C’était il y a environ 127 ans ….

17 août 1893

Émeutes à Aigues-Mortes :

       A la fin du XIXe siècle, la France qui  » stagne  » du point de vue démographique commence à faire appel à une immigration européenne pour les besoins de l’industrie naissante. Cette immigration ne bénéficie d’aucune sollicitude ni aide sociale et il arrive que les nouveaux-venus entrent en conflit avec des nationaux.

     Le cas le plus dramatique concerne des saisonniers piémontais employés dans les marais salants d’Aigues-Mortes par la Compagnie des Salins du Midi. Une dizaine au moins sont tués dans un affrontement avec des travailleurs locaux le 17 août 1893. Tous les meurtriers seront acquittés.

Le massacre des saliniers italiens d'Aigues-Mortes le 17 août 1893 (gravure du Petit Journal)

Une rivalité plus sociale que nationale

La compagnie emploie au total 800 ouvriers. Elle a constitué une dizaine de  » colles  » ou brigades au sein desquelles les Italiens sont associés à des  » trimards  », vagabonds, repris de justice ou chômeurs recrutés pour la saison, beaucoup moins aguerris au dur travail du sel.

    Les premiers, payés au rendement, reprochent aux seconds, payés à la journée, de casser les cadences et de n’être pas capables de pousser les brouettes d’une centaine de kilos. Les seconds leur reprochent de leur voler leur travail et de tirer les salaires vers le bas. 

   Il s’ensuit des rixes qui débutent le mardi 16 août 1893 sur la saline de Fangouse par une dispute banale. Elles dégénèrent à l’heure du déjeuner et les Italiens, en supériorité numérique (200 contre 100) sortent les couteaux. Ils blessent assez légèrement quatre  » trimards  ».

 La venue du juge de paix et de trois gendarmes ramène le calme. Mais des  » trimards  » s’enfuient vers Aigues-Mortes et rameutent la population.  Une foule précédée d’un drapeau rouge entreprend la chasse aux Italiens dans toute la ville. Poursuivis par 250 ouvriers français, un groupe d’Italiens se réfugie dans une boulangerie avec l’aide de deux douaniers, de deux adjoints municipaux et d’un abbé.

La municipalité réclame des renforts. Un détachement de cinquante cavaliers du 163e de ligne et plusieurs brigades de gendarmerie sont dépêchés sur place en soirée par train spécial pour maintenir l’ordre.

 En attendant, le préfet et le procureur de la République suggèrent de faire évacuer les Italiens de la boulangerie et les autres vers la gare en vue de les renvoyer chez eux ! Encore faut-il y arriver ! C’est le cas de seulement 23 Italiens.

 Le lendemain, 17 août, les émeutes reprennent et débouchent sur un véritable pogrom aux cris de :  »Mort aux Christos !  » (Mort aux chrétiens !). La foule marche sur la saline de Peccais où 300 Italiens se disposent à partir à la gare sous la protection des gendarmes.

Cette fois, des manifestants sortent des fusils. Les gendarmes sont impuissants face à la multitude. Tout juste arrivent-ils à mettre une cinquantaine d’Italiens à l’abri dans la tour de Constance. Les autres Italiens subissent l’agression de la foule. Dix sont tués et plusieurs dizaines blessés avant que la gendarmerie ait pu intervenir.

     Aussitôt, le maire d’Aigues-Mortes annonce que  » tout travail est retiré par la Compagnie aux sujets de nationalité italienne et que dès demain les divers chantiers s’ouvriront pour les ouvriers qui se présenteront  ». La proclamation n’a d’autre effet que de raviver la colère de la foule qui se dirige cette fois vers la saline du Perrier. Et ce sont à nouveau des violences. 

Le soir enfin, un détachement d’artilleurs arrive à libérer et évacuer les derniers Italiens. 

   La presse parisienne, dont Le Figaro, attribuent l’origine des troubles à des provocations venant des Italiens! La presse italienne s’indigne à juste titre de ce drame et réclame des sanctions exemplaires… Tout juste obtient-elle la démission du maire d’Aigues-Mortes.

 Finalement, le 30 décembre 1893, le procès, aux assises de Charente, se conclut sur l’acquittement de tous les prévenus… Cette sentence indigne va contribuer à la colère de l’anarchiste Caserio Casério, un émigré italien de Sète qui va tuer le président Sadi CarnotRésultat d’images pour marie françois sadi carnot  le 24 juin 1894.

N.B : Les émeutes d’Aigues-Mortes relèvent davantage d’un drame social que de la xénophobie. Les voyous provençaux qui ont agressé les Italiens ne devaient pas mieux parler français que leurs victimes. Et ils auraient peut-être agi de la même façon avec des travailleurs bretons ou normands.

Pourquoi parler japonais limiterait la propagation du Covid-19 ?

japon langue   Avec moins de 1000 décès dû au coronavirus, le Japon a été beaucoup moins touché par l’épidémie. Les caractères propres de la langue japonais, ajoutés à d’autres facteurs, expliqueraient en partie ce faible bilan.

Une faible propagation due en partie à la langue? !

   Nous savons que le coronavirus se transmet surtout par des gouttelettes infectées, projetées par les personnes contaminées. Or, la puissance de la transmission dépend en partie de la force de l’expulsion.

   À cet égard, la langue japonaise ne conduit guère ses locuteurs à expulser des sons. Elle en contient peu qui soient comparables à des consonnes comme b, d ou p, dont la prononciation force à exhaler les sons. Et les gouttelettes infectées dans le même mouvement.

  De même, cette langue présente surtout des phonèmes doux. Peu exubérants par nature, les Japonais ont en plus tendance à parler assez bas. Cette façon de s’exprimer, souvent discrète, a aussi joué un rôle dans la faible propagation de la maladie.

Les autres raisons :

    D’autres causes, qui tiennent à la culture japonaise, expliquent la faible circulation du virus dans le pays. En premier lieu, les Japonais ont l’habitude de porter des masques. Plus encore à l’époque du confinement, qui a coïncidé avec la période du rhume des foins.

   Cette pratique s’inscrit dans le respect général des règles d’hygiène. C’est ainsi que les enfants apprennent très tôt à se laver les mains plusieurs fois dans la journée.

  Par ailleurs, les Japonais n’ont guère l’habitude de se toucher. Ils ne s’abordent pas en s’embrassant ou en se serrant la main. Pour se saluer, ils préfèrent incliner la tête ou faire des courbettes ritualisées salut_japonais. Enfin, les Japonais ne se reçoivent pas beaucoup les uns chez les autres.

  À ces coutumes, il faut ajouter une fermeture précoce des frontières et la possible immunité acquise au contact d’autres virus circulant en Asie. Il faut également noter que, grâce à leurs habitudes alimentaires, les Japonais sont moins confrontés à l’obésité que d’autres populations.

    De ce fait, ils développent moins souvent un diabète considéré, dans le cas du coronavirus, comme un important facteur de risque.

Pourquoi vend-on certains produits par 6 ou 12 ?

   Il existe un certains nombre de produits vendus ni en vrac ni à l’unité, mais en nombre prédéfini. C’est le cas par exemple des oeufs  oeufs, des huîtres et des yaourts  yaourts… Même s’il est bien sûr possible d’en acheter un exemplaire, la plupart du temps ils sont proposés par lot de 6 ou 12.

Cette pratique remonterait au Moyen Age.!!!

En effet c’est à cette époque que les commerçants se mirent à proposer certains de leurs produits par 12 ou par des multiples de 12. En tous cas donc, à utiliser le chiffre 12 comme base de calcul.

  Pourquoi 12 ? Tout simplement parce que cela correspond au nombre de phalanges sur une main qu’il est possible de compter en utilisant son pouce. Il y a en effet 12 phalanges sur les 4 doigts restants.12 phalanges

  Ainsi même quand l’autre main est occupée, par exemple pour chercher la monnaie ou se saisir de la marchandise, le commerçant peut poursuivre sereinement son calcul.

   D’autre part , le chiffre 12 peut être aisément divisé par 6, 4, 3 et 2. La main libre faisait donc office de  »boulier naturel » pour le vendeur.

   Cette tradition a traversé les siècles alors que des moyens de compter infiniment plus sophistiqués sont aujourd’hui à notre disposition.

Il est né le 15 juillet 1914 :

  Je verrais pour approfondir et compléter le billet ce soir : Là  out off order l’ermite ! klik 

   cela fait donc environ 106 ans . 

   Mais de quoi sagit il ?  Et bien de Résultat d’images pour illustrations feuilles d'impôt sur le revenu!!!! L’impôt sur le revenu ….

Ce jour là , le Sénat adopte la création de l’impôt  » progressif sur l’ensemble des revenus  » ceci après……60 ans de débats ! 

Par exemple, en 1896 , un projet d’impôt  sur le revenu adopté par la Chambre avait provoqué ,suscité un vote hostile du Sénat …Mais cette fois, le contexte est différent : Les contribuables doivent mettre la main au portefeuille pour financer la Première Guerre mondiale !! Mais…..le conflit terminé , l’impôt , lui est resté !

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( pratiquement copier sur le  Net ! )

 

       Avant la création de la taille, impôt de répartition, le principe d’un impôt de quotité frappant les revenus de l’ensemble des sujets du royaume avait été retenu.

          L’impôt du vingtième et la dîme saladine furent ainsi levés au XII ème siècle, comme l’impôt du centième et du cinquantième au XIII ème. Ces impôts étaient techniquement très en avance sur leur temps. Ils exigeaient en effet une déclaration des contribuables (dîme saladine, cinquantième) et leur taux était fixé d’avance (impôt de quotité), progressif, même, dans le cas de l’impôt du cinquantième. Le pouvoir royal ne trouva malheureusement aucune administration apte à gérer de tels impôts.

   Plus tard, au XVIII ème siècle, des besoins financiers accrus, les défauts de la taille, conduisirent la Monarchie à tenter d’instituer des impôts universels sur les revenus et de réaliser quelques innovations techniques.

Dans son ouvrage, paru en 1701, Vauban préconise l’instauration d’une dîme royale, payable par tous.

En 1710, le contrôleur général des finances, Desmaretz, s’inspirant de la taille réelle, crée, pendant la guerre de succession d’Espagne, le dixième, qui deviendra l’impôt des vingtièmes en 1749. Impôt de quotité, le dixième cherche à frapper les revenus des propriétés déclarées. Pour la première fois apparut alors, de façon expérimentale, la déclaration des revenus.

Cette innovation fut étendue à la taille personnelle par le Duc de Noailles en 1716, sous la Régence. Il s’agissait d’assurer la proportionnalité de la charge fiscale aux facultés du taillable en établissant des règles clairement définies.

  Visant à établir plus d’équité entre les taillables des pays d’élections, la réforme du Duc de Noailles prévoyait une déclaration de revenus, reçue par les collecteurs chargés, en présence de commissaires nommés par l’intendant, de l’établissement des rôles. L’administration monarchique entendait ainsi disposer de documents écrits pour contrôler la répartition de l’impôt qu’elle ne souhaitait plus confier seulement à des collecteurs élus par leurs concitoyens.

La déclaration de revenus se généralise ensuite peu à peu jusqu’en 1789 avec plus ou moins de fortune selon la personnalité des intendants qui s’emploient à la promouvoir. Ces derniers pouvaient, à l’aide des déclarations de revenus, pratiquer une politique fiscale active, plus juste, en allégeant l’activité agricole (le physiocrate Bertin) ou l’activité industrielle et commerciale (Necker), en essayant d’exonérer les familles nombreuses et les veuves, d’ouvrir des déductions de charges pour n’imposer que le revenu net, de pratiquer la progressivité.

Les nouvelles techniques fiscales rencontrèrent l’opposition des cours souveraines, au premier rang desquelles les cours des Aides, qui y voyaient l’extension de l’absolutisme royal. Les cours préféraient le maintien d’une administration fiscale décentralisée, contrôlée par les magistrats et respectueuse des privilèges locaux conçus comme des libertés.

Alliés au cours souveraines dans leur résistance au développement et au perfectionnement de l’impôt, les contribuables taillables supportaient de moins en moins un système qui restait inégalitaire dans son principe. Plus la taille se perfectionnait et devenait équitable pour ceux-là seuls qui la payaient, plus elle leur paraissait inacceptable. Ce sentiment, qui s’exprime dans les Cahiers de doléances de 1789, devait conduire à la suppression de la fiscalité personnelle de l’Ancien Régime au profit d’une fiscalité réelle ignorant les individus.

Néanmoins, certains contribuables à l’esprit novateur avaient parfois conscience de l’utilité que pouvait représenter une déclaration de revenus afin de rendre l’impôt plus juste. Ne voit-on pas, par exemple, une petite paroisse des environs de Château-Thierry, Saulchery, répondre à un questionnaire répandu dans l’élection (1788) en ces termes : « Le meilleur moyen de répartition de l’impôt consisterait à obliger chaque particulier à faire une déclaration exacte de tout ce qu’il possède, faire une masse de tout et répartir la masse des impositions proportionnellement » ?

Les techniques de l’impôt personnel sur le revenu imaginées sous la Monarchie pourront plus tard être utiles à la justice républicaine lorsque réapparaîtra, en 1914, sous une forme plus universelle, l’impôt sur le revenu, impôt de solidarité entre les citoyens et non plus impôt inégalitaire comme au XVIII ème siècle. Entre temps, la Révolution aura élaboré le principe de l’égalité de tous les citoyens devant la loi, et l’impôt.


La création  :

A partir de 1848, des impôts directs sur le revenu sont institués ou proposés dans différents pays.

En France, sous la II ème République, le Ministre des Finances Garnier-Pagès parle d’instaurer un impôt sur le revenu « proportionnellement progressif ».

L’instauration du suffrage universel et les aspirations démocratiques du plus grand nombre vont conduire à rechercher davantage de justice fiscale alors que l’état de l’évolution financière, économique et sociale conduit à une remise en cause du système d’imposition.

Après 1870, le paiement des indemnités de guerre, l’augmentation des dépenses provoquées par la guerre et la Commune, accroissent les charges de l’Etat. Il faut trouver d’autres ressources et certains députés républicains pensent que c’est le moment opportun pour créer un impôt général sur le revenu tel que le proposait Gambetta. Thiers s’oppose énergiquement à ce projet « d’atroce impôt sur le revenu ». On préfère dans ce cas augmenter les taxes existantes puis établir, en 1872, un impôt sur le revenu des valeurs mobilières. Cet impôt, retenu à la source, qui n’atteint pas, en particulier, les rentes sur l’Etat et les fonds publics étrangers, est ajouté aux « quatre vieilles » pour former un système d’impôts dont l’avantage principal est d’éviter le plus possible les contacts entre les contribuables et le fisc.

Les  » quatre vieilles  » 

  – 1 ) La contribution foncière : est ‘ assise  » sur les biens fonciers. C’est la taille réelle des anciens pays d’États. Elle correspond aussi à l’ancienne taille de propriété des pays de taille personnelle. Seul le propriétaire est imposé sur la valeur locative de ses biens.
– 2 ) La contribution personnelle mobilière : est  » assise   »essentiellement sur le logement. La valeur du loyer de l’habitation du contribuable devait permettre une évaluation approximative de son revenu.
– 3) La patente  : est assise sur l‘industrie et le commerce. Elle n’atteint les revenus industriels et commerciaux qu’indirectement, par le biais du loyer, comme les autres contributions. Ainsi, par exemple, son tarif est fixé à deux ou trois sols par livre du loyer des boutiques, magasins ou ateliers (10 à 15 %).
–  4 ) L’impôt des portes et fenêtres est voté un peu plus tard (loi du 4 Frimaire an VII = 24 mars 1798) par le Directoire. L’impôt est fixé sans pénétrer dans les maisons, d’après les signes extérieurs de richesse de l’habitation. En ce sens, il fait figure d’impôt idéal, ne taxant que les objets réels visibles sans porter atteinte à la liberté du contribuable dont on ne cherche pas à connaître les revenus invisibles. Il est acquitté par l’occupant et non par le propriétaire .constituées d’un ensemble de taxes indiciaires commodes à asseoir et peu gênantes pour le contribuable puisque ne comportant ni déclaration ni inquisition, sont éloignées de la réalité des revenus. Elles demandent, pour être augmentées, une révision d’assiette. A titre d’exemple, on détermine, en 1887, que par rapport au revenu réel, les pourcentages des prélèvements peuvent varier de 0,15 à 42 % pour l’impôt foncier et de 1,6 à 37 % en ce qui concerne la contribution mobilière. Les inégalités sont très grandes. Aussi, il est difficile d’éviter à l’Etat de revoir son système fiscal. 

    La taxation des revenus mobiliers ouvre la voie à plus de 200 propositions, entre 1871 et 1909, visant à l’instauration d’un impôt sur le revenu. En 1876, Gambetta Résultat d’images pour Léon Gambettapropose l’institution d’un impôt proportionnel sur les revenus. Le ministre des finances Peytral Résultat d’images pour Paul Peytral dépose ensuite en 1889 un projet d’impôt sur le revenu, qui n’est pas discuté. A la suite des élections de 1893, favorables aux républicains progressistes, plusieurs initiatives parlementaires relatives à l’établissement de l’impôt sur le revenu voient le jour. Une commission extra-parlementaire chargée d’examiner le problème de l’imposition des revenus est également instituée qui conclut positivement sur les avantages sociaux des impôts sur le revenu, sans toutefois se prononcer sur leur établissement.

   En 1896, un projet d’impôt général sur le revenu, le projet Doumer  Doumer (Ministre des Finances), accepté par la Chambre, est retiré devant un vote hostile du Sénat.

     De 1894 à 1898, tous les ministres des finances (sauf Poincaré) déposent leur projet d’impôt sur le revenu. Dans les luttes politiques du moment, l’opposition entre partisans et adversaires de l’impôt sur le revenu occupe la plus grande place.

      Alors qu’il est ministre des finances du gouvernement du « bloc des gauches », Caillaux Caillauxdépose en 1900 un projet de « réforme des contributions directes ». Ce projet n’est pas adopté.

       De nouveau ministre des finances sous le ministère de Clémenceau, en 1906, après la victoire des radicaux aux élections, Caillaux dépose dès 1907 un autre projet qui juxtapose un impôt cédulaire sur les revenus et un impôt sur le revenu global, de caractère progressif. Clémenceau souhaite en effet réaliser des réformes sociales et politiques, telles que la journée de huit heures de travail et l’impôt sur le revenu. Il parvient à arracher à la Chambre, en mars 1909, le vote qui créé l’impôt sur le revenu. La conjoncture était favorable : la montée des tensions internationales, à partir de 1900, le réarmement indispensable du pays rendaient nécessaires des ressources supplémentaires. Le Sénat mettra près de cinq ans pour se prononcer et proposer un texte sensiblement différent. Son opposition ne sera surmontée qu’en raison des menaces de guerre qui pèsent sur le budget en 1913 et grâce à l’intervention de Caillaux. Au printemps 1914, radicaux-socialistes et socialistes reconstituent un « bloc des gauches ». Ils gagnent les élections. Leur programme est axé sur l’abolition de la Loi Barthou, qui a porté la durée du service militaire de deux à trois ans, et la création de l’impôt sur le revenu. Le Président de la République, Poincaré, appelle au gouvernement le socialiste indépendant Viviani. Ce dernier accepte de ne pas demander dans l’immédiat l’abrogation de la Loi de trois ans. En contrepartie, le Sénat adopte le 3 juillet l’impôt sur le revenu auquel il s’opposait depuis 1909.

A ce moment-là, il y a quatre jours que l’archiduc héritier d’Autriche a été assassiné à Sarajevo.

Contre l’Impôt sur le revenu

     Les opposants à l’impôt sur le revenu voient en lui une réincarnation de l’Ancien Régime. C’est le retour à l’inquisition fiscale de l’administration, « immoralité écrite en loi » selon Thiers.

   D’après eux, le projet d’impôt sur le revenu s’oppose aux principes d’égalité et de liberté de l’individu qui garantissent son anonymat par rapport au fisc. Ce projet risque d’attribuer aux agents des impôts chargés de l’évaluation du revenu global des contribuables des pouvoirs comparables à ceux des commissaires aux tailles des intendants du XVIII ème siècle et d’entraîner un arbitraire dangereux.

   Mais c’est surtout le principe de la progressivité de l’impôt qui est condamné parce que contraire à l’égalité des citoyens. La progressivité pénalise les riches, « épargne des millions de citoyens pour en accabler quelques milliers », (c’est ce que disait l’historien Marcel Marion à la fin du XIXème siècle). Elle est susceptible en cela de rétablir au bas de l’échelle sociale les privilèges supprimés en haut et de rompre ainsi avec l’esprit de 1789. En ce sens, une fiscalité réelle est préférée à la fiscalité personnelle puisqu’elle reflète imparfaitement les variations de revenu des contribuables et permet difficilement d’établir des tarifs progressifs.

     Rétablissement à l’envers des privilèges, l’impôt progressif est encore, pour ses détracteurs, l’instrument de la révolution sociale, « instrument admirable de confiscation et de nivellement des fortunes » suivant Méline (Président du Conseil en 1896).

   Enfin, l’impôt sur le revenu est néfaste pour l’économie, « aussi catastrophique que la révocation de l’Édit de Nantes » (selon l’économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu). Surtaxant les riches, il stérilise le capital et arrête le moteur de l’économie au contraire d’une fiscalité fixe et non progressive encourageant l’épargne, stimulant l’esprit d’entreprise. C’est ce que pensent Max Boucard et Gaston Jèze auteurs des « Éléments de la science des finances » (1902) : « L’impôt général progressif n’est pas seulement injuste et sans fondement rationnel, il est arbitraire. Sur quelle base fixera-t-on la progression ? Et cette progression, où s’arrêtera-t-elle ? Si on n’établit pas une limite, l’impôt finira par absorber la totalité des revenus et entamera le capital, restreignant l’épargne et la production, et forçant les capitaux à se cacher ou fuir ».


L’impôt sur le revenu : une revendication du parti radical

    Cette revendication figurait déjà dans le programme « radical » exposé par Gambetta à Belleville en 1869. Elle est plus particulièrement reprise par les radicaux-socialistes favorables aussi à l’intervention de l’Etat dans les rapports entre le capital et le travail et à quelques nationalisations.

  Soucieux de compenser les effets de la concentration croissante des moyens de production tout en respectant le régime de la propriété, les radicaux estiment que la pression sociale oblige à une réforme sous peine de révolution. Ils proposent de recourir à l’impôt personnel et progressif, mesure susceptible selon eux de désamorcer les tensions sociales sans modifier la structure de la société.

   Les radicaux, qui souhaitent un minimum d’égalité, pensent que la réforme de l’impôt permet de résoudre les grandes questions sociales. Ils rejoignent en cela Jaurès recommandant à la Chambre, en 1894, un impôt personnel et progressif en ces termes : « Dans une société où celui qui ne possède pas a tant de peine pour se défendre, tandis au contraire que celui qui possède de grands capitaux voit sa puissance se multiplier non pas en proportion de ces grands capitaux mais en progression de ces capitaux, l’impôt progressif vient corriger une sorte de progression automatique et terrible de la puissance croissante des grands capitaux ».


C’était en juillet….

  Il y a de  » petites histoires  » ( anecdotes ) ,historiques mais dont on n’a pratiquement jamais entendu parler , peut-être par ce qu’elles sont moins avouables que d’autres ….Comme , parait- il , le fait que le buste de Hitler a trôné trois fois sur le bureau du perchoir ( estrade réservé au président )  Résultat d’images pour images intérieur assemblée nationale avec '' perchoir '' de l’Assemblée Nationale ( même l’Assemblée nationale le rapporte sur son propre site !) : Selon ce site , le buste Résultat d’images pour buste d'hitler y a trôné trois fois  : La première fois en juillet 1940 , alors que le chef nazi s’exprimait à la radio depuis le palais Bourbon ( redécoré aux couleur du 3 ème Reich pour l’occasion ) , puis par deux fois lors de cérémonies commémoratives qui eurent lieu la même année ( 1940 ) . Ne reste qu’a espérer  que les services de nettoyage du Palais Bourbon ont un bon désinfectant ! 

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Bonnus :

çà s’est passé il y a environ….

Sans intérêt , ne nécessite pas de commentaire : Pour moi !

…..120 ans  : Le 10 /07 /1900 

 

   Le premier projet de chemin de fer dans Paris daterait  de 1855. Imaginé par Édouard Brame et Eugène Flachat Afficher l’image sourceil consistait en un chemin de fer souterrain, destiné à relier le centre de Paris à la périphérie et à assurer l’approvisionnement des Halles centrales. Il fut sur le point d’être mis à exécution mais, au dernier moment, des considérations relatives à l’effort énorme qui serait nécessaire pour arriver en définitive à un résultat d’ordre secondaire, firent arrêter les études et dès lors, on envisagea non seulement l’idée du transport des marchandises, mais aussi celle de la circulation d’un million de voyageurs par jour.

Dans les dernières années de l’Empire, l’Administration se préoccupait fort de l’achèvement des voies de communication de la capitale. Un projet de chemin de fer urbain avait été dressé par un groupe d’ingénieurs et la question allait peut-être entrer dans une phase définitive, lorsque éclata la guerre de 1870. Tout fut remis en question. Cependant, vers la fin de 1871, le 10 novembre, le Conseil général de la Seine invita le Préfet à faire étudier par une Commission spéciale un réseau de transport en commun par tramways et chemins de fer intérieurs. Cette Commission dut aussitôt examiner, en outre du projet  » Brame-Flachat  » ,  un certain nombre d’autres projets intéressants parmi lesquels   ceux de Le Hir, Le Masson, Vauthier, Le Tellier et Guerbigny.( pas trouvé de photos / images) 

Travaux de construction du métropolitain en 1899   <==Travaux de construction du métropolitain en 1899 (image du net ) 

  Suite à cet examen, la Commission formula les données essentielles d’un grand réseau intra-urbain ; elle posa en principe que le railway métropolitain devait être effectué dans les conditions générales des chemins de fer à voie normale. Elle donna quelques consignes , à titre d’indication :

1 ) Une ligne allant de la Bastille au Bois de Boulogne par les boulevards intérieurs, en passant par la place de l’Étoile .

2 )  Une ligne transversale nord-sud composée de trois sections : des Halles au chemin de fer de ceinture, rive droite ; du square Cluny à Montrouge par le boulevard Saint-Michel ; une ligne de jonction entre les précédentes.

 La commission ajourna à une époque ultérieure toute étude de lignes complémentaires. La traction devait être faite au moyen de locomotives ; les tunnels étaient prévus avec 4m50 de hauteur. Le préfet de la Seine fut invité à concéder le premier réseau à titre de chemin de fer d’intérêt local, mais aucune demande de concession ne se produisit. L’idée n’était pas assez mûre pour attirer les capitaux.

Le Conseil général ne renonça pas  et trois ans plus tard, le 22 novembre 1875, il vota des fonds pour l’étude d’un nouveau projet. En réponse à l’invitation du Conseil, le Préfet de la Seine présenta un projet de chemin de fer souterrain très différent de celui de 1872. Une gare centrale établie sous le Jardin du Palais-Royal dirigeait ses voies sur chacune des grandes gares. La concession en aurait été faite au Syndicat des cinq grandes Compagnies de chemins de fer. Pour l’exécution du projet, on demandait une subvention au Conseil général et une autre au Conseil municipal ; l’État aurait garanti l’excédent. Ce chemin de fer desservait bien les gares, mais il ne répondait pas du tout  aux besoins de la circulation parisienne. Le Conseil municipal refusa de discuter le projet ainsi établi ……..Une Commission spéciale nommée par ce même Conseil fut chargée d’étudier de nouveaux projets présentés par des particuliers. Parmi ces projets : Celui de Louis Heuzé, dont l’originalité consistait en ce qu’il parcourait, à 7 mètres au-dessus du sol, une voie de 13 mètres de largeur spécialement ouverte pour lui ; le viaduc formait passage couvert pour piétons.  » Il faut, disait Heuzé, créer des chemins de fer en élévation, dans une voie spéciale, percée exprès, par expropriation, avec passage couvert pour piétons, bordé de boutiques ou étalages dont la location s’ajoutera au revenu du trafic de la voie et du transport des voyageurs. Heuzé ajoutait :  » Le principe de la traversée ainsi faite est  » si avantageux à tous les points de vue que nous croyons ce mode de percement destiné à suppléer aux boulevards qui nous manquent encore.  » Le tracé qu’il proposait desservait les Halles, la mairie du premier arrondissement, les églises Saint-Sulpice, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Germain-L’auxerrois, Saint-Eustache, Bonne-Nouvelle et Saint-Laurent, la Monnaie, le théâtre du Gymnase, le Conservatoire de musique, le Palais de Justice et trois grandes gares.

Un autre projet soumis à la Commission, le plus remarquable de tous, fut celui de J. Chrétien. Il se rapprochait , par plusieurs points , du Métropolitain actuel : Il prévoyait la traction électrique avec  » force motrice produite par des machines  »magnéto-électriques Gramme  », lesquelles produisent de l’électricité. Cette électricité est conduite par des fils de cuivre tout le long de la voie et se trouve ainsi distribuée sur tous les points du parcours. Les voitures portent chacune une machine magnéto-électrique qui recueille l’électricité envoyée par les conducteurs et tourne à la vitesse que l’on veut avoir. Le mouvement ainsi obtenu est transmis aux roues du véhicule par un mécanisme approprié.  »

Le métropolitain parisien. Chromolithographie de 1930( illustration du net métro 1930 )

Au sujet des voitures, Chrétien disait :  » Elles doivent donner les plus grandes facilités pour l’entrée et la descente des voyageurs. Il ne doit y avoir qu’un seul marchepied peu élevé prolongeant jusque sur le quai le parquet de la voiture afin que l’entrée et la sortie puissent se faire facilement. Les portes doivent être très larges et l’intérieur des voitures bien visible du dehors, afin d’éviter autant que possible les pertes de temps… Tout le monde peut voir facilement les places libres, en passant devant un compartiment.  »  Le tracé comportait trois lignes dont la principale parcourait les boulevards intérieurs de la Madeleine à la Bastille et dont les deux autres suivaient l’une le boulevard Voltaire, l’autre le boulevard Haussmann et l’avenue Friedland avec gares terminus à la Madeleine, à la Bastille, à l’Arc de Triomphe et à l’ancienne barrière du Trône.

 Aucune de ces études n’était accompagnée d’une proposition de construire la voie projetée. Elles ne donnaient que des estimations de dépenses et de recettes montrant qu’un chemin de fer métropolitain pouvait être assez rémunérateur pour être exécuté sans subvention ni garantie d’intérêts. Pour s’informer  sur la question, le Conseil municipal décida, en 1876, d’envoyer à Londres quelques-uns de ses membres avec mission d’étudier sur place le fonctionnement du Métropolitain de cette ville. Après un examen approfondi des conditions dans lesquelles ce chemin de fer était construit et exploité, les délégués conclurent : 1: à la possibilité de doter Paris d’un railway analogue à celui de Londres ;

                                                                                                                                                        2: à la possibilité d’exécuter cette entreprise sans aucune subvention de la Ville ou de l’État, et même sans garantie d’intérêts.

Quelque temps plus tard fut promulguée la loi du 11 juin 1880 réservant aux communes la faculté de construire des chemins de fer d’intérêt local sur leur territoire : le Métropolitain passait par suite du Conseil général au Conseil municipal, et on put alors, croire que certaines difficultés seraient aplanies rapidement. Mais alors l’État intervint et voulut faire déclarer le Métropolitain de Paris d’intérêt général pour rester maître de la situation. Le Conseil résista et voulut retenir pour lui le projet.

C’est alors qu’une Société Buisson et Cie présenta un projet dressé par Soulié, ingénieur, et demanda la concession du chemin de fer métropolitain de Paris, sans subvention ni garantie d’intérêts. Le projet comprenait : 1) Une ligne allant de Saint-Cloud aux chemins de fer de Vincennes et de Lyon ; 2) Une ligne allant des Halles Centrales à la Chapelle ; 3 )Une ligne allant de la Bastille à la place de l’Étoile par la gare d’Orléans, la gare de Sceaux, la gare Montparnasse et le Trocadéro ; 4) Une ligne allant du square Cluny au pont de l’Alma ; 5 )Une ligne allant du carrefour de l’Observatoire à la place de l’Étoile, par la gare Montparnasse et le Trocadéro ; 6 ) Un raccordement entre les lignes 2 et 3, traversant la Seine à la pointe de la Cité.

 Ce projet fut retenu par le Conseil municipal de Paris. Le 10 février 1883 un arrêté préfectoral ouvrait la mise à l’enquête et nommait la commission prévue par la loi du 3 mars 1841. L’enquête fut close le 24 avril ; le 5 mai, le dossier était soumis au Conseil municipal qui l’approuvait le 4 juin suivant. De son côté, le Conseil général donnait le 14 juin 1883 un avis favorable et l’affaire était ensuite transmise au ministère des Travaux Publics pour introduction au Parlement et vote d’une loi d’autorisation.

    C’est alors qu’éclata le conflit dont la solution ne devait intervenir qu’en 1898. L’État,  ( comme dit précédemment, revendiquait le privilège de construction et d’exploitation du chemin de fer Métropolitain ; de son côté, le Conseil municipal tenait bon et émettait la prétention d’avoir son chemin de fer à lui. À la suite de la demande Buisson, le Ministre consulta le Conseil général des Ponts et Chaussées qui approuva le tracé en maintenant au réseau le caractère d’intérêt général. Le Conseil d’État, également consulté par le gouvernement et réuni en session plénière, affirma le caractère d’intérêt général du Métropolitain. En présence de ces deux avis favorable  ( que d’ailleurs il espérait tels ), le ministre mit fin au débat et retint l’entreprise pour le compte de l’État.

     En 1884. La Commission municipale du Métropolitain se rendit alors auprès du ministre pour protester contre cette décision. Il lui fut répondu que l’avis du Conseil d’État créait au gouvernement l’obligation de proposer aux Chambres l’attribution à l’État du chemin de fer projeté et que, par suite, le projet Buisson devait être considéré comme écarté, mais que cependant le tracé envisagé par le ministre correspondait à peu de chose près à celui du projet en question. Le 3 avril 1886, le ministre des Travaux publics, qui était alors Baïhaut, et le ministre des Finances, Sadi-CarnotRésultat d’images pour Sadi Carnot homme d'État , présentèrent à la Chambre un projet de Métropolitain se raccordant aux lignes des grandes Compagnies qui devait être concédé à Christophle, Gouverneur du Crédit foncier.

  Ce projet fut mis en discussion le 21 juillet 1887, mais fut repoussé, et jusqu’en 1893 aucun résultat ne put être obtenu malgré les efforts officiels et la pression de l’opinion. La Ville, propriétaire du sol sur lequel devait être établi le railway, était justement exigeante. Elle soutenait que le Métropolitain devait avoir pour unique but de satisfaire aux besoins de l’activité parisienne et que les raccordements des grandes lignes étaient une tout autre question qui devait rester nettement séparée de la première.

       Malgré  tout : L’avis du Conseil général des Ponts et Chaussées, malgré celui du Conseil d’État et les décisions de ministres qui passent, la Ville finit par obtenir gain de cause. La crainte de se retrouver, pendant l’Exposition universelle de 1900, aux prises avec l’insuffisance des moyens de transport qui avait été si durement ressentie pendant l’Exposition de 1889, décida le gouvernement à mettre fin au conflit.

Détail d'un édicule Guimard (modèle créé au début du XXe siècle) ornant l'accès de la station Abesses. À l'origine placé station Hôtel de Ville, il fut déplacé à la station Abesses en 1974

Détail d’un édicule Guimard  ornant l’accès de la station Abesses.
À l’origine placé station Hôtel de Ville, il fut déplacé à la station Abesses en 1974

 Le 22 novembre 1895, une dépêche du ministre des Travaux publics  »proclama » que la Ville aurait le droit d’assurer l’exécution à titre d’intérêt local des lignes destinées à la circulation urbaine. C’est l’avant-projet de réseau de  » chemin de fer urbain à traction électrique  » d’Edmond huet ( directeur des travaux de la ville de Paris ) et de Fulgence Bienvenüe ( ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ) qui avait été retenu.

Le Conseil municipal obtint bientôt le vote par les Chambres, le 30 mars 1898, d’une loi déclarant d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer métropolitain municipal, à traction électrique, comprenant les six lignes suivantes : 1) Ligne de la Porte de Vincennes à la Porte Dauphine ; 2) Ligne circulaire par les anciens boulevards extérieurs ; 3) Ligne de la Porte Maillot à Ménilmontant ; 4) Ligne de la Porte de Clignancourt à la Porte d’Orléans ; 5) Ligne du boulevard de Strasbourg au Pont d’Austerlitz ; 6) Ligne du Cours de Vincennes à la place d’Italie.

  La même loi prévoyait la concession éventuelle de deux autres lignes,  : 1) Ligne du Palais-Royal à la Place du Danube ; 2) Ligne d’Auteuil à l’Opéra par Grenelle.        Deux lois nouvelles en date du 22 avril 1902 et du 6 avril 1903 rendirent définitive la concession de ces deux lignes.

                                                 ______________________________________

C’était en juillet il y a….

  ( Etant donnée ma situation actuelle ,je voulais en savoir un peu plus sur l’Armée du salut : Je n’aime pas du tout le côté  » armée  » ni la face religieuse !!! )

….environ 155 ans ! Le 5 juillet 1865 exactement naissait  » l’armée du salut » Résultat d’images pour Armée du salut….Face à la détresse ouvrière et la misère de la classe ouvrière anglaise , le pasteur William Booth Résultat d’images pour william boothcrée la  » Mission chrétienne  » , baptisée  » armée du salut  » en 1878 . Sa devise à l’époque  » Soupe,savon,salut  » , est aujourd’hui  » secourir ,accompagner , reconstruire  »…L’organisation s’est donnée deux missions: Spirituelle et sociale …Installée en France depuis 1881 , elle y gère une cinquantaine d’établissements d’action sociale …

 

   Le message de l’Armée du salut se fonde sur la BibleSa mission consiste à annoncer l’Évangile de Jésus-Christ et à soulager, en son nom, sans aucune  distinction , les détresses humaines.

 » Tant que des femmes pleureront, je me battrai
Tant que des enfants auront faim et froid, je me battrai,
Tant qu’il y aura un alcoolique, je me battrai,
Tant qu’il y aura dans la rue une fille qui se vend, je me battrai,
Tant qu’il y aura des hommes en prison, et qui n’en sortent que pour y retourner, je me battrai,
Tant qu’il y aura un être humain privé de la lumière de Dieu, je me battrai,
Je me battrai,
Je me battrai,
Je me battrai.  »

William Booth ( 9 mai 1912 )

Histoire :

   En Angleterre, en pleine révolution industrielle, William Booth fonde la Mission chrétienne de l’Est de Londres le  pour propager la foi et lutter contre la pauvreté. Cette mission devient, le , l’Armée du salut. À cette époque, les foules ouvrières s’entassent dans les quartiers pauvres d’East End (à l’est de Londres) .

 Un peu comme  Karl Marx Résultat d’images pour Karl Marxqui y trouve les fondements de son idéologie révolutionnaire, matérialiste, athée et basée sur le principe des masses, W. Booth propose par contre ,un autre moyen de salut à  » ces populations qui vivent dans la misère.  » Pour lui, le progrès social, politique et économique devrait découler d’une profonde transformation intérieure de l’homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l’Évangile. William Booth sait cependant qu’avant de partager la promesse biblique, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. D’où la devise  : Soup, soap, salvation (Soupe, savon, salut).

   Depuis 1891, durant le mois de décembre, l’Armée du salut organise une collecte de fonds dans la rue, ce sont  » les Marmites de Noël  » .( La campagne des marmites de Noël est l’une des activités annuelles de financement de l’Armée du Salut. Pendant le temps des fêtes, le grand public est invité à déposer un don dans l’une des 2000 marmites réparties dans tout les pays, et ainsi permettre à l’Armée du Salut d’accomplir sa mission. Il est également possible de faire un don dans l’une des  marmites virtuelles .)….

   Membre à part entière de l’Église chrétienne, l’Armée du salut refuse de se laisser réduire au rang d’une simple institution charitable. C’est une approche globale en faveur de l’être humain, aimé de Dieu, que l’Armée du Salut développe au travers de ses actions. Ainsi son action sociale est une des expressions de l’amour de Dieu envers les hommes. C’est  » la foi en action  »

(  »Salutistes   » américaines à Ansauville (France) durant la Première Guerre mondiale, équipées de masques à gaz, en train de préparer des tartes pour les soldats ) …

Sa structure :

  Pour regrouper et mettre à l’œuvre les convertis qui le suivent, William Booth s’inspire du modèle militaire. Son organisation adopte vite une hiérarchie, une discipline, un drapeau , un uniforme, des règlements, un vocabulaire spécifique. Un général y coordonne l’action au niveau mondial et fixe les grandes orientations.          Depuis le , le général Brian Peddle Résultat d’images pour Brian Peddle exerce cette fonction.

      Dans chaque pays, l’Armée du salut est constituée sous forme de territoire . Un territoire salutiste peut regrouper plusieurs pays commandé par un officier supérieur depuis un quartier général territorial. Depuis l’origine, le quartier général international est basé à Londres.

L’officier de l’Armée du salut est ministre du culte. Son service est un apostolat. Homme ou femme, marié ou célibataire, il travaille à plein temps pour l’œuvre dans un ministère pastoral qui le conduit également à mettre en place des actions de secours envers les plus démunis … L’Armée du salut forme ses cadres au sein d’écoles militaires.!!!  Au cours d’un cycle de deux ans, les jeunes cadets suivent un enseignement essentiellement religieux. De même, elle utilise un grade pour définir l’ancienneté et les responsabilités de chaque officier.

Soldat!!!

    Le soldat, fort d’une expérience spirituelle fondée, fait le choix de l’Armée du salut comme Église. Il prend l’engagement personnel d’observer dans tous les domaines de sa vie les principes évangéliques. Dans la communauté salutiste, le soldat assume bénévolement sa part de travail en fonction de ses compétences et ses disponibilités. Certaines fonctions sont distinguées par les grades d’officiers locaux.

N.B : L’Armée du salut est une structure internationale implantée dans 128 pays qui rassemble 1,5 million de membres. Elle intervient partout où elle peut être utile et où elle est acceptée.

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Une armée ! berkkkk!

  Rien, en effet, ne rappelle davantage la fameuse compagnie de Loyola que l’Armée du Salut. Elle est aussi une compagnie de guerre, avec son général tout-puissant, exigeant la soumission absolue. C’est pourquoi elle a une organisation toute militaire. (Edmond de Pressensé, L’Armée du salut, dans la Revue bleue politique et littéraire, 1883, )

   Non, mais vous vous rendez compte ? Et pendant ce temps, y en a des qui se font entretenir par la  » mendianticité  ». Non, non, l’Armée du Salut, c’est pas conforme à la Bible. — (Pascale Brudon, Médicaments pour tous en l’an 2000? )

   Plus net encore devrait être le cas de l’Armée du salut : sa réputation de congréganiste aurait été difficile à établir a priori, étant donné que la figure institutionnelle de l’Armée du salut ne ressemble pas à un monastère, ni à la Compagnie de Jésus.  (Jean-Paul Durand, )

Un homme qui n’avait pas froid aux yeux ..

…..ni ailleurs !

Cet homme : Roald Amundsen !Résultat d’images pour Roald Amundsen…Explorateur norvégien…

      Fils d’un petit armateur, Roald Amundsen avait envie , à l’origine , d’être médecin mais il fut  saisi d’une  »vocation irrésistible   » pour l’exploration polaire.     En 1893,âgé de 21 ans,  il s’engage comme simple matelot sur un phoquier et, de 1897 à 1899, il participe à l’expédition antarctique d’Adrien de Gerlache Image illustrative de l’article Adrien de Gerlache de Gomeryen qualité de second du Belgica. Sa carrière d’explorateur s’ordonne autour de trois grandes réalisations : le forcement du passage du Nord-Ouest, la conquête du pôle Sud et la première liaison aérienne Europe-Amérique par le pôle.

En 1909  ( à 31 ans environ ) , Amundsen prépare avec enthousiasme son expédition à  destination du pôle Nord , il veut à tout prix atteindre le premier ce point  » mythique  » 

Mais, il apprend que son concurrent , Robert Peary Résultat d’images pour Robert Pearylui a volé  » la primeur  »  ! Amundsen ne se décourage pas pour autant : Puisque le Nord  » est pris  » , cap au Sud ! Et le voici qui change tranquillement de cap !Il prend pour destination l’autre pôle ! Là , il prépare sa nouvelle expédition dans le plus grand secret ( hors de question de se faire à nouveau voler le vedette !) . Deux ans plus tard , le 14 décembre 1911 Roald Engel Bregt Amundsen ( de son nom complet ) devient donc le premier explorateur à atteindre le pôle Sud ….Au court de sa carrière il fut aussi l’un des participants à l’expédition qui réalisa le premier  » hivernage en Antarctique ….Décidément, il n’avait réellement pas froid aux yeux …ni ailleurs lol 

 

Helen Keller :

 

 

Helen Adams KellerH.Keller était une écrivaine, activiste et conférencière américaine.

   Fille du capitaine Arthur Keller, militaire en retraite éditeur de journaux, et de sa femme Kate, Helen fut victime, vers l’âge de 19 mois, d’une maladie infantile diagnostiquée à l’époque comme  »fièvre cérébrale » (plus probablement une scarlatine) qui la laissa sourde, muette et aveugle.

     L’arrivée d’Annie Sullivan chez les Keller, le 3 mars 1887 (« le jour le plus important dont je puisse me souvenir », selon Helen) marqua le début d’un processus  »miraculeux » qui devait mener la jeune fille d’un état quasi- sauvage au diplôme « cum Laude » (avec les félicitations du jury) du prestigieux Collège Radcliffe  17 ans plus tard.

     Encore étudiante, elle avait commencé une carrière d’écrivaine qui dura toute sa vie.

   Son ouvrage le plus célèbre,  »The Story of My Life, » (1903) ( »L’histoire de ma vie », disponible en France sous le titre « Sourde, muette et aveugle » ) a été traduit en plus de 50 langues mais on lui doit également un dizaine d’autres ouvrages ainsi que de nombreux articles pour la presse.

    Au cours des 50 années qui suivirent, Helen Keller se consacra au  »service de l’humanité », luttant pour les droits des femmes, des ouvriers, des minorités et devint une sorte d’ambassadrice mondiale des faibles et des opprimés.

   Le premier hommage cinématographique est un film muet datant de 1919, intitulé « Deliverance ».
   Plus tard, la pièce de théâtre « The Miracle Worker », adapté de l’autobiographie d’Helen Keller, donne lieu à plusieurs films, dont « Miracle en Alabama » d’Arthur Penn en 1962.       Aucun de ces films, avant une adaptation de Disney sortie dans les années 2000, n’aborde sa vie militante.!
   En 2005, le film bollywoodien « Black » de Sanjay Leela Bhansali est largement inspiré de l’histoire d’Helen Keller.

La  » Vache qui rit  »

La vache qui rit

Un  » premier de cordée  » au cœur du Jura…..

 » 100 % des Français ont mangé, mangent ou mangeront de La vache qui rit  », dit un slogan publicitaire. Et c’est vrai, pas seulement en France ! Qui n’en a pas mangé au moins une fois, ne serait-ce qu’à la cantine ?

  L’emblématique vache rouge hilare aux boucles d’oreilles est un bel exemple d’une réussite à la française, une histoire dans l’Histoire……

La vache qui rit est commercialisée dans 136 pays. Ouest France, DR

Des origines jurassiennes à la  »Wachkyrie  »

Tout aurait commencé dans les montagnes du Jura, en 1865, à Orgelet, près de la frontière suisse, Jules Bel (23 ans) fait l’acquisition de caves pour y débuter son activité d’affinage.

Léon Bel (1878-1957), directeur de la maison et inventeur de « La vache qui rit ». DREn 1897,  il transmet à ses deux fils, Henry et Léon, une entreprise florissante. Les nouveaux patrons installent leur atelier à Lons-le-Saunier.

  Mais quand éclate la Première Guerre mondiale, Léon (35 ans) est mobilisé et affecté au ravitaillement.

Dans son escouade, les camions de ravitaillement en viande fraîche sont ornés d’un dessin offert par un illustrateur célèbre de l’époque, Benjamin Rabier, spécialiste des animaux humoristiques. Il représente une vache hilare ( » La vache qui rit  ») dénommée  » La Wachkyrie  » ! Il s’agit d’un jeu de mots qui rappelle le surnom donné aux combattants d’en face, les  » Walkyries  », en référence à d’anciennes divinités germaniques.

La Wachkyrie, dessin de Benjamin Rabier sur les camions de ravitaillement en viande de la Grande Guerre.

Les frères Graf, la recette du fromage fondu :

Une fois la guerre finie, Léon rentre à Lons-le-Saunier pour reprendre la direction de l’entreprise familiale. Il rencontre alors deux Suisses, les frères Graf, qui ont développé à Dole une invention explosive : le fromage fondu.

Les trois premières années, « La vache qui rit » est commercialisée en boîte de conserve. DRLeur technique permet au fromage de se conserver à température ambiante longtemps après que la meule a été entamée. C’est un atout décisif pour la commercialisation même si les qualités gustatives du produit s’en ressentent..

Léon Bel peut de cette façon commercialiser les invendus de la guerre et exporter sa production au delà des frontières, dans les colonies et en Amérique.

Léon Bel n’a pas oublié la Wachkyrie de Benjamin Rabier. Il s’en inspire pour décorer ses boîtes de fromage fondu d’une vache hilare à quatre pattes sur un fond rouge. En 1921,  » La vache qui rit  » est née.

Benjamin Rabier, à nouveau sollicité, soumet plusieurs ébauches de tête de vache. Anne-Marie, épouse de Léon, ajoute son grain de sel en suggérant d’ajouter à la vache des boucles d’oreilles avec la désormais célèbre  » mise en abyme  » (les boucles d’oreille montrent une boîte qui elle-même montre une boîte qui elle-même…).

La même année, en 1924, Bel délaisse la conserve pour des portions individuelles en papier d’étain.

   Dans les années 30, La vache qui rit est un produit bien installé… Nombreux sont les fromagers à vouloir le copier. L’exemple le plus connu est  » La vache sérieuse !?  » commercialisée en 1926, également vendue en portions.

« La vache sérieuse » à été produit par la société Grosjean de 1926 à 1955. DR

La guerres, années de  » vache maigre  » :

   En 1939, la guerre met de nouveau un coup d’arrêt à cet élan. Les ventes diminuent et le rationnement oblige à réduire le taux de matière grasse. Autre bouleversement pour l’entreprise, en 1941, Léon Bel cède sa place à son gendre Robert Fievet (qui restera à la tête de l’entreprise jusqu’en 1996).

   Après la guerre, le groupe familial repart à la conquête du monde. Son produit phare s’est adapté pour traverser les époques et les continents. Et c’est peut-être pour ça que près de 100 ans plus tard, avec treize mille salariés dans le monde (2018) et des résultats à faire pâlir d’envie  » les jeunes pousses de l’internet  » ?

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Jules Bel (1842-1904), fondateur de la maison Bel. DR ( Jules Bel )Léon Bel (1878-1957), directeur de la maison et inventeur de « La vache qui rit ». DR ( Léon Bel )

Benjamin Rabier, l’illustrateur à part

   Né en 1864 à la Roche-sur-Yon, en Vendée, Benjamin Rabier était un artiste et une personnalité hors du commun. Extrêmement généreux, il avait pour habitude d’offrir ses dessins et se souciait peu de la valeur de ses œuvres. Á tel point qu’il y eu parfois des conflits de propriété intellectuelle car il avait donné les mêmes dessins à différentes entreprises.

Benjamin Rabier (1864-1939) dessinateur de La vache qui rit. DR B.Rabier

Avant même de commencer sa carrière de dessinateur, il remporta à l’âge de quinze ans le Prix de dessin de la Ville de Paris.

    Le facétieux illustrateur aimait faire rire les animaux en leur prêtant des expressions humaines, notamment dans des albums pour enfants dont le personnage le plus célèbre est Gédéon.

Il illustra les Fables de La Fontaine, travailla pour la presse, créa des carte postales, des images scolaires, des pièces de théâtre et des films d’animation en parallèle de son activité de fonctionnaire.

Dans la publicité aussi, il laissa des personnages désormais célèbres comme La vache qui rit, mais aussi  » La Baleine  » (marque de sel) ou  » Le Chat  » (marque de savon).

     Autre héritage notable, son Tintin-Lutin a inspiré Hergé dans les années 20 pour la création des aventures de Tintin et Milou.

 

L’idée circule que Benjamin Rabier et Léon Bel se sont connus pendant la guerre. En réalité, Rabier, trop âgé, n’a pas combattu. Mais une chose est sûre, son dessin sur les camions de ravitaillement en viande fraîche a connu une certaine notoriété et n’a pas échappé à Léon Bel.

graaf

afficherabier  ( affiche pub par Barbier )

La vache qui rit à la pointe

La portion individuelle, format toujours utilisé aujourd’hui, permet une conservation plus longue de la crème de fromage. Le succès est au rendez-vous et les commandes s’accélèrent.

Dans les années 20, l'entreprise bel est à la pointe de la modernité. DRPour faire face à la demande, Bel modernise son équipement notamment avec des machines afin de mécaniser l’emballage en triangle. L’entreprise quitte l’atelier historique pour une usine flambant neuve en 1926.

  Sa production est multipliée par dix : des 12 000 boîtes quotidiennes, on passe à 120 000 boîtes de crème de gruyère soit 120 tonnes de fromage fondu produits par jour. Un système de succursales et d’entrepôts est mis en place pour répondre à la demande plus rapidement que ne le permettent les moyens de transport de l’époque.

  Dans les années 30, La vache qui rit est un produit bien installé. Le groupe devient le premier employeur de Lons-le-Saunier. Une usine de fabrication est implantée en Angleterre en 1929 et une autre ouvre ses portes en Belgique en 1933. Ces deux nouvelles portes d’accès vers l’Afrique finissent d’asseoir le succès des petites portions facilement conservables même dans les pays chauds.

  Le groupe Bel travaille à d’autres produits comme le Babybel, conçu pour faire concurrence au Port Salut. Ne comptant pas s’arrêter là, il se lance dans l’une des plus ambitieuses campagnes de communication de l’époque.

Avec le succès de la « La vache qui rit », Bel devient le principal employeur de la région. DR

Le pari de la publicité…..

     Dans les années 20, la publicité de masse telle que nous la connaissons n’en était qu’à ses balbutiements. On avait tendance à croire que si le produit était bon, il se vendrait tout seul. C’était vrai en local mais ça ne l’était plus à l’échelle nationale ou internationale qu’offraient les nouveaux transports. Léon Bel en est conscient. Dès l’ouverture de sa nouvelle usine, il se dote d’un bureau de la publicité avec un budget annuel équivalent à celui de la construction de son usine. Il n’est pas le seul dans ce cas. D’autres marques prestigieuses, comme LU, Michelin, Peugeot ou Citroën multiplient comme lui les campagnes publicitaires.

  Pour tirer son épingle du jeu, Bel innove. Il y a bien sûr les publicités à la radio, dans les magazines, chez les commerçants mais aussi des jeux-concours avec des vignettes qui permettent de gagner de très beaux cadeaux comme des appareils photo ou des radios.     

    L’entreprise comprend l’importance de soigner aussi les petits consommateurs en éditant des buvards ou des protège-cahiers.

    En 1933, sur le Tour de France, Bel lance une campagne de » sponsoring  » sportif et distribue aux spectateurs échantillons et cadeaux. Des représentants se rendent chez les détaillants dans des voitures floquées. Ils distribuent des objets dérivés pour promouvoir la marque comme des affiches, plaques émaillées, présentoirs.

A partir des années 20, Bel redouble d'ingéniosité pour faire sa publicité. DR

La guerre, années de  » vache  » maigre :

Robert Fievet (1908-2002) et son épouse Andrée Bel (1910-?). DREn 1939, la guerre met de nouveau un coup d’arrêt à cet élan. Les ventes diminuent et le rationnement oblige à réduire le taux de matière grasse. D’un produit contenant 40 % de matière grasse (sur produit total), La vache qui rit devient de plus en plus maigre à 30, puis 20, 10 %… progressivement jusqu’à 0 %. Á​ la fin, on n’est même pas sûr qu’il restait des produits laitiers.

   Un concurrent en profite pour lancer la rumeur que La vache qui rit serait une  » crème de rien, à base de croute de fromage et de restes  ».

    Autre bouleversement pour l’entreprise, en 1941, le mythique entrepreneur Léon Bel cède sa place à son gendre Robert Fievet (il restera à la tête de l’entreprise jusqu’en 1996 avant de passer le relais à son fils).

  En 1943, le siège social déménage à Suresnes, sa localisation actuelle, pour se rapprocher de Paris.

Après la guerre, les consommateurs attendent plus de matière grasse. DRAprès la guerre, on remet du gras dans le fromage, et même plus qu’avant ! Cela devient un bon argument de vente. La recette est retravaillée.

   Dans cette course à la matière grasse que se livrent les fromagers, La vache qui rit renaît en 1955 et la crème de gruyère devient un  » fromage pour tartines  » tel que le précise l’appellation sur la boîte.

   On fait des mélanges pour la rendre plus onctueuse, avec de l’emmental, de la mimolette et de l’edam, la plupart produits par Bel. On va jusqu’à ajouter du beurre pour atteindre 50 % de matière grasse.

« La vachesérieuse » à été produit par la société Grosjean de 1926 à 1955. DR
La vache qui rit fait des envieux

   Nombreux sont les fromagers à avoir voulu copier La vache qui rit. L’exemple le plus connu est  »La vache sérieuse  » commercialisée en 1926, également vendue en portions, qui se voulait un » pied de nez  » à la célèbre vache rouge.  » Le rire est le propre de l’homme ! Le sérieux celui de la vache ! La vache sérieuse. On la trouve dans les maisons sérieuses ».

 » La vache qui rit  » rit jaune et va jusqu’à attaquer en justice  » La vache sérieuse  » qui perd le procès en 1955 pour contrefaçon. La malheureuse est contrainte à changer de nom. Bien d’autres tentatives de copies se sont succédées comme  » La vache qui lit  »,  » Le veau qui pleure  », La vache coquette  »,  »La belle vache  »,  » La vache savante » ,  »La vache du Jura  »… Sans que jamais aucune ne parvienne à détrôner La vache qui rit. Néanmoins la bataille est rude. Au début de son histoire, en 1923, La vache qui rit elle-même a été condamnée à verser des dommages et intérêts à la marque « La vache rouge » déposé par la société Vercasson.

Des consommateurs du monde entier, les Marocains et les Algériens sont les fans absolus de « La vache qui rit ». DR

À la conquête du marché international….

   La vache qui rit conquiert véritablement le monde à partir des années 60 en s’adaptant dans chaque pays au goût des consommateurs. Les recettes de base sont différentes. La vache qui rit se consomme nature en France mais affiche des variantes très diverses dans les autres pays : poulet, barbecue, fraise etc. Le fabriquant ajoute aussi, au besoin, calcium, zinc, fer

   Aux États-Unis, dans les années 2000, un livre à succès a conseillé aux Américaines de manger de La vache qui rit dans le cadre d’un régime. Depuis, La vache qui rit y est réputée pour être un produit diététique qui existe en version ultra light à 2 % de matière grasse.

Les goûts et la perception du produit varie selon les pays mais la vache reste. DR    Pour s’adapter toujours plus aux marchés étrangers, le nom La vache qui rit est traduit dans la langue du pays de commercialisation afin de conserver le trait d’humour. Lorsque nécessaire, le petit fromage triangulaire a su faire oublier ses origines françaises.

  Selon une étude menée au Maroc, l’un de ses principaux marchés, 80 % des personnes interrogées pensent que La vache qui rit est un produit marocain. Á l’inverse, parfois, le fromage emblématique de Bel revendique ses origines nationales.

En 1966, le Kiri voit le jour inspiré de la recette de La recette de « La vache qui rit » DRDans les dernières décennies, on a constaté en effet que, par endroits, le nom traduit n’est plus qu’une forme de sous-titre. Au Japon par exemple, être un produit français est un plus. Il y a un drapeau français ajouté sur la boîte  ! et il est important que le produit soit importé depuis la France.

   Quoiqu’il en soit aujourd’hui, La vache qui rit est, selon le site internet de son fabriquant, commercialisé dans 136 pays dont L’Algérie et le Maroc où se trouvent ses plus fervents consommateurs. Elle est produite dans quinze usines à travers le monde à raison de 121 portions par seconde (plusieurs milliards par an), ce qui en fait le quatrième fromage le plus vendu.

   La vache rouge qui a fait le succès de Bel, entreprise restée familiale, a permis au groupe de prospérer et de posséder plus de trente marques différentes, parmi lesquels Apéricubes, Babybel, ou encore Leerdammer, Boursin et Port Salut rachetés dans les années 2000, mais aussi le célèbre Kiri (1966) semblable à sa grande sœur mais à base de fromage frais.

    La vache qui rit n’a plus grand chose à voir avec la crème de gruyère des années 20 mais a su s’adapter pour traverser les époques. Et c’est peut-être pour ça que près de 100 ans plus tard, avec treize mille salariés dans le monde (2018) et des résultats à faire pâlir d’envie les jeunes pousses de l’internet, La vache qui rit continue de rire.

La maison de  »La vache qui rit  »

À l’initiative de la petite-fille de Léon Bel, le siège historique du groupe, à Lons-le-Saunier, est devenu un musée et une attraction touristique de premier plan :  » La maison de La vache qui rit  ». Parcours découverte, expositions permanentes ou temporaires et objets de collection accueillent petits et grands….

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Petit complément :