Le savoir est inutile…..

Commenter est loin d’être nécessaire !

Quelles sont les origines de la pizza ? 

Calzone, Végétarienne, MargheritaRésultat d’images pour pizza margherita images , Reine, Hawaïenne, Savoyarde… la pizza est une des spécialités italiennes les plus consommées dans le monde. Salée, sucrée ???, à la crème, à la sauce tomate, la pizza telle qu’on la connaît aujourd’hui s’habille de garnitures classiques et originales en fonction des cultures de chaque pays. Mais d’où vient la pizza ? Et à quoi ressemblait ce plat à l’origine ?

 

D’où vient la pizza ?

Ce sont les Italiens qui ont contribué à rendre la pizza populaire, mais garnir une fine pâte à pain avec des aliments est une tradition qui remonterait à plus de 2000 ans av. J.C

   Le  » lahmacum  » était en effet un plat typique des Assyriens qui recouvraient une pâte cuite de viande avant de la déguster. On mangeait également déjà à l’époque des Grecs et des Romains de la pâte cuite semblable à un pain plat agrémentée de différents ingrédients. La pizza telle que nous la connaissons aujourd’hui tient   ses origines de la ville de Naples.

La  » verace pizza napoletana  »….

   La véritable pizza était à la base un plat de pauvre cuit au four constitué de pâte à base de farine de blé, de sauce tomate et de fromage. Alors comment cette spécialité populaire a-t-elle pu se transformer en mets d’exception ? Selon la légende, un cuisinier napolitain, Raffaele Esposito, aurait reçu la visite du roi italien Umberto I Résultat d’images pour Umberto I of Italyet de la reine Margherita Résultat d’images pour Marguerite de Savoie reine d'Italie en visite à Naples en 1889.

    Il leur aurait alors confectionné une pizza à base de sauce tomate, de tomates fraîches et de fromage qui fut tout de suite très appréciée par la reine Marguerite. Baptisé Pizza Margherita à la suite de cet événement, ce plat aurait directement intégré la carte de nombreux restaurants en Italie avant de gagner rapidement les cuisines des pays européens puis celles du monde entier.

    Aujourd’hui, les Français figurent parmi les plus gros consommateurs de pizzas au monde devant l’Italie. Et pour cause, la pizza est un plat rassembleur et convivial qui fait écho à notre culture. L’offre s’est donc adaptée à la demande. On en trouve à tous les coins de rue. Entre les chaînes de fast-food, les pizzerias, les  »foodtrucks  » ou encore les magasins alimentaires, l’offre est omniprésente.

 

Origine du ….

Cette célèbre pâtisserie serait née d’une erreur ?

  C’est le Français Nicolas Stohrer Résultat d’images pour nicolas stohrerqui l’aurait inventée au 18e siècle. Il est alors apprenti pâtissier et travaille dans les cuisines d’un roi, plus précisément le roi de Pologne, Stanislas Leszcynski Résultat d’images pour stanislas leszczynski , qui est  alors en exil en Alsace.

    De France il avait emporté une brioche destinée au roi. Mais pendant le voyage elle s’était desséchée. Ne pouvant la servir dans cet état , il décide  de l’arroser d’un vin doux produit en Andalousie, le Malaga et de la parfumer au safran. Devenue présentable (et surtout comestible) il la fourre de crème pâtissière et de raisins secs.

Le roi Stanislas adore le dessert qui lui est servi. Mais il faut lui trouver un nom ! Il se trouve qu’à ce moment là, il lit Les Contes des Mille et une nuits. Le roi lui-même décide donc de baptiser ce gâteau  » l’Ali-baba  ».

D’ailleurs il évoque le  »baba » dans une de ses lettres adressée à Sophie Volland    Résultat d’images pour sophie volland en 1767. Le Baba connaîtra ensuite un grand succès au 19° et 20° siècles.

Comment ce gâteau parvient-il jusqu’en France ?

En 1725 la fille du roi, Marie Leszcynska Résultat d’images pour marie leszczyńska , se marie avec Louis XV. Or notre pâtissier la suit à Versailles. Et quelques années plus tard, il ouvre à Paris sa propre pâtisserie au 51 rue Montorgueil (dans le 2e arrondissement). Il s’agit d’ailleurs de la plus ancienne pâtisserie de Paris. Elle est partiellement inscrite aux monuments historiques.

 Mais depuis cette époque la recette a quelque peu évolué. La crème pâtissière est souvent remplacée par de la crème chantilly, et le Malaga par du rhum. D’où son nom de Baba au rhum.

En 1836, les Monsù (des chefs-pâtissiers de la noblesse napolitaine) importe le Baba au Rhum dans la ville de Naples. La recette de ce dessert apparaît alors pour la première fois dans un manuel de cuisine italien, et lui attribue une origine napolitaine,! Ce qui est  complètement faux.

    Un dernier mot sur la pâtisserie Sthorer. Un autre spécialité de la maison est le  »puits d’amour » Résultat d’images pour puit d'amour pâtisserie imagesdont la première recette date de 1735. Selon la légende, Louis XV offrait à ses nombreuses maîtresses ce petit gâteau comme preuve d’amour. Nicolas Stohrer modifia quelque peu la recette en garnissant le feuilletage d’une crème pâtissière à la vanille, en recouvrant le dessus d’une épaisse couche caramélisée obtenue au fer rouge.

D’après ce que j’ai lu la  » marque  »  Stohrer existe toujours :

 »stéatopyge  »?

Résultat d’images pour images , illustrations femmes avec belle '' chute de reins ''                                              Résultat d’images pour photos , images stéatopyge

           Pourquoi ces deux images/photos de postérieurs féminins ? ( çà aurait pu être des masculins  mais….c’est tout de même plus agréable du point de vue  » plaisir des yeux  » ) …Pourquoi donc , simplement parce que j’ai lu  le mot  » stéatopyge  » que je ne connaissais pas , même si je me doutais que , comme  » callipyge  »  , il avait un rapport avec disons la  » chute de reins  » ..(Ne serait ce que via la chanson de Mr Brassens ) ..

    Disons donc que la première photo ,  » en haut  »  peut correspondre à  » callipyge  »  et les secondes , à droite à  » stéatopyge  » ( même si ce n’est pas flagrant ) , cet adjectif , d’après ce que j’ai lu a comme définition  :  » Qui est caractérisé par un développement exagéré du tissu adipeux fessier  » …..C’est à dire , dans le langage commun  :  » Qui a un gros cul  » …..oups ! 

 ( Cependant , quand  » pyge  » est associé à  » géo  » , on obtient alors, une insulte  imagée dont l’équivalent en langage courant serait  » cul- terreux  » )

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Bonnus : Mr Brassens …( pas de vidéo  » convenable  » )=> Paroles

Que jamais l’art abstrait, qui sévit maintenant
N’enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce
Qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison
Que ne suis-je, madame, un poète de race
Pour dire à sa louange un immortel blason

En le voyant passer, j’en eus la chair de poule
Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui voue
Un culte véritable et, quand je perds aux boules
En embrassant Fanny, je ne pense qu’à vous

Pour obtenir, madame, un galbe de cet ordre

Vous devez torturer les gens de votre entour
Donner aux couturiers bien du fil à retordre
Et vous devez crever votre dame d’atour

C’est le duc de Bordeaux qui s’en va, tête basse
Car il ressemble au mien comme deux gouttes d’eau
S’il ressemblait au vôtre, on dirait, quand il passe
 » C’est un joli garçon que le duc de Bordeaux ! « 

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent
Que vous avez placé votre orgueil un peu bas
Que vous présumez trop, en somme de vos fesses
Et surtout, par faveur, ne vous asseyez pas

Laissez-les raconter qu’en sortant de calèche
La brise a fait voler votre robe et qu’on vit
Écrite dans un coeur transpercé d’une flèche

Cette expression triviale :  » A Julot pour la vie « 

Laissez-les dire encor qu’à la cour d’Angleterre
Faisant la révérence aux souverains anglois
Vous êtes, patatras ! tombée assise à terre
La loi d’la pesanteur est dur’, mais c’est la loi

Nul ne peut aujourd’hui trépasser sans voir Naples
A l’assaut des chefs-d’oeuvre ils veulent tous courir
Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables:
Voir votre académie, madame, et puis mourir

Que jamais l’art abstrait, qui sévit maintenant
N’enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité

Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

 

 

 

Le trombone signe de résistance ????

   Le trombone fut un symbole d’unité et de résistance d’un peuple en particulier face à l’occupation nazie, donc pendant la Seconde guerre mondiale. Ce peuple est le peuple norvégien.

    On a du mal à imaginer que cet objet insignifiant  trombonne 1, utilisé pour maintenir une liasse de feuilles de papier ait pu revêtir une si grande et noble signification. Pourtant tel est bien le cas……

   D’abord Il est bon de savoir  que c’est un norvégien du nom de Johan Vaaler Résultat d’images pour Johan Vaaler qui au début du 20 ème breveta le premier modèle de trombone proche de celui que nous utilisons aujourd’hui. Mais pas exactement le même. (Il manquait à son modèle les deux boucles complètes  ). Donc il n’était pas facile d’y insérer des feuilles de papier. Du coup, son invention ne fut jamais produite.

 Pourtant de façon assez étonnante, la Norvège se vit comme le berceau de ce petit objet. C’est ce qui peut expliquer que les norvégiens se mirent à le porter sur leurs vêtements comme symbole de la résistance contre l’occupation allemande. ils arboraient ainsi un trombone sur le revers de leur veste pour affirmer à la fois leur solidarité et leur union. Leur union… on comprend aisément le symbole du trombone.

Ainsi Pierre Lefèvre dans la chronique qu’il signe le 9 mars 1941 pour l’émission  » Les Français parlent aux Français  »  félicite les norvégiens pour leur courage. Un acte qui selon lui est héroïque et mérite d’être cité à l’ordre de la Résistance. Il dit:  » Les norvégiens avaient pris l’habitude de porter à la boutonnière ces attaches dont l’on se sert dans les bureaux pour réunir les papiers et que l’on appelle couramment attaches trombones, à cause de leur forme. Cet étrange insigne, signifiait : Nous tenons ensemble  ».

    Mais les nazis finirent par en comprendre la signification et interdirent cette pratique.

Malheureusement pour eux, en réaction, de nouveaux insignes improvisés firent leur apparition aux boutonnières. Parmi eux, les cartes de pain; des cartes qui portaient les armes de la famille royale de Norvège. Mais aussi des étiquettes de bouteilles de lait. Pourquoi ? Tout simplement car on pouvait y lire la formule  »100 % norvégien ».

Pour finir, si on se demande pourquoi le trombone s’appelle ainsi, c’est très simple : Etant constitué d’une tige en métal repliée plusieurs fois afin de former plusieurs boucles, sa forme rappelle celle de l’instrument de musique Résultat d’images pour image trombone instrument de musiquedu même nom, d’où il tire son appellation.

 » orteils COVID  » ????

       Le virus responsable de la pandémie actuelle de coronavirus ne se manifesterait pas seulement par la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. D’autres symptômes de l’infection pourraient apparaître, comme de petites lésions cutanées sur les orteils de certains patients.

Comme des engelures

    Dans plusieurs pays, les dermatologues ont alerté sur l’apparition, chez certains patients, de lésions cutanées apparaissant surtout sur les orteils ou les doigts de pied. Elles pourraient faire penser à des engelures.

 

   Elles se manifestent par des sortes de rougeurs, d’aspect violacé. Elles présentent souvent l’aspect de petites boursouflures et peuvent être douloureuses au toucher, les personnes atteintes ressentant parfois une sensation de brûlure.

   Ces lésions cutanées apparaissent plus souvent chez des enfants ou des adolescents, mais des patients plus âgés peuvent en être victimes. En règle générale, ces lésions se résorbent d’elles-mêmes, sans laisser de traces.

Un nouveau symptôme du coronavirus?

    De nombreux dermatologues soupçonnent un lien possible entre ces  »orteils Covid » , comme on les appelle désormais, et une infection par le coronavirus.

    Une étude italienne a révélé qu’environ 20 % des patients touchés par le virus présenteraient ces lésions cutanées. Il s’agirait de personnes testées positives mais ne présentant pas d’autres symptômes.

       Si la relation entre l’apparition de ces rougeurs et une infection par le coronavirus était étable, ce nouveau symptôme permettrait de repérer très tôt, et donc d’isoler, des personnes asymptomatiques. Cette démarche serait en effet d’autant plus pertinente que l’apparition de ces lésions serait un des premiers signes de l’infection.

    En tous cas, la présence de nombreux cas d’  »orteils Covid »  parmi des personnes testées positives au coronavirus semble exclure une simple coïncidence. Les médecins recommandent aux proches de ces personnes, souvent de jeunes patients, d’observer la survenue éventuelle d’autres symptômes, plus classiques. Ils conseillent également un dépistage des personnes concernées, afin de détecter une éventuelle présence du virus dans l’organisme.

   Les spécialistes n’expliquent pas encore l’origine de ces lésions, peut-être dues à l’action du coronavirus. Il se pourrait qu’il produise de minuscules caillots, qui viendraient perturber la circulation sanguine. Une inflammation des vaisseaux serait également en cause.

Le béguin ..

 » Connaître quelqu’un dès le béguin  » : Je viens de lire cette expression , je me suis demandé si elle a un rapport avec  » avoir le béguin  » ,  »être amoureux  » .
   J’ai trouvé ce qui suit : Connaître quelqu’un dès le béguin…

    Connaître quelqu’un depuis son enfance

     Le béguin était une coiffure féminine portée par les religieuses de l’ordre des Béguines, avant que cette coiffe ne fût portée par des enfants sous leur bonnet. Vers le milieu du règne de Louis XV, garçons et filles portaient en effet généralement cette coiffure à six ou sept ans, et dans quelques familles, la permission de quitter le béguin arrivait pour les demoiselles beaucoup plus tard.

   Craignant des hommages trop précoces, certaines mères obligeaient leurs filles à porter, toutes grandes, une coiffure qui voulait dire : Je suis encore une enfant, ne m’adressez point de propos indiscrets, ne faites point attention à moi.

Lorsque Rousseau, en 1762, proscrivit le maillot, la bride, petite bande de toile qui fait partie d’un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête, fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Le docteur Des Essarts (Traité de l’éducation corporelle des enfants en bas âge, Paris, 1760) avait déjà dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides, y occasionnait un engorgement et un gonflement.

Le docteur Alphonse Le Roi (Recherches sur les habillements des femmes et des enfants, Paris, 1772) ajouta : « Souvent on serre trop le cordon, à dessein d’affermir la coiffure de l’enfant ; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau, ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfants succombent le plus ordinairement. »

Dans l’Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), Rolland de La Platière lança aussi son manifeste contre les béguins.  » Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de la layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l’enfance, gênaient ses mouvements, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l’affranchir.  »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Mercure de France, signé M.  » Qu’est-ce qui a fait, dit l’abbé Galiani dans une lettre à madame d’Épinay, cette plaisanterie charmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu’il y a de plus délicat dans ce genre. Si Grimm n’en est pas l’auteur, je ne le connais point.  »

Beaucoup de bruit pour un petit bonnet je trouve ? 

Le traité de Tordesillas ? :

.traite-tordesillas (4)( image du Net )
 

 

   En 1492 Christophe Colomb découvrit pour les occidentaux l’Amérique. Un an plus tard le Pape Alexandre VI traça une ligne de démarcation au milieu de l’océan Atlantique afin de diviser le monde en deux parties. Une partie sera attribuée à l’Espagne, l’autre au Portugal. Ce partage du monde en deux est connu sous le nom de Traité de Tordestillas.

     Bien entendu ,ce partage suscita la colère de l’Angleterre et de la France. Pour la France, François 1er, déclara :  » Le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du  » testament d’Adam ?  » qui m’exclut du partage du monde  » .

  Les circonstances entourant le traité:

     Ratifié par le roi Ferdinand II d’Aragon et la reine Isabelle 1ère de Castille : Fut définit comme ligne de partage le méridien localisé à 1 770 km à l’ouest des îles du Cap-Vert; ( les coordonnées seraient aujourd’hui 46° 37′ ouest ) . Conséquence, l’Espagne obtint les îles Canaries, alors que Madère, les Açores et les îles du Cap-Vert, revinrent au Portugal. Il obtint également le droit de conquête du Maroc.

   Les nouvelles terres découvertes par Christophe Colomb, le continent américain, sont encore peu connues et les cartes très imprécises. Cependant l’Amérique revint en théorie dans son intégralité aux Castillans.

    En 1500 Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil qui  est alors attribué au Portugal.

    Les autres puissances européennes sont exclues du partage et n’acceptent pas les termes du traité. Pour profiter des richesses du Nouveau Monde elles n’ont d’autres solutions, au départ, que d’avoir recours à la piraterie et à la contrebande.

   Par la suite François Ier obtint du pape Clément VII une interprétation assouplie de la bulle : le traité de Tordesillas ne concerne que  »les terres connues et non les terres ultérieurement découvertes par les autres Couronnes  ». Pour cette raison il financera des expéditions comme celles de Jacques Cartier.

   Enfin le traité de Tordesillas devint caduc à partir du moment où ces autres puissances se sont dotées d’une marine suffisamment puissante pour braver l’interdit hispano-portugais.

Parce que j’en bois beaucoup….trop ?

Le café

    C’est vers 1644 ,  suite à   une longue suite de  » vicissitudes  » que le café, faisait  » modestement  » son apparition à Marseille grâce à des voyageurs étrangers,il  obtint peu à peu droit de cité en France après avoir conquis en premier le centre élégant de la vie parisienne : Environ cinquante ans plus tard, il avait gagné la faveur publique, bravant les mesures infructueuses d’un gouvernement ayant vu en lui une source de revenus substantiels

  Ce furent, tout naturellement, des  » voyageurs  » qui introduisirent en France le café, alors fort en usage dans les pays turcs, du Bosphore à la vallée du Nil. Marseille,  » porte de l’Orient  » , l’accueillit en 1644:  Revenant de Constantinople où il avait accompagné M. de la Haye, le  » sieur  » de la RoqueRésultat d’images pour    '' sieur '' de la Roque images rapporta, avec du café, les ustensiles nécessaires pour le confectionner et le boire : il était , parait il , particulièrement fier  de  » tasses de vieille porcelaine d’une grande beauté et de petites serviettes de mousseline brodées d’or, d’argent et de soie  » (  objets de collection plus que d’usage courant ) .

   Son petit cabinet  » à la turque  »  passait pour une vraie curiosité  et le public invité à goûter le breuvage était composé de voyageurs amis, comme La Roque accoutumés aux usages des pays orientaux  . D’autres négociants de Marseille commencèrent alors à en faire également un certain usage. Mais pendant une quinzaine d’années la boisson ne sortit pas de milieux assez restreints.

Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d'Amérique du Sud buvant un chocolat. Gravure (colorisée ultérieurement) extraite de Traités nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolate par Philippe-Sylvestre Dufour, édition remaniée parue en 1685 de son De l'usage du caphé, du thé et du chocolate publié en 1671

( image = Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d’Amérique du Sud buvant un chocolat.)

    En 1657, introduit par Jean de Thévenot, le café fit son apparition à Paris. Le célèbre voyageur, qui avait rapporté d’Égypte une provision de la précieuse fève, en régala des amis ( Jean de Thévenot consacre plusieurs pages au  » cahvé  » et aux  » cahvehanes  » (cabarets publics de  » cahve  ») chez les Turcs, dans le récit de ses voyages ) qui n’étaient peut-être pas tous des  »orientalisants  » …. Quelques personnes de la haute société, à l’affût de plaisirs nouveaux, se piquèrent même de posséder des faiseurs de café italiens.

      En 1660, un  »sieur  » More fut adjoint par le maître d’hôtel de Mazarin à la troupe de ses cuisiniers, tandis qu’Andréa Salvator venait préparer le nouveau breuvage chez le maréchal de Gramont, qu’on   » fort curieux de ces sortes de choses  ». Ces deux habiles Italiens excellaient « à distiller toutes sortes de fleurs, fruits, grains et autres choses, tant par le chaud que par le froid, et à préparer le chocolat, le thé et le café » . La fève, rare et précieuse, était vendue 80 francs la livre. D’où une clientèle assez restreinte . Le grand public ignorait toujours l’existence du café. D’où la surprise des lecteurs de la Muse de Cour, quand ils y découvrirent, en 1666, un poème de Subligny célébrant les vertus du  » kavé  » :

Qui guérit en moins d’un avé
Quand le reste ne peut guérir en une année…

 

    Un événement bien  » parisien  » allait être à l’origine de l’engouement qui, soudain,  » lança  »  le noir breuvage. Depuis plusieurs années, les relations avaient été suspendues entre le Sultan et le Très-Chrétien, brouillés à la suite d’outrages, vols, molestations, etc., dont les ambassadeurs et  négociants de France étaient l’objet en pays turc. Un corps d’armée dirigé par le duc de Beaufort venait même d’être envoyé au secours des Vénitiens assiégés dans Candie par le Grand Vizir.

    Soudain on apprit que Mohammed IV, revenant à de meilleurs sentiments, envoyait à Paris un ambassadeur. Celui-ci débarqua à Toulon début  août 1669, accompagné d’une vingtaine de notables et de domestiques , et tous les regards furent désormais tournés vers Soliman Aga, Muaferraca , titre turc indiquant une fonction de la domesticité du sultan, interprété comme le nom de l’ambassadeur que l’on appela à Paris Mouta Faraca ou Mustapha Raca. Pour le saluer, les villes sur son passage tirèrent le canon. À Paris le roi lui-même le reçut avec une solennité inusitée ….

    Mais loin d’être touché par ces marques d’attention, le Turc, bien au contraire, se plaignit de ce que le roi ne s’était pas levé pour recevoir sa lettre, et se retira fort  mécontent. L’ambassade aboutissait à un échec, sur le plan politique ; il en fut tout autrement, s’agissant de la littérature et des mœurs ( car Mustapha Raca est à l’origine du Bourgeois Gentilhomme ) et répandit en France l’usage du café. À en croire une anecdote de La Martinière, ce serait pour se moquer des dédains de l’envoyé de la  »Sublime Porte  » qu’auraient été imaginées les  » turqueries  »  bouffonnes du Bourgeois Gentilhomme : en mettant sur la scène l’Orient travesti, Molière vengeait Louis XIV.

Intérieur d'une coffee house anglaise. Frontispice de Coffee houses jests par William Hickes (1630-1682), édition de 1686
  (image = Intérieur d’une coffee house anglaise. )

   En fait, après s’être montré si fier envers Louis XIV, Soliman Mouta Faraca, » bel homme  » âgé d’une cinquantaine d’années, se mit à recevoir, les dames surtout.  »      De jeunes et beaux esclaves, habillés d’un riche costume turc, présentaient aux dames de petites serviettes damassées garnies de franges d’or et servaient le café dans des tasses de porcelaine fabriquées au Japon.  »  On se pressait dans le logis au décor exotique, attiré d’ailleurs plus par le charme d’une conversation piquante car  le Turc était  » homme d’esprit  » plus que par un breuvage au goût assez acre. Mais Mustapha poussa la galanterie jusqu’à offrir du sucre avec son café. Et l’engouement fut complet.

   Après son départ , le 22 août, tous ceux qui avaient eu  » l’inestimable privilège  » d’être reçus par lui mirent leur point d’honneur à faire goûter par leurs invités le breuvage dont tout le monde parlait, la mode se répandit alors , dans la haute société, de consommer du café au cours des réceptions.

   Les bourgeois, eux aussi, voulurent bientôt connaître la saveur nouvelle. La renommée de la  » liqueur arabesque  » fut exploitée par les marchands de la capitale, toujours prêts à satisfaire la curiosité du public. Dès 1671 ,il y eut  à Paris,   » plusieurs boutiques où l’on vendait publiquement le caffé  ». Le produit nouveau, vendu en grains, était utilisé comme drogue plus encore que comme boisson d’agrément ; ce sont ses propriétés thérapeutiques que vantait un prospectus répandu par les marchands de café :

 » Coffé est une meure qui croist dans les déserts d’Arabie, d’où elle est transportée dans toutes les dominations du Grand Seigneur : qui estant beuë( bue), desseiche toutes humeurs froides et humides, chasse les vents, fortifie le foye, soulage les hydropiques par sa qualité purifiante ; souveraine pareillement contre la galle et corruption de sang ; raffraischit le cœur et le battement vital d’iceluy, soulage ceux qui ont des douleurs d’estomac et qui ont manque d’appetit ; est bonne pareillement pour les indispositions de cerveau froides, humides et pesantes. La fumée qui en sort est bonne contre les deffluxions des yeux et bruits dans les oreilles ; souveraine aussi pour la courte haleine, pour rhumes qui attaquent le poumon, et douleurs de ratte, pour les vers, soulagement extraordinaire après avoir trop beu ou mangé. Rien de meilleur pour ceux qui mangent beaucoup de fruict.  » lol : Un remède pour toutes les maladies ! 

  Et donc le café n’aurait été qu’une préfiguration du quinquina médicinal, s’il n’avait ,dans le même temps, été prôné sur les tréteaux des foires comme la boisson par excellence. Les Arméniens qui, dès 1666,  apportaient du Midi à Paris des ballots de café, eurent alors l’idée de profiter de l’engouement des Parisiens en ouvrant des boutiques où l’on vendrait uniquement des décoctions du  » noir breuvage  ». Peut-être furent-ils inspirés par l’exemple de Marseille, initiatrice en la matière, où s’ouvrit, en 1671, un magasin de  » liqueur de caffé  ».

Dame qui prend du café illustration.Dame qui prend du café. Gravure de Robert Bonnart réalisée vers 1695

En 1672 s’établit à Paris ( même si les historiens du café indiquent que dès 1643 un Levantin aurait ouvert sans succès un café dans le passage couvert, sous le Petit-Châtelet, qui menait dans la rue Saint-Jacques au Petit-Pont, aucun ne donne de références ) , à la foire Saint-Germain, une  » maison de caffé  » tenue par un nommé  » Harouthioun » ou Pascal, qui connut grand succès.  Une fois la foire fermée, Pascal transporta son commerce sur le quai de l’École ( plus tard quai du Louvre ), où, pour  »deux sous six deniers  », il servait une tasse de café.

Mais là, le succès l’abandonna. Les passants du quai répugnèrent à pénétrer dans l’établissement que furent seuls à fréquenter des Levantins et quelques chevaliers de Malte. Pascal dut fermer boutique et se retirer à Londres. Pour y continuer son commerce ? Probablement. Dans la capitale anglaise, les coffee houses, ouvertes depuis 1652, avaient déjà conquis la faveur du public au point qu’en 1675, craignant leur hostilité, Charles IIRésultat d’images pour charles ii roi d'angleterre essaya de supprimer  » ces repaires de gens déconsidérés, qui discutent et répandent divers propos fallacieux, malicieux et scandaleux, pour diffamer le gouvernement de Sa Majesté et troubler la paix et le repos de la nation  »

À Paris, Pascal avait été un précurseur. Attiré par la clientèle abondante et facile qu’offrait la foire Saint-Germain, son commis Procopio associa ses maigres économies de  » garçon de café  » à celles d’un nommé Logerot, et loua dans la foire une loge . L’idée de la  » maison de café  » installée en ville fut reprise, elle, par un autre Arménien, Maliban, qui s’installa rue de Bussy, près du Jeu de Paume de Metz. Après un court passage rue Férou, il revint à la première boutique, et se mit à y débiter du tabac et des pipes à la mode orientale. Il échoua ,  bientôt il passa en Hollande. Son commis lui succéda ( un certain Grigor ou Grégoire, originaire d’Ispahan ), qui eut une idée fort astucieuse : il alla s’établir près de la Comédie Française, qui donnait alors ses représentations rue Mazarine. Comédiens et gens de lettres prirent l’habitude de se retrouver chez Grégoire. Le café, lieu où lon cause, était fondé.

Pour consommer, il n’était d’ailleurs pas besoin d’entrer dans les petites échoppes des cafetiers levantins. Des marchands ambulants parcouraient les rues, débitant le café à domicile. Le plus célèbre, un petit boiteux, nommé le Candiot, sans doute un Crétois, s’en allait par les rues en criant :  » Du café !  » Ceint d’une serviette  »fort propre  », il portait d’une main un réchaud sur lequel était une cafetière, et de l’autre une espèce de fontaine remplie d’eau ; devant lui, un éventaire de fer blanc avec tous les ustensiles nécessaires.      Pour deux sous il remplissait un gobelet, en fournissant aussi le sucre. Le Candiot avait des concurrents. . Tous ces Levantins ont été les artisans obscurs de l’acclimatation, à Paris, du café. Durant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, Arménien fut synonyme de marchand de café.

Les réduits où se consommait le café n’étaient pourtant que des échoppes  »infestées par la tabagie  ». On vit alors apparaître, rue des Fossés-Saint-Germain, un établissement d’un tout autre aspect, aimable, propre, luxueux même : le premier véritable café, fondé par Francesco Procopio Coltelli. On a beaucoup discuté sur les origines du personnage : était-il né à Palerme en Sicile, à Florence comme le prétend son successeur Dubuisson  ou encore à Paris, ville dans laquelle un Procopio Coltelli était venu s’installer à l’époque de Catherine de Médicis ? ( La question fut résolue par un Extrait du Plumitif de la Chambre des Comptes de Paris, année 1684, attestant que Francesco Procopio Coltelli était sicilien. Son acte de mariage permet d’ajouter : né en 1650, d’Onofrio Coltelli et de Domenica Semarqua.

Le café Procope au XVIIIe siècle. Estampe (colorisée ultérieurement) anonyme de 1779
(  image :  Le café Procope au XVIIIe siècle.) 

À la suite de quelles tribulations le Sicilien ( en qui il faut renoncer à voir un gentilhomme ruiné ) échoua-t-il à la foire Saint-Germain où il devint commis de Pascal ? On ne sait. Il suivit son patron quai de l’École ; lorsque ce dernier eut fermé boutique, il retourna, à la foire Saint-Germain, s’associa à un certain Logerot pour louer une échoppe, et gagna rapidement assez d’argent pour pouvoir, dès 1675, se marier avec Marguerite Crouïn : il en eut, de 1676 à 1688, huit enfants. Ses relations semblent localisées dans les milieux italiens. Mais en 1684 le Sicilien, à la tête d’une affaire prospère, se fit naturaliser. Désormais Procope Couteau appartient  »sinon à l’histoire de France, du moins à l’histoire des mœurs françaises  ».

Avant d’être français, Procopio faisait, dès 1676, partie de la communauté des  » distillateurs-limonadiers  ». Tandis que son acte de mariage le désigne (en 1675) comme  » marchand  », il est appelé  » distillateur  » en 1677 et  » maître-distillateur  » en 1677 et 1678 dans les actes de baptême de ses filles. En 1676, en effet, les  » maîtres-limonadiers, marchands d’eau-de-vie  »  avaient reçu un nouveau statut ; l’article III donnant la  » faculté de composer et vendre du café en grain, en poudre et en boisson  ».  » Distillateur-limonadier  », Procope avait quitté la foire Saint-Germain pour venir s’installer rue de Tournon. En 1686, il se transporta rue des Fossés-Saint-Germain puis y fonda l’établissement qui devait au cours des siècles suivants connaître la célébrité sous le nom de  » Café Procope  ».

Procope loua de plus les deux maisons attenantes, ce qui lui fournit un assez vaste espace :  » Le terrain régnait le long des fossés de la ville entre les portes de Saint-Germain et de Bussy et en était la contrescarpe.  » Le hardi Sicilien, abattant les cloisons, consacra le rez-de-chaussée des deux immeubles à son café, y installa de petites tables de marbre commodes et avenantes, accrocha au plafond des lustres de cristal, orna enfin les murs d’une élégante tapisserie et, suprême raffinement, de miroirs et de glaces. Le café devenait digne de devenir le rendez-vous des honnêtes gens et des gourmets.

À ses talents de cafetier le  » maître-distillateur  » joignait ceux de préparateur de liqueurs et de drogues multiples. Il possédait aussi une gamme de vins capiteux tels muscats, vins d’Espagne, de Saint-Laurent et de la Ciotat et toute une palette de mélanges savants : rossoly,  » rosée du soleil  », qui au gourmet permettait de savourer l’harmonie du fenouil, de l’anis, du coriandre, de l’aneth et du carvi pilés ensemble et macérés au soleil dans de l’eau-de-vie ;  » populo  », où venaient se fondre les parfums du clou de girofle, du musc, de l’ambre, du poivre long, du sucre, de l’anis, du coriandre et de l’esprit de vin ; eau de Cédrat et  » liqueur du parfait amour  » ; sorbec, composé de citron, de musc, d’ambre et de sucre ; fruits confits, cerises, framboises ou noix ; eaux de gelées et finalement glaces de fruits et de fleurs aux multiples parfums, car l’  » artiste  » sicilien lança, dès la fin du XVIIe siècle, la formule du  » café glacier  » : de quoi se réchauffer, de quoi se rafraîchir.

   C’est alors que, par une coïncidence heureuse, une large clientèle vint s’offrir à Procope. Chassés en 1687 de la rue Mazarine par l’hostilité des Jansénistes, leurs voisins les Comédiens du Roi, s’installant dans la salle du Jeu de Paume du sieur de l’Étoile, rue des Fossés-Saint-Germain, juste en face du Café Procope, construisirent un théâtre neuf ; le 18 avril 1689, la Comédie-Française inaugurait par une sensationnelle représentation de Phèdre et du Médecin malgré lui sa nouvelle salle de spectacle. Dans le théâtre lui-même, Procope occupait sa place ; car il y avait loué la  » loge de la limonade  » et installé une  » distributrice de douces liqueurs  ». Fait capital : le Café Procope devint lui-même le quartier général de tous ceux qui avaient rapport avec la Comédie.

Habit de Caffetier (vêtement allégorique avec attributs professionnels). Gravure (colorisée ultérieurement) de Nicolas de Larmessin (1632-1694) extraite de la série Les costumes grotesques : habits des métiers et professions publiée en 1695
 » Habit de Caffetier  » .

Jusque-là, Procope avait surtout la visite des joueurs de boule du Jeu de Malus (situé derrière le café), des joueurs de paume du sieur de l’Étoile et de quelques bretteurs du voisinage. Il avait aussi trouvé une clientèle parmi les nombreux passants qui traversaient le carrefour de Bussy, alors le véritable centre de Paris sur la rive gauche. Des rues Dauphine, Mazarine, Saint- André-des-Arts, des Boucheries, de Condé, on poussait volontiers jusqu’à la rue des Fossés-Saint-Germain, pour y déguster une glace, y savourer une tasse de café. Mais, une fois bâtie la Comédie, afflua la clientèle des auteurs, comédiens, nouvellistes, gens de lettres, beaux seigneurs aussi ou fermiers généraux, attirés dans ces parages par les charmes des comédiennes.

Alors, les serveurs en costumes orientaux, drapés d’amples vêtements et coiffés de bonnets de fourrure, apportent leurs petites tasses de breuvage fumant à une clientèle fort variée : jeunes cavaliers bien faits ; abbés galants se délectant de confiseries ; couples discrets réfugiés au milieu de la foule et du bruit ; savants aussi et gens de lettres qui  » confèrent sur des matières d’érudition, sans gêne et sans cérémonie, pour ainsi dire en se divertissant  ». Devant la tasse de café, on bavarde ;  » la causerie accompagne obligatoirement le café ou le thé, elle est même presque leur vraie raison d’être  ». Le café, à peine né, est un café littéraire.

Dès le début aussi, c’est un café politique. On y discute les affaires, plus graves, du gouvernement. Et le pouvoir s’intéresse aussitôt à ces centres possibles d’opposition. Le 27 décembre 1685, Seignelay écrit à La Reynie :  » Le Roy a été informé que, dans plusieurs endroits de Paris où l’on donne à boire du caffé, il se fait des assemblées de toutes sortes de gens et particulièrement d’étrangers. Sur quoy Sa Majesté m’ordonne de vous demander si vous ne croiriez pas qu’il fût à propos de les en empêcher à l’avenir.  »     Mais le succès des nouveaux établissements était si éclatant que le lieutenant de police ne retint pas la proposition du secrétaire d’État.

    À côté du Procope on vit se développer beaucoup d’autres cafés : à la foire Saint-Germain, les modestes échoppes se transformèrent en salles élégantes, où les garçons  »arméniens  » se servaient désormais de cafetières d’argent ; à l’angle de la rue Dauphine et de la rue Christine, Laurent fonda un café devenu rapidement célèbre ; rue Saint- André-des-Arts, Étienne d’AIep se fixa après avoir, des années durant, parcouru les rues en criant :  » Du café !  » Bref, en 1690, tout le centre élégant de la vie parisienne entre le carrefour de Bussy, la foire Saint-Germain et la Seine, était gagné à la formule nouvelle : il était de bon ton de se rendre au café.

Dans le même temps, le café avait gagné l’usage des particuliers, ( non sans difficulté ). Après l’engouement de 1670, une réaction s’était manifestée, conduite par la Faculté ; effrayés par les propriétés excitantes du café, de nombreux médecins l’avaient fait bannir par leurs pratiques. La correspondance de Mme de Sévigné témoigne de l’opposition du corps médical à la nouvelle boisson, et des attitudes changeantes de la Cour et des gens du monde envers le nouveau breuvage. Le 10 mai 1676, elle apprend à sa fille que le café vient d’être  » chassé honteusement  » de chez Mlle de Méri.  » Après de telles disgrâces, peut-on compter sur la fortune ?  »En 1679 à nouveau, elle rapporte à Mme de Grignan les préventions de Du Chesne, médecin de ses amis :  » La force que vous croyez que le café vous donne n’est qu’un faux bien.  » La même année, le sieur Colomb, pour son agrégation au Collège des médecins de Marseille, démontrait de son côté que l’usage du café était nuisible aux habitants de cette ville.

Un homme et une femme prenant du café. Gravure de Bernard Picart réalisée vers 1720
                     (Un homme et une femme prenant du café.  )

   Un fort parti restait cependant attaché au café. D’où les perplexités de la marquise :  » Du Chesne hait toujours le café ; le frère (Ange) n’en dit point de mal, écrit-elle en 1680 à sa fille… Est-ce qu’il faut avoir l’intention de le prendre comme un remède ? Caderousse s’en loue toujours ; le café engraisse l’un et emmaigrit l’autre : voilà toute l’extravagance du monde. Je ne crois pas qu’on puisse parler plus positivement d’une chose où il y a tant d’expériences contraires.  »

Le parti du café petit à petit l’emportait ; bientôt il allait pouvoir, à son tour, se réclamer de traités savants, montrant le bon usage que l’on pouvait en faire pour la  » préservation et la guérison des maladies  » . Mais, nouveau retour de fortune :  » Le café est tout à fait disgracié, écrit Mme de Sévigné à sa fille le 1er novembre 1688 ; le Chevalier croit qu’il échauffe et qu’il met son sang en mouvement ; et moi en même temps, bête de compagnie comme vous me connaissez, je n’en prends plus.  »

    Une semaine après, il est vrai, la marquise de Sévigné  pense que le café pourrait  » revenir en grâce  » ; mais la Cour semblant le condamner définitivement :  » Le café est disgracié ici et par conséquent je n’en prends plus ; je trouvais pourtant qu’il me faisait de certains biens ; mais je n’y songe plus.  »  C’est alors qu’un médecin de Grenoble, Monin, eut l’idée d’ajouter au café du sucre et du lait. La préparation eut raison des derniers opposants et la marquise, suivant les conseils d’Aliot, médecin ordinaire du roi, vanta désormais le lait  » cafeté ou café laité  »,  » la plus jolie chose du monde  ».

    Tant que sa place était restée modeste, le gouvernement n’avait pas songé à voir dans le café une source possible de revenus. Le jour où il figura de façon régulière sur  » les livres de raison  », il pensa pouvoir en tirer des profits substantiels. Un édit de janvier 1692 monopolisa en effet la vente du café au profit du Trésor. Le fermier aurait seul le droit d’importer et de vendre le café, le thé, le chocolat, le cacao et la vanille ; il faudrait, pour les débiter, une autorisation écrite, renouvelable tous les ans moyennant trente livres. Le prix du café en grains était fixé à quatre francs la livre ; la  » prise  » de café, à trois sols six deniers. Et maître François Damame, bourgeois de Paris, recevait pour  » six années prochaines et consécutives  », à dater du 1er janvier 1692, le privilège  » de vendre, faire vendre et débiter seul, à l’exclusion de tous autres, tous les caffés tant en fèves qu’en poudre, le thé, les sorbecs et les chocolats » (arrêt du  du 22 janvier 1692).

   Le café avait désormais une existence officielle dans l’État. Mais allait-il pouvoir résister à l’énorme augmentation de prix qu’entraînait la ferme ? Il valait de 27 à 28 sols la livre en 1690 ; il était porté brusquement à quatre francs la livre. La chute de la consommation fut brutale (  de la consommation officielle tout au moins, car la fraude prit de grandes proportions )

Marchand ambulant de café. Gravure d'Edmé Bouchardon de 1746 extraite d'Études prises dans le bas peuple ou Les cris de Paris

Marchand ambulant de café. 

Cependant la consommation d’ensemble avait dû réellement diminuer :  » La plus grande partie de ceux qui en prenaient s’en abstiennent  », lit-on dans les considérant de l’arrêt du Conseil d’État du 19 août 1692  » qui réduit et modère le prix du café à la somme de cinquante sols la livre, y compris le prix du marchand et autres droits  ». Cette atténuation ne redonna pas de vigueur à un système qui ralentissait la consommation et encourageait la fraude.

   Un arrêt du Conseil du roi révoqua le privilège de Damame en mai 1693. Le commerce du café redevenait libre ; il ne pouvait cependant  » entrer dans le royaume que par la ville de Marseille, en payant à l’entrée du port une somme de dix sols de chaque livre pesant, poids de marc, outre et par-dessus tous les anciens droits  ». Désormais  » liqueur de café  » et  » maisons de café  » pouvaient sans contrainte répondre à la faveur grandissante du public.

Passionnant n’est ce pas ? ! ( pour moi , oui )

Pourquoi dit on……

   Tout à l’heure , alors que j’émergeais d’un sommeil plus ou moins  » réparateur  » , je fus disons  » alerté  » par un bruit aussi inhabituel que perturbant ….En fait , quelqu’un tapait violemment ,à coup très violent à ma porte ….( il y a pourtant une sonnette ? )…..Sonnette qui , après contrôle fonctionne parfaitement …..

   Après avoir enfilé quelques vêtements , je descendis pour voir ce qui ce passait ….Et ne vis personne devant la porte  ???? …Alors que j’allais rejoindre mon antre , une voisine m’interpella et me demanda ce qui ce passait ( elle avait aussi entendu le bruit ) …Bref , je ne sais toujours pas qui a pu faire ce bruit , ce  » boucan  »  ..

   Je me suis demandé d’où venait cette expression  et je vous livre le peu d’explication que j’ai trouvé …

Pourquoi dit-on  » faire du boucan  » ?

    L’action de  » faire du boucan  » consiste dans le langage familier à faire beaucoup de bruit.

    Le mot  » boucan  » viendrait directement du mot  » bouc  » Résultat d’images pour images boucdont le verbe  » boucaner  » signifie en ancien français du 17ème siècle, imiter le cri du bouc. Et dans la Bible il est un animal maudit. Plus tard il prit un sens additionnel puisque le boucan devint synonyme de  » bordel  » ( qui de nos jours signifie aussi parfois faire du bruit ? )Afficher l’image source , lieu qui a son tour pouvait facilement évoquer le vacarme. La prostituée était la  » boucanière  » et  » boucaner  » consistait à fréquenter ces lieux de débauche.

    A cause du bruit que pouvaient générer les maisons closes, faire du boucan signifia rapidement  » faire un bruit excessif  ».?

  ( On retrouve d’ailleurs le mot  » boucan  » dans un certain nombre d’autres expressions dans lesquelles il revêt une signification amplifiée comme  » faire un boucan d’enfer  ».)

C’était il y a environ ….

378 ans

   Montréal, métropole de l’actuelle province du Québec, est née le 17 mai 1642 sur une grande île située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la Rivière-des-Prairies.

Une idée de Samuel de Champlain :

    En 1615, Samuel de Champlain , qui a déjà fondé l’  » Abitation de Québec  » le 3 juillet 1608, émet l’idée d’un poste sur le fleuve Saint-Laurent en vue de promouvoir la religion catholique parmi les Indiens de la Nouvelle-France… et de développer le commerce de la fourrure.

   L’idée est reprise sous le règne de Louis XIII par le baron de Fancamp et Jérôme de la Dauversière, un habitant de La Flèche. Ils ont l’idée d’ une grande île sur le fleuve, à 1500 km à l’intérieur des terres, que l’explorateur Jacques Cartier Résultat d’images pour Jacques Cartier a repérée un siècle plus tôt, le 2 octobre 1535, et baptisée  » Mons realis  » (Mont royal en latin).

    En vue de sa colonisation, ils fondent la  » Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France  » ( le mot sauvage viendrait du latin salvaticus et désignait à l’époque  »celui qui habite dans les bois  », sans connotation péjorative comme aujourd’hui).

Le 9 mai 1641, deux navires quittent La Rochelle pour la Nouvelle-France (le Québec actuel). La colonie ne compte encore que 400 Français. À bord des navires, une cinquantaine de personnes sous la direction de deux catholiques fervents : Le  »gentilhomme  » Paul de Chomedey de Maison -neuve et l’infirmière Jeanne Mance Résultat d’images pour jeanne mance.

   L’expédition passe l’hiver à Québec et atteint le site de Montréal l’année suivante. Elle débarque près du village huron d’Hochelaga, dont un quartier actuel de Montréal perpétue le nom. Cet endroit est aujourd’hui connu sous le nom de  » pointe à Callière  », et un très beau musée d’archéologie et d’histoire y rappelle l’événement…

Des débuts pénibles

   Dès leur  arrivée, les colons construisent une clôture. La messe de fondation a lieu le lendemain, dimanche 18 mai 1642. Le nouvel établissement est consacré à la Vierge et prend le nom de Ville-Marie (une dizaine d’années plus tard, il ne sera plus connu que sous le nom de Montréal). Il se dote d’un hôtel-dieu (hôpital) à l’initiative de Jeanne Mance.

   Mais les débuts sont très pénibles et la ville doit se défendre contre les Iroquois , farouches ennemis des Français depuis leur rencontre malheureuse avec Samuel de ChamplainSamuel de Champlain . L’arrivée de nouveaux colons permet de fortifier la colonie. En 1647, par décision du gouvernement français, les armateurs sont contraints d’amener un immigrant pour chaque tonne de fret. En 1653, le gouverneur Maisonneuve ramène de France une centaine de soldats pour mieux protéger sa ville. Celle-ci connaît alors le calme , la sérénité avec la »Grande Paix  » de 1701 conclue avec les Indiens.

Montréal devient bientôt la plaque tournante du commerce des fourrures,   » l’or de la Nouvelle-France  ».

Le temps des Anglais :

    Mais arrive la guerre de Sept Ans… La ville est assiégée par trois armées anglaises et se rend sans combattre le 18 septembre 1760. Comme l’ensemble de la Nouvelle-France, elle passe alors à la couronne britannique. ( elle compte 45.000 habitants )

   Au milieu du XIXe siècle, c’est une cité en pleine expansion, qui tire sa richesse non plus du commerce des fourrures mais de son port fluvial accessible aux navires transatlantiques.

De nombreux immigrants y affluent et le maire de la ville prend acte de cette nouvelle réalité en dotant la ville d’un drapeau qui rappelle la diversité de ses habitants avec la fleur de lys française, la rose anglaise, le chardon écossais et le trèfle irlandais.

Capitale éphémère du Canada …..

En 1847, Montréal est choisie en raison d’une situation géographique exceptionnelle pour devenir le siège du gouvernement du Haut-Canada (à majorité anglophone) et du Bas-Canada (à majorité francophone).

Mais sa vocation de capitale tourne court après le drame du 25 avril 1849. Ce jour-là, à l’hôtel du Parlement, le gouverneur général du Canada sanctionne (ou entérine) une loi du Premier ministre du Bas-Canada, Louis-Hippolyte La Fontaine.

Cette loi vise à indemniser les victimes de la répression des rébellions qui se sont produites douze ans plus tôt dans les provinces francophones. Les commerçants anglophones de la ville se soulèvent aussitôt. Ils brûlent la résidence du Premier ministre et surtout l’hôtel du Parlement et sa riche bibliothèque. C’est suite à cet événement  qu’en 1857, la reine Victoria choisit Ottawa de préférence à Montréal pour être la capitale du  » Canada-Uni  ».

   Aujourd’hui, Montréal conserve la satisfaction d’être la ville la plus vivante du Canada. Mais elle a dû céder à Toronto (4,5 millions d’habitants) la primauté économique.

Avec 3 millions d’habitants pour l’ensemble de son agglomération, dont une majorité qui ont le français pour langue maternelle, elle reste la deuxième ville francophone du monde après Paris.

Montréal  » propose  » un très beau musée des Beaux-Arts et  quatre universités : Concordia, McGill, UQÀM (Université de Québec à Montréal) et la plus réputée de toutes, l’Université de Montréal.

 Le site des Jeux Olympiques de 1976 côtoie l’un des principaux jardins botaniques du monde, créé dans les années 1920 par le frère Marie-VictorinRésultat d’images pour Marie-Victorin , religieux et scientifique. Ce jardin comprend un intéressant  »Biodôme  » avec reconstitution de milieux tropicaux…

   L’île du Saint-Laurent sur laquelle s’est tenue l’exposition universelle de 1967 est  devenue un grand parc d’attractions.