguise en mendiant arabe pour espionner la garnison turque de Deraa, au sud de la Syrie. Capturé, il subit de nombreux sévices avant d’être enfin relâché. Après cette épreuve, il décide de s’entourer de dévoués gardes du corps.

   Pendant ce temps, Allenby triomphe. Le 7 novembre 1917, il s’empare enfin de Gaza et, le 11 décembre 1917, en avance sur l’échéance, il fait une entrée solennelle à Jérusalem à la tête de son armée avec à ses côtés Sir Ronald Storrs, qui allait devenir le premier gouverneur britannique de Jérusalem, et l’inévitable T.E. Lawrence, promu au grade de lieutenant-colonel, dans un bel uniforme d’officier d’état-major.

  Pour la première fois depuis les Croisades, des troupes chrétiennes bivouaquent autour du Saint Sépulcre.

  Bref triomphe …..

   La guerre n’est pas finie pour autant. Au Proche-Orient, les Turcs redoublent de combativité sous le commandement d’un général prestigieux, Moustapha Kémal, le vainqueur des Dardanelles !

   Après que Lawrence eut vaincu plusieurs colonnes turques à Tafila, au sud-ouest de la mer Morte, le 25 janvier 1918, le général Allenby lui offre le renfort d’une formation anglo-française de méharistes, composée d’Européens, Indiens, Égyptiens, Soudanais et Nord-Africains.

  Lawrence est au comble de l’excitation. Damas est enfin près de tomber. Après quelques semaines de combats intenses, la retraite turque tourne à la débâcle.

  Le 26 septembre 1918, il entre en vainqueur à Deraa, où il avait été humilié quelques mois plus tôt.

  Et le 1er octobre 1918, devançant l’armée britannique d’Allenby, il entre à Damas en compagnie de Fayçal, auquel il destine la couronne de Syrie. L’émir et son chevalier servant sont accueillis par des clameurs de joie.

  Deux jours plus tard, pourtant, Lawrence remet sa démission à Allenby. C’est qu’entre-temps, l’officier a vu son rêve exploser sous le poids de ses contradictions.

    Au lendemain de la prise d’Akaba, en juillet 1917, il avait appris à sa grande consternation que les Français et les Anglais avaient conclu un accord secret pour le partage du Moyen-Orient : aux premiers le Liban et la Syrie, aux seconds la Mésopotamie (Irak) et la Palestine.

  Cet accord violait outrageusement la promesse faite par Sir Henry Mac Mahon, Haut-Commissaire britannique en Égypte, au chérif Hussein, le 24 octobre 1915, promesse selon laquelle  » les Anglais seraient disposés à soutenir l’indépendance des Arabes dans le vaste domaine compris entre le Taurus, la Perse, le golfe Persique, l’océan Indien, la mer Rouge et la Méditerranée – à l’exclusion d’Aden et de la côte libanaise  ».

    Pour ne rien arranger, le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Lord Balfour a publié une lettre ouverte par laquelle il promet la création d’un  » foyer national juif  » en Palestine. C’est une  »nouvelle entorse » au rêve arabe.

T.E. Lawrence pose pour Lowell Thomas dans sa tenue de légende (Lawrence d'Arabie, 16 août 1888 - 19 mai 1935)Décontenancé par ces coups bas, T.E. Lawrence s’est efforcé jusqu’au bout de faire bonne figure devant ses interlocuteurs arabes en les assurant que tout finirait par s’arranger.

   Désormais, il se donne pour mission de sauver ce qui peut l’être, en participant notamment aux négociations de paix qui s’ouvrent à Paris le 18 janvier 1919. Lawrence s’y rend sans attendre avec l’émir Fayçal.

   Il force tant et plus les portes des délégations, jusqu’à importuner Georges Clemenceau et David Lloyd George, chefs des gouvernements français et anglais.

Ces derniers ne l’admirent pas moins, tout comme Winston Churchill qui partage beaucoup de ses traits (courage guerrier, culture historique, audace visionnaire… et mauvais caractère).

Bientôt va s’épanouir la légende de  » Lawrence d’Arabie  », à l’initiative du correspondant de guerre américain Lowell Thomas. Il a suivi la bataille d’Akaba et multiplie à New York et Londres les conférences et les articles sur  »le héros  ».

   Fayçal et les Hachémites, toutefois, ne partagent pas l’admiration des Occidentaux pour T.E. Lawrence et tendent à le voir comme un traitre à leur cause

L'émir Fayçal à Paris, pendant les négociations de paix (1919) avec le capitaine Pisani à sa droite et le colonel Lawrence à sa gauche( Fayçal à Paris , pour négociations de paix )

La chute :

 

     Livré à lui-même, l’émir Fayçal tente de négocier avec les Britanniques puis avec les Français un royaume en Syrie.

    Faute d’accord, il se rend avec sa cavalerie à Damas pour recevoir du gouvernement provisoire syrien la couronne promise. Mais, il en est expulsé comme un malpropre par les forces d’occupation françaises du général Gouraud et ses troupes sont écrasées à Khan Messeyloun, le 24 juillet 1920. Il n’a d’autre solution que de se replier en Arabie.

  Comme les populations de Syrie et d’Irak s’agitent, mécontentes de passer de la tutelle ottomane à la tutelle occidentale, le Premier ministre britannique confie à Churchill, le 13 février 1921, le Secrétariat d’État aux Colonies.

   Dès le mois suivant, le 12 mars 1921, le nouveau ministre ouvre une conférence au Caire. T.E. Lawrence et Gertrude Bell, qui l’ont préparée et y participent en qualité de conseiller, suggèrent à Churchill de transformer les mandats en alliances et d’alléger les forces d’occupation.

Churchill agrée leurs suggestions : Il fait de l’Irak et de la Transjordanie deux royaumes alliés de la Grande-Bretagne. Le premier est confié à Fayçal, qui se voit ainsi consolé de la perte de la Syrie ; le second à son frère Abdallah dont le descendant règne encore à Amman.

En marge de la conférence du Caire (1921), Churchill (1er à gauche), Gertrude Bell (2e à gauche) et Lawrence (3e à gauche) participent à une course de dromadaires. Lawrence l'emporte

L’année suivante, le 28 février 1922, l’Égypte passe du statut de protectorat à celui de royaume théoriquement indépendant mais sous tutelle britannique.

   Quant au royaume du Hedjaz, gouverné par le chérif Hussein, il est annexé le 8 janvier 1926 par Ibn Séoud, autre protégé des Anglais, conseillé par un émule de Lawrence moins célèbre et plus chanceux : Harry Saint-John Philby (1885-1960).

Ainsi s’achève le rêve de T.E. Lawrence……

T.E. Lawrence sur l'une de ses motocyclettes BroughBrisé par le sentiment de l’échec et de l’ingratitude, il abandonne toute fonction officielle. En dépit de sa notoriété, il manque de sombrer dans la clochardise et finit par s’enrôler comme simple soldat sous un nom d’emprunt.

  Ayant confié sa détresse à son ami l’écrivain George Bernard Shaw, celui-ci lui offre pour tout secours une motocyclette.!!!!

  Le héros solitaire va dès lors se partager entre divers engagements militaires, son œuvre littéraire et la vitesse.

   Il se fracasse à moto sur une petite route anglaise et meurt le 19 mai 1935, à 46 ans. À ses funérailles, discrètes, son  » ami  » Winston Churchill ne pourra pas retenir une larme……

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T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie)

Le traité de Tordesillas ? :

.traite-tordesillas (4)( image du Net )
 

 

   En 1492 Christophe Colomb découvrit pour les occidentaux l’Amérique. Un an plus tard le Pape Alexandre VI traça une ligne de démarcation au milieu de l’océan Atlantique afin de diviser le monde en deux parties. Une partie sera attribuée à l’Espagne, l’autre au Portugal. Ce partage du monde en deux est connu sous le nom de Traité de Tordestillas.

     Bien entendu ,ce partage suscita la colère de l’Angleterre et de la France. Pour la France, François 1er, déclara :  » Le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du  » testament d’Adam ?  » qui m’exclut du partage du monde  » .

  Les circonstances entourant le traité:

     Ratifié par le roi Ferdinand II d’Aragon et la reine Isabelle 1ère de Castille : Fut définit comme ligne de partage le méridien localisé à 1 770 km à l’ouest des îles du Cap-Vert; ( les coordonnées seraient aujourd’hui 46° 37′ ouest ) . Conséquence, l’Espagne obtint les îles Canaries, alors que Madère, les Açores et les îles du Cap-Vert, revinrent au Portugal. Il obtint également le droit de conquête du Maroc.

   Les nouvelles terres découvertes par Christophe Colomb, le continent américain, sont encore peu connues et les cartes très imprécises. Cependant l’Amérique revint en théorie dans son intégralité aux Castillans.

    En 1500 Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil qui  est alors attribué au Portugal.

    Les autres puissances européennes sont exclues du partage et n’acceptent pas les termes du traité. Pour profiter des richesses du Nouveau Monde elles n’ont d’autres solutions, au départ, que d’avoir recours à la piraterie et à la contrebande.

   Par la suite François Ier obtint du pape Clément VII une interprétation assouplie de la bulle : le traité de Tordesillas ne concerne que  »les terres connues et non les terres ultérieurement découvertes par les autres Couronnes  ». Pour cette raison il financera des expéditions comme celles de Jacques Cartier.

   Enfin le traité de Tordesillas devint caduc à partir du moment où ces autres puissances se sont dotées d’une marine suffisamment puissante pour braver l’interdit hispano-portugais.

Xylostomiase……

  Qu’est ce que la  » xylostomiase  » ? 

Ces personnes on manifestement la  » xylostomiase  »  : Résultat d’images pour illustrations homme ayant la '' gueule de bois ''Résultat d’images pour illustrations homme ayant la '' gueule de bois ''

   En effet ,  » xylostomiase  » serait le nom savant de la  » gueule de bois  »…

( Du grec  » xulo  » , de  » zulon  » qui signifie bois et du grec  » stoma  » qui
signifie bouche.)

   Nom savant de la  » gueule de bois  ». Ce terme serait plutôt employé au Québec ou
en Belgique ? 

 

Parce que j’en bois beaucoup….trop ?

Le café

    C’est vers 1644 ,  suite à   une longue suite de  » vicissitudes  » que le café, faisait  » modestement  » son apparition à Marseille grâce à des voyageurs étrangers,il  obtint peu à peu droit de cité en France après avoir conquis en premier le centre élégant de la vie parisienne : Environ cinquante ans plus tard, il avait gagné la faveur publique, bravant les mesures infructueuses d’un gouvernement ayant vu en lui une source de revenus substantiels

  Ce furent, tout naturellement, des  » voyageurs  » qui introduisirent en France le café, alors fort en usage dans les pays turcs, du Bosphore à la vallée du Nil. Marseille,  » porte de l’Orient  » , l’accueillit en 1644:  Revenant de Constantinople où il avait accompagné M. de la Haye, le  » sieur  » de la RoqueRésultat d’images pour    '' sieur '' de la Roque images rapporta, avec du café, les ustensiles nécessaires pour le confectionner et le boire : il était , parait il , particulièrement fier  de  » tasses de vieille porcelaine d’une grande beauté et de petites serviettes de mousseline brodées d’or, d’argent et de soie  » (  objets de collection plus que d’usage courant ) .

   Son petit cabinet  » à la turque  »  passait pour une vraie curiosité  et le public invité à goûter le breuvage était composé de voyageurs amis, comme La Roque accoutumés aux usages des pays orientaux  . D’autres négociants de Marseille commencèrent alors à en faire également un certain usage. Mais pendant une quinzaine d’années la boisson ne sortit pas de milieux assez restreints.

Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d'Amérique du Sud buvant un chocolat. Gravure (colorisée ultérieurement) extraite de Traités nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolate par Philippe-Sylvestre Dufour, édition remaniée parue en 1685 de son De l'usage du caphé, du thé et du chocolate publié en 1671

( image = Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d’Amérique du Sud buvant un chocolat.)

    En 1657, introduit par Jean de Thévenot, le café fit son apparition à Paris. Le célèbre voyageur, qui avait rapporté d’Égypte une provision de la précieuse fève, en régala des amis ( Jean de Thévenot consacre plusieurs pages au  » cahvé  » et aux  » cahvehanes  » (cabarets publics de  » cahve  ») chez les Turcs, dans le récit de ses voyages ) qui n’étaient peut-être pas tous des  »orientalisants  » …. Quelques personnes de la haute société, à l’affût de plaisirs nouveaux, se piquèrent même de posséder des faiseurs de café italiens.

      En 1660, un  »sieur  » More fut adjoint par le maître d’hôtel de Mazarin à la troupe de ses cuisiniers, tandis qu’Andréa Salvator venait préparer le nouveau breuvage chez le maréchal de Gramont, qu’on   » fort curieux de ces sortes de choses  ». Ces deux habiles Italiens excellaient « à distiller toutes sortes de fleurs, fruits, grains et autres choses, tant par le chaud que par le froid, et à préparer le chocolat, le thé et le café » . La fève, rare et précieuse, était vendue 80 francs la livre. D’où une clientèle assez restreinte . Le grand public ignorait toujours l’existence du café. D’où la surprise des lecteurs de la Muse de Cour, quand ils y découvrirent, en 1666, un poème de Subligny célébrant les vertus du  » kavé  » :

Qui guérit en moins d’un avé
Quand le reste ne peut guérir en une année…

 

    Un événement bien  » parisien  » allait être à l’origine de l’engouement qui, soudain,  » lança  »  le noir breuvage. Depuis plusieurs années, les relations avaient été suspendues entre le Sultan et le Très-Chrétien, brouillés à la suite d’outrages, vols, molestations, etc., dont les ambassadeurs et  négociants de France étaient l’objet en pays turc. Un corps d’armée dirigé par le duc de Beaufort venait même d’être envoyé au secours des Vénitiens assiégés dans Candie par le Grand Vizir.

    Soudain on apprit que Mohammed IV, revenant à de meilleurs sentiments, envoyait à Paris un ambassadeur. Celui-ci débarqua à Toulon début  août 1669, accompagné d’une vingtaine de notables et de domestiques , et tous les regards furent désormais tournés vers Soliman Aga, Muaferraca , titre turc indiquant une fonction de la domesticité du sultan, interprété comme le nom de l’ambassadeur que l’on appela à Paris Mouta Faraca ou Mustapha Raca. Pour le saluer, les villes sur son passage tirèrent le canon. À Paris le roi lui-même le reçut avec une solennité inusitée ….

    Mais loin d’être touché par ces marques d’attention, le Turc, bien au contraire, se plaignit de ce que le roi ne s’était pas levé pour recevoir sa lettre, et se retira fort  mécontent. L’ambassade aboutissait à un échec, sur le plan politique ; il en fut tout autrement, s’agissant de la littérature et des mœurs ( car Mustapha Raca est à l’origine du Bourgeois Gentilhomme ) et répandit en France l’usage du café. À en croire une anecdote de La Martinière, ce serait pour se moquer des dédains de l’envoyé de la  »Sublime Porte  » qu’auraient été imaginées les  » turqueries  »  bouffonnes du Bourgeois Gentilhomme : en mettant sur la scène l’Orient travesti, Molière vengeait Louis XIV.

Intérieur d'une coffee house anglaise. Frontispice de Coffee houses jests par William Hickes (1630-1682), édition de 1686
  (image = Intérieur d’une coffee house anglaise. )

   En fait, après s’être montré si fier envers Louis XIV, Soliman Mouta Faraca, » bel homme  » âgé d’une cinquantaine d’années, se mit à recevoir, les dames surtout.  »      De jeunes et beaux esclaves, habillés d’un riche costume turc, présentaient aux dames de petites serviettes damassées garnies de franges d’or et servaient le café dans des tasses de porcelaine fabriquées au Japon.  »  On se pressait dans le logis au décor exotique, attiré d’ailleurs plus par le charme d’une conversation piquante car  le Turc était  » homme d’esprit  » plus que par un breuvage au goût assez acre. Mais Mustapha poussa la galanterie jusqu’à offrir du sucre avec son café. Et l’engouement fut complet.

   Après son départ , le 22 août, tous ceux qui avaient eu  » l’inestimable privilège  » d’être reçus par lui mirent leur point d’honneur à faire goûter par leurs invités le breuvage dont tout le monde parlait, la mode se répandit alors , dans la haute société, de consommer du café au cours des réceptions.

   Les bourgeois, eux aussi, voulurent bientôt connaître la saveur nouvelle. La renommée de la  » liqueur arabesque  » fut exploitée par les marchands de la capitale, toujours prêts à satisfaire la curiosité du public. Dès 1671 ,il y eut  à Paris,   » plusieurs boutiques où l’on vendait publiquement le caffé  ». Le produit nouveau, vendu en grains, était utilisé comme drogue plus encore que comme boisson d’agrément ; ce sont ses propriétés thérapeutiques que vantait un prospectus répandu par les marchands de café :

 » Coffé est une meure qui croist dans les déserts d’Arabie, d’où elle est transportée dans toutes les dominations du Grand Seigneur : qui estant beuë( bue), desseiche toutes humeurs froides et humides, chasse les vents, fortifie le foye, soulage les hydropiques par sa qualité purifiante ; souveraine pareillement contre la galle et corruption de sang ; raffraischit le cœur et le battement vital d’iceluy, soulage ceux qui ont des douleurs d’estomac et qui ont manque d’appetit ; est bonne pareillement pour les indispositions de cerveau froides, humides et pesantes. La fumée qui en sort est bonne contre les deffluxions des yeux et bruits dans les oreilles ; souveraine aussi pour la courte haleine, pour rhumes qui attaquent le poumon, et douleurs de ratte, pour les vers, soulagement extraordinaire après avoir trop beu ou mangé. Rien de meilleur pour ceux qui mangent beaucoup de fruict.  » lol : Un remède pour toutes les maladies ! 

  Et donc le café n’aurait été qu’une préfiguration du quinquina médicinal, s’il n’avait ,dans le même temps, été prôné sur les tréteaux des foires comme la boisson par excellence. Les Arméniens qui, dès 1666,  apportaient du Midi à Paris des ballots de café, eurent alors l’idée de profiter de l’engouement des Parisiens en ouvrant des boutiques où l’on vendrait uniquement des décoctions du  » noir breuvage  ». Peut-être furent-ils inspirés par l’exemple de Marseille, initiatrice en la matière, où s’ouvrit, en 1671, un magasin de  » liqueur de caffé  ».

Dame qui prend du café illustration.Dame qui prend du café. Gravure de Robert Bonnart réalisée vers 1695

En 1672 s’établit à Paris ( même si les historiens du café indiquent que dès 1643 un Levantin aurait ouvert sans succès un café dans le passage couvert, sous le Petit-Châtelet, qui menait dans la rue Saint-Jacques au Petit-Pont, aucun ne donne de références ) , à la foire Saint-Germain, une  » maison de caffé  » tenue par un nommé  » Harouthioun » ou Pascal, qui connut grand succès.  Une fois la foire fermée, Pascal transporta son commerce sur le quai de l’École ( plus tard quai du Louvre ), où, pour  »deux sous six deniers  », il servait une tasse de café.

Mais là, le succès l’abandonna. Les passants du quai répugnèrent à pénétrer dans l’établissement que furent seuls à fréquenter des Levantins et quelques chevaliers de Malte. Pascal dut fermer boutique et se retirer à Londres. Pour y continuer son commerce ? Probablement. Dans la capitale anglaise, les coffee houses, ouvertes depuis 1652, avaient déjà conquis la faveur du public au point qu’en 1675, craignant leur hostilité, Charles IIRésultat d’images pour charles ii roi d'angleterre essaya de supprimer  » ces repaires de gens déconsidérés, qui discutent et répandent divers propos fallacieux, malicieux et scandaleux, pour diffamer le gouvernement de Sa Majesté et troubler la paix et le repos de la nation  »

À Paris, Pascal avait été un précurseur. Attiré par la clientèle abondante et facile qu’offrait la foire Saint-Germain, son commis Procopio associa ses maigres économies de  » garçon de café  » à celles d’un nommé Logerot, et loua dans la foire une loge . L’idée de la  » maison de café  » installée en ville fut reprise, elle, par un autre Arménien, Maliban, qui s’installa rue de Bussy, près du Jeu de Paume de Metz. Après un court passage rue Férou, il revint à la première boutique, et se mit à y débiter du tabac et des pipes à la mode orientale. Il échoua ,  bientôt il passa en Hollande. Son commis lui succéda ( un certain Grigor ou Grégoire, originaire d’Ispahan ), qui eut une idée fort astucieuse : il alla s’établir près de la Comédie Française, qui donnait alors ses représentations rue Mazarine. Comédiens et gens de lettres prirent l’habitude de se retrouver chez Grégoire. Le café, lieu où lon cause, était fondé.

Pour consommer, il n’était d’ailleurs pas besoin d’entrer dans les petites échoppes des cafetiers levantins. Des marchands ambulants parcouraient les rues, débitant le café à domicile. Le plus célèbre, un petit boiteux, nommé le Candiot, sans doute un Crétois, s’en allait par les rues en criant :  » Du café !  » Ceint d’une serviette  »fort propre  », il portait d’une main un réchaud sur lequel était une cafetière, et de l’autre une espèce de fontaine remplie d’eau ; devant lui, un éventaire de fer blanc avec tous les ustensiles nécessaires.      Pour deux sous il remplissait un gobelet, en fournissant aussi le sucre. Le Candiot avait des concurrents. . Tous ces Levantins ont été les artisans obscurs de l’acclimatation, à Paris, du café. Durant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, Arménien fut synonyme de marchand de café.

Les réduits où se consommait le café n’étaient pourtant que des échoppes  »infestées par la tabagie  ». On vit alors apparaître, rue des Fossés-Saint-Germain, un établissement d’un tout autre aspect, aimable, propre, luxueux même : le premier véritable café, fondé par Francesco Procopio Coltelli. On a beaucoup discuté sur les origines du personnage : était-il né à Palerme en Sicile, à Florence comme le prétend son successeur Dubuisson  ou encore à Paris, ville dans laquelle un Procopio Coltelli était venu s’installer à l’époque de Catherine de Médicis ? ( La question fut résolue par un Extrait du Plumitif de la Chambre des Comptes de Paris, année 1684, attestant que Francesco Procopio Coltelli était sicilien. Son acte de mariage permet d’ajouter : né en 1650, d’Onofrio Coltelli et de Domenica Semarqua.

Le café Procope au XVIIIe siècle. Estampe (colorisée ultérieurement) anonyme de 1779
(  image :  Le café Procope au XVIIIe siècle.) 

À la suite de quelles tribulations le Sicilien ( en qui il faut renoncer à voir un gentilhomme ruiné ) échoua-t-il à la foire Saint-Germain où il devint commis de Pascal ? On ne sait. Il suivit son patron quai de l’École ; lorsque ce dernier eut fermé boutique, il retourna, à la foire Saint-Germain, s’associa à un certain Logerot pour louer une échoppe, et gagna rapidement assez d’argent pour pouvoir, dès 1675, se marier avec Marguerite Crouïn : il en eut, de 1676 à 1688, huit enfants. Ses relations semblent localisées dans les milieux italiens. Mais en 1684 le Sicilien, à la tête d’une affaire prospère, se fit naturaliser. Désormais Procope Couteau appartient  »sinon à l’histoire de France, du moins à l’histoire des mœurs françaises  ».

Avant d’être français, Procopio faisait, dès 1676, partie de la communauté des  » distillateurs-limonadiers  ». Tandis que son acte de mariage le désigne (en 1675) comme  » marchand  », il est appelé  » distillateur  » en 1677 et  » maître-distillateur  » en 1677 et 1678 dans les actes de baptême de ses filles. En 1676, en effet, les  » maîtres-limonadiers, marchands d’eau-de-vie  »  avaient reçu un nouveau statut ; l’article III donnant la  » faculté de composer et vendre du café en grain, en poudre et en boisson  ».  » Distillateur-limonadier  », Procope avait quitté la foire Saint-Germain pour venir s’installer rue de Tournon. En 1686, il se transporta rue des Fossés-Saint-Germain puis y fonda l’établissement qui devait au cours des siècles suivants connaître la célébrité sous le nom de  » Café Procope  ».

Procope loua de plus les deux maisons attenantes, ce qui lui fournit un assez vaste espace :  » Le terrain régnait le long des fossés de la ville entre les portes de Saint-Germain et de Bussy et en était la contrescarpe.  » Le hardi Sicilien, abattant les cloisons, consacra le rez-de-chaussée des deux immeubles à son café, y installa de petites tables de marbre commodes et avenantes, accrocha au plafond des lustres de cristal, orna enfin les murs d’une élégante tapisserie et, suprême raffinement, de miroirs et de glaces. Le café devenait digne de devenir le rendez-vous des honnêtes gens et des gourmets.

À ses talents de cafetier le  » maître-distillateur  » joignait ceux de préparateur de liqueurs et de drogues multiples. Il possédait aussi une gamme de vins capiteux tels muscats, vins d’Espagne, de Saint-Laurent et de la Ciotat et toute une palette de mélanges savants : rossoly,  » rosée du soleil  », qui au gourmet permettait de savourer l’harmonie du fenouil, de l’anis, du coriandre, de l’aneth et du carvi pilés ensemble et macérés au soleil dans de l’eau-de-vie ;  » populo  », où venaient se fondre les parfums du clou de girofle, du musc, de l’ambre, du poivre long, du sucre, de l’anis, du coriandre et de l’esprit de vin ; eau de Cédrat et  » liqueur du parfait amour  » ; sorbec, composé de citron, de musc, d’ambre et de sucre ; fruits confits, cerises, framboises ou noix ; eaux de gelées et finalement glaces de fruits et de fleurs aux multiples parfums, car l’  » artiste  » sicilien lança, dès la fin du XVIIe siècle, la formule du  » café glacier  » : de quoi se réchauffer, de quoi se rafraîchir.

   C’est alors que, par une coïncidence heureuse, une large clientèle vint s’offrir à Procope. Chassés en 1687 de la rue Mazarine par l’hostilité des Jansénistes, leurs voisins les Comédiens du Roi, s’installant dans la salle du Jeu de Paume du sieur de l’Étoile, rue des Fossés-Saint-Germain, juste en face du Café Procope, construisirent un théâtre neuf ; le 18 avril 1689, la Comédie-Française inaugurait par une sensationnelle représentation de Phèdre et du Médecin malgré lui sa nouvelle salle de spectacle. Dans le théâtre lui-même, Procope occupait sa place ; car il y avait loué la  » loge de la limonade  » et installé une  » distributrice de douces liqueurs  ». Fait capital : le Café Procope devint lui-même le quartier général de tous ceux qui avaient rapport avec la Comédie.

Habit de Caffetier (vêtement allégorique avec attributs professionnels). Gravure (colorisée ultérieurement) de Nicolas de Larmessin (1632-1694) extraite de la série Les costumes grotesques : habits des métiers et professions publiée en 1695
 » Habit de Caffetier  » .

Jusque-là, Procope avait surtout la visite des joueurs de boule du Jeu de Malus (situé derrière le café), des joueurs de paume du sieur de l’Étoile et de quelques bretteurs du voisinage. Il avait aussi trouvé une clientèle parmi les nombreux passants qui traversaient le carrefour de Bussy, alors le véritable centre de Paris sur la rive gauche. Des rues Dauphine, Mazarine, Saint- André-des-Arts, des Boucheries, de Condé, on poussait volontiers jusqu’à la rue des Fossés-Saint-Germain, pour y déguster une glace, y savourer une tasse de café. Mais, une fois bâtie la Comédie, afflua la clientèle des auteurs, comédiens, nouvellistes, gens de lettres, beaux seigneurs aussi ou fermiers généraux, attirés dans ces parages par les charmes des comédiennes.

Alors, les serveurs en costumes orientaux, drapés d’amples vêtements et coiffés de bonnets de fourrure, apportent leurs petites tasses de breuvage fumant à une clientèle fort variée : jeunes cavaliers bien faits ; abbés galants se délectant de confiseries ; couples discrets réfugiés au milieu de la foule et du bruit ; savants aussi et gens de lettres qui  » confèrent sur des matières d’érudition, sans gêne et sans cérémonie, pour ainsi dire en se divertissant  ». Devant la tasse de café, on bavarde ;  » la causerie accompagne obligatoirement le café ou le thé, elle est même presque leur vraie raison d’être  ». Le café, à peine né, est un café littéraire.

Dès le début aussi, c’est un café politique. On y discute les affaires, plus graves, du gouvernement. Et le pouvoir s’intéresse aussitôt à ces centres possibles d’opposition. Le 27 décembre 1685, Seignelay écrit à La Reynie :  » Le Roy a été informé que, dans plusieurs endroits de Paris où l’on donne à boire du caffé, il se fait des assemblées de toutes sortes de gens et particulièrement d’étrangers. Sur quoy Sa Majesté m’ordonne de vous demander si vous ne croiriez pas qu’il fût à propos de les en empêcher à l’avenir.  »     Mais le succès des nouveaux établissements était si éclatant que le lieutenant de police ne retint pas la proposition du secrétaire d’État.

    À côté du Procope on vit se développer beaucoup d’autres cafés : à la foire Saint-Germain, les modestes échoppes se transformèrent en salles élégantes, où les garçons  »arméniens  » se servaient désormais de cafetières d’argent ; à l’angle de la rue Dauphine et de la rue Christine, Laurent fonda un café devenu rapidement célèbre ; rue Saint- André-des-Arts, Étienne d’AIep se fixa après avoir, des années durant, parcouru les rues en criant :  » Du café !  » Bref, en 1690, tout le centre élégant de la vie parisienne entre le carrefour de Bussy, la foire Saint-Germain et la Seine, était gagné à la formule nouvelle : il était de bon ton de se rendre au café.

Dans le même temps, le café avait gagné l’usage des particuliers, ( non sans difficulté ). Après l’engouement de 1670, une réaction s’était manifestée, conduite par la Faculté ; effrayés par les propriétés excitantes du café, de nombreux médecins l’avaient fait bannir par leurs pratiques. La correspondance de Mme de Sévigné témoigne de l’opposition du corps médical à la nouvelle boisson, et des attitudes changeantes de la Cour et des gens du monde envers le nouveau breuvage. Le 10 mai 1676, elle apprend à sa fille que le café vient d’être  » chassé honteusement  » de chez Mlle de Méri.  » Après de telles disgrâces, peut-on compter sur la fortune ?  »En 1679 à nouveau, elle rapporte à Mme de Grignan les préventions de Du Chesne, médecin de ses amis :  » La force que vous croyez que le café vous donne n’est qu’un faux bien.  » La même année, le sieur Colomb, pour son agrégation au Collège des médecins de Marseille, démontrait de son côté que l’usage du café était nuisible aux habitants de cette ville.

Un homme et une femme prenant du café. Gravure de Bernard Picart réalisée vers 1720
                     (Un homme et une femme prenant du café.  )

   Un fort parti restait cependant attaché au café. D’où les perplexités de la marquise :  » Du Chesne hait toujours le café ; le frère (Ange) n’en dit point de mal, écrit-elle en 1680 à sa fille… Est-ce qu’il faut avoir l’intention de le prendre comme un remède ? Caderousse s’en loue toujours ; le café engraisse l’un et emmaigrit l’autre : voilà toute l’extravagance du monde. Je ne crois pas qu’on puisse parler plus positivement d’une chose où il y a tant d’expériences contraires.  »

Le parti du café petit à petit l’emportait ; bientôt il allait pouvoir, à son tour, se réclamer de traités savants, montrant le bon usage que l’on pouvait en faire pour la  » préservation et la guérison des maladies  » . Mais, nouveau retour de fortune :  » Le café est tout à fait disgracié, écrit Mme de Sévigné à sa fille le 1er novembre 1688 ; le Chevalier croit qu’il échauffe et qu’il met son sang en mouvement ; et moi en même temps, bête de compagnie comme vous me connaissez, je n’en prends plus.  »

    Une semaine après, il est vrai, la marquise de Sévigné  pense que le café pourrait  » revenir en grâce  » ; mais la Cour semblant le condamner définitivement :  » Le café est disgracié ici et par conséquent je n’en prends plus ; je trouvais pourtant qu’il me faisait de certains biens ; mais je n’y songe plus.  »  C’est alors qu’un médecin de Grenoble, Monin, eut l’idée d’ajouter au café du sucre et du lait. La préparation eut raison des derniers opposants et la marquise, suivant les conseils d’Aliot, médecin ordinaire du roi, vanta désormais le lait  » cafeté ou café laité  »,  » la plus jolie chose du monde  ».

    Tant que sa place était restée modeste, le gouvernement n’avait pas songé à voir dans le café une source possible de revenus. Le jour où il figura de façon régulière sur  » les livres de raison  », il pensa pouvoir en tirer des profits substantiels. Un édit de janvier 1692 monopolisa en effet la vente du café au profit du Trésor. Le fermier aurait seul le droit d’importer et de vendre le café, le thé, le chocolat, le cacao et la vanille ; il faudrait, pour les débiter, une autorisation écrite, renouvelable tous les ans moyennant trente livres. Le prix du café en grains était fixé à quatre francs la livre ; la  » prise  » de café, à trois sols six deniers. Et maître François Damame, bourgeois de Paris, recevait pour  » six années prochaines et consécutives  », à dater du 1er janvier 1692, le privilège  » de vendre, faire vendre et débiter seul, à l’exclusion de tous autres, tous les caffés tant en fèves qu’en poudre, le thé, les sorbecs et les chocolats » (arrêt du  du 22 janvier 1692).

   Le café avait désormais une existence officielle dans l’État. Mais allait-il pouvoir résister à l’énorme augmentation de prix qu’entraînait la ferme ? Il valait de 27 à 28 sols la livre en 1690 ; il était porté brusquement à quatre francs la livre. La chute de la consommation fut brutale (  de la consommation officielle tout au moins, car la fraude prit de grandes proportions )

Marchand ambulant de café. Gravure d'Edmé Bouchardon de 1746 extraite d'Études prises dans le bas peuple ou Les cris de Paris

Marchand ambulant de café. 

Cependant la consommation d’ensemble avait dû réellement diminuer :  » La plus grande partie de ceux qui en prenaient s’en abstiennent  », lit-on dans les considérant de l’arrêt du Conseil d’État du 19 août 1692  » qui réduit et modère le prix du café à la somme de cinquante sols la livre, y compris le prix du marchand et autres droits  ». Cette atténuation ne redonna pas de vigueur à un système qui ralentissait la consommation et encourageait la fraude.

   Un arrêt du Conseil du roi révoqua le privilège de Damame en mai 1693. Le commerce du café redevenait libre ; il ne pouvait cependant  » entrer dans le royaume que par la ville de Marseille, en payant à l’entrée du port une somme de dix sols de chaque livre pesant, poids de marc, outre et par-dessus tous les anciens droits  ». Désormais  » liqueur de café  » et  » maisons de café  » pouvaient sans contrainte répondre à la faveur grandissante du public.

Passionnant n’est ce pas ? ! ( pour moi , oui )