çà s’est passé un 4 février ….

Il y a 120 ans ! …Le 4 /2/1900

A Neuilly-sur – Seine  naissait Monsieur Jacques Prévert Prevert.

Poète il nous a laissé des vers inoubliable (  » le cancre  » ,  » Les enfants qui s’aiment  » etc…..) . Scénariste aussi qui ne se souvient pas de  » Quai des Brumes  » ,  » Les enfants du Paradis  »……

Sans oublier de la chanson (  » les feuilles mortes  » entre autres  ) .

Libertaire et anticlérical ( ce qui ne peut que me plaire lol ) , il est mort le 11 avril 1977 à l’âge de 77 ans environ …….

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Quelques unes de ses poésies :

  L’enfance

dans le lointain de la jeunesse

l’adolescent la méprise et ne veut pas l’entendre

ce n’est plus moi dit-il

c’est un petit qui ne sait pas ce qu’il dit

mais le petit dit ce qu’il sait

même et surtout quand il se tait

L’adolescent grandit il n’a pas étouffé tous les cris
Il n’a effacé ni les rires ni les larmes…

Les éducateurs veulent le jeter dans le grand pareil au même il ne veut pas penser au pas il ne veut pas rêver à la baguette…

il veut l’enfance.

Le cancre : (vidéo )

Les enfants qui s’aiment :

Les enfants qui s’aiment
S’embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent
Les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

 

Les feuilles mortes:

Oh!
Je voudrais tant que tu te souviennes

des jours heureux où nous étions amis

En ce temps-là la vie était plus belle

et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Tu vois je n’ai pas oublié

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

les souvenirs et les regrets aussi

et le vent du nord les emporte

dans la nuit froide de l’oubli

Tu vois je n’ai pas oublié

la chanson que tu me chantais

C’est une chanson qui nous ressemble

Toi tu m’aimais

et je t’aimais

Et nous vivions tous deux ensemble

toi qui m’aimais

et que j’aimais

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment

tout doucement

sans faire de bruit

et la mer efface sur le sable

les pas des amants désunis

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

les souvenirs et les regrets aussi

Mais mon amour silencieux et fidèle

sourit toujours et remercie la vie

Je t’aimais tant tu étais si jolie

Comment veux-tu que je t’oublie

En ce temps-là la vie était plus belle

et le soleil plus brûlant qu’ aujourd’hui

Tu étais ma plus douce amie…

Mais je n’ai que faire des regrets

Et la chanson que tu chantais

toujours toujours je l’entendrai

C’est une chanson qui nous ressemble
Toi tu m’aimais et je t’aimais

Et nous vivions tous deux ensemble toi qui m’aimais que j’aimais

lais la vie sépare ceux qui s’aiment

tout doucement

sans faire de bruit

et la mer efface sur le sable

les pas des amants désunis.

etc……( beaucoup ont été mis en musique ) :

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‘ les enfants du paradis  » extraits vidéo 

 

Prévert :

Prévert

 

LE TEMPS PERDU

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?

LES ENFANTS QUI S’ AIMENT

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

 » L’effort humain « 

Texte de Prévert dit par S.Reggiani 

Le texte :
L’effort humain
n’est pas ce beau jeune homme souriant
debout sur sa jambe de plâtre
ou de pierre
et donnant grâce aux puérils artifices du statuaire
l’imbécile illusion
de la joie de la danse et de la jubilation
évoquant avec l’autre jambe en l’air
la douceur du retour à la maison
Non
l’effort humain ne porte pas un petit enfant sur l’épaule droite
un autre sur la tête
et un troisième sur l’épaule gauche
avec les outils en bandoulière
et la jeune femme heureuse accrochée à son bras
L’effort humain porte un bandage herniaire
et les cicatrices des combats
livrés par la classe ouvrière
contre un monde absurde et sans lois
L’effort humain n’a pas de vraie maison
il sent l’odeur de son travail
et il est touché aux poumons
son salaire est maigre
ses enfants aussi
il travaille comme un nègre
et le nègre travaille comme lui
L’effort humain n’a pas de savoir-vivre
l’effort humain n’a pas l’âge de raison
l’effort humain a l’âge des casernes
l’âge des bagnes et des prisons
l’âge des églises et des usines
l’âge des canons
et lui qui a planté partout toutes les vignes
et accordé tous les violons
il se nourrit de mauvais rêves
et il se saoule avec le mauvais vin de la résignation
et comme un grand écureuil ivre
sans arrêt il tourne en rond
dans un univers hostile
poussiéreux et bas de plafond
et il forge sans cesse la chaîne
la terrifiante chaîne où tout s’enchaîne
la misère le profit le travail la tuerie
la tristesse le malheur l’insomnie et l’ennui
la terrifiante chaîne d’or
de charbon de fer et d’acier
de mâchefer et de poussier
passée autour du cou
d’un monde désemparé
la misérable chaîne
où viennent s’accrocher
les breloques divines
les reliques sacrées
les croix d’honneur les croix gammées
les ouistitis porte-bonheur
les médailles des vieux serviteurs
les colifichets du malheur
et la grande pièce de musée
le grand portrait équestre
le grand portrait en pied
le grand portrait de face de profil à cloche-pied
le grand portrait doré
le grand portrait du grand divinateur
le grand portrait du grand empereur
le grand portrait du grand penseur
du grand sauteur
du grand moralisateur
du digne et triste farceur
la tête du grand emmerdeur
la tête de l’agressif pacificateur
la tête policière du grand libérateur
la tête d’Adolf Hitler
la tête de monsieur Thiers
la tête du dictateur
la tête du fusilleur
de n’importe quel pays
de n’importe quelle couleur
la tête odieuse
la tête malheureuse
la tête à claques
la tête à massacre
la tête de la peur.

J. Prévert ..

Dimanche est là ……..

Depuis 5 heures déjà ! Et moi au lit je m’en vais , dimanche longtemps je dormirais

Entre les rangées d’arbres de l’avenue des Gobelins
Une statue de marbre me conduit par la main
Aujourd’hui c’est dimanche les cinémas sont pleins
Les oiseaux dans les branches regardent les humains
Et la statue m’embrasse mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.
                                    Jacques Prévert  ( 1900 – 1977 )

L’Amour est prison ? Non !!!!!!

POUR TOI MON AMOUR

Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j’ai acheté des oiseaux
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j’ai acheté des fleurs
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j’ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
mon amour
Et puis je suis allé au marché aux esclaves
Et je t’ai cherchée
Mais je ne t’ai pas trouvée
mon amour

 

J.Prévert

Le mariage ?????Peut-être……

Dans quelques jours : La rentrée des classes…..


Page d’écriture….

Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Répétez! dit le maitre
Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Mais voilà l’oiseau lyre
Qui passe dans le ciel
L’enfant le voit
L’enfant l’entend
L’enfant l’appelle:
Sauve-moi
Joue avec moi
Oiseau!
Alors l’oiseau descend
Et joue avec l’enfant
Deux et deux quatre…
Répétez! dit le maitre
Et l’enfant joue
L’oiseau joue avec lui…
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Et seize et seize qu’est-ce qu’ils font?
Ils ne font rien seize et seize
Et surtout pas trente-deux
De toute façon
Et ils s’en vont.
Et l’enfant a caché l’oiseau
Dans son pupitre
Et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent sa musique
et huit et huit à leur tour s’en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un et un s’en vont également.
Et l’oiseau lyre joue
Et l’enfant chante
Et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants écoutent la musique
Et les murs de la classe
S’écroulent tranquillement.
Et les vitres redeviennent sable
L’encre redevient eau
Les pupitres redeviennent arbres
La craie redevient falaise
Le porte-plume redevient oiseau.

Jacques Prévert (« Paroles »)

salle de classe : Enfant de l'école avec l'enseignant en salle de classe.

En attendant le printemps

Chef d’oeuvre ?

 

Ils sont troisA l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le soir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes réssucitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert

Les enfants l’ont pris….

Prévert l’a décrit:

En sortant de l’école

En sortant de l’école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré

Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés

Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires
des cinq doigts de la main
tournant ma manivelle
d’un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins

Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la Terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l’hiver
qui voulait l’attraper

Mais nous sur notre chemin de fer
on s’est mis à rouler
rouler derrière l’hiver
et on l’a écrasé
et la maison s’est arrêtée
et le printemps nous a salués

C’était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie du chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer…

Jacques Prévert

Et lui  (Daniel Chifman) l’ a chanté d’une autre façon….    Le chemin de l’école est le chemin de la vie ?

Parceque c’est la rentrée des classes

Je voulais écrire quelque chose à cette occasion  car beaucoup de souvenirs me sont revenus ( l’arrivée à l’internat la première fois par exemple ) , mais le courage ou l’inspiration me manque  alors…..

Je laisse la « place  » à Mr J.Prevert :

Le cancre

 

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Photo de J.Doisneau