C’était en juillet il y a….

  ( Etant donnée ma situation actuelle ,je voulais en savoir un peu plus sur l’Armée du salut : Je n’aime pas du tout le côté  » armée  » ni la face religieuse !!! )

….environ 155 ans ! Le 5 juillet 1865 exactement naissait  » l’armée du salut » Résultat d’images pour Armée du salut….Face à la détresse ouvrière et la misère de la classe ouvrière anglaise , le pasteur William Booth Résultat d’images pour william boothcrée la  » Mission chrétienne  » , baptisée  » armée du salut  » en 1878 . Sa devise à l’époque  » Soupe,savon,salut  » , est aujourd’hui  » secourir ,accompagner , reconstruire  »…L’organisation s’est donnée deux missions: Spirituelle et sociale …Installée en France depuis 1881 , elle y gère une cinquantaine d’établissements d’action sociale …

 

   Le message de l’Armée du salut se fonde sur la BibleSa mission consiste à annoncer l’Évangile de Jésus-Christ et à soulager, en son nom, sans aucune  distinction , les détresses humaines.

 » Tant que des femmes pleureront, je me battrai
Tant que des enfants auront faim et froid, je me battrai,
Tant qu’il y aura un alcoolique, je me battrai,
Tant qu’il y aura dans la rue une fille qui se vend, je me battrai,
Tant qu’il y aura des hommes en prison, et qui n’en sortent que pour y retourner, je me battrai,
Tant qu’il y aura un être humain privé de la lumière de Dieu, je me battrai,
Je me battrai,
Je me battrai,
Je me battrai.  »

William Booth ( 9 mai 1912 )

Histoire :

   En Angleterre, en pleine révolution industrielle, William Booth fonde la Mission chrétienne de l’Est de Londres le  pour propager la foi et lutter contre la pauvreté. Cette mission devient, le , l’Armée du salut. À cette époque, les foules ouvrières s’entassent dans les quartiers pauvres d’East End (à l’est de Londres) .

 Un peu comme  Karl Marx Résultat d’images pour Karl Marxqui y trouve les fondements de son idéologie révolutionnaire, matérialiste, athée et basée sur le principe des masses, W. Booth propose par contre ,un autre moyen de salut à  » ces populations qui vivent dans la misère.  » Pour lui, le progrès social, politique et économique devrait découler d’une profonde transformation intérieure de l’homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l’Évangile. William Booth sait cependant qu’avant de partager la promesse biblique, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. D’où la devise  : Soup, soap, salvation (Soupe, savon, salut).

   Depuis 1891, durant le mois de décembre, l’Armée du salut organise une collecte de fonds dans la rue, ce sont  » les Marmites de Noël  » .( La campagne des marmites de Noël est l’une des activités annuelles de financement de l’Armée du Salut. Pendant le temps des fêtes, le grand public est invité à déposer un don dans l’une des 2000 marmites réparties dans tout les pays, et ainsi permettre à l’Armée du Salut d’accomplir sa mission. Il est également possible de faire un don dans l’une des  marmites virtuelles .)….

   Membre à part entière de l’Église chrétienne, l’Armée du salut refuse de se laisser réduire au rang d’une simple institution charitable. C’est une approche globale en faveur de l’être humain, aimé de Dieu, que l’Armée du Salut développe au travers de ses actions. Ainsi son action sociale est une des expressions de l’amour de Dieu envers les hommes. C’est  » la foi en action  »

(  »Salutistes   » américaines à Ansauville (France) durant la Première Guerre mondiale, équipées de masques à gaz, en train de préparer des tartes pour les soldats ) …

Sa structure :

  Pour regrouper et mettre à l’œuvre les convertis qui le suivent, William Booth s’inspire du modèle militaire. Son organisation adopte vite une hiérarchie, une discipline, un drapeau , un uniforme, des règlements, un vocabulaire spécifique. Un général y coordonne l’action au niveau mondial et fixe les grandes orientations.          Depuis le , le général Brian Peddle Résultat d’images pour Brian Peddle exerce cette fonction.

      Dans chaque pays, l’Armée du salut est constituée sous forme de territoire . Un territoire salutiste peut regrouper plusieurs pays commandé par un officier supérieur depuis un quartier général territorial. Depuis l’origine, le quartier général international est basé à Londres.

L’officier de l’Armée du salut est ministre du culte. Son service est un apostolat. Homme ou femme, marié ou célibataire, il travaille à plein temps pour l’œuvre dans un ministère pastoral qui le conduit également à mettre en place des actions de secours envers les plus démunis … L’Armée du salut forme ses cadres au sein d’écoles militaires.!!!  Au cours d’un cycle de deux ans, les jeunes cadets suivent un enseignement essentiellement religieux. De même, elle utilise un grade pour définir l’ancienneté et les responsabilités de chaque officier.

Soldat!!!

    Le soldat, fort d’une expérience spirituelle fondée, fait le choix de l’Armée du salut comme Église. Il prend l’engagement personnel d’observer dans tous les domaines de sa vie les principes évangéliques. Dans la communauté salutiste, le soldat assume bénévolement sa part de travail en fonction de ses compétences et ses disponibilités. Certaines fonctions sont distinguées par les grades d’officiers locaux.

N.B : L’Armée du salut est une structure internationale implantée dans 128 pays qui rassemble 1,5 million de membres. Elle intervient partout où elle peut être utile et où elle est acceptée.

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Une armée ! berkkkk!

  Rien, en effet, ne rappelle davantage la fameuse compagnie de Loyola que l’Armée du Salut. Elle est aussi une compagnie de guerre, avec son général tout-puissant, exigeant la soumission absolue. C’est pourquoi elle a une organisation toute militaire. (Edmond de Pressensé, L’Armée du salut, dans la Revue bleue politique et littéraire, 1883, )

   Non, mais vous vous rendez compte ? Et pendant ce temps, y en a des qui se font entretenir par la  » mendianticité  ». Non, non, l’Armée du Salut, c’est pas conforme à la Bible. — (Pascale Brudon, Médicaments pour tous en l’an 2000? )

   Plus net encore devrait être le cas de l’Armée du salut : sa réputation de congréganiste aurait été difficile à établir a priori, étant donné que la figure institutionnelle de l’Armée du salut ne ressemble pas à un monastère, ni à la Compagnie de Jésus.  (Jean-Paul Durand, )

Hybridation?….

    L’hybridation entre espèces voisines se pratique depuis longtemps. C’est ainsi que certains chevaux sont croisés avec des ânes ou des zèbres. Dans ces conditions, l’hybridation entre un homme et un chimpanzé serait-elle possible? Bien que plusieurs cas d’un tel croisement aient été signalés, rien ne le prouve pour l’instant.

    Une hybridation possible?

   Nous savons que l’homme et le chimpanzé sont deux espèces très proches. En effet, leur ADN est très semblable. Certes, l’homme possède une paire de chromosomes en moins que les grands singes.

   Mais certaines espèces peuvent s’accoupler, et devenir fertiles, sans avoir le même nombre de chromosomes. Les chevaux, qui possèdent 32 paires de chromosomes, sont bien croisés avec des zèbres, qui n’en ont, selon les espèces, qu’entre 16 et 23 paires.

   Cette similitude du patrimoine génétique a donc conduit certains scientifiques à envisager une hybridation entre l’homme et le chimpanzé, dont le produit serait une créature appelée  »humanzee  »…..

À la recherche de l’  »humanzee  »

  Dans les années 1920, un biologiste russe, Ilya Ivanovitch Ivanov Résultat d’images pour Ilia Ivanov , s’est intéressé à l’hybridation de l’homme et du chimpanzé. Il réussit à obtenir le soutien des autorités soviétiques et de l’Institut Pasteur.

   Fort de ce patronage, il se rend au centre des primates installé en Guinée française. Là, il réussit à inséminer trois guenons avec du sperme humain. Mais aucune des trois femelles n’est tombée enceinte.

   D’autres sources citent des expériences d’hybridation menées en Chine dans les années 1960. Après insémination, une guenon serait ainsi tombée enceinte, sans que la grossesse ait pu être menée à son terme.

   On rapporte également qu’une autre tentative aurait été entreprise aux États-Unis, dans les années 1920. Non seulement la femelle chimpanzé serait tombée enceinte, mais elle aurait accouché d’un bébé vivant, que les scientifiques n’auraient pas gardé.

  Dans les années 1970, c’est un singe savant, nommé Oliver, qui alimente la rumeur. Ce chimpanzé de cirque serait le produit d’une hybridation entre l’homme et le singe.!!! L’étrange comportement de cet animal avait semé le doute

  Mais des examens révèlent qu’Oliver possède le même nombre de chromosomes que tout autre singe. Il n’est donc pas le premier  »humanzee ».hybride( <= Singe  » Oliver  » 

Décès de Mr Barthélemy Thimonnier….

Bien que les commentaires soient  » ouverts  » , Ils ne sont ni utiles ni  conseillés : Je suis habitué !
    » Mort de B . Thimonnier  » , c’est bien beau , mais…..Qui était ce monsieur ? Pourquoi en  » parler ‘? 
                                  __________________________________________
     Fils d’un teinturier, Barthélemy Thimonnier naquit à L’Arbresle (Rhône) le 19 août 1793, et fit d’abord quelques études, dans sa jeunesse, à la Manécanterie (Une manécanterie désigne, à partir de la fin du XIXᵉ siècle, un type particulier de chœur d’enfants d’abord composé de garçons, rattaché à une cathédrale ou à une paroisse importante. Le chœur est géré par le clergé )  de la cathédrale de Lyon, que le cardinal Fesch réorganisait .
    Mais il dut bientôt les interrompre pour apprendre le métier  de tailleur, qu’il exerça à Amplepuis, où ses parents s’étaient installés en 1795.

     Les broderies au crochet que les fabriques de Tarare, dans les montagnes du Lyonnais, faisaient exécuter dans les montagnes du Lyonnais et du Forez lui donnèrent l’idée de construire une machine pouvant à la fois broder les étoffes et coudre les vêtements.Machines à coudre - ancienne machine a coudre gritzner allemande fonte fer forgé marqueterie couture En 1825, poursuivant toujours cette idée fixe, il vint à Saint-Etienne, où il pensait trouver plus facilement les moyens pratiques de mettre au point  son mécanisme. Quant à son état, il l’exerçait pour le compte du tailleur Sabatier, dont l’établissement était sur la place Royale.

  Thimonnier était allé se loger à l’écart, dans cette rue des Forges qui conserve aujourd’hui encore l’aspect pittoresque des anciens quartiers plus spécialement affectés aux ouvriers travaillant le fer. Là il se renfermait moins dans l’atelier où sa profession pouvait donner du pain à sa famille que dans un petit bâtiment isolé et ignoré de tous. Malheureusement, le tailleur d’habits ignorait les premières notions de mécanique, et il lui arriva ce qui arrive, dans le même cas, à une foule d’inventeurs ou plutôt de chercheurs : il négligea ses affaires, perdit son crédit, se ruina, et, de plus, s’entendit traiter de fou. Mais il ne se laissa ni abattre ni décourager, et poursuivit opiniâtrement ses essais.

Barthélemy Thimonnier

Barthélemy Thimonnier

     En 1829, il était maître de son idée, et en 1830, il prenait, à la préfecture de la Loire, un brevet d’invention pour une machine à coudre au point de chaînette. A cette époque, Beaunier, inspecteur des mines, ayant eu occasion de la voir fonctionner, comprit toute l’importance de la découverte, et emmena Thimonnier à Paris. En 1831, la maison Germain Petit et Cie montait, rue de Sèvres, pour la confection des vêtements militaires, un atelier de quatre-vingts machines à coudre, dont la direction était confiée à Thimonnier.

   Mais les ouvriers virent dans les machines de dangereux instruments de concurrence pour la main de l’homme. Une émeute les brisa, et Thimonnier fut même obligé de se cacher. L’émeute de la rue de Sèvres avait été réprimée et avait même donné lieu à des condamnations. Cependant, l’atelier était désorganisé et, pour comble de malheur, la société qui l’avait fondé dut se dissoudre quelques mois plus tard, par suite de la mort de Beaunier, qui avait chaudement épousé les intérêts de l’inventeur. Ce dernier revint à Amplepuis en 1832.

    En 1834, il retourna à Paris et travailla à façon avec sa machine, tout en cherchant à la perfectionner. En 1836, à bout de ressources, il fut obligé de revenir dans son pays à pied, sa machine sur le dos !, vivant en route de ce qu’il gagnait en la faisant fonctionner comme objet de curiosité et, de retour à Amplepuis, il en construisit et en vendit quelques unes dans les localités environnantes. Mais le nom seul de couture mécanique était une cause de défaveur ; le système n ‘eut encore aucun succès …..

 

   Selon le brevet déposé en  1845 , on constate qu’on obtenait 200 points à la minute. Magnin, de Villefranche, se chargea alors de son exploitation, et Thimonnier, associé avec lui, fabriqua dans cette ville des machines au prix de 50 francs la pièce. Bientôt après, les deux associés prirent un brevet de perfectionnement pour l’appareil couso-brodeur (5 août 1848), pouvant faire des cordons, coudre et broder toutes sortes de tissus, depuis la mousseline jusqu’au drap et au cuir, et donnant 300 points à la minute : une aiguille tournante permettait de broder les ronds et les festons sans tourner l’étoffe. La maison prit ensuite, le 9 février 1848, une  »patente anglaise  » pour son appareil, construit dès lors en métal et avec précision.

   La révolution de 1848 qui éclata peu de jours après fut un  obstacle à l’exploitation des brevets. Thimonnier passa alors quelques mois en Angleterre, où la patente fut cédée à une compagnie de Manchester, et revint en 1849.

   Envoyée à l’Exposition universelle de Londres en 1851, sa machine, par une incroyable fatalité qui , parait il s’est plusieurs fois rencontrée dans d’autres circonstances, resta entre les mains du correspondant et n’arriva qu’après l’examen du jury. Les premiers essais de perfectionnement que les Américains y avaient apportés, les machines à deux fils et à navette d’Elias Howe Résultat d’images pour elias howe, avaient pris la place et le rang qui lui revenaient surtout par droit d’ancienneté d’origine.

  Dès 1832, Thimonnier avait essayé ce dernier genre de mécanisme, et en 1856 il s’en occupait encore. Mais trente ans de travail, de lutte et de misère l’avaient épuisé. Il mourut ruiné à Amplepuis, le 5 août 1857, à quelques jours de ses 64 ans.

   Thimonnier, bien que peu  fortuné, partageait volontiers le peu qu’il avait avec les malheureux. On raconte que pour adoucir la misère d’un de ses voisins, il se levait la nuit et portait chez lui, en cachette de sa femme dont il craignait les remontrances, les provisions de son ménage.!!!!

  Ses inventions ne se limitèrent pas à la machine à coudre ; c’est lui qui eut l’idée première du  »vélocipède  » , et bien que son appareil n’ait pu être appliqué, c’est son mécanisme qui plus tard fut employé pour ces » instruments de locomotion  » ; ses amis se souvenaient encore de lui avoir entendu parler d’un moyen de souder le cuivre à froid ; mais il ne reste rien de cette découverte. 

  N.B :Thimonnier appartenait par sa mère à une famille d’inventeurs et plusieurs de ces ancêtres se firent remarquer au XVIIIe siècle  par leurs aptitudes mécaniques.

Helen Keller :

 

 

Helen Adams KellerH.Keller était une écrivaine, activiste et conférencière américaine.

   Fille du capitaine Arthur Keller, militaire en retraite éditeur de journaux, et de sa femme Kate, Helen fut victime, vers l’âge de 19 mois, d’une maladie infantile diagnostiquée à l’époque comme  »fièvre cérébrale » (plus probablement une scarlatine) qui la laissa sourde, muette et aveugle.

     L’arrivée d’Annie Sullivan chez les Keller, le 3 mars 1887 (« le jour le plus important dont je puisse me souvenir », selon Helen) marqua le début d’un processus  »miraculeux » qui devait mener la jeune fille d’un état quasi- sauvage au diplôme « cum Laude » (avec les félicitations du jury) du prestigieux Collège Radcliffe  17 ans plus tard.

     Encore étudiante, elle avait commencé une carrière d’écrivaine qui dura toute sa vie.

   Son ouvrage le plus célèbre,  »The Story of My Life, » (1903) ( »L’histoire de ma vie », disponible en France sous le titre « Sourde, muette et aveugle » ) a été traduit en plus de 50 langues mais on lui doit également un dizaine d’autres ouvrages ainsi que de nombreux articles pour la presse.

    Au cours des 50 années qui suivirent, Helen Keller se consacra au  »service de l’humanité », luttant pour les droits des femmes, des ouvriers, des minorités et devint une sorte d’ambassadrice mondiale des faibles et des opprimés.

   Le premier hommage cinématographique est un film muet datant de 1919, intitulé « Deliverance ».
   Plus tard, la pièce de théâtre « The Miracle Worker », adapté de l’autobiographie d’Helen Keller, donne lieu à plusieurs films, dont « Miracle en Alabama » d’Arthur Penn en 1962.       Aucun de ces films, avant une adaptation de Disney sortie dans les années 2000, n’aborde sa vie militante.!
   En 2005, le film bollywoodien « Black » de Sanjay Leela Bhansali est largement inspiré de l’histoire d’Helen Keller.

Naissance du restaurant….

 : une révolution dans l’assiette…

    Alors que de nombreux restaurants sont en difficulté depuis le déconfinements : Histoire d’une révolution culinaire imaginée par un économiste qui voulait abolir les privilèges de l’ancien régime et amener la gastronomie dans les assiettes de  » tout un chacun  » …. 

 »Il faut faire la croix à la cheminée  »….

   Une expression que ma grand-mère employait , elle m’est revenue cet après-midi après un appel d’une amie perdue de vue  depuis très longtemps ( elle avait appris le décès de ma mère ) , bref….L’idée m’est venue de chercher la signification et l’origine de cette expression …..( le pire ou le mieux : Ma chère Léone faisait vraiment une croix sur le chambranle Résultat d’images pour illustrations, images cheminée avec chambranle en boisde la  cheminée  lol ) ..

L’expression : s’emploie à la vue d’un événement agréable et inattendu, ( par exemple, à l’arrivée d’un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps  . Mon cas avec l’amie  cet après-midi ) 

    Quelques conjectures sur l’origine de l’ expression :

       Les anciens marquaient d’une pierre blanche les jours heureux, et d’une noire les malheureux

Horace écrit qu’on marquait avec de la craie ce qui était louable, et avec du charbon les objets de haine. C’est dans ce sens que le poète Horace, s’interroge au sujet des deux fils d’Arrius qui ne mangeaient que des rossignols :  (Faut-il les noter avec de la craie ou avec du charbon ?)  -Horace , pour moi = vague souvenir du lycée / philo …..

Les Romains ont probablement du nous transmettre cet usage, dont il ne nous est resté ensuite que l’expression. Cela est d’autant plus probable qu’autrefois on écrivait croye pour craie.   L’équivoque de croye avec croix aura pu modifier  le proverbe, qui était peut-être énoncé de cette façon : Il faut mettre la croye à la cheminée.

   

C’était il y a….

117 ans !

  Le  1er juillet 1903 : début du premier Tour de France cycliste :

  Le premier Tour de France cycliste comporte 6 étapes s’étalant sur 19 jours. Créé par Henri Desgranges , , directeur du journal L’Auto qui souhaitait augmenter les ventes de son quotidien dans le numéro du 2 juillet 1903 de L’Auto, Henri Desgranges  .

 ( Photographie tirée de  » La Vie au grand air   »: revue illustrée de tous les sports du 18 août 1901) : Henri Desgranges
henri-desgrange 

signe un compte-rendu des premiers instants de cette épreuve inédite à laquelle 80 coureurs s’étaient inscrits, cependant que 59 prirent le départ :

     » J’ai tâté leur courage à tous, quelques minutes avant le départ pour cet énorme Tour de France, avant la grande bataille qu’ils allaient livrer, et pas un ne m’a dit :   »J’ai peur que mes forces ne me trahissent, je crains que la tâche ne soit au-dessus de mes moyens  » .

   » Tous étaient pleins de confiance et dans leurs yeux brillait l’espérance de la. victoire. Et mon cœur de sportsman s’est réjoui au spectacle de ces courageux que   » le soleil auréolait d’une poussière d’or  » et devant qui la route allait s’étendre à l’infini, pendant des heures, pendant des jours, pendant des semaines……

…… Là, je me suis pris à regretter le temps où, moi aussi, je courais les grandes routes, où je voyais, libre sur ma frêle machine, d’extraordinaires couchers de soleil, où je me perdais dans des nuits étoilées, où je me retrouvais le lendemain matin, grâce à moi, à moi tout seul, dans de nouveaux pays où le parler n’était plus le même, où les paysans, au passage, avec leurs yeux paisibles, semblaient se demander d’où venait celui-là qui sortait des ténèbres.

    » Mais à quoi bon rêver au passé, regretter ce qui n’est plus ? Tout a ses joies et il est bon de contempler en d’autres des énergies défuntes. L’heure présente est à l’action de ces hommes, et cela, somme toute, vaut largement la reconnaissance de l’U.S.A.P.F. par l’U.S.F.S.A.

    » Les voici maintenant un pied sur la pédale, l’autre jambe à terre. Le départ se fait lancé ; il sont bien sages et bien raisonnables ; ils se sont rangés docilement sous les ordres du starter et lentement les 60 partants se mettent en marche. Ils font ainsi 3 ou 400 mètres et le tournant de la route nous les cache…….

 » Quelques minutes après je vois au loin un nuage de poussière qui se soulève à leur passage et ce nuage s’enfuit terriblement vite. La lutte est commencée, elle se terminera dans 19 jours.  »

    Dans le même numéro de L’Auto, Alphonse Steinès  Résultat d’images pour alphonse steinès , l’un des collaborateurs d’Henri Desgranges dans l’organisation du Tour de France, narre le départ de la première étape :

   » Le départ a été donné au Réveil-Matin. Ce nom sonne bien à l’oreille lorsqu’il s’agit d’une épreuve gigantesque, colossale comme le Tour de France. L’auberge du Réveil-Matin, ( photo ??? )  encore ignorée de bien des cyclistes parisiens, est connue depuis hier au même titre que bien des endroits célèbres. Elle servit de scène à ce premier acte qu’est le départ du grand drame sportif dénommé Tour de France  » .

 » En quittant Villeneuve-Saint-Georges pour aller sur Montgeron, l’auberge du Réveil-Matin est située à l’intersection de la route de Corbeil par Draveil. J’avoue assez volontiers que ce site manque d’ombre, ce de quoi se plaignaient les milliers de spectateurs venus pour voir l’envolée du peloton qui s’élança à la poursuite de la gloire et… de l’argent. Mais telle qu’elle est, l’auberge désormais historique nous servit pour abriter notre contrôle. »

 »  Dès une heure de l’après-midi, heure à laquelle commencent les opérations consistant en remise des brassards, des numéros de cadres et signatures de contrôle, dès une heure, donc, il était impossible de trouver une chaise, tellement l’affluence était grande. Des chanteurs ambulants exerçaient à droite et à gauche leur industrie et déclamaient par une chaleur insupportable des refrains divers. Les coureurs écoutent d’une oreille distraite, leur pensée vagabonde sur la route et ils entendent sans doute déjà les acclamations des populations du parcours. Pour le moment, ils font la sieste et sont étendus dans l’herbe, le ventre au soleil.  »

   » Le premier qui a l’honneur d’apposer sa signature sur la feuille de contrôle est Ellinamour de Paris, il retire le brassard numéro 64. Après lui vient Pernette, également de Paris, qui porte le n° 44. Les photographes de tous les journaux illustrés, armés des appareils les plus perfectionnés, sont présents et pigent les grands cracks. Parmi les  » chevaliers de la plaque sensible  », nous reconnaissons les amis Simons, de La Vie au Grand Air, Beau, Schweitzer, de La Revue Sportive, etc. Chaque fois que vient signer un des rois de la route, tels qu’Aucouturier, Garin, Fischer, Muller, Pasquier, Wattelier, etc., la foule se précipite à leur suite et le contrôle est envahi.

    »  Une douzaine d’amis de L’Auto, dont le dévouement est inépuisable, avaient assumé les très délicates fonctions de commissaires au départ et assuraient le service d’ordre, secondés par l’appariteur de Montgeron et la gendarmerie de Villeneuve-Saint-Georges.  »

Alphonse Steinès ajoute que  » le succès est complet et la proportion de partants remarquable, si l’on songe que dans Bordeaux-Paris qui n’a que 600 kilomètres, 23 coureurs se rangèrent au poteau de départ  ».

 » Le peloton se range en bon ordre. Je regrette que les photographies du départ que vous verrez dans les journaux illustrés ne reproduisent pas les couleurs des maillots, car ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’assister au départ eussent au moins pu se faire une idée du coup d’œil curieux et bizarre que présentait ce départ. Deux couleurs tranchaient et attiraient les regards : le jaune des brassards que tous portaient au bras gauche et le rouge des numéros de cadre que le public appréciait comme une innovation attendue depuis longtemps.

 »  Après un contre-appel, notre directeur fait aux concurrents d’ultimes recommandations, il leur rappelle plus particulièrement que les entraîneurs sont rigoureusement interdits, que sous aucun prétexte un coureur ne doit quitter son brassard et que le numéro du cadre doit toujours être en évidence afin de permettre de constater l’identité du concurrent par les innombrables contrôleurs volants qui sillonneront le parcours.

    »  En raison des travaux de réfection de la route, le départ réel est reporté à environ cinq cents mètres du Réveil-Matin. Ces quelques centaines de mètres sont faites à une petite allure en très bon ordre. Au moment où le groupe passe devant lui, l’ami Abran lâche le coup de revolver traditionnel. Il est 3 heures 16 m. Ils sont partis et disparaissent dans un nuage de poussière. La foule applaudit vigoureusement.  »

Dans le numéro du lendemain 3 juillet, Henri Desgranges dresse un bilan de la première étape :

    » Voici courue la première étape du Tour de France. Le succès a dépassé toutes les prévisions et une fois de plus les coureurs ont dérouté les pronostics des plus compétents   ».

 »  Personne n’eût osé croire, il y a quarante-huit heures, que des hommes livrés à eux-mêmes sur la. route, sans aucun soin, sans personne pour s’occuper d’eux autre part que dans les contrôles, passant la nuit dans des pays inconnus et difficiles, personne n’eût osé croire que ces hommes étaient capables de couvrir près de 500 kilomètres en moins de 18 heures à une allure supérieure à 26 kilomètres à l’heure.  »

    »Et pourtant rien n’est plus vrai. Ce fut un moment de stupéfaction sur tout le parcours ; les malins n’avaient-ils pas prédit qu’il faudrait au moins 24 heures aux coureurs pour se rendre-à Lyon ?

     »Quel beau début pour le Tour de France et comme nous sommes heureux de voir réussir une épreuve que nous avions jugée dès le début suprêmement intéressante.

   » Nous n’aurons pas assez de louanges pour le grand vainqueur Maurice Garin. L’énergie et les ressources musculaires de cet homme sont véritablement inépuisables. Les années semblent augmenter ses puissantes qualités et quand chacun doute, au moment du départ, s’il pourra refaire ce qu’il a déjà fait, Maurice Garin nous donne chaque fois la preuve qu’il est bien le meilleur et le plus redoutable de tous nos grands routiers.

Maurice Garin, vainqueur des première, cinquième et sixième étapes, et vainqueur du Tour de France 1903. Photographie extraite de La Vie au grand air : revue illustrée de tous les sports du 24 juillet 1903
 (Maurice Garin, vainqueur des première, cinquième et sixième étapes,
et vainqueur du Tour de France 1903. Photographie extraite de La Vie au grand air )
 Henry Mayer….

 »L’enfer de la guerre »…..

….. certains ne s’en remettent jamais vraiment. D’autres, pour tenir le coup, prennent des psychotropes de manière régulière. C’était le cas de 34 % des GI’s  G I américains qui consommaient de l’héroïne durant l’éprouvante guerre du Vietnam.

À la guerre comme à la guerre : ?

  Très éprouvante pour les corps, comme pour les esprits, la guerre surmène littéralement les soldats qui la mènent.

  Ainsi, c’est pour faire face à la mort, qu’ils côtoient quotidiennement, que des hommes envoyés au front prennent des drogues  plus ou moins régulièrement .

    Par exemple, il est notoire que les membres de la secte chiite des  » Assassins » consommaient abondamment du hashish (le mot  »assassin » dérive même du nom de cette drogue), tandis que de nombreux terroristes contemporains prennent du  » CaptagonCaptagon  » (En France, le captagon a été utilisé légalement contre la narcolepsie, l’hyperactivité, mais aussi comme coupe-faim ou antidépresseur. Mais, il a été interdit dans les années 1970. A forte dose, il peut avoir des effets secondaires psychiques très sévères ) , avant de commettre leurs méfaits.

     De leurs côtés, les GI’s américains partis au Vietnam n’étaient pas en reste, puisque 34 % d’entre eux consommaient de l’héroïne , avec un taux de dépendance atteignant 20 %.

    Une statistique qui, bien qu’étant prévisible, pouvait sembler inquiétante pour les membres de l’état-major américain.

    En effet , dans de tels cas, se pose la question de  »l’après-conflit » et donc du comportement des vétérans, une fois qu’ils ont effectué leur retour à la vie civile.

Enfer de la guerre, paradis artificiel

    En réalité, selon une publication du  »Special Action Office for Drug Abuse  », datant de 1973, les soldats américains se droguaient de préférence après les combats ; de peur de mourir inopinément, s’ils n’étaient pas sobres durant les batailles.

    Ainsi, se ruant sur tout ce qu’ils pouvaient, les GI’s consommaient même de l’opium et des barbituriques, pour oublier la violence des affrontements qu’ils venaient d’endurer.

   Heureusement pour eux, cependant, le retour à la vie civile rimait souvent avec un quotidien bien plus sain. En effet, selon les études de Lee Robins, sur l’ensemble des soldats rentrés aux États-Unis, seul 1% présentait des signes d’addiction aux psychotropes.

   Un chiffre satisfaisant, même si les troubles de stress post-traumatique vont bien au-delà du simple domaine des drogues.

Voici tout ce que l’on doit ( devrait ? ) à Napoléon….

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1 ) De sa vie militaire , l’empereur avait gardé  l’habitude de manger vite, parfois même debout ! ( même aussi à cheval !!!!) …Et quand il  » daignait se poser  » , il se contentait souvent , parait il , d’un plat de pâtes et de vin coupé d’eau . Pas franchement gastronome le  » monsieur  »  , pourtant il serait à l’origine d’ innovations autour de la table : 

2) La diplomatie  » par la table  » :

    Son  » archi-chancelier  » , Jean Jaques de Cambacérès Résultat d’images pour jean jacques de cambacérès , un grand gourmet lui aurait affirmé que  » c’est en grande partie par la table qu’on gouverne  » . Bon élève , napoléon organise ce qu’on nommerait aujourd’hui des  » diners people  » : Deux fois par semaine , il reçoit à sa table toutes les personnalités françaises ou étrangères de passage à Paris !

3) La boite de conserve : !

Napoléon cherche un moyen permettant de conserver la nourriture pour ses troupes … En 1809 ( je crois ) , Nicolas Appert Résultat d’images pour Nicolas Appert ( un confiseur ) lui présente un procédé de stérilisation des bocaux par la chaleur … » Bingo  » ! lol , il devient le fournisseur des armées napoléoniennes …( c’est l’origine de  » notre  » boite de conserve ……

4 ) Le sucre de betterave :

Pour riposter au blocus continental décidé par napoléon pour  » ruiner  » leur économie ,les anglais bloquent le transport de la canne à sucrecanne à sucre (2) provenant des Antilles  ….( Les français sont comme en hypoglycémie lol ) ..L’empereur demande alors aux meilleurs chimistes du pays de trouver une alternative …. » Euréka »  ! lol …Début janvier 1811 , un industriel nommé Benjamin Delessert Résultat d’images pour Benjamin Delessertlui présente le  » pain de sucre  »  pain de sucrefabriqué à partir de betterave . Ces pains sont parfait pour Napoléon qui en décroche sa propre légion d’honneur de sa poitrine pour l’épingler sur celle du  » héros du jour  » ….A la fin du règne de napoléon , 213 usines produisent du sucre raffiné ( la France serait toujours le premier producteur mondial  de sucre de betterave ! ? )

5 ) La baguette de pain :

Le  » fameux  » cliché du français avec la baguette Résultat d’images pour images baguette de pain sous le bras n’existerait peut-être pas sans Napoléon ! Là encore , il sagit d’une  » affaire  » militaire  

 

La  » Vache qui rit  »

La vache qui rit

Un  » premier de cordée  » au cœur du Jura…..

 » 100 % des Français ont mangé, mangent ou mangeront de La vache qui rit  », dit un slogan publicitaire. Et c’est vrai, pas seulement en France ! Qui n’en a pas mangé au moins une fois, ne serait-ce qu’à la cantine ?

  L’emblématique vache rouge hilare aux boucles d’oreilles est un bel exemple d’une réussite à la française, une histoire dans l’Histoire……

La vache qui rit est commercialisée dans 136 pays. Ouest France, DR

Des origines jurassiennes à la  »Wachkyrie  »

Tout aurait commencé dans les montagnes du Jura, en 1865, à Orgelet, près de la frontière suisse, Jules Bel (23 ans) fait l’acquisition de caves pour y débuter son activité d’affinage.

Léon Bel (1878-1957), directeur de la maison et inventeur de « La vache qui rit ». DREn 1897,  il transmet à ses deux fils, Henry et Léon, une entreprise florissante. Les nouveaux patrons installent leur atelier à Lons-le-Saunier.

  Mais quand éclate la Première Guerre mondiale, Léon (35 ans) est mobilisé et affecté au ravitaillement.

Dans son escouade, les camions de ravitaillement en viande fraîche sont ornés d’un dessin offert par un illustrateur célèbre de l’époque, Benjamin Rabier, spécialiste des animaux humoristiques. Il représente une vache hilare ( » La vache qui rit  ») dénommée  » La Wachkyrie  » ! Il s’agit d’un jeu de mots qui rappelle le surnom donné aux combattants d’en face, les  » Walkyries  », en référence à d’anciennes divinités germaniques.

La Wachkyrie, dessin de Benjamin Rabier sur les camions de ravitaillement en viande de la Grande Guerre.

Les frères Graf, la recette du fromage fondu :

Une fois la guerre finie, Léon rentre à Lons-le-Saunier pour reprendre la direction de l’entreprise familiale. Il rencontre alors deux Suisses, les frères Graf, qui ont développé à Dole une invention explosive : le fromage fondu.

Les trois premières années, « La vache qui rit » est commercialisée en boîte de conserve. DRLeur technique permet au fromage de se conserver à température ambiante longtemps après que la meule a été entamée. C’est un atout décisif pour la commercialisation même si les qualités gustatives du produit s’en ressentent..

Léon Bel peut de cette façon commercialiser les invendus de la guerre et exporter sa production au delà des frontières, dans les colonies et en Amérique.

Léon Bel n’a pas oublié la Wachkyrie de Benjamin Rabier. Il s’en inspire pour décorer ses boîtes de fromage fondu d’une vache hilare à quatre pattes sur un fond rouge. En 1921,  » La vache qui rit  » est née.

Benjamin Rabier, à nouveau sollicité, soumet plusieurs ébauches de tête de vache. Anne-Marie, épouse de Léon, ajoute son grain de sel en suggérant d’ajouter à la vache des boucles d’oreilles avec la désormais célèbre  » mise en abyme  » (les boucles d’oreille montrent une boîte qui elle-même montre une boîte qui elle-même…).

La même année, en 1924, Bel délaisse la conserve pour des portions individuelles en papier d’étain.

   Dans les années 30, La vache qui rit est un produit bien installé… Nombreux sont les fromagers à vouloir le copier. L’exemple le plus connu est  » La vache sérieuse !?  » commercialisée en 1926, également vendue en portions.

« La vache sérieuse » à été produit par la société Grosjean de 1926 à 1955. DR

La guerres, années de  » vache maigre  » :

   En 1939, la guerre met de nouveau un coup d’arrêt à cet élan. Les ventes diminuent et le rationnement oblige à réduire le taux de matière grasse. Autre bouleversement pour l’entreprise, en 1941, Léon Bel cède sa place à son gendre Robert Fievet (qui restera à la tête de l’entreprise jusqu’en 1996).

   Après la guerre, le groupe familial repart à la conquête du monde. Son produit phare s’est adapté pour traverser les époques et les continents. Et c’est peut-être pour ça que près de 100 ans plus tard, avec treize mille salariés dans le monde (2018) et des résultats à faire pâlir d’envie  » les jeunes pousses de l’internet  » ?

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Jules Bel (1842-1904), fondateur de la maison Bel. DR ( Jules Bel )Léon Bel (1878-1957), directeur de la maison et inventeur de « La vache qui rit ». DR ( Léon Bel )

Benjamin Rabier, l’illustrateur à part

   Né en 1864 à la Roche-sur-Yon, en Vendée, Benjamin Rabier était un artiste et une personnalité hors du commun. Extrêmement généreux, il avait pour habitude d’offrir ses dessins et se souciait peu de la valeur de ses œuvres. Á tel point qu’il y eu parfois des conflits de propriété intellectuelle car il avait donné les mêmes dessins à différentes entreprises.

Benjamin Rabier (1864-1939) dessinateur de La vache qui rit. DR B.Rabier

Avant même de commencer sa carrière de dessinateur, il remporta à l’âge de quinze ans le Prix de dessin de la Ville de Paris.

    Le facétieux illustrateur aimait faire rire les animaux en leur prêtant des expressions humaines, notamment dans des albums pour enfants dont le personnage le plus célèbre est Gédéon.

Il illustra les Fables de La Fontaine, travailla pour la presse, créa des carte postales, des images scolaires, des pièces de théâtre et des films d’animation en parallèle de son activité de fonctionnaire.

Dans la publicité aussi, il laissa des personnages désormais célèbres comme La vache qui rit, mais aussi  » La Baleine  » (marque de sel) ou  » Le Chat  » (marque de savon).

     Autre héritage notable, son Tintin-Lutin a inspiré Hergé dans les années 20 pour la création des aventures de Tintin et Milou.

 

L’idée circule que Benjamin Rabier et Léon Bel se sont connus pendant la guerre. En réalité, Rabier, trop âgé, n’a pas combattu. Mais une chose est sûre, son dessin sur les camions de ravitaillement en viande fraîche a connu une certaine notoriété et n’a pas échappé à Léon Bel.

graaf

afficherabier  ( affiche pub par Barbier )

La vache qui rit à la pointe

La portion individuelle, format toujours utilisé aujourd’hui, permet une conservation plus longue de la crème de fromage. Le succès est au rendez-vous et les commandes s’accélèrent.

Dans les années 20, l'entreprise bel est à la pointe de la modernité. DRPour faire face à la demande, Bel modernise son équipement notamment avec des machines afin de mécaniser l’emballage en triangle. L’entreprise quitte l’atelier historique pour une usine flambant neuve en 1926.

  Sa production est multipliée par dix : des 12 000 boîtes quotidiennes, on passe à 120 000 boîtes de crème de gruyère soit 120 tonnes de fromage fondu produits par jour. Un système de succursales et d’entrepôts est mis en place pour répondre à la demande plus rapidement que ne le permettent les moyens de transport de l’époque.

  Dans les années 30, La vache qui rit est un produit bien installé. Le groupe devient le premier employeur de Lons-le-Saunier. Une usine de fabrication est implantée en Angleterre en 1929 et une autre ouvre ses portes en Belgique en 1933. Ces deux nouvelles portes d’accès vers l’Afrique finissent d’asseoir le succès des petites portions facilement conservables même dans les pays chauds.

  Le groupe Bel travaille à d’autres produits comme le Babybel, conçu pour faire concurrence au Port Salut. Ne comptant pas s’arrêter là, il se lance dans l’une des plus ambitieuses campagnes de communication de l’époque.

Avec le succès de la « La vache qui rit », Bel devient le principal employeur de la région. DR

Le pari de la publicité…..

     Dans les années 20, la publicité de masse telle que nous la connaissons n’en était qu’à ses balbutiements. On avait tendance à croire que si le produit était bon, il se vendrait tout seul. C’était vrai en local mais ça ne l’était plus à l’échelle nationale ou internationale qu’offraient les nouveaux transports. Léon Bel en est conscient. Dès l’ouverture de sa nouvelle usine, il se dote d’un bureau de la publicité avec un budget annuel équivalent à celui de la construction de son usine. Il n’est pas le seul dans ce cas. D’autres marques prestigieuses, comme LU, Michelin, Peugeot ou Citroën multiplient comme lui les campagnes publicitaires.

  Pour tirer son épingle du jeu, Bel innove. Il y a bien sûr les publicités à la radio, dans les magazines, chez les commerçants mais aussi des jeux-concours avec des vignettes qui permettent de gagner de très beaux cadeaux comme des appareils photo ou des radios.     

    L’entreprise comprend l’importance de soigner aussi les petits consommateurs en éditant des buvards ou des protège-cahiers.

    En 1933, sur le Tour de France, Bel lance une campagne de » sponsoring  » sportif et distribue aux spectateurs échantillons et cadeaux. Des représentants se rendent chez les détaillants dans des voitures floquées. Ils distribuent des objets dérivés pour promouvoir la marque comme des affiches, plaques émaillées, présentoirs.

A partir des années 20, Bel redouble d'ingéniosité pour faire sa publicité. DR

La guerre, années de  » vache  » maigre :

Robert Fievet (1908-2002) et son épouse Andrée Bel (1910-?). DREn 1939, la guerre met de nouveau un coup d’arrêt à cet élan. Les ventes diminuent et le rationnement oblige à réduire le taux de matière grasse. D’un produit contenant 40 % de matière grasse (sur produit total), La vache qui rit devient de plus en plus maigre à 30, puis 20, 10 %… progressivement jusqu’à 0 %. Á​ la fin, on n’est même pas sûr qu’il restait des produits laitiers.

   Un concurrent en profite pour lancer la rumeur que La vache qui rit serait une  » crème de rien, à base de croute de fromage et de restes  ».

    Autre bouleversement pour l’entreprise, en 1941, le mythique entrepreneur Léon Bel cède sa place à son gendre Robert Fievet (il restera à la tête de l’entreprise jusqu’en 1996 avant de passer le relais à son fils).

  En 1943, le siège social déménage à Suresnes, sa localisation actuelle, pour se rapprocher de Paris.

Après la guerre, les consommateurs attendent plus de matière grasse. DRAprès la guerre, on remet du gras dans le fromage, et même plus qu’avant ! Cela devient un bon argument de vente. La recette est retravaillée.

   Dans cette course à la matière grasse que se livrent les fromagers, La vache qui rit renaît en 1955 et la crème de gruyère devient un  » fromage pour tartines  » tel que le précise l’appellation sur la boîte.

   On fait des mélanges pour la rendre plus onctueuse, avec de l’emmental, de la mimolette et de l’edam, la plupart produits par Bel. On va jusqu’à ajouter du beurre pour atteindre 50 % de matière grasse.

« La vachesérieuse » à été produit par la société Grosjean de 1926 à 1955. DR
La vache qui rit fait des envieux

   Nombreux sont les fromagers à avoir voulu copier La vache qui rit. L’exemple le plus connu est  »La vache sérieuse  » commercialisée en 1926, également vendue en portions, qui se voulait un » pied de nez  » à la célèbre vache rouge.  » Le rire est le propre de l’homme ! Le sérieux celui de la vache ! La vache sérieuse. On la trouve dans les maisons sérieuses ».

 » La vache qui rit  » rit jaune et va jusqu’à attaquer en justice  » La vache sérieuse  » qui perd le procès en 1955 pour contrefaçon. La malheureuse est contrainte à changer de nom. Bien d’autres tentatives de copies se sont succédées comme  » La vache qui lit  »,  » Le veau qui pleure  », La vache coquette  »,  »La belle vache  »,  » La vache savante » ,  »La vache du Jura  »… Sans que jamais aucune ne parvienne à détrôner La vache qui rit. Néanmoins la bataille est rude. Au début de son histoire, en 1923, La vache qui rit elle-même a été condamnée à verser des dommages et intérêts à la marque « La vache rouge » déposé par la société Vercasson.

Des consommateurs du monde entier, les Marocains et les Algériens sont les fans absolus de « La vache qui rit ». DR

À la conquête du marché international….

   La vache qui rit conquiert véritablement le monde à partir des années 60 en s’adaptant dans chaque pays au goût des consommateurs. Les recettes de base sont différentes. La vache qui rit se consomme nature en France mais affiche des variantes très diverses dans les autres pays : poulet, barbecue, fraise etc. Le fabriquant ajoute aussi, au besoin, calcium, zinc, fer

   Aux États-Unis, dans les années 2000, un livre à succès a conseillé aux Américaines de manger de La vache qui rit dans le cadre d’un régime. Depuis, La vache qui rit y est réputée pour être un produit diététique qui existe en version ultra light à 2 % de matière grasse.

Les goûts et la perception du produit varie selon les pays mais la vache reste. DR    Pour s’adapter toujours plus aux marchés étrangers, le nom La vache qui rit est traduit dans la langue du pays de commercialisation afin de conserver le trait d’humour. Lorsque nécessaire, le petit fromage triangulaire a su faire oublier ses origines françaises.

  Selon une étude menée au Maroc, l’un de ses principaux marchés, 80 % des personnes interrogées pensent que La vache qui rit est un produit marocain. Á l’inverse, parfois, le fromage emblématique de Bel revendique ses origines nationales.

En 1966, le Kiri voit le jour inspiré de la recette de La recette de « La vache qui rit » DRDans les dernières décennies, on a constaté en effet que, par endroits, le nom traduit n’est plus qu’une forme de sous-titre. Au Japon par exemple, être un produit français est un plus. Il y a un drapeau français ajouté sur la boîte  ! et il est important que le produit soit importé depuis la France.

   Quoiqu’il en soit aujourd’hui, La vache qui rit est, selon le site internet de son fabriquant, commercialisé dans 136 pays dont L’Algérie et le Maroc où se trouvent ses plus fervents consommateurs. Elle est produite dans quinze usines à travers le monde à raison de 121 portions par seconde (plusieurs milliards par an), ce qui en fait le quatrième fromage le plus vendu.

   La vache rouge qui a fait le succès de Bel, entreprise restée familiale, a permis au groupe de prospérer et de posséder plus de trente marques différentes, parmi lesquels Apéricubes, Babybel, ou encore Leerdammer, Boursin et Port Salut rachetés dans les années 2000, mais aussi le célèbre Kiri (1966) semblable à sa grande sœur mais à base de fromage frais.

    La vache qui rit n’a plus grand chose à voir avec la crème de gruyère des années 20 mais a su s’adapter pour traverser les époques. Et c’est peut-être pour ça que près de 100 ans plus tard, avec treize mille salariés dans le monde (2018) et des résultats à faire pâlir d’envie les jeunes pousses de l’internet, La vache qui rit continue de rire.

La maison de  »La vache qui rit  »

À l’initiative de la petite-fille de Léon Bel, le siège historique du groupe, à Lons-le-Saunier, est devenu un musée et une attraction touristique de premier plan :  » La maison de La vache qui rit  ». Parcours découverte, expositions permanentes ou temporaires et objets de collection accueillent petits et grands….

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Petit complément :