Île  » poubelle  » ….

Résultat d’images pour images jpg île thilafushi L’ île Thilafushi est une île des Maldives sur laquelle l’archipel jette tous ses déchets , d’où son nom d’île poubelle …..

  Thilafushi , est une île en grande partie artificielle des Maldives située à 6,85 Km à l’ouest de Malé, la capitale du pays, entre les îlots de Giraavaru et Gulhifalhu. Elle est célèbre pour être la décharge des Maldives….dont une grande partie est issue du tourisme.

Quand on pense « Maldives », on imagine une mer cristalline, un ciel bleuté et son sable fin… Normal, on n’a pas accès à l’envers du décors. Près de 300 tonnes de déchets y sont déversés chaque jour …

Histoire , pourquoi ?

 En 1992, le gouvernement ne sachant plus comment gérer une quantité toujours grandissante d’ordures (dues à l’essor du tourisme dans le pays ), avait décidé de faire acheminer à Thilafushi les déchets des îles voisines. Au départ, des fosses ( » cells  ») d’un volume total de 1 060 m3 avaient été créées pour recevoir les ordures, destinées à être ensuite enfouies. Mais ces fosses furent saturées beaucoup plus rapidement que prévu, et en l’absence de solution de rechange le déversement des ordures se fait depuis à même le sol ou l’eau.!!!!

   Depuis, l’île-poubelle de 0,43 km 2 emmagasine 330 tonnes de déchets par jour, dont environ 200 tonnes d’ordures ménagères, et 100 tonnes de déchets industriels. Chaque touriste visitant l’archipel ( un million annuellement ) produit 7,2 kg d’ordures par jour, contre 2,8 kg pour un Maldivien) ;ce qui fait que l’île croît de 1 m2 par jour.

   La conséquence de cette activité de stockage des déchets sans tri ni traitement est un niveau de pollution extraordinaire, autant du sol que de l’eau et surtout de l’air, une partie des déchets étant constamment en feu, libérant un épais panache de fumée au-dessus de l’île, qui atteint parfois la proche capitale Malé. Huiles, mercure, amiante et plomb seraient ainsi déversés dans l’écosystème en grande quantité sans le moindre contrôle.

   La croissance exponentielle de l’île a fini par intéresser certains promoteurs : le gouvernement l’ouvre donc au lotissement dès Et 57 entreprises y installent des activités, notamment un chantier naval et des entrepôts.  L’île compte plus de 260 entreprises. L’île est ainsi devenue le siège de certaines industries polluantes, comme le traitement du méthane ou du ciment. Les ouvriers (souvent originaires du Bangladesh) qui y vivent travaillent 12 heures par jour dans un environnement saturé d’émanations toxiques pour un salaire mensuel de 255 euros, ce qui est très faible même pour le pays.

  En 2004, le tsunami avait ravagé l’île et projeté la majorité des ordures et des produits toxiques dans la mer, polluant plus d’une centaine d’autres îles et mettant l’accent sur le risque national que représente Thilafushi. Les Croix-Rouge australienne et canadienne  avaient réuni près de 10 millions de dollars pour financer un système de gestion des déchets écologique et durable, mais l’absence d’initiative du gouvernement avait finalement fait échouer le projet.

   Le gouvernement maldivien a souvent été alerté sur le problème écologique mais aussi sanitaire, économique et touristique que représente l’île, mais n’a encore jamais pris la moindre mesure réelle pour changer la situation. En 2008, la Banque mondiale avait fait un prêt de 14 millions de dollars pour lancer un  » Maldives Environnementale Management Project  », mais rien ne changea pour autant à Thilafushi (cependant un incinérateur fut créé sur l’île de Vandhoo, dans l’atoll de Thaa). En 2011, le déchargement des déchets avait été temporairement interdit sur Thilafushi en raison de sa saturation et de la dérive en mer d’une grande quantité de déchets, mais en l’absence de solution de rechange le déchargement avait rapidement repris de plus belle. Un contrat avait également été signé avec l’entreprise indienne Tatva Global Renewable Energy pour faire de l’île un centre de gestion des déchets moderne, mais ce projet fut mis à l’arrêt dès l’année suivante sans que des justifications soient données, et définitivement annulé en 2014 !!!

  Le seul projet encore d’actualité était l’ouverture d’une nouvelle prison sur l’île pour .

(Vue aérienne des réservoirs pétroliers de Thilafushi, construits sur des piles de déchets compactées au bulldozer.)

Le trombone signe de résistance ????

   Le trombone fut un symbole d’unité et de résistance d’un peuple en particulier face à l’occupation nazie, donc pendant la Seconde guerre mondiale. Ce peuple est le peuple norvégien.

    On a du mal à imaginer que cet objet insignifiant  trombonne 1, utilisé pour maintenir une liasse de feuilles de papier ait pu revêtir une si grande et noble signification. Pourtant tel est bien le cas……

   D’abord Il est bon de savoir  que c’est un norvégien du nom de Johan Vaaler Résultat d’images pour Johan Vaaler qui au début du 20 ème breveta le premier modèle de trombone proche de celui que nous utilisons aujourd’hui. Mais pas exactement le même. (Il manquait à son modèle les deux boucles complètes  ). Donc il n’était pas facile d’y insérer des feuilles de papier. Du coup, son invention ne fut jamais produite.

 Pourtant de façon assez étonnante, la Norvège se vit comme le berceau de ce petit objet. C’est ce qui peut expliquer que les norvégiens se mirent à le porter sur leurs vêtements comme symbole de la résistance contre l’occupation allemande. ils arboraient ainsi un trombone sur le revers de leur veste pour affirmer à la fois leur solidarité et leur union. Leur union… on comprend aisément le symbole du trombone.

Ainsi Pierre Lefèvre dans la chronique qu’il signe le 9 mars 1941 pour l’émission  » Les Français parlent aux Français  »  félicite les norvégiens pour leur courage. Un acte qui selon lui est héroïque et mérite d’être cité à l’ordre de la Résistance. Il dit:  » Les norvégiens avaient pris l’habitude de porter à la boutonnière ces attaches dont l’on se sert dans les bureaux pour réunir les papiers et que l’on appelle couramment attaches trombones, à cause de leur forme. Cet étrange insigne, signifiait : Nous tenons ensemble  ».

    Mais les nazis finirent par en comprendre la signification et interdirent cette pratique.

Malheureusement pour eux, en réaction, de nouveaux insignes improvisés firent leur apparition aux boutonnières. Parmi eux, les cartes de pain; des cartes qui portaient les armes de la famille royale de Norvège. Mais aussi des étiquettes de bouteilles de lait. Pourquoi ? Tout simplement car on pouvait y lire la formule  »100 % norvégien ».

Pour finir, si on se demande pourquoi le trombone s’appelle ainsi, c’est très simple : Etant constitué d’une tige en métal repliée plusieurs fois afin de former plusieurs boucles, sa forme rappelle celle de l’instrument de musique Résultat d’images pour image trombone instrument de musiquedu même nom, d’où il tire son appellation.

C’était il y a….

176 ans :

24 mai 1844 : premier télégramme en morse :

A Baltimore, aux États-Unis. L’un des inventeurs, l’Américain Alfred Vail Résultat d’images pour alfred vail images jpg  , reçoit un message télégraphique constitué de points et de traits. C’ est le jour de la première communication en morse.Résultat d’images pour alfred vail images jpg

Et que dit-il, ce message codé ?
 » What hath god wrought  » ( Ce que Dieu a forgé ) . L’auteur du message n’est autre que Samuel Morse , concepteur de l’alphabet Résultat d’images pour images message en morsedu même nom. Il se trouve alors à 600 kilomètres de là, à Washington, au Capitole.  Inutile de dire qu’après des années de recherche de tâtonnement, les deux interlocuteurs exultent !

 

 

Le béguin ..

 » Connaître quelqu’un dès le béguin  » : Je viens de lire cette expression , je me suis demandé si elle a un rapport avec  » avoir le béguin  » ,  »être amoureux  » .
   J’ai trouvé ce qui suit : Connaître quelqu’un dès le béguin…

    Connaître quelqu’un depuis son enfance

     Le béguin était une coiffure féminine portée par les religieuses de l’ordre des Béguines, avant que cette coiffe ne fût portée par des enfants sous leur bonnet. Vers le milieu du règne de Louis XV, garçons et filles portaient en effet généralement cette coiffure à six ou sept ans, et dans quelques familles, la permission de quitter le béguin arrivait pour les demoiselles beaucoup plus tard.

   Craignant des hommages trop précoces, certaines mères obligeaient leurs filles à porter, toutes grandes, une coiffure qui voulait dire : Je suis encore une enfant, ne m’adressez point de propos indiscrets, ne faites point attention à moi.

Lorsque Rousseau, en 1762, proscrivit le maillot, la bride, petite bande de toile qui fait partie d’un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête, fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Le docteur Des Essarts (Traité de l’éducation corporelle des enfants en bas âge, Paris, 1760) avait déjà dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides, y occasionnait un engorgement et un gonflement.

Le docteur Alphonse Le Roi (Recherches sur les habillements des femmes et des enfants, Paris, 1772) ajouta : « Souvent on serre trop le cordon, à dessein d’affermir la coiffure de l’enfant ; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau, ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfants succombent le plus ordinairement. »

Dans l’Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), Rolland de La Platière lança aussi son manifeste contre les béguins.  » Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de la layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l’enfance, gênaient ses mouvements, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l’affranchir.  »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Mercure de France, signé M.  » Qu’est-ce qui a fait, dit l’abbé Galiani dans une lettre à madame d’Épinay, cette plaisanterie charmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu’il y a de plus délicat dans ce genre. Si Grimm n’en est pas l’auteur, je ne le connais point.  »

Beaucoup de bruit pour un petit bonnet je trouve ? 

Le  » géocaching » ??

Les chasses au trésor ont toujours excité la curiosité des enfants.( En tous cas , quand j’étais gosse , nous y jouions souvent ) :

  Vidéo chasse au trésor enfant :

    Depuis une vingtaine d’ années ,ce sont des familles entières, et des passionnés de tous les pays, qui peuvent s’adonner à une nouvelle variante de ce jeu, appelée le  »géocaching ».

Le fonctionnement du jeu :

Les participants se munissent d’un GPS spécifique, facile à trouver dans le commerce, ou d’une application, qui leur indiquent leur position et celle des  »caches » à trouver. ( Les points jaunes précisent les caches déjà trouvées et les points verts celles qui restent à découvrir )….

 Les caches abritent des boîtes, qui contiennent de petits objets sans valeur. Il est possible d’en prendre un, à condition d’en placer un autre, de valeur équivalente, dans la boîte.geocache

Les joueurs signalent leurs trouvailles, en mentionnant leur visite sur un petit registre, laissé à l’intérieur de la boîte, ou en la signalant sur un site dédié au jeu.!

Les joueurs peuvent chercher une seule cache ou suivre un itinéraire jalonné de trésors à découvrir. Dans d’autres cas, c’est un ensemble d’informations, géographiques et culturelles, qui permet de repérer le secteur où se trouve la cache.

Un jeu propice à des activités diverses :

    Le géocaching  est un jeu , mais il offre bien des opportunités à ses nombreux adeptes. Celle d’abord de se retrouver en famille ou entre amis. Le jeu devient alors source de convivialité et favorise les interactions sociales.

   Parfois , il devient l’occupation principale des vacances. Certains adeptes, seuls ou en famille, sillonnent ainsi l’Europe, ou même le monde, après avoir fait le tour des caches offertes par leur propre pays.!!!

   Le géocaching devient ainsi un moyen original de découvrir des endroits et des pays que les joueurs n’auraient peut-être jamais connus sans cette originale course au trésor. Le jeu représente enfin une excellente occasion de faire du sport.

   En effet, si la découverte de certaines caches, dissimulées en milieu urbain, ne demande guère d’efforts physiques, d’autres, en revanche, se méritent. Certains trésors ne livrent ainsi leurs secrets qu’à l’issue d’une véritable randonnée, pendant laquelle les joueurs doivent gravir des sentiers pentus ou même escalader une zone de rochers.

C’était aussi un 20 mai …

  Il y a 218 ans : Bonaparte légalise l’esclavage !

     Par le décret du 30 Floréal An X (20 mai 1802), Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage. Par pragmatisme (simple capacité à s’adapter aux contraintes de la réalité) , dans le souci de stabiliser les colonies françaises, le Premier Consul veut le maintenir là où il n’a pas été encore aboli…

N.B : L’esclavage est alors couramment  pratiqué en-dehors de l’Europe occidentale, et pas seulement dans les colonies européennes. Il est commun en Afrique comme en Asie. Il ne scandalise que les franges éclairées des Occidentaux. L’abolir dans les seules îles à sucre françaises aurait  sans doute été prématuré et aurait entraîné  l’éloignement l’Angleterre mais aussi l’Espagne et le Portugal de la République française.

 Une première abolition très limitée :

L’esclavage avait été en théorie aboli huit ans plus tôt par le décret de Pluviôse (4 février 1794). En réalité, cette mesure sans précédent votée par les députés de la Convention n’a pris effet qu’en Guadeloupe et à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti).

Les planteurs de la Martinique ont préféré se livrer aux Anglais au printemps 1794 plutôt que d’affranchir leurs esclaves.

Dans l’océan Indien, les colons de l’île de la Réunion et de l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice) ont réussi à s’opposer à l’application du décret.

 Pour ce qui est de la grande île de Saint-Domingue, elle a attendu le départ des Anglais, chassés par Toussaint Louverture en octobre 1798, pour appliquer le décret et abolir l’esclavage. Encore les anciens esclaves n’ont-ils  » troqué   » leur statut que pour celui de travailleurs forcés, avec la bénédiction de leur libérateur, Toussaint Louverture…

Le Premier Consul,  aurait sans doute souhaité s’en tenir au statu quo. Mais il est pris de court par la restitution de la Martinique à la France à la paix d’Amiens (25 mars 1802) et plus encore par les velléités indépendantistes de Saint-Domingue.

Les colonies en ébullition

À Saint-Domingue, Toussaint Louverture ne veut pas en rester à sa victoire sur les Anglais. Le 8 juillet 1801, le leader noir chasse les Espagnols de la partie orientale de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de l’île réunifiée.!

Il mène  une politique indépendante et signe des contrats de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne.

C’est  »plus que n’en peut supporter  » Napoléon Bonaparte. Dès 1799, celui-ci caresse le désir de reconstituer un empire colonial aux Amériques  » conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789  ».

 Profitant du répit offert par la paix signée à Lunéville avec l’Autriche, il décide de rétablir à Haïti la souveraineté française.

    Le 14 décembre 1801, une flotte de 36 navires appareille de Brest avec 23 000 hommes sous le commandement du général Leclerc pour reprendre Saint-Domingue. L’expédition dépasse en importance celle que Bonaparte conduisit en Égypte trois ans plus tôt… Son échec sera encore plus dramatique !

Le 2 mai 1802, une autre flotte de 11 navires débarque 3500 hommes en Guadeloupe sous le commandement du général Antoine Richepance. Elle a pour mission de restaurer l’ordre dans l’île où un conseil animé par des officiers de couleur a pris le pouvoir.

Un décret mal inspiré  …..

Vu le  contexte, le Premier Consul est sommé de choisir : appliquer partout le décret de Pluviôse ou ne l’appliquer nulle part.

Il est encouragé à l’abolir par Cambacérès , avocat des planteurs, peut-être aussi par sa propre femme, Joséphine de Beauharnais, issue d’une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie ; l’un et l’autre mettent en avant les difficultés des milieux d’affaires coloniaux depuis l’abolition de 1794.

   Il signe enfin le décret par lequel il légalise à nouveau l’esclavage dans les colonies où il perdure.

     L’esclavage revient à priver les hommes de couleur de leur citoyenneté et les travailleurs des plantations de leur salaire ; les maîtres ont le droit de punir leurs esclaves sans passer par la justice civile.

Le décret du 30 floréal An X (20 mai 1802) :

DÉCRET:
ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d’Amiens, du 6 germinal an X, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.

II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789.

IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement.

   Le décret du 30 floréal va avoir pour la France un résultat désastreux en poussant à la révolte les anciens esclaves de Saint-Domingue et en précipitant la perte de l’île.

Naissance du préjugé de couleur :

  Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les souverains européens toléraient l’esclavage aux colonies mais n’assimilaient pas les esclaves aux Noirs. Ils ne tenaient pas ceux-ci pour une race inférieure vouée à l’esclavage comme l’atteste la présence d’un certain nombre d’Africains ayant des fonctions élevées à la cour de Versailles et dans d’autres cours européennes, y compris Saint-Saint-Pétersbourg, avec l‘aïeul africain du poète Pouchkine.

Au milieu du siècle, deux mentalités se développent et s’opposent, parfois au sein des mêmes personnes :

L’une est inspirée par la raison et l’humanité, en conformité avec l’  »esprit des Lumières  » et la doctrine chrétienne. Elle porte les élites pensantes à dénoncer l’esclavage et les préjugés à l’égard des autres races. Elle est illustrée par les fort beaux textes de Voltaire et Montesquieu sur ce thème et mieux encore par la mobilisation contre la traite de Wilberforce en Angleterre et Grégoire en France.

L’autre est née du fantasme d’invasion lié à l‘arrivée d’Africains de plus en plus nombreux dans les colonies mais aussi en métropole, comme serviteurs ou enfants des colons de passage (à l’exemple d’Alexandre Dumas père) ou  » petits nègres  » offerts aux dames de la bonne société (image ci-dessus  ).

On commence à se prémunir contre cette menace en érigeant des barrières réglementaires, intellectuelles et morales. C’est la naissance du  » préjugé de couleur  ».

Voltaire, qui n’en est pas à une contradiction près, formule quelques sentences formellement  » racistes  » au sens moderne du mot, c’est-à-dire établissant une hiérarchie entre ce qu’il est convenu d’appeler les « races » humaines. Quant à Montesquieu, s’il est à l’abri de semblables inepties, il ne rechigne pas plus que Voltaire à investir dans le  » commerce triangulaire  » .

Plusieurs ordonnances, sous le règne de Louis XVI,Illustration. dénoncent les unions mixtes et légifèrent contre l’immigration noire en métropole, en fait limitée à quelques centaines d’individus, au motif que  » terre de France ne porte pas esclave  ». Le 9 août 1777 est créé un système de  » dépôt  » ?? dans les ports pour les esclaves qui accompagnent leur maître.

Après la Révolution, le Premier ConsulAfficher l’image source ne s’en tient pas à la légalisation de l’esclavage. Animé par un sentiment  » raciste  » qui le distingue de la plupart de ses contemporains, encore pétris de l’esprit des Lumières, il prend plusieurs mesures qui renouent avec le préjugé de couleur des décennies précédentes et l’aggravent nettement...!

    » Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n’ai pas d’autre raison, et celle-la est la bonne  », aurait-il déclaré au Conseil d’État en 1802. Il exclut de l’armée des officiers  » de couleur  » parmi lesquels le père d’Alexandre Dumas.

Bonaparte supprime aussi d’un trait de plume l’Institution nationale des Colonies, créée 5 ans plus tôt à l’instigation de l’abbé Grégoire pour promouvoir les enfants des colonies quelle que soit leur couleur de peau. Les vingt-deux élèves noirs de l’institution, qui étaient appelés à devenir officiers, sont affectés comme simples tambours dans autant de régiments.

 

C’était il y a ….

….environ 85 ans :

     Lawrence d’Arabie ( que je prenais pour un personnage fictif ! )Lawrence d'Arabie, film de David Lean (1962) décédait …..

   Donc , ce monsieur a bien existé  : Thomas Edward Lawrence est né le 16 août 1888 d’un baronnet irlandais et d’une gouvernante écossaise….Son père avait d’abord épousé en Irlande une femme très belle mais acariâtre qui lui avait donné quatre filles. Le mari, volage, avait fini par s’enfuir avec la gouvernante des enfants mais sans jamais pouvoir obtenir le divorce.

    Sous un nom d’emprunt, dans la hantise que l’on révèle son illégitimité, le couple avait vécu dans le bonheur et donné le jour à cinq fils.

    T. E. Lawrence, deuxième de la fratrie, avait donc passé toute son enfance dans un environnement masculin et un accident de jeu, à seize ans, avait bloqué sa croissance à 1m64, lui inspirant de la répulsion pour son physique.

Éduqué sur un mode puritain, il avait été également bouleversé par la révélation de sa  » bâtardise  » , à dix-sept ans.

Toutes ces circonstances  allaient lui inspirer de l’aversion pour la sexualité,( ce qui   transparaît en filigrane dans le film de David Lean.)

Dahoum photographié par T.E. Lawrence vers 1916Le héros, comme dans la réalité, prend un soin maniaque à se vêtir de blanc ; on ne lui connaît aucune relation féminine mais il nourrit  »un amour platonique » pour certains bédouins de son entourage, tel le jeune Dahoum, mort prématurément en 1918 et auquel il dédicacera  » Les sept piliers de la sagesse  ».

    D’un naturel rêveur, T. E. Lawrence est très tôt passionné par l’Histoire. En mal d’aventures et soucieux de se refaire une identité, il se serait engagé sous un faux nom dans le Royal Artillery en avril 1905, n’y restant que quelques mois jusqu’à ce que son père vienne le récupérer.( C’est du moins ce qu’il raconte dans ses mémoires mais….).

  Étudiant à Oxford, il prépare une thèse sur les Croisades et, à vingt ans, s’embarque pour Beyrouth, alors sous tutelle ottomane. S’éloignant des villes, il se laisse prendre par la magie du désert et des bédouins arabes.

   De retour en Angleterre, il passe avec succès son doctorat d’Histoire et obtient une bourse en vue de rejoindre une mission archéologique anglaise qui travaille sur un site hittite sur les bords de l’Euphrate, Karkemish (ou Europus), à cent kilomètres d’Alep.

   Très vite s’affirme son ascendant sur les bédouins de l’équipe. C’est le début de l’épopée…

 

L’Orient dans la tourmente :

    La mission archéologique et Lawrence ne tardent pas à ressentir les échos de l’agitation croissante, au sein de l’empire ottoman, pris en main par les  » Jeunes Turcs  ».

    À Damas, qui cultive le souvenir glorieux du » califat des Omeyyades  », des intellectuels arabes ont l’intention de s’émanciper de la tutelle turque, (vieille d’un millénaire ). Ils souhaitent s’appuyer sur la France, très présente dans la région à travers ses missions et ses écoles.

    T. E. Lawrence se laisse griser par le projet de révolution arabe mais place ses espoirs sur les bédouins du désert, qui n’ont pas été corrompus par les Turcs et la modernité. Et bien entendu, il compte sur l’Angleterre, son pays, pour soutenir cette révolution.

   Début 1914, il est désigné pour une prospection dans le Sinaï. Sous couvert d’archéologie

,T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie) (L. d’Arabie ,Léonard Wooley 1913 )

il s’agit en fait d’assister un capitaine britannique dans un travail de topographie militaire.

   La mission d’espionnage tourne mal. Lawrence et l’un de ses compagnons, arrêtés par le gouverneur turc, arrivent à s’enfuir à travers le désert et arrivent, épuisés, à Damas. C’est alors que survient l’attentat de Sarajevo, qui va entraîner le monde dans la tourmente.

 

La guerre !

   Dès le début des hostilités, Lawrence se rend au Caire en qualité de lieutenant de réserve. Il se joint à une équipe de l’Intelligence Service qui formera plus tard le Bureau arabe des services secrets britanniques. Il est initié à son métier d’espion par Gertrude Bell  (1868-1926), femme de lettres et aventurière aussi excentrique que lui.

    En 1915, les Turcs étant entrés en guerre aux côtés des Allemands et des Austro-Hongrois, les Alliés franco-britanniques tentent de les combattre sur deux fronts, d’une part en débarquant un corps expéditionnaire sur la presqu’île de Gallipoli, aux portes d’Istamboul, d’autre part en occupant la Mésopotamie (l’Irak actuel).

   Les deux opérations se soldent par un désastre. Le corps expéditionnaire de Gallipoli doit rembarquer en catastrophe le 8 janvier 1916. Quand à l’armée anglo-indienne de Mésopotamie, elle est contrainte à une reddition humiliante le 26 avril 1916, ( pendant ce temps , la guerre des tranchées bat son plein en Europe ) .

  Au Caire, d’où les Anglais surveillent l’Orient, on décide  »faute de mieux »  de soulever les cheikhs arabes contre les Turcs ..

Justement,Hussein      Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque (1854 - 4 Juin 1931) , le chérif de la Mecque, de l’illustre famille des Hachémites, qui se dit descendant du prophète Mahomet, a fait l’année précédente aux Anglais une proposition en ce sens.

    Il se dit disposé à rejeter la tutelle ottomane et à combattre ses anciens maîtres en échange de sa souveraineté sur l’ensemble de l’  » île des Arabes  » : la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie et la péninsule arabique (à l’exception du Yémen et de quelques émirats côtiers, occupés par les Anglais).

   Sans attendre l’accord des Anglais, il donne le signal de l’insurrection le 10 juin 1916 en tirant d’une fenêtre de son palais de La Mecque en direction de la citadelle turque. Cette dernière capitule sans attendre.

   Son fils Abdallah ayant réitéré la proposition du chérif à l’état-major anglais du Caire, celui-ci décide enfin d’y répondre favorablement, quoiqu’il juge l’objectif irréalisable et lui préfère la création de plusieurs États arabes indépendants.

Le jeune T. E. Lawrence fait des pieds et de mains pour être de la partie. Il voit se préciser son rêve de recréation d’un empire arabe, au détriment des Turcs mais aussi des Français, très présents en Syrie.

   Comme le montrera la suite des événements, il se trompe au moins sur trois points :

       1) les Arabes des villes de Syrie n’ont que mépris pour les bédouins du désert et leur préfèrent la tutelle turque .

      2) Hussein et ses fils sont des intrigants sans envergure ni courage ;

     3) en Arabie même, Hussein, en dépit du prestige que lui vaut l’autorité sur les villes saintes de l’islam et sa qualité de chérif (descendant de Mahomet), est menacé par l’entreprise de conquête d’Ibn Séoud, émir du Nedjd (capitale : Riyad), à l’est de la péninsule.

    En attendant, le 12 octobre 1916, Lawrence embarque à Suez en direction de Djeddah, de l’autre côté de la mer Rouge, à la rencontre d’Abdallah et des cheikhs arabes du Hedjaz, la partie occidentale de la péninsule arabique.

La délégation alliée, comprend quelques Français dont le colonel Édouard Brémond. Ce  » vieux routier  » de la conquête du Maroc est pris en grippe par Lawrence qui finira par le marginaliser.

T.E. Lawrence (Lawrence d'Arabie) sur son dromadaire de combat à Akaba (1917)D’emblée, Lawrence convainc ses accompagnateurs de laisser les Arabes mener seuls leur révolte. Pas question d’un corps expéditionnaire qui viendrait ternir leur gloire. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter  les crédits de Londres : Onze millions de livres sont généreusement mis au service de la Révolte arabe. Ils vont servir à  » acheter les consciences  » .

  Pour conduire la Révolte, Lawrence fixe son choix sur Fayçal, le troisième fils du chérif Hussein, plutôt que sur le second, Abdallah. À dos de dromadaire, il se rend à son camp.

L’émir Fayçal, jeune homme élancé d’une trentaine d’années, l’accueille avec grâce :
– Comment trouvez-vous notre camp, ici, dans l’Ouadi Safra ?
– Superbe, mais loin de Damas !
– Loué soit Dieu, les Turcs sont plus proches, rétorque Fayçal sans se démonter.

Gloire médiatique :

Le 24 janvier 1917, l’armée de Fayçal, avec quelques milliers d’hommes, se met en route,  en direction de Médine,( à 400 kilomètres au nord de La Mecque ). Son importante garnison turque est placée sous les ordres de Fakhri pacha, qui s’est déjà illustré dans le génocide des Arméniens et tient la ville et ses 40.000 habitants par la terreur.

  Finalement , les combattants arabes vont échouer dans la guerre de siège et n’arriveront à entrer dans la seconde ville sainte de l’islam que le 10 janvier 1919, soit après l’armistice ! Qu’à cela ne tienne. Pour Lawrence et les Britanniques, il vaut mieux à tout prendre que la garnison turque demeure piégée au milieu du désert plutôt que de rejoindre le front européen.

L’état-major du Caire a un souci plus immédiat…

Le  » trop prudent  »général Archibald Murray ayant lamentablement échoué le 19 avril 1917 dans sa tentative de s’emparer de Gaza, au sud de la Palestine, il est remplacé par le général Edmund Allenby, surnommé the Bull ( » Le taureau  »), avec ordre de s’emparer de Jérusalem avant la Noël 1917 ! Il s’agit d’offrir un motif d’espoir à l’opinion publique, troublée par les échecs incessants sur les fronts européens.

Le général dispose pour ce faire d’un corps expéditionnaire de pas moins de 300.000 soldats !

  Allenby a besoin que soit au préalable neutralisé le port d’Akaba, au fond du golfe du même nom (aujourd’hui en Jordanie). Ce verrou pourrait gêner la progression de son armée vers la Palestine et Jérusalem. Le port d'Akaba en 1918( port d’Akaba )

   Lawrence,  connait bien le Sinaï et Akaba, lui propose donc de s’en emparer par surprise avec un détachement de cavaliers arabes. Le raid réussit avec brio. Le 5 juillet 1917, il surgit avec deux mille cavaliers sur les crêtes qui dominent le port. Les trois cents soldats turcs de la citadelle, surpris, se rendent dès le lendemain après un sanglant affrontement. Au Caire, à Londres et en France même, l’exploit fait l’effet d’une bombe.

 

     Devenu du jour au lendemain héros national, T. E. Lawrence (29 ans) est promu major, proposé pour  » l’Ordre du Bain  » et cité à l’ordre de l’Armée française. Qui plus est, l’émir Fayçal ayant renoncé à guider le raid d’Akaba, c’est le Britannique Lawrence qui apparaît comme le véritable chef de la Révolte arabe !

    Mais quand Allenby lui demande de déclencher une insurrection générale en soutien à son offensive sur Jérusalem, Lawrence se dérobe, à la grande déception du général qui voit la Révolte arabe tant vantée se réduire à peu de chose.

   Pendant l’automne, le jeune héros et ses légions de cavaliers vont se  » cantonner  » dans les attaques des infrastructures routières et de la voie ferrée du Hedjaz, construite par les Allemands entre Damas à Médine et inaugurée le 30 juillet 1908.

Entrée du général Allenby à Jérusalem le 11 décembre 1917( Entrée du général Allenby à Jérusalem ? )

   En novembre 1917, T.E. Lawrence se déguise en mendiant arabe pour espionner la garnison turque de Deraa, au sud de la Syrie. Capturé, il subit de nombreux sévices avant d’être enfin relâché. Après cette épreuve, il décide de s’entourer de dévoués gardes du corps.

   Pendant ce temps, Allenby triomphe. Le 7 novembre 1917, il s’empare enfin de Gaza et, le 11 décembre 1917, en avance sur l’échéance, il fait une entrée solennelle à Jérusalem à la tête de son armée avec à ses côtés Sir Ronald Storrs, qui allait devenir le premier gouverneur britannique de Jérusalem, et l’inévitable T.E. Lawrence, promu au grade de lieutenant-colonel, dans un bel uniforme d’officier d’état-major.

  Pour la première fois depuis les Croisades, des troupes chrétiennes bivouaquent autour du Saint Sépulcre.

  Bref triomphe …..

   La guerre n’est pas finie pour autant. Au Proche-Orient, les Turcs redoublent de combativité sous le commandement d’un général prestigieux, Moustapha Kémal, le vainqueur des Dardanelles !

   Après que Lawrence eut vaincu plusieurs colonnes turques à Tafila, au sud-ouest de la mer Morte, le 25 janvier 1918, le général Allenby lui offre le renfort d’une formation anglo-française de méharistes, composée d’Européens, Indiens, Égyptiens, Soudanais et Nord-Africains.

  Lawrence est au comble de l’excitation. Damas est enfin près de tomber. Après quelques semaines de combats intenses, la retraite turque tourne à la débâcle.

  Le 26 septembre 1918, il entre en vainqueur à Deraa, où il avait été humilié quelques mois plus tôt.

  Et le 1er octobre 1918, devançant l’armée britannique d’Allenby, il entre à Damas en compagnie de Fayçal, auquel il destine la couronne de Syrie. L’émir et son chevalier servant sont accueillis par des clameurs de joie.

  Deux jours plus tard, pourtant, Lawrence remet sa démission à Allenby. C’est qu’entre-temps, l’officier a vu son rêve exploser sous le poids de ses contradictions.

    Au lendemain de la prise d’Akaba, en juillet 1917, il avait appris à sa grande consternation que les Français et les Anglais avaient conclu un accord secret pour le partage du Moyen-Orient : aux premiers le Liban et la Syrie, aux seconds la Mésopotamie (Irak) et la Palestine.

  Cet accord violait outrageusement la promesse faite par Sir Henry Mac Mahon, Haut-Commissaire britannique en Égypte, au chérif Hussein, le 24 octobre 1915, promesse selon laquelle  » les Anglais seraient disposés à soutenir l’indépendance des Arabes dans le vaste domaine compris entre le Taurus, la Perse, le golfe Persique, l’océan Indien, la mer Rouge et la Méditerranée – à l’exclusion d’Aden et de la côte libanaise  ».

    Pour ne rien arranger, le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Lord Balfour a publié une lettre ouverte par laquelle il promet la création d’un  » foyer national juif  » en Palestine. C’est une  »nouvelle entorse » au rêve arabe.

T.E. Lawrence pose pour Lowell Thomas dans sa tenue de légende (Lawrence d'Arabie, 16 août 1888 - 19 mai 1935)Décontenancé par ces coups bas, T.E. Lawrence s’est efforcé jusqu’au bout de faire bonne figure devant ses interlocuteurs arabes en les assurant que tout finirait par s’arranger.

   Désormais, il se donne pour mission de sauver ce qui peut l’être, en participant notamment aux négociations de paix qui s’ouvrent à Paris le 18 janvier 1919. Lawrence s’y rend sans attendre avec l’émir Fayçal.

   Il force tant et plus les portes des délégations, jusqu’à importuner Georges Clemenceau et David Lloyd George, chefs des gouvernements français et anglais.

Ces derniers ne l’admirent pas moins, tout comme Winston Churchill qui partage beaucoup de ses traits (courage guerrier, culture historique, audace visionnaire… et mauvais caractère).

Bientôt va s’épanouir la légende de  » Lawrence d’Arabie  », à l’initiative du correspondant de guerre américain Lowell Thomas. Il a suivi la bataille d’Akaba et multiplie à New York et Londres les conférences et les articles sur  »le héros  ».

   Fayçal et les Hachémites, toutefois, ne partagent pas l’admiration des Occidentaux pour T.E. Lawrence et tendent à le voir comme un traitre à leur cause

L'émir Fayçal à Paris, pendant les négociations de paix (1919) avec le capitaine Pisani à sa droite et le colonel Lawrence à sa gauche( Fayçal à Paris , pour négociations de paix )

La chute :

 

     Livré à lui-même, l’émir Fayçal tente de négocier avec les Britanniques puis avec les Français un royaume en Syrie.

    Faute d’accord, il se rend avec sa cavalerie à Damas pour recevoir du gouvernement provisoire syrien la couronne promise. Mais, il en est expulsé comme un malpropre par les forces d’occupation françaises du général Gouraud et ses troupes sont écrasées à Khan Messeyloun, le 24 juillet 1920. Il n’a d’autre solution que de se replier en Arabie.

  Comme les populations de Syrie et d’Irak s’agitent, mécontentes de passer de la tutelle ottomane à la tutelle occidentale, le Premier ministre britannique confie à Churchill, le 13 février 1921, le Secrétariat d’État aux Colonies.

   Dès le mois suivant, le 12 mars 1921, le nouveau ministre ouvre une conférence au Caire. T.E. Lawrence et Gertrude Bell, qui l’ont préparée et y participent en qualité de conseiller, suggèrent à Churchill de transformer les mandats en alliances et d’alléger les forces d’occupation.

Churchill agrée leurs suggestions : Il fait de l’Irak et de la Transjordanie deux royaumes alliés de la Grande-Bretagne. Le premier est confié à Fayçal, qui se voit ainsi consolé de la perte de la Syrie ; le second à son frère Abdallah dont le descendant règne encore à Amman.

En marge de la conférence du Caire (1921), Churchill (1er à gauche), Gertrude Bell (2e à gauche) et Lawrence (3e à gauche) participent à une course de dromadaires. Lawrence l'emporte

L’année suivante, le 28 février 1922, l’Égypte passe du statut de protectorat à celui de royaume théoriquement indépendant mais sous tutelle britannique.

   Quant au royaume du Hedjaz, gouverné par le chérif Hussein, il est annexé le 8 janvier 1926 par Ibn Séoud, autre protégé des Anglais, conseillé par un émule de Lawrence moins célèbre et plus chanceux : Harry Saint-John Philby (1885-1960).

Ainsi s’achève le rêve de T.E. Lawrence……

T.E. Lawrence sur l'une de ses motocyclettes BroughBrisé par le sentiment de l’échec et de l’ingratitude, il abandonne toute fonction officielle. En dépit de sa notoriété, il manque de sombrer dans la clochardise et finit par s’enrôler comme simple soldat sous un nom d’emprunt.

  Ayant confié sa détresse à son ami l’écrivain George Bernard Shaw, celui-ci lui offre pour tout secours une motocyclette.!!!!

  Le héros solitaire va dès lors se partager entre divers engagements militaires, son œuvre littéraire et la vitesse.

   Il se fracasse à moto sur une petite route anglaise et meurt le 19 mai 1935, à 46 ans. À ses funérailles, discrètes, son  » ami  » Winston Churchill ne pourra pas retenir une larme……

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T.E. Lawrence aux côtés du célèbre archéologue Leonard Woolley en 1913, à Karkemish (Syrie)

C’était il y a environ ….

378 ans

   Montréal, métropole de l’actuelle province du Québec, est née le 17 mai 1642 sur une grande île située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la Rivière-des-Prairies.

Une idée de Samuel de Champlain :

    En 1615, Samuel de Champlain , qui a déjà fondé l’  » Abitation de Québec  » le 3 juillet 1608, émet l’idée d’un poste sur le fleuve Saint-Laurent en vue de promouvoir la religion catholique parmi les Indiens de la Nouvelle-France… et de développer le commerce de la fourrure.

   L’idée est reprise sous le règne de Louis XIII par le baron de Fancamp et Jérôme de la Dauversière, un habitant de La Flèche. Ils ont l’idée d’ une grande île sur le fleuve, à 1500 km à l’intérieur des terres, que l’explorateur Jacques Cartier Résultat d’images pour Jacques Cartier a repérée un siècle plus tôt, le 2 octobre 1535, et baptisée  » Mons realis  » (Mont royal en latin).

    En vue de sa colonisation, ils fondent la  » Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France  » ( le mot sauvage viendrait du latin salvaticus et désignait à l’époque  »celui qui habite dans les bois  », sans connotation péjorative comme aujourd’hui).

Le 9 mai 1641, deux navires quittent La Rochelle pour la Nouvelle-France (le Québec actuel). La colonie ne compte encore que 400 Français. À bord des navires, une cinquantaine de personnes sous la direction de deux catholiques fervents : Le  »gentilhomme  » Paul de Chomedey de Maison -neuve et l’infirmière Jeanne Mance Résultat d’images pour jeanne mance.

   L’expédition passe l’hiver à Québec et atteint le site de Montréal l’année suivante. Elle débarque près du village huron d’Hochelaga, dont un quartier actuel de Montréal perpétue le nom. Cet endroit est aujourd’hui connu sous le nom de  » pointe à Callière  », et un très beau musée d’archéologie et d’histoire y rappelle l’événement…

Des débuts pénibles

   Dès leur  arrivée, les colons construisent une clôture. La messe de fondation a lieu le lendemain, dimanche 18 mai 1642. Le nouvel établissement est consacré à la Vierge et prend le nom de Ville-Marie (une dizaine d’années plus tard, il ne sera plus connu que sous le nom de Montréal). Il se dote d’un hôtel-dieu (hôpital) à l’initiative de Jeanne Mance.

   Mais les débuts sont très pénibles et la ville doit se défendre contre les Iroquois , farouches ennemis des Français depuis leur rencontre malheureuse avec Samuel de ChamplainSamuel de Champlain . L’arrivée de nouveaux colons permet de fortifier la colonie. En 1647, par décision du gouvernement français, les armateurs sont contraints d’amener un immigrant pour chaque tonne de fret. En 1653, le gouverneur Maisonneuve ramène de France une centaine de soldats pour mieux protéger sa ville. Celle-ci connaît alors le calme , la sérénité avec la »Grande Paix  » de 1701 conclue avec les Indiens.

Montréal devient bientôt la plaque tournante du commerce des fourrures,   » l’or de la Nouvelle-France  ».

Le temps des Anglais :

    Mais arrive la guerre de Sept Ans… La ville est assiégée par trois armées anglaises et se rend sans combattre le 18 septembre 1760. Comme l’ensemble de la Nouvelle-France, elle passe alors à la couronne britannique. ( elle compte 45.000 habitants )

   Au milieu du XIXe siècle, c’est une cité en pleine expansion, qui tire sa richesse non plus du commerce des fourrures mais de son port fluvial accessible aux navires transatlantiques.

De nombreux immigrants y affluent et le maire de la ville prend acte de cette nouvelle réalité en dotant la ville d’un drapeau qui rappelle la diversité de ses habitants avec la fleur de lys française, la rose anglaise, le chardon écossais et le trèfle irlandais.

Capitale éphémère du Canada …..

En 1847, Montréal est choisie en raison d’une situation géographique exceptionnelle pour devenir le siège du gouvernement du Haut-Canada (à majorité anglophone) et du Bas-Canada (à majorité francophone).

Mais sa vocation de capitale tourne court après le drame du 25 avril 1849. Ce jour-là, à l’hôtel du Parlement, le gouverneur général du Canada sanctionne (ou entérine) une loi du Premier ministre du Bas-Canada, Louis-Hippolyte La Fontaine.

Cette loi vise à indemniser les victimes de la répression des rébellions qui se sont produites douze ans plus tôt dans les provinces francophones. Les commerçants anglophones de la ville se soulèvent aussitôt. Ils brûlent la résidence du Premier ministre et surtout l’hôtel du Parlement et sa riche bibliothèque. C’est suite à cet événement  qu’en 1857, la reine Victoria choisit Ottawa de préférence à Montréal pour être la capitale du  » Canada-Uni  ».

   Aujourd’hui, Montréal conserve la satisfaction d’être la ville la plus vivante du Canada. Mais elle a dû céder à Toronto (4,5 millions d’habitants) la primauté économique.

Avec 3 millions d’habitants pour l’ensemble de son agglomération, dont une majorité qui ont le français pour langue maternelle, elle reste la deuxième ville francophone du monde après Paris.

Montréal  » propose  » un très beau musée des Beaux-Arts et  quatre universités : Concordia, McGill, UQÀM (Université de Québec à Montréal) et la plus réputée de toutes, l’Université de Montréal.

 Le site des Jeux Olympiques de 1976 côtoie l’un des principaux jardins botaniques du monde, créé dans les années 1920 par le frère Marie-VictorinRésultat d’images pour Marie-Victorin , religieux et scientifique. Ce jardin comprend un intéressant  »Biodôme  » avec reconstitution de milieux tropicaux…

   L’île du Saint-Laurent sur laquelle s’est tenue l’exposition universelle de 1967 est  devenue un grand parc d’attractions.

Baiser et poignée de main prohibés…

  Entièrement  » copié et collé  » !
Déjà il y a 110 ans !
…….croisade moderne des hygiénistes (D’après « Le Petit Parisien », paru en 1910)

        Au début du XXe siècle, le journaliste Jean Frollo vitupère contre la nouvelle croisade d’hygiénistes qui, promettant de nombreuses maladies à ceux qui font usage du baiser et de la poignée de main, avancent d’irréfutables expériences scientifiques à l’appui nous ôtant en réalité toute raison de vivre…

Nous n’en aurons jamais fini avec les hygiénistes, écrit notre chroniqueur. Ils nous ont privés de vin à cause de l’artériosclérose, de lait à cause de la tuberculose. Ils ont songé à nous priver d’eau à cause de l’appendicite et de la fièvre typhoïde. Aujourd’hui, ils reprennent une campagne commencée il y a quelques années contre le baiser.

      Donc, après nous avoir enlevé presque toutes les joies de la table, ils entendent nous refuser celles du cœur. Il ne faut plus s’embrasser. Il ne faut même plus baiser une jolie main. Il faut vivre seul, dans la peur du microbe et, comme disait le poète, perdre, pour vivre, les raisons de vivre. Je doute du succès de cette nouvelle croisade.

Le baiser. Chromolithographie de 1909
  Illustration du net : Le baiser. Chromolithographie de 1909

   Un journal américain vient d’ouvrir une enquête sur la question. On y relève des perles de ce genre : Deux personnes, en s’embrassant, risquent de se communiquer les germes de nombreuses maladies et partout où l’on s’embrasse trop les risques d’épidémies augmentent. Pourquoi ? Un article déjà ancien de la North American Review, retrouve parmi des curiosités d’autrefois, va nous l’apprendre.

 La conclusion de cet article est formelle :

     » Si une femme pouvait voir avec un microscope tous les germes mortels qui sont accumulés dans la moustache d’un homme, jamais elle ne se laisserait embrasser par lui.  »  Une expérience scientifique a démontré ce péril. Voici comment :

     Vous prenez une jeune fille, dont vous stérilisez avec soin les lèvres, vous lui amenez un monsieur imberbe, qui vient de se promener par la ville partout où l’on peut rencontrer des microbes ; vous invitez le monsieur à embrasser la jeune fille, puis, avec une brosse non moins stérilisée que les lèvres de tout à l’heure, vous recueillez sur ces lèvres ce que j’appelle à regret le résidu du baiser. Le tout est placé dans un tube aseptique et envoyé à l’analyse.

Vous reprenez la même jeune fille. Nouvelle stérilisation aussi consciencieuse que la précédente, vous lui amenez un second monsieur, mais celui-ci n’est pas imberbe. Il porte une moustache bien française, crânement retroussée et doucement caressante, un second baiser et une seconde cueillette de microbes. Encore un tube de verre, avec envoi à l’analyse.

   Or, savez-vous quel est le résultat de ces deux analyses ? Le monsieur sans moustache a donné un baiser à peu près inoffensif ; le monsieur à moustache, au contraire, a répandu sur les lèvres de la jeune personne une profusion de microbes, savoir microbes de la tuberculose, de la diphtérie, germes de putréfaction, même un certain duvet spécial provenant de la patte d’une araignée !

 Il est donc scientifiquement établi que le baiser est chose dangereuse. A la rigueur, on peut se permettre cette imprudence, quand on n’a ni barbe ni moustache. En tout autre cas, il est criminel d’embrasser une femme, car on ne sait pas quelles maladies on est exposé à lui communiquer.

  D’ailleurs, le baiser n’est pas seul proscrit. Je me souviens d’un congrès, vieux de cinq ans environ, où il fut savamment expliqué que la poignée de main est presque aussi dangereuse. Car, après la bouche, la main est, paraît-il, la partie du corps la plus riche en microbes. Il y a, dit-on, 25 000 microbes sur le bras et 80 000 dans la main. Cela tient aux sillons, aux  » lignes  »  où se lit l’avenir et où s’embusque aussi le germe nocif.

    Les poignées de main sont particulièrement redoutables de la part de certaines personnes. Les plus malsaines sont celles des changeurs, qui manient toute la journée des pièces de monnaie qui ont beaucoup circulé. Puis viennent, par ordre de nocuité, les médecins, les coiffeurs, les bouchers et les charcutiers.

 Pour éviter ce risque, que faire ? Ne plus se serrer la main évidemment. Mais ne plus embrasser les femmes et ne plus serrer la main aux hommes, c’est, en vérité, trop peu, surtout pour ceux d’entre les Français à qui ces deux gestes sont également habituels. Faudra-t-il adopter le salut oriental, porter la main sur le cœur, sur les lèvres et sur le front ? Ou encore le salut militaire ?

Edouard VII avait, d’ordinaire, la main droite seule gantée. Comme il était fort élégant et lançait les modes, on adopta cet usage, comme on avait adopté celui du pantalon relevé. Le roi en souriait et expliquait de la meilleure grâce du monde les raisons qui l’avaient décidé à garder la main droite seule gantée. C’est, disait-il, que c’est la plus exposée au contact des hommes et des choses, celle par conséquent qui demande à être le plus protégée.

Si l’on songe à tout cela, mieux vaut mourir. C’est l’avis même qu’exprimait un Américain, président d’une ligue contre la tuberculose, en disant :  » Embrasser présente peut-être quelque danger. Mais celui qui n’ose courir quelques risques pour déposer un baiser sur de jolies lèvres n’est pas digne du nom d’homme.  » Voilà qui est parler, et cet hygiéniste fait honneur aux femmes de son entourage.

  Ne laissons pas, en effet, l’hygiène devenir persécutrice et défendons le droit au baiser. Il y a des pays où on le proscrit comme immoral. Il y en a d’autres ( à New-York par exemple ) où des règlements de police en limitent la durée. On y lit, en effet :  » Tout baiser d’une durée plus longue qu’une minute est immoral et, en conséquence, les agents ont le devoir et le droit de l’interrompre.  »

   Ne troublons pas les adeptes du baiser par la crainte du microbe s’ajoutant à celle du policeman. Car, à toujours tout redouter, on finit par ne se plaire à rien et si l’hygiène rend la vie impossible, mieux vaut sacrifier la première que la seconde.

Si vous êtes atteints de la….

…..musophobie ( c’est à dire la phobie , peur des rats ) , j’ ai lu un  » remède  » qui pourrait vous aider  ….( mais il faut croire en dieu ou au moins à ses saint( e ) s )..

Résultat d’images pour sainte gertrude voilà le remède  : Sainte Gertrude !

      Née en 625 , Gertrude de Nivelles ( Nivelles = ville belge )  serait morte à l’âge de 33 ans ( même âge que Jésus à son décès ,  »çà fait bien  » pour les chrétiens ) ..Bref , cette religieuse a pris la suite de sa mère à la tête de l’abbaye de Nivelles Résultat d’images pour abbaye de nivelle( autour de laquelle s’est développée la ville du même nom ) …Gertrude a eu la réputation de faire fuir les rats et les souris Résultat d’images pour illustrations jpg rat  , mais aussi , ceci explique peut-être cela , de pouvoir communiquer avec les chats , dont elle est d’ailleurs parait il la  » sainte patronne  » . Elle est souvent représentée avec des chats grimpant le long de sa tunique .

   Certains ( tjrs des croyants ? ) prononcent les mots suivants pour faire   fuir les rongeurs :  » Rats,rates et souris , souvenez vous que Ste Gertrude est morte pour vous……Au nom du grand Dieu vivant , je vous conjure de vous en aller hors de mes bâtiments et héritages , et d’aller au bois dans un délai de trois jours  »  ….

    Moins onéreux que tous raticides ou pièges anti rats Résultat d’images pour images piège à rats, mais aussi efficace ????? lol