» orteils COVID  » ????

       Le virus responsable de la pandémie actuelle de coronavirus ne se manifesterait pas seulement par la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. D’autres symptômes de l’infection pourraient apparaître, comme de petites lésions cutanées sur les orteils de certains patients.

Comme des engelures

    Dans plusieurs pays, les dermatologues ont alerté sur l’apparition, chez certains patients, de lésions cutanées apparaissant surtout sur les orteils ou les doigts de pied. Elles pourraient faire penser à des engelures.

 

   Elles se manifestent par des sortes de rougeurs, d’aspect violacé. Elles présentent souvent l’aspect de petites boursouflures et peuvent être douloureuses au toucher, les personnes atteintes ressentant parfois une sensation de brûlure.

   Ces lésions cutanées apparaissent plus souvent chez des enfants ou des adolescents, mais des patients plus âgés peuvent en être victimes. En règle générale, ces lésions se résorbent d’elles-mêmes, sans laisser de traces.

Un nouveau symptôme du coronavirus?

    De nombreux dermatologues soupçonnent un lien possible entre ces  »orteils Covid » , comme on les appelle désormais, et une infection par le coronavirus.

    Une étude italienne a révélé qu’environ 20 % des patients touchés par le virus présenteraient ces lésions cutanées. Il s’agirait de personnes testées positives mais ne présentant pas d’autres symptômes.

       Si la relation entre l’apparition de ces rougeurs et une infection par le coronavirus était étable, ce nouveau symptôme permettrait de repérer très tôt, et donc d’isoler, des personnes asymptomatiques. Cette démarche serait en effet d’autant plus pertinente que l’apparition de ces lésions serait un des premiers signes de l’infection.

    En tous cas, la présence de nombreux cas d’  »orteils Covid »  parmi des personnes testées positives au coronavirus semble exclure une simple coïncidence. Les médecins recommandent aux proches de ces personnes, souvent de jeunes patients, d’observer la survenue éventuelle d’autres symptômes, plus classiques. Ils conseillent également un dépistage des personnes concernées, afin de détecter une éventuelle présence du virus dans l’organisme.

   Les spécialistes n’expliquent pas encore l’origine de ces lésions, peut-être dues à l’action du coronavirus. Il se pourrait qu’il produise de minuscules caillots, qui viendraient perturber la circulation sanguine. Une inflammation des vaisseaux serait également en cause.

Le béguin ..

 » Connaître quelqu’un dès le béguin  » : Je viens de lire cette expression , je me suis demandé si elle a un rapport avec  » avoir le béguin  » ,  »être amoureux  » .
   J’ai trouvé ce qui suit : Connaître quelqu’un dès le béguin…

    Connaître quelqu’un depuis son enfance

     Le béguin était une coiffure féminine portée par les religieuses de l’ordre des Béguines, avant que cette coiffe ne fût portée par des enfants sous leur bonnet. Vers le milieu du règne de Louis XV, garçons et filles portaient en effet généralement cette coiffure à six ou sept ans, et dans quelques familles, la permission de quitter le béguin arrivait pour les demoiselles beaucoup plus tard.

   Craignant des hommages trop précoces, certaines mères obligeaient leurs filles à porter, toutes grandes, une coiffure qui voulait dire : Je suis encore une enfant, ne m’adressez point de propos indiscrets, ne faites point attention à moi.

Lorsque Rousseau, en 1762, proscrivit le maillot, la bride, petite bande de toile qui fait partie d’un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête, fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Le docteur Des Essarts (Traité de l’éducation corporelle des enfants en bas âge, Paris, 1760) avait déjà dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides, y occasionnait un engorgement et un gonflement.

Le docteur Alphonse Le Roi (Recherches sur les habillements des femmes et des enfants, Paris, 1772) ajouta : « Souvent on serre trop le cordon, à dessein d’affermir la coiffure de l’enfant ; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau, ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfants succombent le plus ordinairement. »

Dans l’Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), Rolland de La Platière lança aussi son manifeste contre les béguins.  » Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de la layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l’enfance, gênaient ses mouvements, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l’affranchir.  »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Mercure de France, signé M.  » Qu’est-ce qui a fait, dit l’abbé Galiani dans une lettre à madame d’Épinay, cette plaisanterie charmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu’il y a de plus délicat dans ce genre. Si Grimm n’en est pas l’auteur, je ne le connais point.  »

Beaucoup de bruit pour un petit bonnet je trouve ? 

C’était il y a ….

….environ 85 ans :

     Lawrence d’Arabie ( que je prenais pour un personnage fictif ! )Lawrence d'Arabie, film de David Lean (1962) décédait …..

   Donc , ce monsieur a bien existé  : Thomas Edward Lawrence est né le 16 août 1888 d’un baronnet irlandais et d’une gouvernante écossaise….Son père avait d’abord épousé en Irlande une femme très belle mais acariâtre qui lui avait donné quatre filles. Le mari, volage, avait fini par s’enfuir avec la gouvernante des enfants mais sans jamais pouvoir obtenir le divorce.

    Sous un nom d’emprunt, dans la hantise que l’on révèle son illégitimité, le couple avait vécu dans le bonheur et donné le jour à cinq fils.

    T. E. Lawrence, deuxième de la fratrie, avait donc passé toute son enfance dans un environnement masculin et un accident de jeu, à seize ans, avait bloqué sa croissance à 1m64, lui inspirant de la répulsion pour son physique.

Éduqué sur un mode puritain, il avait été également bouleversé par la révélation de sa  » bâtardise  » , à dix-sept ans.

Toutes ces circonstances  allaient lui inspirer de l’aversion pour la sexualité,( ce qui   transparaît en filigrane dans le film de David Lean.)

Dahoum photographié par T.E. Lawrence vers 1916Le héros, comme dans la réalité, prend un soin maniaque à se vêtir de blanc ; on ne lui connaît aucune relation féminine mais il nourrit  »un amour platonique » pour certains bédouins de son entourage, tel le jeune Dahoum, mort prématurément en 1918 et auquel il dédicacera  » Les sept piliers de la sagesse  ».

    D’un naturel rêveur, T. E. Lawrence est très tôt passionné par l’Histoire. En mal d’aventures et soucieux de se refaire une identité, il se serait engagé sous un faux nom dans le Royal Artillery en avril 1905, n’y restant que quelques mois jusqu’à ce que son père vienne le récupérer.( C’est du moins ce qu’il raconte dans ses mémoires mais….).

  Étudiant à Oxford, il prépare une thèse sur les Croisades et, à vingt ans, s’embarque pour Beyrouth, alors sous tutelle ottomane. S’éloignant des villes, il se laisse prendre par la magie du désert et des bédouins arabes.

   De retour en Angleterre, il passe avec succès son doctorat d’Histoire et obtient une bourse en vue de rejoindre une mission archéologique anglaise qui travaille sur un site hittite sur les bords de l’Euphrate, Karkemish (ou Europus), à cent kilomètres d’Alep.

   Très vite s’affirme son ascendant sur les bédouins de l’équipe. C’est le début de l’épopée…

 

L’Orient dans la tourmente :

    La mission archéologique et Lawrence ne tardent pas à ressentir les échos de l’agitation croissante, au sein de l’empire ottoman, pris en main par les  » Jeunes Turcs  ».

    À Damas, qui cultive le souvenir glorieux du » califat des Omeyyades  », des intellectuels arabes ont l’intention de s’émanciper de la tutelle turque, (vieille d’un millénaire ). Ils souhaitent s’appuyer sur la France, très présente dans la région à travers ses missions et ses écoles.

    T. E. Lawrence se laisse griser par le projet de révolution arabe mais place ses espoirs sur les bédouins du désert, qui n’ont pas été corrompus par les Turcs et la modernité. Et bien entendu, il compte sur l’Angleterre, son pays, pour soutenir cette révolution.

   Début 1914, il est désigné pour une prospection dans le Sinaï. Sous couvert d’archéologie

,T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie) (L. d’Arabie ,Léonard Wooley 1913 )

il s’agit en fait d’assister un capitaine britannique dans un travail de topographie militaire.

   La mission d’espionnage tourne mal. Lawrence et l’un de ses compagnons, arrêtés par le gouverneur turc, arrivent à s’enfuir à travers le désert et arrivent, épuisés, à Damas. C’est alors que survient l’attentat de Sarajevo, qui va entraîner le monde dans la tourmente.

 

La guerre !

   Dès le début des hostilités, Lawrence se rend au Caire en qualité de lieutenant de réserve. Il se joint à une équipe de l’Intelligence Service qui formera plus tard le Bureau arabe des services secrets britanniques. Il est initié à son métier d’espion par Gertrude Bell  (1868-1926), femme de lettres et aventurière aussi excentrique que lui.

    En 1915, les Turcs étant entrés en guerre aux côtés des Allemands et des Austro-Hongrois, les Alliés franco-britanniques tentent de les combattre sur deux fronts, d’une part en débarquant un corps expéditionnaire sur la presqu’île de Gallipoli, aux portes d’Istamboul, d’autre part en occupant la Mésopotamie (l’Irak actuel).

   Les deux opérations se soldent par un désastre. Le corps expéditionnaire de Gallipoli doit rembarquer en catastrophe le 8 janvier 1916. Quand à l’armée anglo-indienne de Mésopotamie, elle est contrainte à une reddition humiliante le 26 avril 1916, ( pendant ce temps , la guerre des tranchées bat son plein en Europe ) .

  Au Caire, d’où les Anglais surveillent l’Orient, on décide  »faute de mieux »  de soulever les cheikhs arabes contre les Turcs ..

Justement,Hussein      Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque (1854 - 4 Juin 1931) , le chérif de la Mecque, de l’illustre famille des Hachémites, qui se dit descendant du prophète Mahomet, a fait l’année précédente aux Anglais une proposition en ce sens.

    Il se dit disposé à rejeter la tutelle ottomane et à combattre ses anciens maîtres en échange de sa souveraineté sur l’ensemble de l’  » île des Arabes  » : la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie et la péninsule arabique (à l’exception du Yémen et de quelques émirats côtiers, occupés par les Anglais).

   Sans attendre l’accord des Anglais, il donne le signal de l’insurrection le 10 juin 1916 en tirant d’une fenêtre de son palais de La Mecque en direction de la citadelle turque. Cette dernière capitule sans attendre.

   Son fils Abdallah ayant réitéré la proposition du chérif à l’état-major anglais du Caire, celui-ci décide enfin d’y répondre favorablement, quoiqu’il juge l’objectif irréalisable et lui préfère la création de plusieurs États arabes indépendants.

Le jeune T. E. Lawrence fait des pieds et de mains pour être de la partie. Il voit se préciser son rêve de recréation d’un empire arabe, au détriment des Turcs mais aussi des Français, très présents en Syrie.

   Comme le montrera la suite des événements, il se trompe au moins sur trois points :

       1) les Arabes des villes de Syrie n’ont que mépris pour les bédouins du désert et leur préfèrent la tutelle turque .

      2) Hussein et ses fils sont des intrigants sans envergure ni courage ;

     3) en Arabie même, Hussein, en dépit du prestige que lui vaut l’autorité sur les villes saintes de l’islam et sa qualité de chérif (descendant de Mahomet), est menacé par l’entreprise de conquête d’Ibn Séoud, émir du Nedjd (capitale : Riyad), à l’est de la péninsule.

    En attendant, le 12 octobre 1916, Lawrence embarque à Suez en direction de Djeddah, de l’autre côté de la mer Rouge, à la rencontre d’Abdallah et des cheikhs arabes du Hedjaz, la partie occidentale de la péninsule arabique.

La délégation alliée, comprend quelques Français dont le colonel Édouard Brémond. Ce  » vieux routier  » de la conquête du Maroc est pris en grippe par Lawrence qui finira par le marginaliser.

T.E. Lawrence (Lawrence d'Arabie) sur son dromadaire de combat à Akaba (1917)D’emblée, Lawrence convainc ses accompagnateurs de laisser les Arabes mener seuls leur révolte. Pas question d’un corps expéditionnaire qui viendrait ternir leur gloire. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter  les crédits de Londres : Onze millions de livres sont généreusement mis au service de la Révolte arabe. Ils vont servir à  » acheter les consciences  » .

  Pour conduire la Révolte, Lawrence fixe son choix sur Fayçal, le troisième fils du chérif Hussein, plutôt que sur le second, Abdallah. À dos de dromadaire, il se rend à son camp.

L’émir Fayçal, jeune homme élancé d’une trentaine d’années, l’accueille avec grâce :
– Comment trouvez-vous notre camp, ici, dans l’Ouadi Safra ?
– Superbe, mais loin de Damas !
– Loué soit Dieu, les Turcs sont plus proches, rétorque Fayçal sans se démonter.

Gloire médiatique :

Le 24 janvier 1917, l’armée de Fayçal, avec quelques milliers d’hommes, se met en route,  en direction de Médine,( à 400 kilomètres au nord de La Mecque ). Son importante garnison turque est placée sous les ordres de Fakhri pacha, qui s’est déjà illustré dans le génocide des Arméniens et tient la ville et ses 40.000 habitants par la terreur.

  Finalement , les combattants arabes vont échouer dans la guerre de siège et n’arriveront à entrer dans la seconde ville sainte de l’islam que le 10 janvier 1919, soit après l’armistice ! Qu’à cela ne tienne. Pour Lawrence et les Britanniques, il vaut mieux à tout prendre que la garnison turque demeure piégée au milieu du désert plutôt que de rejoindre le front européen.

L’état-major du Caire a un souci plus immédiat…

Le  » trop prudent  »général Archibald Murray ayant lamentablement échoué le 19 avril 1917 dans sa tentative de s’emparer de Gaza, au sud de la Palestine, il est remplacé par le général Edmund Allenby, surnommé the Bull ( » Le taureau  »), avec ordre de s’emparer de Jérusalem avant la Noël 1917 ! Il s’agit d’offrir un motif d’espoir à l’opinion publique, troublée par les échecs incessants sur les fronts européens.

Le général dispose pour ce faire d’un corps expéditionnaire de pas moins de 300.000 soldats !

  Allenby a besoin que soit au préalable neutralisé le port d’Akaba, au fond du golfe du même nom (aujourd’hui en Jordanie). Ce verrou pourrait gêner la progression de son armée vers la Palestine et Jérusalem. Le port d'Akaba en 1918( port d’Akaba )

   Lawrence,  connait bien le Sinaï et Akaba, lui propose donc de s’en emparer par surprise avec un détachement de cavaliers arabes. Le raid réussit avec brio. Le 5 juillet 1917, il surgit avec deux mille cavaliers sur les crêtes qui dominent le port. Les trois cents soldats turcs de la citadelle, surpris, se rendent dès le lendemain après un sanglant affrontement. Au Caire, à Londres et en France même, l’exploit fait l’effet d’une bombe.

 

     Devenu du jour au lendemain héros national, T. E. Lawrence (29 ans) est promu major, proposé pour  » l’Ordre du Bain  » et cité à l’ordre de l’Armée française. Qui plus est, l’émir Fayçal ayant renoncé à guider le raid d’Akaba, c’est le Britannique Lawrence qui apparaît comme le véritable chef de la Révolte arabe !

    Mais quand Allenby lui demande de déclencher une insurrection générale en soutien à son offensive sur Jérusalem, Lawrence se dérobe, à la grande déception du général qui voit la Révolte arabe tant vantée se réduire à peu de chose.

   Pendant l’automne, le jeune héros et ses légions de cavaliers vont se  » cantonner  » dans les attaques des infrastructures routières et de la voie ferrée du Hedjaz, construite par les Allemands entre Damas à Médine et inaugurée le 30 juillet 1908.

Entrée du général Allenby à Jérusalem le 11 décembre 1917( Entrée du général Allenby à Jérusalem ? )

   En novembre 1917, T.E. Lawrence se déguise en mendiant arabe pour espionner la garnison turque de Deraa, au sud de la Syrie. Capturé, il subit de nombreux sévices avant d’être enfin relâché. Après cette épreuve, il décide de s’entourer de dévoués gardes du corps.

   Pendant ce temps, Allenby triomphe. Le 7 novembre 1917, il s’empare enfin de Gaza et, le 11 décembre 1917, en avance sur l’échéance, il fait une entrée solennelle à Jérusalem à la tête de son armée avec à ses côtés Sir Ronald Storrs, qui allait devenir le premier gouverneur britannique de Jérusalem, et l’inévitable T.E. Lawrence, promu au grade de lieutenant-colonel, dans un bel uniforme d’officier d’état-major.

  Pour la première fois depuis les Croisades, des troupes chrétiennes bivouaquent autour du Saint Sépulcre.

  Bref triomphe …..

   La guerre n’est pas finie pour autant. Au Proche-Orient, les Turcs redoublent de combativité sous le commandement d’un général prestigieux, Moustapha Kémal, le vainqueur des Dardanelles !

   Après que Lawrence eut vaincu plusieurs colonnes turques à Tafila, au sud-ouest de la mer Morte, le 25 janvier 1918, le général Allenby lui offre le renfort d’une formation anglo-française de méharistes, composée d’Européens, Indiens, Égyptiens, Soudanais et Nord-Africains.

  Lawrence est au comble de l’excitation. Damas est enfin près de tomber. Après quelques semaines de combats intenses, la retraite turque tourne à la débâcle.

  Le 26 septembre 1918, il entre en vainqueur à Deraa, où il avait été humilié quelques mois plus tôt.

  Et le 1er octobre 1918, devançant l’armée britannique d’Allenby, il entre à Damas en compagnie de Fayçal, auquel il destine la couronne de Syrie. L’émir et son chevalier servant sont accueillis par des clameurs de joie.

  Deux jours plus tard, pourtant, Lawrence remet sa démission à Allenby. C’est qu’entre-temps, l’officier a vu son rêve exploser sous le poids de ses contradictions.

    Au lendemain de la prise d’Akaba, en juillet 1917, il avait appris à sa grande consternation que les Français et les Anglais avaient conclu un accord secret pour le partage du Moyen-Orient : aux premiers le Liban et la Syrie, aux seconds la Mésopotamie (Irak) et la Palestine.

  Cet accord violait outrageusement la promesse faite par Sir Henry Mac Mahon, Haut-Commissaire britannique en Égypte, au chérif Hussein, le 24 octobre 1915, promesse selon laquelle  » les Anglais seraient disposés à soutenir l’indépendance des Arabes dans le vaste domaine compris entre le Taurus, la Perse, le golfe Persique, l’océan Indien, la mer Rouge et la Méditerranée – à l’exclusion d’Aden et de la côte libanaise  ».

    Pour ne rien arranger, le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Lord Balfour a publié une lettre ouverte par laquelle il promet la création d’un  » foyer national juif  » en Palestine. C’est une  »nouvelle entorse » au rêve arabe.

T.E. Lawrence pose pour Lowell Thomas dans sa tenue de légende (Lawrence d'Arabie, 16 août 1888 - 19 mai 1935)Décontenancé par ces coups bas, T.E. Lawrence s’est efforcé jusqu’au bout de faire bonne figure devant ses interlocuteurs arabes en les assurant que tout finirait par s’arranger.

   Désormais, il se donne pour mission de sauver ce qui peut l’être, en participant notamment aux négociations de paix qui s’ouvrent à Paris le 18 janvier 1919. Lawrence s’y rend sans attendre avec l’émir Fayçal.

   Il force tant et plus les portes des délégations, jusqu’à importuner Georges Clemenceau et David Lloyd George, chefs des gouvernements français et anglais.

Ces derniers ne l’admirent pas moins, tout comme Winston Churchill qui partage beaucoup de ses traits (courage guerrier, culture historique, audace visionnaire… et mauvais caractère).

Bientôt va s’épanouir la légende de  » Lawrence d’Arabie  », à l’initiative du correspondant de guerre américain Lowell Thomas. Il a suivi la bataille d’Akaba et multiplie à New York et Londres les conférences et les articles sur  »le héros  ».

   Fayçal et les Hachémites, toutefois, ne partagent pas l’admiration des Occidentaux pour T.E. Lawrence et tendent à le voir comme un traitre à leur cause

L'émir Fayçal à Paris, pendant les négociations de paix (1919) avec le capitaine Pisani à sa droite et le colonel Lawrence à sa gauche( Fayçal à Paris , pour négociations de paix )

La chute :

 

     Livré à lui-même, l’émir Fayçal tente de négocier avec les Britanniques puis avec les Français un royaume en Syrie.

    Faute d’accord, il se rend avec sa cavalerie à Damas pour recevoir du gouvernement provisoire syrien la couronne promise. Mais, il en est expulsé comme un malpropre par les forces d’occupation françaises du général Gouraud et ses troupes sont écrasées à Khan Messeyloun, le 24 juillet 1920. Il n’a d’autre solution que de se replier en Arabie.

  Comme les populations de Syrie et d’Irak s’agitent, mécontentes de passer de la tutelle ottomane à la tutelle occidentale, le Premier ministre britannique confie à Churchill, le 13 février 1921, le Secrétariat d’État aux Colonies.

   Dès le mois suivant, le 12 mars 1921, le nouveau ministre ouvre une conférence au Caire. T.E. Lawrence et Gertrude Bell, qui l’ont préparée et y participent en qualité de conseiller, suggèrent à Churchill de transformer les mandats en alliances et d’alléger les forces d’occupation.

Churchill agrée leurs suggestions : Il fait de l’Irak et de la Transjordanie deux royaumes alliés de la Grande-Bretagne. Le premier est confié à Fayçal, qui se voit ainsi consolé de la perte de la Syrie ; le second à son frère Abdallah dont le descendant règne encore à Amman.

En marge de la conférence du Caire (1921), Churchill (1er à gauche), Gertrude Bell (2e à gauche) et Lawrence (3e à gauche) participent à une course de dromadaires. Lawrence l'emporte

L’année suivante, le 28 février 1922, l’Égypte passe du statut de protectorat à celui de royaume théoriquement indépendant mais sous tutelle britannique.

   Quant au royaume du Hedjaz, gouverné par le chérif Hussein, il est annexé le 8 janvier 1926 par Ibn Séoud, autre protégé des Anglais, conseillé par un émule de Lawrence moins célèbre et plus chanceux : Harry Saint-John Philby (1885-1960).

Ainsi s’achève le rêve de T.E. Lawrence……

T.E. Lawrence sur l'une de ses motocyclettes BroughBrisé par le sentiment de l’échec et de l’ingratitude, il abandonne toute fonction officielle. En dépit de sa notoriété, il manque de sombrer dans la clochardise et finit par s’enrôler comme simple soldat sous un nom d’emprunt.

  Ayant confié sa détresse à son ami l’écrivain George Bernard Shaw, celui-ci lui offre pour tout secours une motocyclette.!!!!

  Le héros solitaire va dès lors se partager entre divers engagements militaires, son œuvre littéraire et la vitesse.

   Il se fracasse à moto sur une petite route anglaise et meurt le 19 mai 1935, à 46 ans. À ses funérailles, discrètes, son  » ami  » Winston Churchill ne pourra pas retenir une larme……

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T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie)

Parce que j’en bois beaucoup….trop ?

Le café

    C’est vers 1644 ,  suite à   une longue suite de  » vicissitudes  » que le café, faisait  » modestement  » son apparition à Marseille grâce à des voyageurs étrangers,il  obtint peu à peu droit de cité en France après avoir conquis en premier le centre élégant de la vie parisienne : Environ cinquante ans plus tard, il avait gagné la faveur publique, bravant les mesures infructueuses d’un gouvernement ayant vu en lui une source de revenus substantiels

  Ce furent, tout naturellement, des  » voyageurs  » qui introduisirent en France le café, alors fort en usage dans les pays turcs, du Bosphore à la vallée du Nil. Marseille,  » porte de l’Orient  » , l’accueillit en 1644:  Revenant de Constantinople où il avait accompagné M. de la Haye, le  » sieur  » de la RoqueRésultat d’images pour    '' sieur '' de la Roque images rapporta, avec du café, les ustensiles nécessaires pour le confectionner et le boire : il était , parait il , particulièrement fier  de  » tasses de vieille porcelaine d’une grande beauté et de petites serviettes de mousseline brodées d’or, d’argent et de soie  » (  objets de collection plus que d’usage courant ) .

   Son petit cabinet  » à la turque  »  passait pour une vraie curiosité  et le public invité à goûter le breuvage était composé de voyageurs amis, comme La Roque accoutumés aux usages des pays orientaux  . D’autres négociants de Marseille commencèrent alors à en faire également un certain usage. Mais pendant une quinzaine d’années la boisson ne sortit pas de milieux assez restreints.

Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d'Amérique du Sud buvant un chocolat. Gravure (colorisée ultérieurement) extraite de Traités nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolate par Philippe-Sylvestre Dufour, édition remaniée parue en 1685 de son De l'usage du caphé, du thé et du chocolate publié en 1671

( image = Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d’Amérique du Sud buvant un chocolat.)

    En 1657, introduit par Jean de Thévenot, le café fit son apparition à Paris. Le célèbre voyageur, qui avait rapporté d’Égypte une provision de la précieuse fève, en régala des amis ( Jean de Thévenot consacre plusieurs pages au  » cahvé  » et aux  » cahvehanes  » (cabarets publics de  » cahve  ») chez les Turcs, dans le récit de ses voyages ) qui n’étaient peut-être pas tous des  »orientalisants  » …. Quelques personnes de la haute société, à l’affût de plaisirs nouveaux, se piquèrent même de posséder des faiseurs de café italiens.

      En 1660, un  »sieur  » More fut adjoint par le maître d’hôtel de Mazarin à la troupe de ses cuisiniers, tandis qu’Andréa Salvator venait préparer le nouveau breuvage chez le maréchal de Gramont, qu’on   » fort curieux de ces sortes de choses  ». Ces deux habiles Italiens excellaient « à distiller toutes sortes de fleurs, fruits, grains et autres choses, tant par le chaud que par le froid, et à préparer le chocolat, le thé et le café » . La fève, rare et précieuse, était vendue 80 francs la livre. D’où une clientèle assez restreinte . Le grand public ignorait toujours l’existence du café. D’où la surprise des lecteurs de la Muse de Cour, quand ils y découvrirent, en 1666, un poème de Subligny célébrant les vertus du  » kavé  » :

Qui guérit en moins d’un avé
Quand le reste ne peut guérir en une année…

 

    Un événement bien  » parisien  » allait être à l’origine de l’engouement qui, soudain,  » lança  »  le noir breuvage. Depuis plusieurs années, les relations avaient été suspendues entre le Sultan et le Très-Chrétien, brouillés à la suite d’outrages, vols, molestations, etc., dont les ambassadeurs et  négociants de France étaient l’objet en pays turc. Un corps d’armée dirigé par le duc de Beaufort venait même d’être envoyé au secours des Vénitiens assiégés dans Candie par le Grand Vizir.

    Soudain on apprit que Mohammed IV, revenant à de meilleurs sentiments, envoyait à Paris un ambassadeur. Celui-ci débarqua à Toulon début  août 1669, accompagné d’une vingtaine de notables et de domestiques , et tous les regards furent désormais tournés vers Soliman Aga, Muaferraca , titre turc indiquant une fonction de la domesticité du sultan, interprété comme le nom de l’ambassadeur que l’on appela à Paris Mouta Faraca ou Mustapha Raca. Pour le saluer, les villes sur son passage tirèrent le canon. À Paris le roi lui-même le reçut avec une solennité inusitée ….

    Mais loin d’être touché par ces marques d’attention, le Turc, bien au contraire, se plaignit de ce que le roi ne s’était pas levé pour recevoir sa lettre, et se retira fort  mécontent. L’ambassade aboutissait à un échec, sur le plan politique ; il en fut tout autrement, s’agissant de la littérature et des mœurs ( car Mustapha Raca est à l’origine du Bourgeois Gentilhomme ) et répandit en France l’usage du café. À en croire une anecdote de La Martinière, ce serait pour se moquer des dédains de l’envoyé de la  »Sublime Porte  » qu’auraient été imaginées les  » turqueries  »  bouffonnes du Bourgeois Gentilhomme : en mettant sur la scène l’Orient travesti, Molière vengeait Louis XIV.

Intérieur d'une coffee house anglaise. Frontispice de Coffee houses jests par William Hickes (1630-1682), édition de 1686
  (image = Intérieur d’une coffee house anglaise. )

   En fait, après s’être montré si fier envers Louis XIV, Soliman Mouta Faraca, » bel homme  » âgé d’une cinquantaine d’années, se mit à recevoir, les dames surtout.  »      De jeunes et beaux esclaves, habillés d’un riche costume turc, présentaient aux dames de petites serviettes damassées garnies de franges d’or et servaient le café dans des tasses de porcelaine fabriquées au Japon.  »  On se pressait dans le logis au décor exotique, attiré d’ailleurs plus par le charme d’une conversation piquante car  le Turc était  » homme d’esprit  » plus que par un breuvage au goût assez acre. Mais Mustapha poussa la galanterie jusqu’à offrir du sucre avec son café. Et l’engouement fut complet.

   Après son départ , le 22 août, tous ceux qui avaient eu  » l’inestimable privilège  » d’être reçus par lui mirent leur point d’honneur à faire goûter par leurs invités le breuvage dont tout le monde parlait, la mode se répandit alors , dans la haute société, de consommer du café au cours des réceptions.

   Les bourgeois, eux aussi, voulurent bientôt connaître la saveur nouvelle. La renommée de la  » liqueur arabesque  » fut exploitée par les marchands de la capitale, toujours prêts à satisfaire la curiosité du public. Dès 1671 ,il y eut  à Paris,   » plusieurs boutiques où l’on vendait publiquement le caffé  ». Le produit nouveau, vendu en grains, était utilisé comme drogue plus encore que comme boisson d’agrément ; ce sont ses propriétés thérapeutiques que vantait un prospectus répandu par les marchands de café :

 » Coffé est une meure qui croist dans les déserts d’Arabie, d’où elle est transportée dans toutes les dominations du Grand Seigneur : qui estant beuë( bue), desseiche toutes humeurs froides et humides, chasse les vents, fortifie le foye, soulage les hydropiques par sa qualité purifiante ; souveraine pareillement contre la galle et corruption de sang ; raffraischit le cœur et le battement vital d’iceluy, soulage ceux qui ont des douleurs d’estomac et qui ont manque d’appetit ; est bonne pareillement pour les indispositions de cerveau froides, humides et pesantes. La fumée qui en sort est bonne contre les deffluxions des yeux et bruits dans les oreilles ; souveraine aussi pour la courte haleine, pour rhumes qui attaquent le poumon, et douleurs de ratte, pour les vers, soulagement extraordinaire après avoir trop beu ou mangé. Rien de meilleur pour ceux qui mangent beaucoup de fruict.  » lol : Un remède pour toutes les maladies ! 

  Et donc le café n’aurait été qu’une préfiguration du quinquina médicinal, s’il n’avait ,dans le même temps, été prôné sur les tréteaux des foires comme la boisson par excellence. Les Arméniens qui, dès 1666,  apportaient du Midi à Paris des ballots de café, eurent alors l’idée de profiter de l’engouement des Parisiens en ouvrant des boutiques où l’on vendrait uniquement des décoctions du  » noir breuvage  ». Peut-être furent-ils inspirés par l’exemple de Marseille, initiatrice en la matière, où s’ouvrit, en 1671, un magasin de  » liqueur de caffé  ».

Dame qui prend du café illustration.Dame qui prend du café. Gravure de Robert Bonnart réalisée vers 1695

En 1672 s’établit à Paris ( même si les historiens du café indiquent que dès 1643 un Levantin aurait ouvert sans succès un café dans le passage couvert, sous le Petit-Châtelet, qui menait dans la rue Saint-Jacques au Petit-Pont, aucun ne donne de références ) , à la foire Saint-Germain, une  » maison de caffé  » tenue par un nommé  » Harouthioun » ou Pascal, qui connut grand succès.  Une fois la foire fermée, Pascal transporta son commerce sur le quai de l’École ( plus tard quai du Louvre ), où, pour  »deux sous six deniers  », il servait une tasse de café.

Mais là, le succès l’abandonna. Les passants du quai répugnèrent à pénétrer dans l’établissement que furent seuls à fréquenter des Levantins et quelques chevaliers de Malte. Pascal dut fermer boutique et se retirer à Londres. Pour y continuer son commerce ? Probablement. Dans la capitale anglaise, les coffee houses, ouvertes depuis 1652, avaient déjà conquis la faveur du public au point qu’en 1675, craignant leur hostilité, Charles IIRésultat d’images pour charles ii roi d'angleterre essaya de supprimer  » ces repaires de gens déconsidérés, qui discutent et répandent divers propos fallacieux, malicieux et scandaleux, pour diffamer le gouvernement de Sa Majesté et troubler la paix et le repos de la nation  »

À Paris, Pascal avait été un précurseur. Attiré par la clientèle abondante et facile qu’offrait la foire Saint-Germain, son commis Procopio associa ses maigres économies de  » garçon de café  » à celles d’un nommé Logerot, et loua dans la foire une loge . L’idée de la  » maison de café  » installée en ville fut reprise, elle, par un autre Arménien, Maliban, qui s’installa rue de Bussy, près du Jeu de Paume de Metz. Après un court passage rue Férou, il revint à la première boutique, et se mit à y débiter du tabac et des pipes à la mode orientale. Il échoua ,  bientôt il passa en Hollande. Son commis lui succéda ( un certain Grigor ou Grégoire, originaire d’Ispahan ), qui eut une idée fort astucieuse : il alla s’établir près de la Comédie Française, qui donnait alors ses représentations rue Mazarine. Comédiens et gens de lettres prirent l’habitude de se retrouver chez Grégoire. Le café, lieu où lon cause, était fondé.

Pour consommer, il n’était d’ailleurs pas besoin d’entrer dans les petites échoppes des cafetiers levantins. Des marchands ambulants parcouraient les rues, débitant le café à domicile. Le plus célèbre, un petit boiteux, nommé le Candiot, sans doute un Crétois, s’en allait par les rues en criant :  » Du café !  » Ceint d’une serviette  »fort propre  », il portait d’une main un réchaud sur lequel était une cafetière, et de l’autre une espèce de fontaine remplie d’eau ; devant lui, un éventaire de fer blanc avec tous les ustensiles nécessaires.      Pour deux sous il remplissait un gobelet, en fournissant aussi le sucre. Le Candiot avait des concurrents. . Tous ces Levantins ont été les artisans obscurs de l’acclimatation, à Paris, du café. Durant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, Arménien fut synonyme de marchand de café.

Les réduits où se consommait le café n’étaient pourtant que des échoppes  »infestées par la tabagie  ». On vit alors apparaître, rue des Fossés-Saint-Germain, un établissement d’un tout autre aspect, aimable, propre, luxueux même : le premier véritable café, fondé par Francesco Procopio Coltelli. On a beaucoup discuté sur les origines du personnage : était-il né à Palerme en Sicile, à Florence comme le prétend son successeur Dubuisson  ou encore à Paris, ville dans laquelle un Procopio Coltelli était venu s’installer à l’époque de Catherine de Médicis ? ( La question fut résolue par un Extrait du Plumitif de la Chambre des Comptes de Paris, année 1684, attestant que Francesco Procopio Coltelli était sicilien. Son acte de mariage permet d’ajouter : né en 1650, d’Onofrio Coltelli et de Domenica Semarqua.

Le café Procope au XVIIIe siècle. Estampe (colorisée ultérieurement) anonyme de 1779
(  image :  Le café Procope au XVIIIe siècle.) 

À la suite de quelles tribulations le Sicilien ( en qui il faut renoncer à voir un gentilhomme ruiné ) échoua-t-il à la foire Saint-Germain où il devint commis de Pascal ? On ne sait. Il suivit son patron quai de l’École ; lorsque ce dernier eut fermé boutique, il retourna, à la foire Saint-Germain, s’associa à un certain Logerot pour louer une échoppe, et gagna rapidement assez d’argent pour pouvoir, dès 1675, se marier avec Marguerite Crouïn : il en eut, de 1676 à 1688, huit enfants. Ses relations semblent localisées dans les milieux italiens. Mais en 1684 le Sicilien, à la tête d’une affaire prospère, se fit naturaliser. Désormais Procope Couteau appartient  »sinon à l’histoire de France, du moins à l’histoire des mœurs françaises  ».

Avant d’être français, Procopio faisait, dès 1676, partie de la communauté des  » distillateurs-limonadiers  ». Tandis que son acte de mariage le désigne (en 1675) comme  » marchand  », il est appelé  » distillateur  » en 1677 et  » maître-distillateur  » en 1677 et 1678 dans les actes de baptême de ses filles. En 1676, en effet, les  » maîtres-limonadiers, marchands d’eau-de-vie  »  avaient reçu un nouveau statut ; l’article III donnant la  » faculté de composer et vendre du café en grain, en poudre et en boisson  ».  » Distillateur-limonadier  », Procope avait quitté la foire Saint-Germain pour venir s’installer rue de Tournon. En 1686, il se transporta rue des Fossés-Saint-Germain puis y fonda l’établissement qui devait au cours des siècles suivants connaître la célébrité sous le nom de  » Café Procope  ».

Procope loua de plus les deux maisons attenantes, ce qui lui fournit un assez vaste espace :  » Le terrain régnait le long des fossés de la ville entre les portes de Saint-Germain et de Bussy et en était la contrescarpe.  » Le hardi Sicilien, abattant les cloisons, consacra le rez-de-chaussée des deux immeubles à son café, y installa de petites tables de marbre commodes et avenantes, accrocha au plafond des lustres de cristal, orna enfin les murs d’une élégante tapisserie et, suprême raffinement, de miroirs et de glaces. Le café devenait digne de devenir le rendez-vous des honnêtes gens et des gourmets.

À ses talents de cafetier le  » maître-distillateur  » joignait ceux de préparateur de liqueurs et de drogues multiples. Il possédait aussi une gamme de vins capiteux tels muscats, vins d’Espagne, de Saint-Laurent et de la Ciotat et toute une palette de mélanges savants : rossoly,  » rosée du soleil  », qui au gourmet permettait de savourer l’harmonie du fenouil, de l’anis, du coriandre, de l’aneth et du carvi pilés ensemble et macérés au soleil dans de l’eau-de-vie ;  » populo  », où venaient se fondre les parfums du clou de girofle, du musc, de l’ambre, du poivre long, du sucre, de l’anis, du coriandre et de l’esprit de vin ; eau de Cédrat et  » liqueur du parfait amour  » ; sorbec, composé de citron, de musc, d’ambre et de sucre ; fruits confits, cerises, framboises ou noix ; eaux de gelées et finalement glaces de fruits et de fleurs aux multiples parfums, car l’  » artiste  » sicilien lança, dès la fin du XVIIe siècle, la formule du  » café glacier  » : de quoi se réchauffer, de quoi se rafraîchir.

   C’est alors que, par une coïncidence heureuse, une large clientèle vint s’offrir à Procope. Chassés en 1687 de la rue Mazarine par l’hostilité des Jansénistes, leurs voisins les Comédiens du Roi, s’installant dans la salle du Jeu de Paume du sieur de l’Étoile, rue des Fossés-Saint-Germain, juste en face du Café Procope, construisirent un théâtre neuf ; le 18 avril 1689, la Comédie-Française inaugurait par une sensationnelle représentation de Phèdre et du Médecin malgré lui sa nouvelle salle de spectacle. Dans le théâtre lui-même, Procope occupait sa place ; car il y avait loué la  » loge de la limonade  » et installé une  » distributrice de douces liqueurs  ». Fait capital : le Café Procope devint lui-même le quartier général de tous ceux qui avaient rapport avec la Comédie.

Habit de Caffetier (vêtement allégorique avec attributs professionnels). Gravure (colorisée ultérieurement) de Nicolas de Larmessin (1632-1694) extraite de la série Les costumes grotesques : habits des métiers et professions publiée en 1695
 » Habit de Caffetier  » .

Jusque-là, Procope avait surtout la visite des joueurs de boule du Jeu de Malus (situé derrière le café), des joueurs de paume du sieur de l’Étoile et de quelques bretteurs du voisinage. Il avait aussi trouvé une clientèle parmi les nombreux passants qui traversaient le carrefour de Bussy, alors le véritable centre de Paris sur la rive gauche. Des rues Dauphine, Mazarine, Saint- André-des-Arts, des Boucheries, de Condé, on poussait volontiers jusqu’à la rue des Fossés-Saint-Germain, pour y déguster une glace, y savourer une tasse de café. Mais, une fois bâtie la Comédie, afflua la clientèle des auteurs, comédiens, nouvellistes, gens de lettres, beaux seigneurs aussi ou fermiers généraux, attirés dans ces parages par les charmes des comédiennes.

Alors, les serveurs en costumes orientaux, drapés d’amples vêtements et coiffés de bonnets de fourrure, apportent leurs petites tasses de breuvage fumant à une clientèle fort variée : jeunes cavaliers bien faits ; abbés galants se délectant de confiseries ; couples discrets réfugiés au milieu de la foule et du bruit ; savants aussi et gens de lettres qui  » confèrent sur des matières d’érudition, sans gêne et sans cérémonie, pour ainsi dire en se divertissant  ». Devant la tasse de café, on bavarde ;  » la causerie accompagne obligatoirement le café ou le thé, elle est même presque leur vraie raison d’être  ». Le café, à peine né, est un café littéraire.

Dès le début aussi, c’est un café politique. On y discute les affaires, plus graves, du gouvernement. Et le pouvoir s’intéresse aussitôt à ces centres possibles d’opposition. Le 27 décembre 1685, Seignelay écrit à La Reynie :  » Le Roy a été informé que, dans plusieurs endroits de Paris où l’on donne à boire du caffé, il se fait des assemblées de toutes sortes de gens et particulièrement d’étrangers. Sur quoy Sa Majesté m’ordonne de vous demander si vous ne croiriez pas qu’il fût à propos de les en empêcher à l’avenir.  »     Mais le succès des nouveaux établissements était si éclatant que le lieutenant de police ne retint pas la proposition du secrétaire d’État.

    À côté du Procope on vit se développer beaucoup d’autres cafés : à la foire Saint-Germain, les modestes échoppes se transformèrent en salles élégantes, où les garçons  »arméniens  » se servaient désormais de cafetières d’argent ; à l’angle de la rue Dauphine et de la rue Christine, Laurent fonda un café devenu rapidement célèbre ; rue Saint- André-des-Arts, Étienne d’AIep se fixa après avoir, des années durant, parcouru les rues en criant :  » Du café !  » Bref, en 1690, tout le centre élégant de la vie parisienne entre le carrefour de Bussy, la foire Saint-Germain et la Seine, était gagné à la formule nouvelle : il était de bon ton de se rendre au café.

Dans le même temps, le café avait gagné l’usage des particuliers, ( non sans difficulté ). Après l’engouement de 1670, une réaction s’était manifestée, conduite par la Faculté ; effrayés par les propriétés excitantes du café, de nombreux médecins l’avaient fait bannir par leurs pratiques. La correspondance de Mme de Sévigné témoigne de l’opposition du corps médical à la nouvelle boisson, et des attitudes changeantes de la Cour et des gens du monde envers le nouveau breuvage. Le 10 mai 1676, elle apprend à sa fille que le café vient d’être  » chassé honteusement  » de chez Mlle de Méri.  » Après de telles disgrâces, peut-on compter sur la fortune ?  »En 1679 à nouveau, elle rapporte à Mme de Grignan les préventions de Du Chesne, médecin de ses amis :  » La force que vous croyez que le café vous donne n’est qu’un faux bien.  » La même année, le sieur Colomb, pour son agrégation au Collège des médecins de Marseille, démontrait de son côté que l’usage du café était nuisible aux habitants de cette ville.

Un homme et une femme prenant du café. Gravure de Bernard Picart réalisée vers 1720
                     (Un homme et une femme prenant du café.  )

   Un fort parti restait cependant attaché au café. D’où les perplexités de la marquise :  » Du Chesne hait toujours le café ; le frère (Ange) n’en dit point de mal, écrit-elle en 1680 à sa fille… Est-ce qu’il faut avoir l’intention de le prendre comme un remède ? Caderousse s’en loue toujours ; le café engraisse l’un et emmaigrit l’autre : voilà toute l’extravagance du monde. Je ne crois pas qu’on puisse parler plus positivement d’une chose où il y a tant d’expériences contraires.  »

Le parti du café petit à petit l’emportait ; bientôt il allait pouvoir, à son tour, se réclamer de traités savants, montrant le bon usage que l’on pouvait en faire pour la  » préservation et la guérison des maladies  » . Mais, nouveau retour de fortune :  » Le café est tout à fait disgracié, écrit Mme de Sévigné à sa fille le 1er novembre 1688 ; le Chevalier croit qu’il échauffe et qu’il met son sang en mouvement ; et moi en même temps, bête de compagnie comme vous me connaissez, je n’en prends plus.  »

    Une semaine après, il est vrai, la marquise de Sévigné  pense que le café pourrait  » revenir en grâce  » ; mais la Cour semblant le condamner définitivement :  » Le café est disgracié ici et par conséquent je n’en prends plus ; je trouvais pourtant qu’il me faisait de certains biens ; mais je n’y songe plus.  »  C’est alors qu’un médecin de Grenoble, Monin, eut l’idée d’ajouter au café du sucre et du lait. La préparation eut raison des derniers opposants et la marquise, suivant les conseils d’Aliot, médecin ordinaire du roi, vanta désormais le lait  » cafeté ou café laité  »,  » la plus jolie chose du monde  ».

    Tant que sa place était restée modeste, le gouvernement n’avait pas songé à voir dans le café une source possible de revenus. Le jour où il figura de façon régulière sur  » les livres de raison  », il pensa pouvoir en tirer des profits substantiels. Un édit de janvier 1692 monopolisa en effet la vente du café au profit du Trésor. Le fermier aurait seul le droit d’importer et de vendre le café, le thé, le chocolat, le cacao et la vanille ; il faudrait, pour les débiter, une autorisation écrite, renouvelable tous les ans moyennant trente livres. Le prix du café en grains était fixé à quatre francs la livre ; la  » prise  » de café, à trois sols six deniers. Et maître François Damame, bourgeois de Paris, recevait pour  » six années prochaines et consécutives  », à dater du 1er janvier 1692, le privilège  » de vendre, faire vendre et débiter seul, à l’exclusion de tous autres, tous les caffés tant en fèves qu’en poudre, le thé, les sorbecs et les chocolats » (arrêt du  du 22 janvier 1692).

   Le café avait désormais une existence officielle dans l’État. Mais allait-il pouvoir résister à l’énorme augmentation de prix qu’entraînait la ferme ? Il valait de 27 à 28 sols la livre en 1690 ; il était porté brusquement à quatre francs la livre. La chute de la consommation fut brutale (  de la consommation officielle tout au moins, car la fraude prit de grandes proportions )

Marchand ambulant de café. Gravure d'Edmé Bouchardon de 1746 extraite d'Études prises dans le bas peuple ou Les cris de Paris

Marchand ambulant de café. 

Cependant la consommation d’ensemble avait dû réellement diminuer :  » La plus grande partie de ceux qui en prenaient s’en abstiennent  », lit-on dans les considérant de l’arrêt du Conseil d’État du 19 août 1692  » qui réduit et modère le prix du café à la somme de cinquante sols la livre, y compris le prix du marchand et autres droits  ». Cette atténuation ne redonna pas de vigueur à un système qui ralentissait la consommation et encourageait la fraude.

   Un arrêt du Conseil du roi révoqua le privilège de Damame en mai 1693. Le commerce du café redevenait libre ; il ne pouvait cependant  » entrer dans le royaume que par la ville de Marseille, en payant à l’entrée du port une somme de dix sols de chaque livre pesant, poids de marc, outre et par-dessus tous les anciens droits  ». Désormais  » liqueur de café  » et  » maisons de café  » pouvaient sans contrainte répondre à la faveur grandissante du public.

Passionnant n’est ce pas ? ! ( pour moi , oui )

Pourquoi dit on……

   Tout à l’heure , alors que j’émergeais d’un sommeil plus ou moins  » réparateur  » , je fus disons  » alerté  » par un bruit aussi inhabituel que perturbant ….En fait , quelqu’un tapait violemment ,à coup très violent à ma porte ….( il y a pourtant une sonnette ? )…..Sonnette qui , après contrôle fonctionne parfaitement …..

   Après avoir enfilé quelques vêtements , je descendis pour voir ce qui ce passait ….Et ne vis personne devant la porte  ???? …Alors que j’allais rejoindre mon antre , une voisine m’interpella et me demanda ce qui ce passait ( elle avait aussi entendu le bruit ) …Bref , je ne sais toujours pas qui a pu faire ce bruit , ce  » boucan  »  ..

   Je me suis demandé d’où venait cette expression  et je vous livre le peu d’explication que j’ai trouvé …

Pourquoi dit-on  » faire du boucan  » ?

    L’action de  » faire du boucan  » consiste dans le langage familier à faire beaucoup de bruit.

    Le mot  » boucan  » viendrait directement du mot  » bouc  » Résultat d’images pour images boucdont le verbe  » boucaner  » signifie en ancien français du 17ème siècle, imiter le cri du bouc. Et dans la Bible il est un animal maudit. Plus tard il prit un sens additionnel puisque le boucan devint synonyme de  » bordel  » ( qui de nos jours signifie aussi parfois faire du bruit ? )Afficher l’image source , lieu qui a son tour pouvait facilement évoquer le vacarme. La prostituée était la  » boucanière  » et  » boucaner  » consistait à fréquenter ces lieux de débauche.

    A cause du bruit que pouvaient générer les maisons closes, faire du boucan signifia rapidement  » faire un bruit excessif  ».?

  ( On retrouve d’ailleurs le mot  » boucan  » dans un certain nombre d’autres expressions dans lesquelles il revêt une signification amplifiée comme  » faire un boucan d’enfer  ».)

déjà , encore et toujours le confinement !

Adrien Proust, l’homme qui voulait confiner tout le monde

    Père de l’écrivain Marcel Proust, le médecin hygiéniste Adrien Proust (1834-1903) est l’un des pionniers de la distanciation sociale, de la quarantaine, du cordon sanitaire moderne et du confinement, qu’il appelait  » séquestration  », à une époque où le choléra asiatique, la peste, la fièvre jaune étaient particulièrement meurtrières. Il se vantait de n’avoir contracté aucune maladie, en gardant ses distances avec les patients et en se lavant fréquemment mains et visage.

    S’il avait vécu aujourd’hui, l’hygiéniste Adrien Proust , aurait tracé la géographie du coronavirus, conseillé le gouvernement, préconisé un confinement systématique et décelé quelques frappantes similitudes avec les crises épidémiques du XIXe siècle.

   L’importance de ce savant auteur d’une vingtaine de volumes ( des traités sur les ci ircuits des épidémies dont son essai fameux sur l’hygiène internationale ) a été occultée par la célébrité posthume de Marcel Proust, l’auteur de  »À la Recherche du temps perdu  ».

   

    Ce  » géographe des épidémies  » , comme l’a décrit Jean-Yves Tadié, ( le biographe et   spécialiste de Marcel Proust) , a tracé  » les nouvelles routes des grandes épidémies  »,    voyageant de la Perse à l’Égypte, s’intéressant à leur propagation au pèlerinage de     La  Mecque. Il s’est beaucoup intéressé l’hygiène dans les transports, notamment maritimes.

Une carte des foyers de peste, publiée en in 1877 dans le « Traité d’hygiène publique et privée » d’Adrien Proust. (Photo : Jean-François Monier / AFP)

La thèse de doctorat en médecine d’Adrien Proust (1862) et son « Traité d’hygiène publique et privée » (1877). 

«   (illustrations = trouvées sur le net )

‘    » Si ce n’est pas lui qui a inventé le cordon sanitaire, il l’a réactivé  », explique Jean-YYves Tadié. Il a notamment théorisé le confinement systématique.

    » Une séquestration rigoureuse, l’interruption des communications par terre ou par mer ont réussi à préserver certains lieux ou certains pays  », écrivait dans son essai celui i qui devait devenir en 1884 l’inspecteur général des services sanitaires.

  Se laver fréquemment mains et visage

       Adrien Proust se vantait de n’avoir contracté aucune maladie en gardant ses distances avec des malades qu’il visitait courageusement. Il suffisait, disait-il, de se laver fréquemment mains et visage.

 D’après Jean-Yves Tadié,  »  il a une vision européenne des choses  », et des similitudes  avec la crise actuelle peuvent être observées :  » La défense de l’Europe contre le choléra se faisait comme aujourd’hui en ordre dispersé.  »

IIl aura été de toutes les conférences internationales sur les épidémies jusqu’à son décès en 11903. Il y plaidera pour la création d’un Office international d’hygiène publique, qui verra le jour en 1907, quatre ans après sa disparition.

  Adrien Proust bataillait  » pour imposer aux Britanniques et aux Ottomans un     véritable contrôle sanitaire  ». Le même dilemme qu’aujourd’hui existait : privilégier ll’économie globalisée ou la santé ?

       Au nom du  » laisser faire, laisser passer  », les Britanniques  » ne voulaient pas ffreiner le commerce qui reposait très largement sur la route des Indes. On a vu se   reproduire la même chose avec (le Premier ministre) Boris Johnson qui ne voulait pas d’abord des contrôles  »,  note le professeur Tadié.

Né à Illiers-Combray, près de Chartres, fils de petits commerçants, boursier passé par lle petit séminaire, docteur à 28 ans, ce médecin également neurologue, qui croit aux médicaments et se spécialise dans l’hygiène sur ses 40 ans, sera le prototype du positiviste laïc, républicain, athée, intéressé par la question sociale.

Admis à l’Académie de médecine, homme de son temps, Adrien Proust est convaincu que la science apportera l’épanouissement à l’humanité, et que l’hygiène est une cause nationale et internationale.

La plaque en mémoire d’Adrien Proust, à Illiers-Combray. (Photo : Jean-François Monier )

tDeux visions du confinement ..

C   C’est aussi un père  » assez terrifiant  », infidèle, écrasant de sa stature le jeune Marcel asthmatique, qu’il appelait  » mon pauvre Marcel  », relève Jean-Yves Tadié.

    Un personnage repris sous les traits du docteur Cottard dans  »Un amour de Swann  » ‘.

    Il avait noué une relation plus proche avec son aîné, Robert, qui sera un médecin renommé pendant la Première Guerre mondiale.

 Même s’ils  partageaient la même capacité de travail, beaucoup de choses séparaient   Adrien e  et Marcel : le père disait dans son traité d’hygiène qu’il fallait  » triompher de la poussière et aérer  ». Conseils que le fils, qui s’est confiné la dernière partie de   sa  vie, n’appliquera jamais.

« Ce sont les méthodes de sa mère qu’il emploie pour lutter contre l’asthme : se  c ouvrir, s’enfermer dans sa chambre, alors que son père lui disait de faire de l’  e xercice, de sortir, d’ouvrir la fenêtre …

I  Il y a confinement et confinement : quand Adrien prônait les fenêtres ouvertes, Marcel était imprégné par la peur de la contamination au point de faire désinfecter au formol les lettres qu’il recevait

 » Poireauter  »

     Tout à l’heure , je suis allé à la pharmacie  pour  me  » réapprovisionner  » en médocs anti épileptiques ….Il y avait beaucoup de personnes ( qui attendaient en respectant les  » règles  » dues au Corona virus ) ….J’ai donc du  » faire le poireau  » ( poireauter , patienter ….)  . ….Du coup , je me suis demandé d’où venait l’expression  » faire le poireau  » ……Et en cherchant ici et là ; je vous livre ce que j’ai trouvé :

Droit comme un  » I  » , le poireau Résultat d’images pour illustrations poireausemble un prodige de patience et de persévérance , de flegme ..Le légume serait l’un des plus anciennement consommés avec l’ail et l’oignon . Cependant, ce n’est qu’au 19 ème siècle qu’on commence à planter  » son » poireau , expression qui donnera  » un poireau  » pour qualifier une sentinelle ou un  » planton  » ( qui ne plante pas de poireau  lol , mais reste planté comme un piquet ….)Résultat d’images pour illustration '' sentinelle militaire '' Environ un siècle plus tard serait apparu le  » joli  » verbe  » poireauter  » qui permet de jolis dialogue  » légumiers  » et amoureux comme  » Tu m’as fait poireauter une heure  » __  » désolé mon chou !  » __ » tu me prends pour une poire , ou quoi ?  »  etc…

On trouve aussi dans  » le Panurge  » de Rabelais  d’autres  » nobles » allusions aux poireaux :  » la nature des poireaux , desquels nous voyons la tête blanche et la queue verte , droite et vigoureuse  » 

Mais il parait que ce n’est pas pour ces raison que les Gallois ont adopté le poireau comme emblème national ! 

 » En vrac  » ?

    Pourquoi dit on  » en vrac  » , d’où vient l’expression ? ( parce que  » chez moi  » , dans tous les domaines  , tout est  » en vrac  » ) 

   J’ai lu que cette expression viendrait du néerlandais    » wrac  »  qui s’appliquait jusqu’au  18 ème siècle , uniquement aux poissons avec le sens péjoratif de  » mauvais  » et  » mal rangés  » . Le mot  »wrac  » s’appliquait surtout aux harengs ! Poissons que les pécheurs de la mer du Nord Résultat d’images pour illustrations pécheurs de harengs néerlandais jetaient pêle – mêle dans les barriques sans les empaqueter ni les ranger et qu’ils vendaient ainsi sur les marchés Résultat d’images pour illustrations marché aux poissons néerlandais au 18 ème siècle…Depuis le 19 ème siècle , la formule  » en vrac  » s’est appliquée à toutes les choses  qui sont en désordre et qu’on a pas pris le temps de trier 

La nuit passée…

    J’ai dormi plus de 12 heures ! Alors , je me suis posé la question :

Pourquoi dit-on  » Dormir comme un sonneur  » ?

   Et , en cherchant ici et là , j’ai trouvé……mais ????

   Au XIXe siècle, le terme  » sonneur  » était parfois utilisé pour désigner un ivrogne, car les sonneurs de cloches pouvaient être aussi servants de messe et avaient la réputation de boire le vin de messe en cachette !  Résultat d’images pour vin de messe images

Un sommeil très profond :

 Cependant ,  l’expression, forgée au XXe siècle, ferait plutôt référence au sommeil réputé très profond des sonneurs de cloches . Pour certains, ils s’habituaient tellement au bruit qu’il était extrêmement difficile de les réveiller en les appelant. Pour d’autres, les sonneurs devenaient même sourds en raison du son assourdissant des cloches.

Une femme sonne les cloches !

Un  » Fesse- Mathieu  » ?

  Comme pratiquement chacun sait , Matthieu Résultat d’images pour saint mathieu images était le nom d’un des apôtre de Jésus . Comment le nom d’un apôtre a-t-il pu devenir celui d’un avare / usurier ? Donc une insulte  ….

Une explication  serait  » par glissement »  : Matthieu était , parait il , usurier avant de suivre Jésus …De là vint  » face de Matthieu  » qui désignait de façon populaire un usurier ….Puis , avec le temps ,  » la face  » serait devenue  » fesse  » et l’usurier toujours synonyme d’avare  ( N.B : Au passage  le prénom Matthieu a alors perdu un  » t  » ……..

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Un usurier, un avare ….fesse-mathieu….Résultat d’images pour usurier images

Origine plus  » profonde  » :

     De nos jours, la fessée est souvent considérée comme devant être interdite, il est incontestable qu’autrefois de nombreux pères ont fessé leur Mathieu de fils. On pourrait donc être en droit de se demander comment, en partant d’une fessée donnée à un Mathieu, on peut arriver à la notion d’usure ou d’avarice. 
    D’abord, il faut savoir que, littéralement, ce terme pourrait se comprendre comme  » celui qui bat Mathieu avec des verges  ». Mais, c’est loin d’éclairer la chose ! Alors poussons un peu plus loin…..lol 
    D’abord :  Les verges  sont  des baguettes servant à frapperRésultat d’images pour verges baguettes  à donner des fessé images  ; il est rare que  » la verge  », dans son autre sens ( que je vous laisse deviner ) , ait le même usage lol .   Ensuite, le terme fesse employé ici, ne vient pas non plus de dessous la ceinture, d’une des moitiés latérales du postérieur, mais du verbe fesser qui, au XVe siècle, a d’abord signifié  » battre avec des verges  » ; et c’est ce qui est intéressant ici, même s’il avait aussi le sens de  » faire quelque chose à la hâte  » comme on le trouvait dans fesse-pinte pour désigner un grand buveur ou dans fesse-cahier pour nommer un copiste.
    Ce n’est que plus tard que le verbe, par rapprochement avec la fesse que nous connaissonsRésultat d’images pour images fesses a pris le sens moderne.
Quant  à Mathieu. Il s’agit bien de saint Mathieu, l’un des douze apôtres , un des quatre évangélistes. Et c’est parce qu’on dit qu’avant de se convertir, il fut prêteur, que les usuriers étaient appelés confrères de saint Mathieu.
   Si c’est dès le milieu du XVIe siècle que mathieu désigne d’abord un créancier, fesser Sainct-Mathieu signifiait  » pratiquer l’usure  » au XVIIe .
   D’après Alain Rey Résultat d’images pour Alain Rey , il faudrait alors comprendre que le fesse-mathieu, celui qui fesse saint Matthieu est l’individu qui, pratiquant indignement son premier métier, mettait à mal la réputation de l’apôtre. Et comme la mise à mal pouvait s’assimiler au fait de battre (avec ou sans verges), cela expliquerait l’utilisation du verbe fesser dans son  sens initial.

 » – J’ai pas l’rond que je vous dis ! glapit Taupe qui s’exaspérait.
– À l’enfer les durs à la détente, à l’enfer les fesse-mathieu !  »
 ( Raymond Queneau  » Le chiendent  »)