C’était il y a….

176 ans :

24 mai 1844 : premier télégramme en morse :

A Baltimore, aux États-Unis. L’un des inventeurs, l’Américain Alfred Vail Résultat d’images pour alfred vail images jpg  , reçoit un message télégraphique constitué de points et de traits. C’ est le jour de la première communication en morse.Résultat d’images pour alfred vail images jpg

Et que dit-il, ce message codé ?
 » What hath god wrought  » ( Ce que Dieu a forgé ) . L’auteur du message n’est autre que Samuel Morse , concepteur de l’alphabet Résultat d’images pour images message en morsedu même nom. Il se trouve alors à 600 kilomètres de là, à Washington, au Capitole.  Inutile de dire qu’après des années de recherche de tâtonnement, les deux interlocuteurs exultent !

 

 

C’était aussi un 20 mai …

  Il y a 218 ans : Bonaparte légalise l’esclavage !

     Par le décret du 30 Floréal An X (20 mai 1802), Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage. Par pragmatisme (simple capacité à s’adapter aux contraintes de la réalité) , dans le souci de stabiliser les colonies françaises, le Premier Consul veut le maintenir là où il n’a pas été encore aboli…

N.B : L’esclavage est alors couramment  pratiqué en-dehors de l’Europe occidentale, et pas seulement dans les colonies européennes. Il est commun en Afrique comme en Asie. Il ne scandalise que les franges éclairées des Occidentaux. L’abolir dans les seules îles à sucre françaises aurait  sans doute été prématuré et aurait entraîné  l’éloignement l’Angleterre mais aussi l’Espagne et le Portugal de la République française.

 Une première abolition très limitée :

L’esclavage avait été en théorie aboli huit ans plus tôt par le décret de Pluviôse (4 février 1794). En réalité, cette mesure sans précédent votée par les députés de la Convention n’a pris effet qu’en Guadeloupe et à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti).

Les planteurs de la Martinique ont préféré se livrer aux Anglais au printemps 1794 plutôt que d’affranchir leurs esclaves.

Dans l’océan Indien, les colons de l’île de la Réunion et de l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice) ont réussi à s’opposer à l’application du décret.

 Pour ce qui est de la grande île de Saint-Domingue, elle a attendu le départ des Anglais, chassés par Toussaint Louverture en octobre 1798, pour appliquer le décret et abolir l’esclavage. Encore les anciens esclaves n’ont-ils  » troqué   » leur statut que pour celui de travailleurs forcés, avec la bénédiction de leur libérateur, Toussaint Louverture…

Le Premier Consul,  aurait sans doute souhaité s’en tenir au statu quo. Mais il est pris de court par la restitution de la Martinique à la France à la paix d’Amiens (25 mars 1802) et plus encore par les velléités indépendantistes de Saint-Domingue.

Les colonies en ébullition

À Saint-Domingue, Toussaint Louverture ne veut pas en rester à sa victoire sur les Anglais. Le 8 juillet 1801, le leader noir chasse les Espagnols de la partie orientale de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de l’île réunifiée.!

Il mène  une politique indépendante et signe des contrats de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne.

C’est  »plus que n’en peut supporter  » Napoléon Bonaparte. Dès 1799, celui-ci caresse le désir de reconstituer un empire colonial aux Amériques  » conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789  ».

 Profitant du répit offert par la paix signée à Lunéville avec l’Autriche, il décide de rétablir à Haïti la souveraineté française.

    Le 14 décembre 1801, une flotte de 36 navires appareille de Brest avec 23 000 hommes sous le commandement du général Leclerc pour reprendre Saint-Domingue. L’expédition dépasse en importance celle que Bonaparte conduisit en Égypte trois ans plus tôt… Son échec sera encore plus dramatique !

Le 2 mai 1802, une autre flotte de 11 navires débarque 3500 hommes en Guadeloupe sous le commandement du général Antoine Richepance. Elle a pour mission de restaurer l’ordre dans l’île où un conseil animé par des officiers de couleur a pris le pouvoir.

Un décret mal inspiré  …..

Vu le  contexte, le Premier Consul est sommé de choisir : appliquer partout le décret de Pluviôse ou ne l’appliquer nulle part.

Il est encouragé à l’abolir par Cambacérès , avocat des planteurs, peut-être aussi par sa propre femme, Joséphine de Beauharnais, issue d’une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie ; l’un et l’autre mettent en avant les difficultés des milieux d’affaires coloniaux depuis l’abolition de 1794.

   Il signe enfin le décret par lequel il légalise à nouveau l’esclavage dans les colonies où il perdure.

     L’esclavage revient à priver les hommes de couleur de leur citoyenneté et les travailleurs des plantations de leur salaire ; les maîtres ont le droit de punir leurs esclaves sans passer par la justice civile.

Le décret du 30 floréal An X (20 mai 1802) :

DÉCRET:
ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d’Amiens, du 6 germinal an X, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.

II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789.

IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement.

   Le décret du 30 floréal va avoir pour la France un résultat désastreux en poussant à la révolte les anciens esclaves de Saint-Domingue et en précipitant la perte de l’île.

Naissance du préjugé de couleur :

  Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les souverains européens toléraient l’esclavage aux colonies mais n’assimilaient pas les esclaves aux Noirs. Ils ne tenaient pas ceux-ci pour une race inférieure vouée à l’esclavage comme l’atteste la présence d’un certain nombre d’Africains ayant des fonctions élevées à la cour de Versailles et dans d’autres cours européennes, y compris Saint-Saint-Pétersbourg, avec l‘aïeul africain du poète Pouchkine.

Au milieu du siècle, deux mentalités se développent et s’opposent, parfois au sein des mêmes personnes :

L’une est inspirée par la raison et l’humanité, en conformité avec l’  »esprit des Lumières  » et la doctrine chrétienne. Elle porte les élites pensantes à dénoncer l’esclavage et les préjugés à l’égard des autres races. Elle est illustrée par les fort beaux textes de Voltaire et Montesquieu sur ce thème et mieux encore par la mobilisation contre la traite de Wilberforce en Angleterre et Grégoire en France.

L’autre est née du fantasme d’invasion lié à l‘arrivée d’Africains de plus en plus nombreux dans les colonies mais aussi en métropole, comme serviteurs ou enfants des colons de passage (à l’exemple d’Alexandre Dumas père) ou  » petits nègres  » offerts aux dames de la bonne société (image ci-dessus  ).

On commence à se prémunir contre cette menace en érigeant des barrières réglementaires, intellectuelles et morales. C’est la naissance du  » préjugé de couleur  ».

Voltaire, qui n’en est pas à une contradiction près, formule quelques sentences formellement  » racistes  » au sens moderne du mot, c’est-à-dire établissant une hiérarchie entre ce qu’il est convenu d’appeler les « races » humaines. Quant à Montesquieu, s’il est à l’abri de semblables inepties, il ne rechigne pas plus que Voltaire à investir dans le  » commerce triangulaire  » .

Plusieurs ordonnances, sous le règne de Louis XVI,Illustration. dénoncent les unions mixtes et légifèrent contre l’immigration noire en métropole, en fait limitée à quelques centaines d’individus, au motif que  » terre de France ne porte pas esclave  ». Le 9 août 1777 est créé un système de  » dépôt  » ?? dans les ports pour les esclaves qui accompagnent leur maître.

Après la Révolution, le Premier ConsulAfficher l’image source ne s’en tient pas à la légalisation de l’esclavage. Animé par un sentiment  » raciste  » qui le distingue de la plupart de ses contemporains, encore pétris de l’esprit des Lumières, il prend plusieurs mesures qui renouent avec le préjugé de couleur des décennies précédentes et l’aggravent nettement...!

    » Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n’ai pas d’autre raison, et celle-la est la bonne  », aurait-il déclaré au Conseil d’État en 1802. Il exclut de l’armée des officiers  » de couleur  » parmi lesquels le père d’Alexandre Dumas.

Bonaparte supprime aussi d’un trait de plume l’Institution nationale des Colonies, créée 5 ans plus tôt à l’instigation de l’abbé Grégoire pour promouvoir les enfants des colonies quelle que soit leur couleur de peau. Les vingt-deux élèves noirs de l’institution, qui étaient appelés à devenir officiers, sont affectés comme simples tambours dans autant de régiments.

 

Il y a ….

522 ans environ :

Le 20 mai 1498, Vasco de Gama aborde à Calicut, en Inde. Le navigateur portugais a été mandaté par le roi du Portugal Manuel Ier( dit le Fortuné)  pour achever la mission entamée dix ans plus tôt par Bartolomeu Dias. À 29 ans, il devient le premier Européen à rallier l’Inde par la mer, en contournant l’Afrique.

   C’est l’aboutissement du prodigieux rêve entretenu par les Portugais depuis près d’un siècle.

Arrivée de Vasco de Gama à Calicut, 20 mai 1498 (gravure de Roque Gameiro, Bibliothèque Nationale de Lisbonne, XIXe siècle)

  Sur la route des épices :

     Vasco de Gama quitte Lisbonne et l’embouchure du Tage le 8 juillet 1497, avec trois  nefs et une caravelle, ainsi que 160 hommes d’équipage.

Il fait escale sur l’archipel du Cap-Vert, au large du Sénégal, puis contourne le cap de Bonne Espérance découvert dix ans plus tôt par son compatriote Bartolomeu Dias et fait relâche le jour de Noël dans un havre qu’il baptise  » Natal   » (Noël en portugais).

    ( C’est aujourd’hui le port de Durban, capitale de la province sud-africaine du Natal.)

Remontant le long de la côte africaine, la flotte atteint successivement les ports de Mozambique, Mogadiscio et Kilwa où des commerçants arabes venus du nord commercent avec les Africains de l’intérieur.

  Encore plus au nord , à Malinde où il fait escale le 14 avril 1498, il sympathise avec le sultan local qui lui confie un pilote italien, venu là par l’Égypte et l’empire ottoman. Avec son aide, le navigateur coupe au large vers la péninsule indienne et la côte de Malabar.

C’est ainsi qu’il atteint Calicut (aujourd’hui Kozhikode), un port prospère du Dekkan indien connu pour ses exportations de cotonnades, dénommées calicot. Le capitaine envoie à terre un émissaire et celui-ci a la surprise d’être abordé dans un mélange d’espagnol et d’italien par un marchand juif tunisien, Gaspar. À son interlocuteur, il déclare  » tout de go  » être venu chercher  » des chrétiens et des épices  ». 

Le marchand assure au navigateur qu’il trouvera sur place des épices bien meilleur marché qu’à Alexandrie et qu’il en trouvera à bien meilleur compte encore à Malacca, dans la péninsule malaise, et dans les Moluques. Vasco de Gama ne manquera pas de transmettre l’information à son roi.

En attendant, le marchand le met en relations avec le seigneur local, le  » zamorin (ou samorin)  » Samutiri Manavikraman. Après que deux émissaires aient annoncé son arrivée, le navigateur est reçu avec tous les honneurs réservés à un grand ambassadeur.

Cependant , le zamorin refuse   de laisser une petite troupe de Portugais  dans sa ville. Il lui refuse aussi tout traitement de faveur en matière de taxes par rapport aux commerçants musulmans avec lesquels il est déjà en relation.

Ces derniers, pas rassurés pour autant, convainquent le zamorin que les Portugais se disposent à piller la ville. Vasco de Gama est aussitôt arrêté puis, au bout de quelques heures, autorisé à rembarquer et partir. Il lève l’ancre le 27 août 1498.

Vers la conquête des Indes :

Malgré ce  » demi-échec  », il est accueilli en grande pompe à Lisbonne, deux ans plus tard et le roi se montre déterminé à poursuivre l’aventure avec le concours de ses hardis marins. Vasco de Gama bien sûr, mais aussi Pedro Alvares Cabral.Résultat d’images pour pedro alvares cabral

 1500 : Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil

   Manuel le Fortuné monte aussitôt  une nouvelle expédition avec douze navires sous le commandement de Pedro Alvares Cabral (33 ans).

Celui-ci quitte Lisbonne le 9 mars 1500 mais il s’écarte  » plus que de raison  » de sa route et découvre le 24 avril une terre inconnue dont, tant qu’à faire, il prend possession au nom de son roi. Ce sera le Brésil… Ensuite , il poursuit sa route sur les traces de Vasco de Gama ( Il perdra plusieurs navires dans les tempêtes ). Il arrive à Calicut où ses relations avec le souverain et les marchands arabes se dégradent très vite. Une cinquantaine de Portugais sont tués.

Cabral exerce une répression terrible et fait bombarder la ville. Puis il descend la côte avec les navires qui lui restent et atteint un port vassal du zamorin, Cochin. Il aide leurs gouvernants à s’émanciper de la tutelle de Calicut puis prend le chemin du retour. Il regagne Lisbonne le 25 juillet 1501.

 Sept navires sur treize et les deux-tiers des hommes manquent à l’appel mais les navires restants ont des épices plein les cales.

 1502 : Vasco de Gama fonde l’empire portugais des Indes

Le roi se voit alors encouragé à monter une nouvelle expédition, encore plus importante.

 C’est ainsi qu’en février 1502, Vasco de Gama retourne aux Indes à la tête de 21 navires. Il porte cette fois le titre aussi nouveau que prestigieux d’Amiral des Indes. C’est qu’il ne s’agit plus seulement d’exploration mais de conquête.

Vasco de Gama fonde des comptoirs sur les côtes africaines et malgache, soumet les royaumes du littoral et sème la terreur à l’occasion, ne craignant pas de brûler par exemple un navire égyptien et son équipage !

De retour à Calicut , il bombarde le port en représailles des massacres exercés plus tôt contre l’équipage de Cabral. Puis il y installe de force une garnison sous le commandement de Vincente Sodré et, pour plus de sûreté, renforce son alliance avec le roi voisin de Cochin.

  Sa mission accomplie, il rentre à Lisbonne en décembre 1503 avec un colossal trésor dans ses cales : cinq mille tonnes de poivre et 35 000 quintaux de diverses épices ! A cette époque, que le poivre et les autres épices valent plus ou moins autant que leur poids en or.

   C’est la fortune assurée pour les marchands et armateurs portugais… et une catastrophe pour ceux de Venise qui voient s’effondrer d’un coup leur commerce avec les marchands orientaux .

 1510 : Afonso de Albuquerque conquiert Goa :

 Vasco de Gama sera ensuite relayé par Afonso de Albuquerque, qui achèvera la conquête du Dekkan, ce qui lui vaudra d’être fait duc de Goa.

Plus tard, en 1524, le roi Jean III sortira Vasco de Gama de sa retraite et le nommera vice-roi des Indes. L’explorateur mourra à Cochin quatre mois plus tard, le jour de Noël 1524.

Manquant d’armateurs et de commerçants , le Portugal va  commettre l’imprudence de déléguer la commercialisation de ses précieuses épices aux Hollandais.

 Ces commerçants redoutables et sans scrupules vont avoir vite fait de s’emparer de toute la filière, de sorte que la présence portugaise aux Indes va se réduire à la fin du XVIe siècle à quelques modestes implantations côtières, essentiellement le port de Goa.

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Les Grandes découvertes, carte : Claude Dubut et Catherine Zacharopoulou (AFDEC, Paris), pour Herodote.net        <=== Cartes des grandes découvertes 

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C’était il y a ….

….environ 85 ans :

     Lawrence d’Arabie ( que je prenais pour un personnage fictif ! )Lawrence d'Arabie, film de David Lean (1962) décédait …..

   Donc , ce monsieur a bien existé  : Thomas Edward Lawrence est né le 16 août 1888 d’un baronnet irlandais et d’une gouvernante écossaise….Son père avait d’abord épousé en Irlande une femme très belle mais acariâtre qui lui avait donné quatre filles. Le mari, volage, avait fini par s’enfuir avec la gouvernante des enfants mais sans jamais pouvoir obtenir le divorce.

    Sous un nom d’emprunt, dans la hantise que l’on révèle son illégitimité, le couple avait vécu dans le bonheur et donné le jour à cinq fils.

    T. E. Lawrence, deuxième de la fratrie, avait donc passé toute son enfance dans un environnement masculin et un accident de jeu, à seize ans, avait bloqué sa croissance à 1m64, lui inspirant de la répulsion pour son physique.

Éduqué sur un mode puritain, il avait été également bouleversé par la révélation de sa  » bâtardise  » , à dix-sept ans.

Toutes ces circonstances  allaient lui inspirer de l’aversion pour la sexualité,( ce qui   transparaît en filigrane dans le film de David Lean.)

Dahoum photographié par T.E. Lawrence vers 1916Le héros, comme dans la réalité, prend un soin maniaque à se vêtir de blanc ; on ne lui connaît aucune relation féminine mais il nourrit  »un amour platonique » pour certains bédouins de son entourage, tel le jeune Dahoum, mort prématurément en 1918 et auquel il dédicacera  » Les sept piliers de la sagesse  ».

    D’un naturel rêveur, T. E. Lawrence est très tôt passionné par l’Histoire. En mal d’aventures et soucieux de se refaire une identité, il se serait engagé sous un faux nom dans le Royal Artillery en avril 1905, n’y restant que quelques mois jusqu’à ce que son père vienne le récupérer.( C’est du moins ce qu’il raconte dans ses mémoires mais….).

  Étudiant à Oxford, il prépare une thèse sur les Croisades et, à vingt ans, s’embarque pour Beyrouth, alors sous tutelle ottomane. S’éloignant des villes, il se laisse prendre par la magie du désert et des bédouins arabes.

   De retour en Angleterre, il passe avec succès son doctorat d’Histoire et obtient une bourse en vue de rejoindre une mission archéologique anglaise qui travaille sur un site hittite sur les bords de l’Euphrate, Karkemish (ou Europus), à cent kilomètres d’Alep.

   Très vite s’affirme son ascendant sur les bédouins de l’équipe. C’est le début de l’épopée…

 

L’Orient dans la tourmente :

    La mission archéologique et Lawrence ne tardent pas à ressentir les échos de l’agitation croissante, au sein de l’empire ottoman, pris en main par les  » Jeunes Turcs  ».

    À Damas, qui cultive le souvenir glorieux du » califat des Omeyyades  », des intellectuels arabes ont l’intention de s’émanciper de la tutelle turque, (vieille d’un millénaire ). Ils souhaitent s’appuyer sur la France, très présente dans la région à travers ses missions et ses écoles.

    T. E. Lawrence se laisse griser par le projet de révolution arabe mais place ses espoirs sur les bédouins du désert, qui n’ont pas été corrompus par les Turcs et la modernité. Et bien entendu, il compte sur l’Angleterre, son pays, pour soutenir cette révolution.

   Début 1914, il est désigné pour une prospection dans le Sinaï. Sous couvert d’archéologie

,T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie) (L. d’Arabie ,Léonard Wooley 1913 )

il s’agit en fait d’assister un capitaine britannique dans un travail de topographie militaire.

   La mission d’espionnage tourne mal. Lawrence et l’un de ses compagnons, arrêtés par le gouverneur turc, arrivent à s’enfuir à travers le désert et arrivent, épuisés, à Damas. C’est alors que survient l’attentat de Sarajevo, qui va entraîner le monde dans la tourmente.

 

La guerre !

   Dès le début des hostilités, Lawrence se rend au Caire en qualité de lieutenant de réserve. Il se joint à une équipe de l’Intelligence Service qui formera plus tard le Bureau arabe des services secrets britanniques. Il est initié à son métier d’espion par Gertrude Bell  (1868-1926), femme de lettres et aventurière aussi excentrique que lui.

    En 1915, les Turcs étant entrés en guerre aux côtés des Allemands et des Austro-Hongrois, les Alliés franco-britanniques tentent de les combattre sur deux fronts, d’une part en débarquant un corps expéditionnaire sur la presqu’île de Gallipoli, aux portes d’Istamboul, d’autre part en occupant la Mésopotamie (l’Irak actuel).

   Les deux opérations se soldent par un désastre. Le corps expéditionnaire de Gallipoli doit rembarquer en catastrophe le 8 janvier 1916. Quand à l’armée anglo-indienne de Mésopotamie, elle est contrainte à une reddition humiliante le 26 avril 1916, ( pendant ce temps , la guerre des tranchées bat son plein en Europe ) .

  Au Caire, d’où les Anglais surveillent l’Orient, on décide  »faute de mieux »  de soulever les cheikhs arabes contre les Turcs ..

Justement,Hussein      Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque (1854 - 4 Juin 1931) , le chérif de la Mecque, de l’illustre famille des Hachémites, qui se dit descendant du prophète Mahomet, a fait l’année précédente aux Anglais une proposition en ce sens.

    Il se dit disposé à rejeter la tutelle ottomane et à combattre ses anciens maîtres en échange de sa souveraineté sur l’ensemble de l’  » île des Arabes  » : la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie et la péninsule arabique (à l’exception du Yémen et de quelques émirats côtiers, occupés par les Anglais).

   Sans attendre l’accord des Anglais, il donne le signal de l’insurrection le 10 juin 1916 en tirant d’une fenêtre de son palais de La Mecque en direction de la citadelle turque. Cette dernière capitule sans attendre.

   Son fils Abdallah ayant réitéré la proposition du chérif à l’état-major anglais du Caire, celui-ci décide enfin d’y répondre favorablement, quoiqu’il juge l’objectif irréalisable et lui préfère la création de plusieurs États arabes indépendants.

Le jeune T. E. Lawrence fait des pieds et de mains pour être de la partie. Il voit se préciser son rêve de recréation d’un empire arabe, au détriment des Turcs mais aussi des Français, très présents en Syrie.

   Comme le montrera la suite des événements, il se trompe au moins sur trois points :

       1) les Arabes des villes de Syrie n’ont que mépris pour les bédouins du désert et leur préfèrent la tutelle turque .

      2) Hussein et ses fils sont des intrigants sans envergure ni courage ;

     3) en Arabie même, Hussein, en dépit du prestige que lui vaut l’autorité sur les villes saintes de l’islam et sa qualité de chérif (descendant de Mahomet), est menacé par l’entreprise de conquête d’Ibn Séoud, émir du Nedjd (capitale : Riyad), à l’est de la péninsule.

    En attendant, le 12 octobre 1916, Lawrence embarque à Suez en direction de Djeddah, de l’autre côté de la mer Rouge, à la rencontre d’Abdallah et des cheikhs arabes du Hedjaz, la partie occidentale de la péninsule arabique.

La délégation alliée, comprend quelques Français dont le colonel Édouard Brémond. Ce  » vieux routier  » de la conquête du Maroc est pris en grippe par Lawrence qui finira par le marginaliser.

T.E. Lawrence (Lawrence d'Arabie) sur son dromadaire de combat à Akaba (1917)D’emblée, Lawrence convainc ses accompagnateurs de laisser les Arabes mener seuls leur révolte. Pas question d’un corps expéditionnaire qui viendrait ternir leur gloire. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter  les crédits de Londres : Onze millions de livres sont généreusement mis au service de la Révolte arabe. Ils vont servir à  » acheter les consciences  » .

  Pour conduire la Révolte, Lawrence fixe son choix sur Fayçal, le troisième fils du chérif Hussein, plutôt que sur le second, Abdallah. À dos de dromadaire, il se rend à son camp.

L’émir Fayçal, jeune homme élancé d’une trentaine d’années, l’accueille avec grâce :
– Comment trouvez-vous notre camp, ici, dans l’Ouadi Safra ?
– Superbe, mais loin de Damas !
– Loué soit Dieu, les Turcs sont plus proches, rétorque Fayçal sans se démonter.

Gloire médiatique :

Le 24 janvier 1917, l’armée de Fayçal, avec quelques milliers d’hommes, se met en route,  en direction de Médine,( à 400 kilomètres au nord de La Mecque ). Son importante garnison turque est placée sous les ordres de Fakhri pacha, qui s’est déjà illustré dans le génocide des Arméniens et tient la ville et ses 40.000 habitants par la terreur.

  Finalement , les combattants arabes vont échouer dans la guerre de siège et n’arriveront à entrer dans la seconde ville sainte de l’islam que le 10 janvier 1919, soit après l’armistice ! Qu’à cela ne tienne. Pour Lawrence et les Britanniques, il vaut mieux à tout prendre que la garnison turque demeure piégée au milieu du désert plutôt que de rejoindre le front européen.

L’état-major du Caire a un souci plus immédiat…

Le  » trop prudent  »général Archibald Murray ayant lamentablement échoué le 19 avril 1917 dans sa tentative de s’emparer de Gaza, au sud de la Palestine, il est remplacé par le général Edmund Allenby, surnommé the Bull ( » Le taureau  »), avec ordre de s’emparer de Jérusalem avant la Noël 1917 ! Il s’agit d’offrir un motif d’espoir à l’opinion publique, troublée par les échecs incessants sur les fronts européens.

Le général dispose pour ce faire d’un corps expéditionnaire de pas moins de 300.000 soldats !

  Allenby a besoin que soit au préalable neutralisé le port d’Akaba, au fond du golfe du même nom (aujourd’hui en Jordanie). Ce verrou pourrait gêner la progression de son armée vers la Palestine et Jérusalem. Le port d'Akaba en 1918( port d’Akaba )

   Lawrence,  connait bien le Sinaï et Akaba, lui propose donc de s’en emparer par surprise avec un détachement de cavaliers arabes. Le raid réussit avec brio. Le 5 juillet 1917, il surgit avec deux mille cavaliers sur les crêtes qui dominent le port. Les trois cents soldats turcs de la citadelle, surpris, se rendent dès le lendemain après un sanglant affrontement. Au Caire, à Londres et en France même, l’exploit fait l’effet d’une bombe.

 

     Devenu du jour au lendemain héros national, T. E. Lawrence (29 ans) est promu major, proposé pour  » l’Ordre du Bain  » et cité à l’ordre de l’Armée française. Qui plus est, l’émir Fayçal ayant renoncé à guider le raid d’Akaba, c’est le Britannique Lawrence qui apparaît comme le véritable chef de la Révolte arabe !

    Mais quand Allenby lui demande de déclencher une insurrection générale en soutien à son offensive sur Jérusalem, Lawrence se dérobe, à la grande déception du général qui voit la Révolte arabe tant vantée se réduire à peu de chose.

   Pendant l’automne, le jeune héros et ses légions de cavaliers vont se  » cantonner  » dans les attaques des infrastructures routières et de la voie ferrée du Hedjaz, construite par les Allemands entre Damas à Médine et inaugurée le 30 juillet 1908.

Entrée du général Allenby à Jérusalem le 11 décembre 1917( Entrée du général Allenby à Jérusalem ? )

   En novembre 1917, T.E. Lawrence se déguise en mendiant arabe pour espionner la garnison turque de Deraa, au sud de la Syrie. Capturé, il subit de nombreux sévices avant d’être enfin relâché. Après cette épreuve, il décide de s’entourer de dévoués gardes du corps.

   Pendant ce temps, Allenby triomphe. Le 7 novembre 1917, il s’empare enfin de Gaza et, le 11 décembre 1917, en avance sur l’échéance, il fait une entrée solennelle à Jérusalem à la tête de son armée avec à ses côtés Sir Ronald Storrs, qui allait devenir le premier gouverneur britannique de Jérusalem, et l’inévitable T.E. Lawrence, promu au grade de lieutenant-colonel, dans un bel uniforme d’officier d’état-major.

  Pour la première fois depuis les Croisades, des troupes chrétiennes bivouaquent autour du Saint Sépulcre.

  Bref triomphe …..

   La guerre n’est pas finie pour autant. Au Proche-Orient, les Turcs redoublent de combativité sous le commandement d’un général prestigieux, Moustapha Kémal, le vainqueur des Dardanelles !

   Après que Lawrence eut vaincu plusieurs colonnes turques à Tafila, au sud-ouest de la mer Morte, le 25 janvier 1918, le général Allenby lui offre le renfort d’une formation anglo-française de méharistes, composée d’Européens, Indiens, Égyptiens, Soudanais et Nord-Africains.

  Lawrence est au comble de l’excitation. Damas est enfin près de tomber. Après quelques semaines de combats intenses, la retraite turque tourne à la débâcle.

  Le 26 septembre 1918, il entre en vainqueur à Deraa, où il avait été humilié quelques mois plus tôt.

  Et le 1er octobre 1918, devançant l’armée britannique d’Allenby, il entre à Damas en compagnie de Fayçal, auquel il destine la couronne de Syrie. L’émir et son chevalier servant sont accueillis par des clameurs de joie.

  Deux jours plus tard, pourtant, Lawrence remet sa démission à Allenby. C’est qu’entre-temps, l’officier a vu son rêve exploser sous le poids de ses contradictions.

    Au lendemain de la prise d’Akaba, en juillet 1917, il avait appris à sa grande consternation que les Français et les Anglais avaient conclu un accord secret pour le partage du Moyen-Orient : aux premiers le Liban et la Syrie, aux seconds la Mésopotamie (Irak) et la Palestine.

  Cet accord violait outrageusement la promesse faite par Sir Henry Mac Mahon, Haut-Commissaire britannique en Égypte, au chérif Hussein, le 24 octobre 1915, promesse selon laquelle  » les Anglais seraient disposés à soutenir l’indépendance des Arabes dans le vaste domaine compris entre le Taurus, la Perse, le golfe Persique, l’océan Indien, la mer Rouge et la Méditerranée – à l’exclusion d’Aden et de la côte libanaise  ».

    Pour ne rien arranger, le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Lord Balfour a publié une lettre ouverte par laquelle il promet la création d’un  » foyer national juif  » en Palestine. C’est une  »nouvelle entorse » au rêve arabe.

T.E. Lawrence pose pour Lowell Thomas dans sa tenue de légende (Lawrence d'Arabie, 16 août 1888 - 19 mai 1935)Décontenancé par ces coups bas, T.E. Lawrence s’est efforcé jusqu’au bout de faire bonne figure devant ses interlocuteurs arabes en les assurant que tout finirait par s’arranger.

   Désormais, il se donne pour mission de sauver ce qui peut l’être, en participant notamment aux négociations de paix qui s’ouvrent à Paris le 18 janvier 1919. Lawrence s’y rend sans attendre avec l’émir Fayçal.

   Il force tant et plus les portes des délégations, jusqu’à importuner Georges Clemenceau et David Lloyd George, chefs des gouvernements français et anglais.

Ces derniers ne l’admirent pas moins, tout comme Winston Churchill qui partage beaucoup de ses traits (courage guerrier, culture historique, audace visionnaire… et mauvais caractère).

Bientôt va s’épanouir la légende de  » Lawrence d’Arabie  », à l’initiative du correspondant de guerre américain Lowell Thomas. Il a suivi la bataille d’Akaba et multiplie à New York et Londres les conférences et les articles sur  »le héros  ».

   Fayçal et les Hachémites, toutefois, ne partagent pas l’admiration des Occidentaux pour T.E. Lawrence et tendent à le voir comme un traitre à leur cause

L'émir Fayçal à Paris, pendant les négociations de paix (1919) avec le capitaine Pisani à sa droite et le colonel Lawrence à sa gauche( Fayçal à Paris , pour négociations de paix )

La chute :

 

     Livré à lui-même, l’émir Fayçal tente de négocier avec les Britanniques puis avec les Français un royaume en Syrie.

    Faute d’accord, il se rend avec sa cavalerie à Damas pour recevoir du gouvernement provisoire syrien la couronne promise. Mais, il en est expulsé comme un malpropre par les forces d’occupation françaises du général Gouraud et ses troupes sont écrasées à Khan Messeyloun, le 24 juillet 1920. Il n’a d’autre solution que de se replier en Arabie.

  Comme les populations de Syrie et d’Irak s’agitent, mécontentes de passer de la tutelle ottomane à la tutelle occidentale, le Premier ministre britannique confie à Churchill, le 13 février 1921, le Secrétariat d’État aux Colonies.

   Dès le mois suivant, le 12 mars 1921, le nouveau ministre ouvre une conférence au Caire. T.E. Lawrence et Gertrude Bell, qui l’ont préparée et y participent en qualité de conseiller, suggèrent à Churchill de transformer les mandats en alliances et d’alléger les forces d’occupation.

Churchill agrée leurs suggestions : Il fait de l’Irak et de la Transjordanie deux royaumes alliés de la Grande-Bretagne. Le premier est confié à Fayçal, qui se voit ainsi consolé de la perte de la Syrie ; le second à son frère Abdallah dont le descendant règne encore à Amman.

En marge de la conférence du Caire (1921), Churchill (1er à gauche), Gertrude Bell (2e à gauche) et Lawrence (3e à gauche) participent à une course de dromadaires. Lawrence l'emporte

L’année suivante, le 28 février 1922, l’Égypte passe du statut de protectorat à celui de royaume théoriquement indépendant mais sous tutelle britannique.

   Quant au royaume du Hedjaz, gouverné par le chérif Hussein, il est annexé le 8 janvier 1926 par Ibn Séoud, autre protégé des Anglais, conseillé par un émule de Lawrence moins célèbre et plus chanceux : Harry Saint-John Philby (1885-1960).

Ainsi s’achève le rêve de T.E. Lawrence……

T.E. Lawrence sur l'une de ses motocyclettes BroughBrisé par le sentiment de l’échec et de l’ingratitude, il abandonne toute fonction officielle. En dépit de sa notoriété, il manque de sombrer dans la clochardise et finit par s’enrôler comme simple soldat sous un nom d’emprunt.

  Ayant confié sa détresse à son ami l’écrivain George Bernard Shaw, celui-ci lui offre pour tout secours une motocyclette.!!!!

  Le héros solitaire va dès lors se partager entre divers engagements militaires, son œuvre littéraire et la vitesse.

   Il se fracasse à moto sur une petite route anglaise et meurt le 19 mai 1935, à 46 ans. À ses funérailles, discrètes, son  » ami  » Winston Churchill ne pourra pas retenir une larme……

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T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie)

C’était il y a environ ….

378 ans

   Montréal, métropole de l’actuelle province du Québec, est née le 17 mai 1642 sur une grande île située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la Rivière-des-Prairies.

Une idée de Samuel de Champlain :

    En 1615, Samuel de Champlain , qui a déjà fondé l’  » Abitation de Québec  » le 3 juillet 1608, émet l’idée d’un poste sur le fleuve Saint-Laurent en vue de promouvoir la religion catholique parmi les Indiens de la Nouvelle-France… et de développer le commerce de la fourrure.

   L’idée est reprise sous le règne de Louis XIII par le baron de Fancamp et Jérôme de la Dauversière, un habitant de La Flèche. Ils ont l’idée d’ une grande île sur le fleuve, à 1500 km à l’intérieur des terres, que l’explorateur Jacques Cartier Résultat d’images pour Jacques Cartier a repérée un siècle plus tôt, le 2 octobre 1535, et baptisée  » Mons realis  » (Mont royal en latin).

    En vue de sa colonisation, ils fondent la  » Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France  » ( le mot sauvage viendrait du latin salvaticus et désignait à l’époque  »celui qui habite dans les bois  », sans connotation péjorative comme aujourd’hui).

Le 9 mai 1641, deux navires quittent La Rochelle pour la Nouvelle-France (le Québec actuel). La colonie ne compte encore que 400 Français. À bord des navires, une cinquantaine de personnes sous la direction de deux catholiques fervents : Le  »gentilhomme  » Paul de Chomedey de Maison -neuve et l’infirmière Jeanne Mance Résultat d’images pour jeanne mance.

   L’expédition passe l’hiver à Québec et atteint le site de Montréal l’année suivante. Elle débarque près du village huron d’Hochelaga, dont un quartier actuel de Montréal perpétue le nom. Cet endroit est aujourd’hui connu sous le nom de  » pointe à Callière  », et un très beau musée d’archéologie et d’histoire y rappelle l’événement…

Des débuts pénibles

   Dès leur  arrivée, les colons construisent une clôture. La messe de fondation a lieu le lendemain, dimanche 18 mai 1642. Le nouvel établissement est consacré à la Vierge et prend le nom de Ville-Marie (une dizaine d’années plus tard, il ne sera plus connu que sous le nom de Montréal). Il se dote d’un hôtel-dieu (hôpital) à l’initiative de Jeanne Mance.

   Mais les débuts sont très pénibles et la ville doit se défendre contre les Iroquois , farouches ennemis des Français depuis leur rencontre malheureuse avec Samuel de ChamplainSamuel de Champlain . L’arrivée de nouveaux colons permet de fortifier la colonie. En 1647, par décision du gouvernement français, les armateurs sont contraints d’amener un immigrant pour chaque tonne de fret. En 1653, le gouverneur Maisonneuve ramène de France une centaine de soldats pour mieux protéger sa ville. Celle-ci connaît alors le calme , la sérénité avec la »Grande Paix  » de 1701 conclue avec les Indiens.

Montréal devient bientôt la plaque tournante du commerce des fourrures,   » l’or de la Nouvelle-France  ».

Le temps des Anglais :

    Mais arrive la guerre de Sept Ans… La ville est assiégée par trois armées anglaises et se rend sans combattre le 18 septembre 1760. Comme l’ensemble de la Nouvelle-France, elle passe alors à la couronne britannique. ( elle compte 45.000 habitants )

   Au milieu du XIXe siècle, c’est une cité en pleine expansion, qui tire sa richesse non plus du commerce des fourrures mais de son port fluvial accessible aux navires transatlantiques.

De nombreux immigrants y affluent et le maire de la ville prend acte de cette nouvelle réalité en dotant la ville d’un drapeau qui rappelle la diversité de ses habitants avec la fleur de lys française, la rose anglaise, le chardon écossais et le trèfle irlandais.

Capitale éphémère du Canada …..

En 1847, Montréal est choisie en raison d’une situation géographique exceptionnelle pour devenir le siège du gouvernement du Haut-Canada (à majorité anglophone) et du Bas-Canada (à majorité francophone).

Mais sa vocation de capitale tourne court après le drame du 25 avril 1849. Ce jour-là, à l’hôtel du Parlement, le gouverneur général du Canada sanctionne (ou entérine) une loi du Premier ministre du Bas-Canada, Louis-Hippolyte La Fontaine.

Cette loi vise à indemniser les victimes de la répression des rébellions qui se sont produites douze ans plus tôt dans les provinces francophones. Les commerçants anglophones de la ville se soulèvent aussitôt. Ils brûlent la résidence du Premier ministre et surtout l’hôtel du Parlement et sa riche bibliothèque. C’est suite à cet événement  qu’en 1857, la reine Victoria choisit Ottawa de préférence à Montréal pour être la capitale du  » Canada-Uni  ».

   Aujourd’hui, Montréal conserve la satisfaction d’être la ville la plus vivante du Canada. Mais elle a dû céder à Toronto (4,5 millions d’habitants) la primauté économique.

Avec 3 millions d’habitants pour l’ensemble de son agglomération, dont une majorité qui ont le français pour langue maternelle, elle reste la deuxième ville francophone du monde après Paris.

Montréal  » propose  » un très beau musée des Beaux-Arts et  quatre universités : Concordia, McGill, UQÀM (Université de Québec à Montréal) et la plus réputée de toutes, l’Université de Montréal.

 Le site des Jeux Olympiques de 1976 côtoie l’un des principaux jardins botaniques du monde, créé dans les années 1920 par le frère Marie-VictorinRésultat d’images pour Marie-Victorin , religieux et scientifique. Ce jardin comprend un intéressant  »Biodôme  » avec reconstitution de milieux tropicaux…

   L’île du Saint-Laurent sur laquelle s’est tenue l’exposition universelle de 1967 est  devenue un grand parc d’attractions.

C’était il y a …..

environ 93 ans :

  9 mai 1927 : disparition de l’Oiseau blanc lors de sa traversée de l’Atlantique..Ce jour-là, le journal  »La Presse  » annonce en Une l’exploit de deux aviateurs, Charles Nungesser Résultat d’images pour Charles Nungesseret François Coli Afficher l’image source . Ils ont décollé la veille pour une traversée de l’Atlantique dans le sens France-Amérique. Mais le journal a parlé trop vite. Les deux pionniers de l’aviation ne sont jamais arrivés à New-York : ils ont disparu !

  On ne sait pas vraiment ce qui s’est passé . Nungesser était un pilote chevronné, un héros de la première guerre mondiale. Quant à Coli, il était aussi un pilote expérimenté et avait accompli deux traversées de la Méditerranée. Les deux s’associent au constructeur Levasseur qui conçoit leur avion, nommé  » l’Oiseau blanc  » . Tout est étudié pour ce vol à hauts risques. Aujourd’hui ,ça n’a l’air de rien , mais à l’époque, c’est une prouesse.

Qu’avait de spécial  » l’oiseau blanc  » ?Oiseau-Blanc
    C’est un biplan avec un fuselage  » marin  » . C’est à dire que sa forme offre la possibilité d’amerrir, comme un hydravion. Cette particularité permet en plus de larguer le train d’atterrissage une fois en l’air pour alléger l’appareil et donc le charger davantage en carburant. L’Oiseau blanc décolle le 8 mai du Bourget. Il est aperçu un peu partout : dans le ciel normand, en Irlande… D’autres témoins affirment même l’avoir vu à Terre-Neuve et Long Island.

Seulement l’avion ne se posera jamais, comme c’était prévu, c’est à dire face à la statue de la Liberté, où une foule s’est réunie ce 9 mai 1927. environ 93 ans plus tard, on ignore encore ce qui a pu se passer au juste.( en tout cas, JE n’ai rien trouvé …? ) 

Timbre émis pour le 40ème anniversaire de la tentative de traversée de l'Atlantique par Charles Nungesser et François Coli<= (timbre  émis pour le 40 ème anniversaire de cette tentative de traversée  de l’Atlantique )

Il y eut d’autres pionniers de  » ce genre   », certains y ont laissé la vie
Ils ont beaucoup  contribué au développement de l’aviation. Comme Lindbergh Résultat d’images pour Charles Lindbergh qui relèvera le défi, deux semaines plus tard, avec succès.

    De nos jours, nous avons Bertrand Piccard Résultat d’images pour Bertrand Piccard :

    Bertrand Piccard, né le 1er mars 1958 à Lausanne, est un psychiatre et aéronaute suisse. Il a réussi, avec le pilote britannique Brian Jones, le premier tour du monde en ballon à bord du ballon Breitling Orbiter 3 et a co-développé et co-piloté l’avion solaire Solar Impulse,Résultat d’images pour solar impulse avec lequel il réalise un tour du monde de mars 2015 à juillet 2016.

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Le Solar Impulse n’est pas le premier avion solaire mais, à ce jour, aucun de ses prédécesseurs avec un pilote à bord n’a réussi à passer une nuit en vol. Par ailleurs, en l’absence de pilote automatique, la conduite de l’appareil nécessite une grande vigilance de la part du pilote, le prototype ne pouvant effectuer un virage avec une inclinaison supérieure à 5°, à cause de sa très grande envergure et de sa faible vitesse. Si tel était le cas, la voilure pourrait décrocher et la situation serait irrécupérable……

 

Le prototype du premier avion, HB-SIA, pèse 1 600 kg pour une envergure de 63,4 m. Dépourvu de cabine pressurisée, il a pour mission de vérifier par l’expérience les hypothèses de travail ainsi que de valider la sélection des technologies et procédés de construction.

    Des capteurs solaires aux hélices, la chaîne de propulsion de Solar Impulse est optimisée pour avoir le rendement le plus élevé possible. Son design a été pensé pour résister aux conditions hostiles que subissent les matériaux et le pilote en haute altitude, en prenant en compte les contraintes de poids aux impératifs de résistance..Solar Impulse est construit autour d’un squelette en matériau composite (fibre de carbone et nid d’abeille en sandwich). La surface inférieure des ailes est revêtue d’un film souple et la surface supérieure est couverte de cellules solaires  »encapsulées  ».

 

À partir de 2012, réalisation d’un deuxième avion, immatriculé HB-SIB. Ce dernier n’a pas de cabine pressurisée mais les pilotes pourront s’allonger complètement et pourront effectuer des missions de longue durée, des traversées sans escale d’un continent et de l’océan Atlantique.

     Le décollage de cet avion pour effectuer un tour du monde a eu lieu    le  d’Abou Dabi. Douze escales ont été effectuées, pour changer de pilote et présenter l’aventure au public ainsi qu’aux autorités politiques et scientifiques. Les durées prévues des étapes étaient  de trois à quatre jours. André Borschberg réalise un vol de cinq jours entre le Japon (Nagoya) et Hawaï 

    Solar Impulse 2 achève avec succès son tour du monde le , en atterrissant à Abou Dabi après un tour du monde de 43 041 km uniquement grâce à l’énergie solaire .

   L’appareil, baptisé SI 2 et immatriculé HB-SIB, reprend les caractéristiques du prototype, avec des dimensions un peu plus grandes, et reste monoplace, et non biplace comme il avait un temps été envisagé.

etc…..lol  » etc  » …parce que je ne trouve rien sur l’avion solaire aujourd’hui ..Vole -t – il ? Combien d’exemplaires ? …….

 

Il y a environ 89 ans !!!???

La soupe populaire gratuite d’Al Capone Résultat d’images pour al capone, Chicago, 1931 (photo en couleur ????)

    Al Capone était-il un gangster impitoyable? Absolument.

    A-t-il affiché son succès face à la police pendant la prohibition? Absolument.

    Mais aussi méchant qu’il fût, Capone était aussi  »compatissant » pour ceux qui étaient moins chanceux que lui. Le centre d’hébergement et la banque alimentaire de Chicago ont été l’une des premières cuisines à soupe aux États-Unis et ont aidé de nombreuses personnes à se préparer un repas chaud pendant la Grande Dépression, ce qui était rare. Bien sûr, Capone a fait cela comme un coup de pub, mais cela ne veut pas dire que sa tentative de paraître sympathique n’a pas empêché beaucoup de monde de rester debout. En novembre et en décembre, la soupe populaire servait le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, un must lors des mois d’hiver les plus froids de l’Illinois.

Tragédies et  » joies  » du 1er mai …..

Journée de 8 heures et Fête du Travail :

   Le 1er mai 1886, aux États-Unis,  200 000 travailleurs obtiennent la journée de huit heures grâce à une forte pression des syndicats. Mais un affrontement avec la police cause la mort de plusieurs personnes.

  En souvenir de cette victoire amère, les syndicats européens instituent quelques années plus tard une  » journée internationale des travailleurs  » ou  » Fête des travailleurs  » destinée à se renouveler tous les 1er mai. Cette journée est aujourd’hui appelée  » Fête du Travail  », bien que l’expression prête à confusion (on ne fête pas le travail à proprement parler mais l’on honore les travailleurs).

Une revendication nationale :

  Au IVe congrès de  » l’American Federation of Labor  », en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s’étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

  Arrive le 1er mai 1886. Un grand nombre de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

   Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain.     C’est alors qu’une bombe explose et fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Cinq anarchistes sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).

La révolte de Haymarket Square (Chicago, 4 mai 1886)

Manifester pour la journée de 8 heures :

 Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès et se donne pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé),.  Jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n’a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

   Le 20 juin 1889, ils décident qu’il sera  » organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail…  »  Dès l’année suivante, le 1er mai 1890, des ouvriers font grève et défilent, un triangle rouge à la boutonnière pour symboliser le partage de la journée en trois (travail, sommeil, loisir).

   Après la Première Guerre mondiale, le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247  » l’adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n’a pas encore été obtenue  ».

   Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent alors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l’occasion de revendications plus diverses. La Russie soviétique, sous l’autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d’autres pays…         L’Allemagne nazie va encore plus loin !!!! : Hitler, pour se rallier le monde ouvrier, fait, dès 1933, du 1er mai une journée chômée et payée. La France l’imitera sous l’Occupation, en 1941 !…

En vrac , un 29 avril :

29 avril 1770

  James Cook débarque sur le continent australien depuis son bateau l’Endeavour. Il accoste à Botany Bay.14589990617_e35e4e8e09_james-cook

29 avril 1899

Pour la première fois, une voiture franchit les 100km/h : la »  Jamais Contente   » du belge Camille Jenatzy. Particularité intéressante, le prototype en forme d’obus était construit en aluminium et équipé de deux moteurs électriques pour une puissance de 68 chevaux. Elle atteindra 105,85km/h.La Jamais Contente

29 avril 1914

  Gideon Sundbäck obtient le brevet de la fermeture Éclair, après de nombreuses tentatives depuis 1906.fermeture éclair

29 avril 1916

  Après cinq jours d’insurrection et de violents combats, débutés le 24 avril, Patrick Pearse, président du gouvernement provisoire décrète l’arrêt des combats à Dublin. La reddition sans condition est signée le jour même.

29 avril 1941

Les femmes canadiennes obtiennent l’autorisation de faire une carrière dans le droit.drapeau canada

29 avril 1945

Libération du camp de concentration de Dachau par l’armée américaine, ouvert par Himmler le 21 mars 1933. Plus de 31 000 personnes y auront perdu la vie.dachau

29 avril 1945

Pour la première fois, les femmes ont la possibilité de voter en France, un an après la loi qui les autorise à le faire. Les élections municipales attireront 12 millions d’entre-elles dans les urnes.

Appel aux femmes, affiche ÈditÈe ‡ l'occasion du premier vote des femmes, le 29 avril 1945
Appel aux femmes, affiche Éditée à l’occasion du premier vote des femmes, le 29 avril 1945

29 avril 1968

Les Shaddoks sont diffusés pour la première fois à la télévision. Série de Jacques Rouxel avec un commentaire de Claude Piéplu.

29 avril 1982

   La population de Chine dépasse le milliard d’habitants……drapeau chine

29 avril 2011

   Le prince William, très probable héritier du trône du Royaume-Uni, épouse Catherine Middleton, à l’abbaye de Westminster. A cette occasion, la reine lui accorde le titre de duc de Cambridge.

william kate photo

Moquerie via une fausse nouvelle ..

 » Un monument à la gloire d’un inconnu  » …

   En 1913 , des députés et des sénateurs reçoivent une lettre leur demandant d’adhérer à u comité de soutien pour l’érection et l’inauguration d’un monument à la gloire d’ Hégésippe Simon  Résultat d’images pour paul birault..On va célébrer le centenaire de la naissance à Poil ( oui ce village existe ! ) dans la Nièvre de cet  » éducateur de la démocratie  »  . Vingt-cinq  parlementaires se font piéger  ( il est vrai qu’à l’époque , internet n’existait pas ! )……Un député soupçonneux mène cependant une enquête , fait quelques recherches en bibliothèque et se rend compte de la supercherie ! Ce canular était l’oeuvre du journaliste Paul BiraultRésultat d’images pour paul birault  ,pour ce moquer de la crédulité des hommes politiques… Pari gagné !

Un élu creusois « victime » du poisson “Hégésippe Simon”