Le béguin ..

 » Connaître quelqu’un dès le béguin  » : Je viens de lire cette expression , je me suis demandé si elle a un rapport avec  » avoir le béguin  » ,  »être amoureux  » .
   J’ai trouvé ce qui suit : Connaître quelqu’un dès le béguin…

    Connaître quelqu’un depuis son enfance

     Le béguin était une coiffure féminine portée par les religieuses de l’ordre des Béguines, avant que cette coiffe ne fût portée par des enfants sous leur bonnet. Vers le milieu du règne de Louis XV, garçons et filles portaient en effet généralement cette coiffure à six ou sept ans, et dans quelques familles, la permission de quitter le béguin arrivait pour les demoiselles beaucoup plus tard.

   Craignant des hommages trop précoces, certaines mères obligeaient leurs filles à porter, toutes grandes, une coiffure qui voulait dire : Je suis encore une enfant, ne m’adressez point de propos indiscrets, ne faites point attention à moi.

Lorsque Rousseau, en 1762, proscrivit le maillot, la bride, petite bande de toile qui fait partie d’un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête, fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Le docteur Des Essarts (Traité de l’éducation corporelle des enfants en bas âge, Paris, 1760) avait déjà dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides, y occasionnait un engorgement et un gonflement.

Le docteur Alphonse Le Roi (Recherches sur les habillements des femmes et des enfants, Paris, 1772) ajouta : « Souvent on serre trop le cordon, à dessein d’affermir la coiffure de l’enfant ; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau, ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfants succombent le plus ordinairement. »

Dans l’Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), Rolland de La Platière lança aussi son manifeste contre les béguins.  » Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de la layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l’enfance, gênaient ses mouvements, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l’affranchir.  »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Mercure de France, signé M.  » Qu’est-ce qui a fait, dit l’abbé Galiani dans une lettre à madame d’Épinay, cette plaisanterie charmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu’il y a de plus délicat dans ce genre. Si Grimm n’en est pas l’auteur, je ne le connais point.  »

Beaucoup de bruit pour un petit bonnet je trouve ? 

Parce que j’en bois beaucoup….trop ?

Le café

    C’est vers 1644 ,  suite à   une longue suite de  » vicissitudes  » que le café, faisait  » modestement  » son apparition à Marseille grâce à des voyageurs étrangers,il  obtint peu à peu droit de cité en France après avoir conquis en premier le centre élégant de la vie parisienne : Environ cinquante ans plus tard, il avait gagné la faveur publique, bravant les mesures infructueuses d’un gouvernement ayant vu en lui une source de revenus substantiels

  Ce furent, tout naturellement, des  » voyageurs  » qui introduisirent en France le café, alors fort en usage dans les pays turcs, du Bosphore à la vallée du Nil. Marseille,  » porte de l’Orient  » , l’accueillit en 1644:  Revenant de Constantinople où il avait accompagné M. de la Haye, le  » sieur  » de la RoqueRésultat d’images pour    '' sieur '' de la Roque images rapporta, avec du café, les ustensiles nécessaires pour le confectionner et le boire : il était , parait il , particulièrement fier  de  » tasses de vieille porcelaine d’une grande beauté et de petites serviettes de mousseline brodées d’or, d’argent et de soie  » (  objets de collection plus que d’usage courant ) .

   Son petit cabinet  » à la turque  »  passait pour une vraie curiosité  et le public invité à goûter le breuvage était composé de voyageurs amis, comme La Roque accoutumés aux usages des pays orientaux  . D’autres négociants de Marseille commencèrent alors à en faire également un certain usage. Mais pendant une quinzaine d’années la boisson ne sortit pas de milieux assez restreints.

Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d'Amérique du Sud buvant un chocolat. Gravure (colorisée ultérieurement) extraite de Traités nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolate par Philippe-Sylvestre Dufour, édition remaniée parue en 1685 de son De l'usage du caphé, du thé et du chocolate publié en 1671

( image = Turc buvant du café, Chinois buvant un thé et Indien d’Amérique du Sud buvant un chocolat.)

    En 1657, introduit par Jean de Thévenot, le café fit son apparition à Paris. Le célèbre voyageur, qui avait rapporté d’Égypte une provision de la précieuse fève, en régala des amis ( Jean de Thévenot consacre plusieurs pages au  » cahvé  » et aux  » cahvehanes  » (cabarets publics de  » cahve  ») chez les Turcs, dans le récit de ses voyages ) qui n’étaient peut-être pas tous des  »orientalisants  » …. Quelques personnes de la haute société, à l’affût de plaisirs nouveaux, se piquèrent même de posséder des faiseurs de café italiens.

      En 1660, un  »sieur  » More fut adjoint par le maître d’hôtel de Mazarin à la troupe de ses cuisiniers, tandis qu’Andréa Salvator venait préparer le nouveau breuvage chez le maréchal de Gramont, qu’on   » fort curieux de ces sortes de choses  ». Ces deux habiles Italiens excellaient « à distiller toutes sortes de fleurs, fruits, grains et autres choses, tant par le chaud que par le froid, et à préparer le chocolat, le thé et le café » . La fève, rare et précieuse, était vendue 80 francs la livre. D’où une clientèle assez restreinte . Le grand public ignorait toujours l’existence du café. D’où la surprise des lecteurs de la Muse de Cour, quand ils y découvrirent, en 1666, un poème de Subligny célébrant les vertus du  » kavé  » :

Qui guérit en moins d’un avé
Quand le reste ne peut guérir en une année…

 

    Un événement bien  » parisien  » allait être à l’origine de l’engouement qui, soudain,  » lança  »  le noir breuvage. Depuis plusieurs années, les relations avaient été suspendues entre le Sultan et le Très-Chrétien, brouillés à la suite d’outrages, vols, molestations, etc., dont les ambassadeurs et  négociants de France étaient l’objet en pays turc. Un corps d’armée dirigé par le duc de Beaufort venait même d’être envoyé au secours des Vénitiens assiégés dans Candie par le Grand Vizir.

    Soudain on apprit que Mohammed IV, revenant à de meilleurs sentiments, envoyait à Paris un ambassadeur. Celui-ci débarqua à Toulon début  août 1669, accompagné d’une vingtaine de notables et de domestiques , et tous les regards furent désormais tournés vers Soliman Aga, Muaferraca , titre turc indiquant une fonction de la domesticité du sultan, interprété comme le nom de l’ambassadeur que l’on appela à Paris Mouta Faraca ou Mustapha Raca. Pour le saluer, les villes sur son passage tirèrent le canon. À Paris le roi lui-même le reçut avec une solennité inusitée ….

    Mais loin d’être touché par ces marques d’attention, le Turc, bien au contraire, se plaignit de ce que le roi ne s’était pas levé pour recevoir sa lettre, et se retira fort  mécontent. L’ambassade aboutissait à un échec, sur le plan politique ; il en fut tout autrement, s’agissant de la littérature et des mœurs ( car Mustapha Raca est à l’origine du Bourgeois Gentilhomme ) et répandit en France l’usage du café. À en croire une anecdote de La Martinière, ce serait pour se moquer des dédains de l’envoyé de la  »Sublime Porte  » qu’auraient été imaginées les  » turqueries  »  bouffonnes du Bourgeois Gentilhomme : en mettant sur la scène l’Orient travesti, Molière vengeait Louis XIV.

Intérieur d'une coffee house anglaise. Frontispice de Coffee houses jests par William Hickes (1630-1682), édition de 1686
  (image = Intérieur d’une coffee house anglaise. )

   En fait, après s’être montré si fier envers Louis XIV, Soliman Mouta Faraca, » bel homme  » âgé d’une cinquantaine d’années, se mit à recevoir, les dames surtout.  »      De jeunes et beaux esclaves, habillés d’un riche costume turc, présentaient aux dames de petites serviettes damassées garnies de franges d’or et servaient le café dans des tasses de porcelaine fabriquées au Japon.  »  On se pressait dans le logis au décor exotique, attiré d’ailleurs plus par le charme d’une conversation piquante car  le Turc était  » homme d’esprit  » plus que par un breuvage au goût assez acre. Mais Mustapha poussa la galanterie jusqu’à offrir du sucre avec son café. Et l’engouement fut complet.

   Après son départ , le 22 août, tous ceux qui avaient eu  » l’inestimable privilège  » d’être reçus par lui mirent leur point d’honneur à faire goûter par leurs invités le breuvage dont tout le monde parlait, la mode se répandit alors , dans la haute société, de consommer du café au cours des réceptions.

   Les bourgeois, eux aussi, voulurent bientôt connaître la saveur nouvelle. La renommée de la  » liqueur arabesque  » fut exploitée par les marchands de la capitale, toujours prêts à satisfaire la curiosité du public. Dès 1671 ,il y eut  à Paris,   » plusieurs boutiques où l’on vendait publiquement le caffé  ». Le produit nouveau, vendu en grains, était utilisé comme drogue plus encore que comme boisson d’agrément ; ce sont ses propriétés thérapeutiques que vantait un prospectus répandu par les marchands de café :

 » Coffé est une meure qui croist dans les déserts d’Arabie, d’où elle est transportée dans toutes les dominations du Grand Seigneur : qui estant beuë( bue), desseiche toutes humeurs froides et humides, chasse les vents, fortifie le foye, soulage les hydropiques par sa qualité purifiante ; souveraine pareillement contre la galle et corruption de sang ; raffraischit le cœur et le battement vital d’iceluy, soulage ceux qui ont des douleurs d’estomac et qui ont manque d’appetit ; est bonne pareillement pour les indispositions de cerveau froides, humides et pesantes. La fumée qui en sort est bonne contre les deffluxions des yeux et bruits dans les oreilles ; souveraine aussi pour la courte haleine, pour rhumes qui attaquent le poumon, et douleurs de ratte, pour les vers, soulagement extraordinaire après avoir trop beu ou mangé. Rien de meilleur pour ceux qui mangent beaucoup de fruict.  » lol : Un remède pour toutes les maladies ! 

  Et donc le café n’aurait été qu’une préfiguration du quinquina médicinal, s’il n’avait ,dans le même temps, été prôné sur les tréteaux des foires comme la boisson par excellence. Les Arméniens qui, dès 1666,  apportaient du Midi à Paris des ballots de café, eurent alors l’idée de profiter de l’engouement des Parisiens en ouvrant des boutiques où l’on vendrait uniquement des décoctions du  » noir breuvage  ». Peut-être furent-ils inspirés par l’exemple de Marseille, initiatrice en la matière, où s’ouvrit, en 1671, un magasin de  » liqueur de caffé  ».

Dame qui prend du café illustration.Dame qui prend du café. Gravure de Robert Bonnart réalisée vers 1695

En 1672 s’établit à Paris ( même si les historiens du café indiquent que dès 1643 un Levantin aurait ouvert sans succès un café dans le passage couvert, sous le Petit-Châtelet, qui menait dans la rue Saint-Jacques au Petit-Pont, aucun ne donne de références ) , à la foire Saint-Germain, une  » maison de caffé  » tenue par un nommé  » Harouthioun » ou Pascal, qui connut grand succès.  Une fois la foire fermée, Pascal transporta son commerce sur le quai de l’École ( plus tard quai du Louvre ), où, pour  »deux sous six deniers  », il servait une tasse de café.

Mais là, le succès l’abandonna. Les passants du quai répugnèrent à pénétrer dans l’établissement que furent seuls à fréquenter des Levantins et quelques chevaliers de Malte. Pascal dut fermer boutique et se retirer à Londres. Pour y continuer son commerce ? Probablement. Dans la capitale anglaise, les coffee houses, ouvertes depuis 1652, avaient déjà conquis la faveur du public au point qu’en 1675, craignant leur hostilité, Charles IIRésultat d’images pour charles ii roi d'angleterre essaya de supprimer  » ces repaires de gens déconsidérés, qui discutent et répandent divers propos fallacieux, malicieux et scandaleux, pour diffamer le gouvernement de Sa Majesté et troubler la paix et le repos de la nation  »

À Paris, Pascal avait été un précurseur. Attiré par la clientèle abondante et facile qu’offrait la foire Saint-Germain, son commis Procopio associa ses maigres économies de  » garçon de café  » à celles d’un nommé Logerot, et loua dans la foire une loge . L’idée de la  » maison de café  » installée en ville fut reprise, elle, par un autre Arménien, Maliban, qui s’installa rue de Bussy, près du Jeu de Paume de Metz. Après un court passage rue Férou, il revint à la première boutique, et se mit à y débiter du tabac et des pipes à la mode orientale. Il échoua ,  bientôt il passa en Hollande. Son commis lui succéda ( un certain Grigor ou Grégoire, originaire d’Ispahan ), qui eut une idée fort astucieuse : il alla s’établir près de la Comédie Française, qui donnait alors ses représentations rue Mazarine. Comédiens et gens de lettres prirent l’habitude de se retrouver chez Grégoire. Le café, lieu où lon cause, était fondé.

Pour consommer, il n’était d’ailleurs pas besoin d’entrer dans les petites échoppes des cafetiers levantins. Des marchands ambulants parcouraient les rues, débitant le café à domicile. Le plus célèbre, un petit boiteux, nommé le Candiot, sans doute un Crétois, s’en allait par les rues en criant :  » Du café !  » Ceint d’une serviette  »fort propre  », il portait d’une main un réchaud sur lequel était une cafetière, et de l’autre une espèce de fontaine remplie d’eau ; devant lui, un éventaire de fer blanc avec tous les ustensiles nécessaires.      Pour deux sous il remplissait un gobelet, en fournissant aussi le sucre. Le Candiot avait des concurrents. . Tous ces Levantins ont été les artisans obscurs de l’acclimatation, à Paris, du café. Durant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, Arménien fut synonyme de marchand de café.

Les réduits où se consommait le café n’étaient pourtant que des échoppes  »infestées par la tabagie  ». On vit alors apparaître, rue des Fossés-Saint-Germain, un établissement d’un tout autre aspect, aimable, propre, luxueux même : le premier véritable café, fondé par Francesco Procopio Coltelli. On a beaucoup discuté sur les origines du personnage : était-il né à Palerme en Sicile, à Florence comme le prétend son successeur Dubuisson  ou encore à Paris, ville dans laquelle un Procopio Coltelli était venu s’installer à l’époque de Catherine de Médicis ? ( La question fut résolue par un Extrait du Plumitif de la Chambre des Comptes de Paris, année 1684, attestant que Francesco Procopio Coltelli était sicilien. Son acte de mariage permet d’ajouter : né en 1650, d’Onofrio Coltelli et de Domenica Semarqua.

Le café Procope au XVIIIe siècle. Estampe (colorisée ultérieurement) anonyme de 1779
(  image :  Le café Procope au XVIIIe siècle.) 

À la suite de quelles tribulations le Sicilien ( en qui il faut renoncer à voir un gentilhomme ruiné ) échoua-t-il à la foire Saint-Germain où il devint commis de Pascal ? On ne sait. Il suivit son patron quai de l’École ; lorsque ce dernier eut fermé boutique, il retourna, à la foire Saint-Germain, s’associa à un certain Logerot pour louer une échoppe, et gagna rapidement assez d’argent pour pouvoir, dès 1675, se marier avec Marguerite Crouïn : il en eut, de 1676 à 1688, huit enfants. Ses relations semblent localisées dans les milieux italiens. Mais en 1684 le Sicilien, à la tête d’une affaire prospère, se fit naturaliser. Désormais Procope Couteau appartient  »sinon à l’histoire de France, du moins à l’histoire des mœurs françaises  ».

Avant d’être français, Procopio faisait, dès 1676, partie de la communauté des  » distillateurs-limonadiers  ». Tandis que son acte de mariage le désigne (en 1675) comme  » marchand  », il est appelé  » distillateur  » en 1677 et  » maître-distillateur  » en 1677 et 1678 dans les actes de baptême de ses filles. En 1676, en effet, les  » maîtres-limonadiers, marchands d’eau-de-vie  »  avaient reçu un nouveau statut ; l’article III donnant la  » faculté de composer et vendre du café en grain, en poudre et en boisson  ».  » Distillateur-limonadier  », Procope avait quitté la foire Saint-Germain pour venir s’installer rue de Tournon. En 1686, il se transporta rue des Fossés-Saint-Germain puis y fonda l’établissement qui devait au cours des siècles suivants connaître la célébrité sous le nom de  » Café Procope  ».

Procope loua de plus les deux maisons attenantes, ce qui lui fournit un assez vaste espace :  » Le terrain régnait le long des fossés de la ville entre les portes de Saint-Germain et de Bussy et en était la contrescarpe.  » Le hardi Sicilien, abattant les cloisons, consacra le rez-de-chaussée des deux immeubles à son café, y installa de petites tables de marbre commodes et avenantes, accrocha au plafond des lustres de cristal, orna enfin les murs d’une élégante tapisserie et, suprême raffinement, de miroirs et de glaces. Le café devenait digne de devenir le rendez-vous des honnêtes gens et des gourmets.

À ses talents de cafetier le  » maître-distillateur  » joignait ceux de préparateur de liqueurs et de drogues multiples. Il possédait aussi une gamme de vins capiteux tels muscats, vins d’Espagne, de Saint-Laurent et de la Ciotat et toute une palette de mélanges savants : rossoly,  » rosée du soleil  », qui au gourmet permettait de savourer l’harmonie du fenouil, de l’anis, du coriandre, de l’aneth et du carvi pilés ensemble et macérés au soleil dans de l’eau-de-vie ;  » populo  », où venaient se fondre les parfums du clou de girofle, du musc, de l’ambre, du poivre long, du sucre, de l’anis, du coriandre et de l’esprit de vin ; eau de Cédrat et  » liqueur du parfait amour  » ; sorbec, composé de citron, de musc, d’ambre et de sucre ; fruits confits, cerises, framboises ou noix ; eaux de gelées et finalement glaces de fruits et de fleurs aux multiples parfums, car l’  » artiste  » sicilien lança, dès la fin du XVIIe siècle, la formule du  » café glacier  » : de quoi se réchauffer, de quoi se rafraîchir.

   C’est alors que, par une coïncidence heureuse, une large clientèle vint s’offrir à Procope. Chassés en 1687 de la rue Mazarine par l’hostilité des Jansénistes, leurs voisins les Comédiens du Roi, s’installant dans la salle du Jeu de Paume du sieur de l’Étoile, rue des Fossés-Saint-Germain, juste en face du Café Procope, construisirent un théâtre neuf ; le 18 avril 1689, la Comédie-Française inaugurait par une sensationnelle représentation de Phèdre et du Médecin malgré lui sa nouvelle salle de spectacle. Dans le théâtre lui-même, Procope occupait sa place ; car il y avait loué la  » loge de la limonade  » et installé une  » distributrice de douces liqueurs  ». Fait capital : le Café Procope devint lui-même le quartier général de tous ceux qui avaient rapport avec la Comédie.

Habit de Caffetier (vêtement allégorique avec attributs professionnels). Gravure (colorisée ultérieurement) de Nicolas de Larmessin (1632-1694) extraite de la série Les costumes grotesques : habits des métiers et professions publiée en 1695
 » Habit de Caffetier  » .

Jusque-là, Procope avait surtout la visite des joueurs de boule du Jeu de Malus (situé derrière le café), des joueurs de paume du sieur de l’Étoile et de quelques bretteurs du voisinage. Il avait aussi trouvé une clientèle parmi les nombreux passants qui traversaient le carrefour de Bussy, alors le véritable centre de Paris sur la rive gauche. Des rues Dauphine, Mazarine, Saint- André-des-Arts, des Boucheries, de Condé, on poussait volontiers jusqu’à la rue des Fossés-Saint-Germain, pour y déguster une glace, y savourer une tasse de café. Mais, une fois bâtie la Comédie, afflua la clientèle des auteurs, comédiens, nouvellistes, gens de lettres, beaux seigneurs aussi ou fermiers généraux, attirés dans ces parages par les charmes des comédiennes.

Alors, les serveurs en costumes orientaux, drapés d’amples vêtements et coiffés de bonnets de fourrure, apportent leurs petites tasses de breuvage fumant à une clientèle fort variée : jeunes cavaliers bien faits ; abbés galants se délectant de confiseries ; couples discrets réfugiés au milieu de la foule et du bruit ; savants aussi et gens de lettres qui  » confèrent sur des matières d’érudition, sans gêne et sans cérémonie, pour ainsi dire en se divertissant  ». Devant la tasse de café, on bavarde ;  » la causerie accompagne obligatoirement le café ou le thé, elle est même presque leur vraie raison d’être  ». Le café, à peine né, est un café littéraire.

Dès le début aussi, c’est un café politique. On y discute les affaires, plus graves, du gouvernement. Et le pouvoir s’intéresse aussitôt à ces centres possibles d’opposition. Le 27 décembre 1685, Seignelay écrit à La Reynie :  » Le Roy a été informé que, dans plusieurs endroits de Paris où l’on donne à boire du caffé, il se fait des assemblées de toutes sortes de gens et particulièrement d’étrangers. Sur quoy Sa Majesté m’ordonne de vous demander si vous ne croiriez pas qu’il fût à propos de les en empêcher à l’avenir.  »     Mais le succès des nouveaux établissements était si éclatant que le lieutenant de police ne retint pas la proposition du secrétaire d’État.

    À côté du Procope on vit se développer beaucoup d’autres cafés : à la foire Saint-Germain, les modestes échoppes se transformèrent en salles élégantes, où les garçons  »arméniens  » se servaient désormais de cafetières d’argent ; à l’angle de la rue Dauphine et de la rue Christine, Laurent fonda un café devenu rapidement célèbre ; rue Saint- André-des-Arts, Étienne d’AIep se fixa après avoir, des années durant, parcouru les rues en criant :  » Du café !  » Bref, en 1690, tout le centre élégant de la vie parisienne entre le carrefour de Bussy, la foire Saint-Germain et la Seine, était gagné à la formule nouvelle : il était de bon ton de se rendre au café.

Dans le même temps, le café avait gagné l’usage des particuliers, ( non sans difficulté ). Après l’engouement de 1670, une réaction s’était manifestée, conduite par la Faculté ; effrayés par les propriétés excitantes du café, de nombreux médecins l’avaient fait bannir par leurs pratiques. La correspondance de Mme de Sévigné témoigne de l’opposition du corps médical à la nouvelle boisson, et des attitudes changeantes de la Cour et des gens du monde envers le nouveau breuvage. Le 10 mai 1676, elle apprend à sa fille que le café vient d’être  » chassé honteusement  » de chez Mlle de Méri.  » Après de telles disgrâces, peut-on compter sur la fortune ?  »En 1679 à nouveau, elle rapporte à Mme de Grignan les préventions de Du Chesne, médecin de ses amis :  » La force que vous croyez que le café vous donne n’est qu’un faux bien.  » La même année, le sieur Colomb, pour son agrégation au Collège des médecins de Marseille, démontrait de son côté que l’usage du café était nuisible aux habitants de cette ville.

Un homme et une femme prenant du café. Gravure de Bernard Picart réalisée vers 1720
                     (Un homme et une femme prenant du café.  )

   Un fort parti restait cependant attaché au café. D’où les perplexités de la marquise :  » Du Chesne hait toujours le café ; le frère (Ange) n’en dit point de mal, écrit-elle en 1680 à sa fille… Est-ce qu’il faut avoir l’intention de le prendre comme un remède ? Caderousse s’en loue toujours ; le café engraisse l’un et emmaigrit l’autre : voilà toute l’extravagance du monde. Je ne crois pas qu’on puisse parler plus positivement d’une chose où il y a tant d’expériences contraires.  »

Le parti du café petit à petit l’emportait ; bientôt il allait pouvoir, à son tour, se réclamer de traités savants, montrant le bon usage que l’on pouvait en faire pour la  » préservation et la guérison des maladies  » . Mais, nouveau retour de fortune :  » Le café est tout à fait disgracié, écrit Mme de Sévigné à sa fille le 1er novembre 1688 ; le Chevalier croit qu’il échauffe et qu’il met son sang en mouvement ; et moi en même temps, bête de compagnie comme vous me connaissez, je n’en prends plus.  »

    Une semaine après, il est vrai, la marquise de Sévigné  pense que le café pourrait  » revenir en grâce  » ; mais la Cour semblant le condamner définitivement :  » Le café est disgracié ici et par conséquent je n’en prends plus ; je trouvais pourtant qu’il me faisait de certains biens ; mais je n’y songe plus.  »  C’est alors qu’un médecin de Grenoble, Monin, eut l’idée d’ajouter au café du sucre et du lait. La préparation eut raison des derniers opposants et la marquise, suivant les conseils d’Aliot, médecin ordinaire du roi, vanta désormais le lait  » cafeté ou café laité  »,  » la plus jolie chose du monde  ».

    Tant que sa place était restée modeste, le gouvernement n’avait pas songé à voir dans le café une source possible de revenus. Le jour où il figura de façon régulière sur  » les livres de raison  », il pensa pouvoir en tirer des profits substantiels. Un édit de janvier 1692 monopolisa en effet la vente du café au profit du Trésor. Le fermier aurait seul le droit d’importer et de vendre le café, le thé, le chocolat, le cacao et la vanille ; il faudrait, pour les débiter, une autorisation écrite, renouvelable tous les ans moyennant trente livres. Le prix du café en grains était fixé à quatre francs la livre ; la  » prise  » de café, à trois sols six deniers. Et maître François Damame, bourgeois de Paris, recevait pour  » six années prochaines et consécutives  », à dater du 1er janvier 1692, le privilège  » de vendre, faire vendre et débiter seul, à l’exclusion de tous autres, tous les caffés tant en fèves qu’en poudre, le thé, les sorbecs et les chocolats » (arrêt du  du 22 janvier 1692).

   Le café avait désormais une existence officielle dans l’État. Mais allait-il pouvoir résister à l’énorme augmentation de prix qu’entraînait la ferme ? Il valait de 27 à 28 sols la livre en 1690 ; il était porté brusquement à quatre francs la livre. La chute de la consommation fut brutale (  de la consommation officielle tout au moins, car la fraude prit de grandes proportions )

Marchand ambulant de café. Gravure d'Edmé Bouchardon de 1746 extraite d'Études prises dans le bas peuple ou Les cris de Paris

Marchand ambulant de café. 

Cependant la consommation d’ensemble avait dû réellement diminuer :  » La plus grande partie de ceux qui en prenaient s’en abstiennent  », lit-on dans les considérant de l’arrêt du Conseil d’État du 19 août 1692  » qui réduit et modère le prix du café à la somme de cinquante sols la livre, y compris le prix du marchand et autres droits  ». Cette atténuation ne redonna pas de vigueur à un système qui ralentissait la consommation et encourageait la fraude.

   Un arrêt du Conseil du roi révoqua le privilège de Damame en mai 1693. Le commerce du café redevenait libre ; il ne pouvait cependant  » entrer dans le royaume que par la ville de Marseille, en payant à l’entrée du port une somme de dix sols de chaque livre pesant, poids de marc, outre et par-dessus tous les anciens droits  ». Désormais  » liqueur de café  » et  » maisons de café  » pouvaient sans contrainte répondre à la faveur grandissante du public.

Passionnant n’est ce pas ? ! ( pour moi , oui )

Championnat…..

….d’insultes en breton !  ( Si Yann lit ceci , je compte sur lui pour écrire si  » çà  » existe encore ou non ….)

 Ce championnat du monde d’insultes en breton …C’est quoi ?

 

 (Capture d’écran de l’affiche du championnat du monde d’insultes bretonnes 2012 )

   La troisième édition du championnat mondial d’insultes et disputes en breton a eu lieu le vendredi 5 octobre  2012 à Lannion, dans les Côtes-d’Armor. Ce championnat peu commun, organisé par l’association de sauvegarde du patrimoine oral breton Dastum Bro-Dreger était de retour après dix ans d’absence.

  Deux équipes de quatre s’affrontèrent devant un jury d’experts (un linguiste, un écrivain et une chanteuse bretonne, notamment) pour remporter le titre.

Les organisateurs du championnat du monde soulignent  » qu’à la différence du français, l’insulte en breton est un exercice linguistique très difficile. Il demande un sens de la répartie, une bonne connaissance de la langue et un certain esprit poétique » .

  En effet, outre les gros mots qui existent dans toutes les langues, le breton regorge d’insultes imagées telles que « l’autre jour, je vous avais vu à table avec un nez aussi long qu’un trognon de chou  » (  Ouest France ) .

Alan Tudoret, qui a déjà remporté le titre de champion du monde, participa une nouvelle fois au concours . L’équipe de ce professeur de breton au collège de Lannion est composée  » de personnes d’horizons divers, dit-il, comme un mécanicien agricole ou un agent hospitalier à la retraite » .

Après la compétition, des chanteurs traditionnels bretons interprètent des  » disputes  » : des chansons bretonnes qui mettent en scène un conflit entre différents personnages (un agriculteur et un pêcheur, par exemple).

Quelques insultes de niveau élémentaire :

Kof-yod : gros plein de soupe

Lokard : imbécile

Penn pesk : tête de poisson

Loen brein : enfoiré

Kac’her eskern : chieur d’os

Vidéo :

Le glanage…..

    Pratiqué chez tous les peuples et à toutes les époques, la loi de Moïse prescrivant ainsi aux Hébreux de laisser le pauvre, la veuve, l’orphelin et l’étranger glaner dans les champs, le glanage existe notamment en France et sous différentes formes depuis le Moyen Age
Le glanage ( qui a trait à ce qui reste à même le sol comme les pommes de terre ou les céréales , et le grappillage  relatif à ce qui reste sur les arbres ou les ceps de vigne après la cueillette  ont une même origine et s’appuient sur une même tradition religieuse qui remonte jusqu’aux lois de Moïse, où le droit du pauvre de glaner les derniers épis des moissons et de recueillir les derniers fruits des arbres et des vignes, est érigé en précepte divin. C’est Dieu lui-même qui aurait dit par la bouche de son interprète :

   » Lorsque vous ferez la moisson dans vos champs, vous ne couperez point jusqu’au pied de qui sera crû sur la terre et vous ne ramasseriez point les épis qui seront restés (Lévitique, ch. 19, verset 9). Quand vous aurez cueilli les fruits de vos oliviers, vous ne reviendrez pas pour reprendre ceux que vous aurez laissés sur les arbres ; quand vous aurez vendangé votre vigne, vous n’irez point cueillir les raisins qui y seront restés, mais vous laisserez toutes ces choses au pauvre, à l’étranger, à la veuve et à l’orphelin, afin que Dieu vous bénisse dans toutes les oeuvres de vos mains (Deutéronome, ch. 24, versets 19, 20, 21 ; Lévitique, ch. 19, verset 10)  ».

 

Les Glaneurs. Peinture de Jules Breton (1854)
Les Glaneurs. Peinture de Jules Breton (1854)
    La première trace qui existe du glanage dans nos lois se rencontre dans l’article 10 de l’ordonnance toujours en vigueur du roi Henri II  daté du 2 novembre 1554 :  » Voulons et nous plaît que, par chaque année, un peu devant que l’on fasse lesdites moissons, nos dits lieutenants criminels (…) fassent, chacun en son destroit, publier et faire commandement à toutes personnes oisives, soit homme, soit femme, qui puissent et soient valides pour scier, qu’elles aient à s’employer durant le temps d’août, et de mestiver, et cueillir et scier les blés et grains, à salaires raisonnables, en leur faisant défense de ne plus glaner ; ce qu’avons néanmoins permis et permettons aux gens vieux et débilitez de membres, aux petits enfants ou autres personnes qui n’ont pouvoir ni force de scier  », après que le laboureur aura enlevé les gerbes.

   On retrouve ces mêmes dispositions dans les règlements du Parlement de Paris des 7 juin 1729, 16 février 1781 et 11 juillet 1782. L’article 21, titre 2 de la loi du 28 septembre-6 octobre 1791 maintint ce droit, consacré au XIXe siècle par l’article 471 du Code pénal. Il dispose que les glaneurs, les râteleurs et les grappilleurs n’entreront dans les champs, prés et vignes, récoltés et ouverts, qu’après l’enlèvement entier des fruits ; et que le glanage, le râtelage et le grappillage sont interdits dans tout enclos rural.

    L’article 22 de la même loi défend aux pâtres et aux bergers de mener les troupeaux d’aucune espèce dans les champs moissonnés, avant l’expiration des deux jours qui suivent la récolte. L’article 471 du Code pénal, paragraphe 10 ajoute, à ces dispositions non abrogées, la défense de glaner, râteler ou grappiller  » avant le moment du lever, ou après celui du coucher du soleil.  »

  Ces dispositions, conformes d’ailleurs au texte et à l’esprit des coutumes, s’expliquent par un sentiment de dignité publique qui se révolte à l’idée de laisser des hommes et des animaux se précipiter pêle-mêle dans un champ pour y chercher leur nourriture. La raison et l’humanité commandent d’accorder la priorité aux glaneurs qui ne ramassent que les épis, avant de permettre le pâturage aux bestiaux qui dévorent tout à la fois les épis et les herbes.

   Au XVIe siècle, lorsque fut publiée l’ordonnance du roi Henri II et au moment où la propriété était moins divisée, l’exercice du droit de glanage n’entraînait pas beaucoup d’abus et ne soulevait que de rares plaintes. Mais dès le début du XIXe siècle, il n’était pas d’usage rural qui fût l’occasion de réclamations plus vives et plus générales ; presque tous les déposants demandaient la suppression ou la restriction du glanage tel qu’il se pratiquait.

   Le glanage était,selon eux, une occasion de rapine. Pour se rendre sur le champ où ils allaient glaner, les glaneurs ou glaneuses passaient à côté de récoltes qui étaient en javelles ou même liées en bottes, et, le plus souvent, commençaient à s’attaquer à ces produits qu’ils auraient dû respecter avant de se mettre à ramasser les épis dont ils auraient dû se contenter. Les enfants qui accompagnaient les parents étaient excités à commettre ces vols, ou provoqués par un scandaleux exemple.

     Ce n’était pas tout : les indigents n’étaient pas les seuls à aller glaner ; beaucoup d’autres, préférant le glanage au travail à la journée, se joignaient à eux, et l’on cita même des femmes d’adjoints et de conseillers municipaux qui profitaient indûment de la tolérance accordée à l’exercice de cet usage.!

   Enfin, le glanage, qui se bornait originellement au blé, s’étendait à toute espèce de récoltes, à l’avoine et à l’orge par exemple. Il y avait là un abus injustifiable, et si la loi obligeait à souffrir le glanage, il convenait du moins d’en restreindre l’application aux besoins de la nourriture du pauvre. On se plaignait également du  » râtelage  » : pourquoi enlever à un cultivateur l’herbe qui poussait dans son champ et dont il pourrait se servir pour la nourriture de son bétail ? On réclamait de même contre le grappillage à raison des abus qu’il entraînait.

   En 1804, l’abbé Étienne Calvel (1749-1830), rédigeait un plaidoyer en faveur du maintien du glanage, estimant que ce dernier était  » l’aumône la mieux placée, la plus réfléchie, la moins onéreuse que le riche puisse faire à l’infortune et à la misère  », et élaborait un projet de loi sur le glanage, ainsi libellé :

 » Art. I. Le glanage est une aumône que l’intérêt public et particulier a, de tout temps, consacré pour la subsistance du véritable pauvre qui réclame le droit de l’exercer.

 » II. Sera regardé comme véritable pauvre, tout individu qui n’a pas de bien pour se sustenter, lui et sa famille, et qui est hors d’état de travailler à la récolte.

 » III. Sont aussi regardés comme tels, toute femme âgée de plus de cinquante ans, et tout homme qui a atteint sa soixantième année, tout infirme ou convalescent qui est hors d’état de travailler à la moisson d’une manière active, tout enfant, fille ou garçon âgé de moins de douze ans ; toute mère nourrice qui a, indépendamment de son nourrisson, un enfant en bas-âge, s’ils n’ont pas de bien pour se nourrir.

 » IV. Nul ne pourra entrer dans les champs pour glaner, qu’il n’en ait obtenu, pour lui et ses enfants, du maire de sa commune, une permission par écrit, qui spécifiera le motif de cette permission.

 » V. Les maires seront responsables des abus qui pourraient résulter de leur condescendance à donner des permissions aux personnes qui ne sont pas comprises dans les art. II et III.

 » VI. Nul ne pourra entrer dans les champs, pour glaner, avant le coucher du soleil, et y rester lorsqu’il est couché.

 » VII. Dans un moment où l’on est menacé d’orage, ou lorsqu’il y a un péril imminent pour la récolte, tout propriétaire est autorisé à requérir le maire, pour obliger les glaneurs et glaneuses d’aider à ramasser les javelles, pour faire les gerbes, et seconder les moissonneurs dans tout ce qu’ils commanderont d’utile pour le bien de la récolte.

 » VIII. Tout glaneur et glaneuse qui sera convaincu d’être entré dans les champs avant l’enlèvement de la dernière gerbe, sera privé par le maire du droit de glaner, pendant un ou plusieurs jours, suivant l’exigence du cas.

 » IX. Tout glaneur ou glaneuse qui sera convaincu d’avoir pris dans les javelles, dans les gerbes, soit dans les champs, soit sur les charrettes, sera, par cela seul, privé du droit de glaner, et envoyé devant le tribunal de police correctionnelle, pour être puni comme voleur, et condamné à la restitution de la chose volée et aux dommages.

  » X. Les pères et mères seront responsables, à cet égard, pour leurs enfants.

  »  XI. Tout glaneur ou glaneuse qui sera convaincu de s’être approprié les glanes d’un autre glaneur, sera privé du droit de glaner pendant la moisson, et forcé à la restitution.

  »  XII. Le droit de glaner ne peut s’exercer que dans les champs ouverts, et non dans les enclos, à moins d’une permission verbale du propriétaire.

  » XIII. Si, à raison de la division des propriétés, plusieurs champs voisins de celui où la récolte a été enlevée, sont couverts de grains, le maire pourra ordonner que le glanage ne commence, dans cette partie, qu’après l’enlèvement des fruits.

  »  XIV. Il est défendu aux glaneurs de traverser les champs encore couverts de fruits, sous prétexte d’abréger leur chemin, pour aller dans un champ découvert.

 »  XV. Les femmes et enfants des moissonneurs ne pourront glaner dans les champs où ces derniers ont scié ou fauché le blé.

 » XVI. Il est défendu, sous quelque prétexte que ce soit, de glaner au râteau dans les champs, autres que ceux qui ont produit de l’avoine ou des fourrages. Les épis seront ramassés à la main.

 »  XVII. Nul berger, pâtre, vacher, quel qu’il soit, ne pourra mener ses troupeaux dans les champs que 24 ou 48 heures après que le glanage aura été ouvert, à peine de …

 »  XVIII. Les gardes-champêtres sont chargés, sous leur responsabilité, et à peine de dommages et destitution, de l’exécution de la présente loi, de dresser procès-verbal de son infraction, de prévenir toute rixe entre les glaneurs, et d’en rendre compte au maire, qui pourra interdire le glanage, pendant un ou plusieurs jours, aux auteurs ou fauteurs de ces rixes.

  » XIX. Les infractions au présent règlement seront, sur le rapport des maires, de leurs adjoints ou gardes-champêtres, poursuivies devant le tribunal de police correctionnelle de chaque canton, et punies conformément à l’art. 5 du titre II de la loi du 24 août 1790, et aux art. 21 et 22 du titre 2 de la loi sur la police rurale. »
  Le Code pénal du XIXe siècle punissait d’une amende de 1 franc à 5 francs ceux qui glanaient dans des champs non entièrement moissonnés ou avant le lever ou le coucher du soleil. Un emprisonnement de trois jours au plus pouvait même être prononcé, selon les circonstances, ces pénalités ayant remplacé la confiscation, qui était précédemment ordonnée.

Des glaneuses. Peinture de Jean-François Millet (1857)

   En 1867, le Code-formulaire des arrêtés de police municipale fournissait un modèle d’arrêté municipal relatif au glanage libellé en ces termes :

 » Le maire de la commune de…

  » Considérant que le glanage, le râtelage et le grappillage donnent lieu à des abus qui, de toutes parts, ont excité des plaintes légitimes Que les usages ont été établis dans l’intérêt des indigents vieux ou infirmes ou en bas âge ;  Que, dès lors, les personnes qui ont des ressources les mettant au-dessus des besoins ou qui sont en état de travailler ne doivent pas être autorisées à en retirer le profit ; Qu’il est donc convenable de ramener le glanage, le râtelage et le grappillage au but charitable pour lequel ils ont été institués, tout en protégeant et en sauvegardant tous les droits ; Vu l’art. 10 de l’édit du mois de novembre 1554, l’art. 21 du titre 11 de loi du 28 septembre 1791 ; la jurisprudence constante de la Cour de cassation ; les art. 471, n. 10, 473 et 474 du Code pénal,

 » ARRÊTÉ :

     » Art. 1er. Le glanage, râtelage et grappillage ne sont permis, dans un quartier , qu’après l’enlèvement complet de la récolte sur ce quartier, et que dans les pièces de terre non closes.

  » 2. Le glanage ne pourra se faire qu’à la main ; il est défendu aux glaneurs de traverser les pièces couvertes d’andains, de javelles ou de gerbes, ou dont les fruits sont encore sur pied.

 » 3. Nul ne pourra glaner, râteler et grappiller avant le lever et après le coucher du soleil et sans être porteur d’un certificat délivré à la mairie.

 » 4. Les troupeaux et bestiaux de toute espèce ne pourront être menés dans les champs moissonnés et ouverts que deux jours après la récolte entière enlevée.

 » 5. Il est interdit d’entrer dans les prés pour y râteler les résidus des foins avant que la récolte ne soit entièrement enlevée.

 » 6. Les grappilleurs ne pourront se présenter dans les vignes avant le (indiquer le jour). Le grappillage est interdit dans tout enclos rural, conformément à l’art. 21 du titre II du Code rural.

 » 7. Les produits de glanage, râtelage et grappillage, recueillis en contravention aux dispositions du présent arrêté, seront saisis et tenus en dépôt pour la confiscation en être prononcée par le tribunal, s’il y a lieu.

  » 8. M. le commissaire de police et les gardes champêtres sont chargés de l’exécution du présent arrêté.

 » Fait en mairie, à… le… Le Maire  »

   Maintenu par un arrêt du 14 février 1867 de la Cour de cassation, le glanage, avant l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal le 1er mars 1994, faisait l’objet d’une disposition à l’article R 26 prévoyant de punir d’une amende de 20 à 150 francs  » ceux qui, sans autre circonstance, auront glané, râtelé ou grappillé dans les champs non encore entièrement dépouillés et vidés de leurs récoltes, ou avant le moment du lever ou après celui du coucher du soleil  ». Ce qui impliquait le maintien de l’autorisation dans les autres cas.

  Si le nouveau Code pénal, en vigueur depuis 1994, ne mentionne plus le glanage, un arrêt du 17 septembre 1997 de la Chambre criminelle de la Cour de cassation  précise que l’article R 635-1 prévoyant une amende de 5e classe englobe l’ancien article R 26 relatif à cet usage. Ainsi, le glanage est toujours autorisé, sous les mêmes conditions que celles fixées par l’ordonnance de 1554.!

Il y a environ …..

135 ans ……….

 Instauration d’un service pour recevoir des dépêches télégraphiques par téléphone :

De 1883 à 1887, l’administration établit des réseaux téléphoniques dans 84 villes ou villages de France, mais c’est vers la fin de 1884 qu’on commença l’installation de cabines téléphoniques publiques à Paris et dans quelques villes de province.           Quatre ans plus tard, ces cabines, qui existaient dans les bureaux de postes et télégraphes et les bureaux centraux de la Société générale des Téléphones, étaient au nombre de 81, le service avait été ouvert au public le 1er janvier 1885.

   A cette époque, toute personne pouvait communiquer avec n’importe quel abonné au réseau de Paris aux conditions suivantes : les personnes non abonnées au service téléphonique de Paris payaient une taxe de 50 centimes pour cinq minutes de conversation ; le gouvernement délivrait aux abonnés de Paris, sur la présentation de leur contrat, une carte d’abonnement, dont le prix était de 40 francs par an, et qui leur permettait de communiquer dans tous les bureaux téléphoniques et bureaux de quartiers de la Société générale des Téléphones indistinctement.

Une des premières cabines téléphoniques publiques installées à Paris en 1884

Une des première cabine téléphonique  ( 1884 )

 De plus, cette Société remettait à tous ses abonnés, sur la présentation de leur contrat d’abonnement, des cartes de communication leur donnant droit de communiquer gratuitement dans tous ses bureaux de quartiers, mais dans ses bureaux seulement, chaque abonné avait droit à autant de cartes qu’il possédait d’abonnements.

 Cependant ,après neuf heures du soir, le public n’était à cette époque pas admis  à téléphoner dans les cabines de Paris. Il faudra attendre le 1er avril 1887 pour qu’un certain nombre de cabines soient mises à sa disposition après cette heure dans quelques bureaux, et notamment toute la nuit dans celui situé rue de Grenelle.

C’est en 1885 que le gouvernement s’occupa de la réception et de la transmission des dépêches télégraphiques par téléphone. Suite  à une convention passée le 15 février 1885 entre le ministre des Postes et des Télégraphes et la Société générale des Téléphones, les abonnés du réseau téléphonique de Paris purent expédier et recevoir par téléphone leurs dépêches télégraphiques. Un service téléphonique fonctionnant jour et nuit fut établi  dans le bureau télégraphique central de la rue de Grenelle.

Les télégrammes échangés dans ces conditions étaient soumis à la taxe du tarif en vigueur ; mais les abonnés qui voulaient profiter de cette mesure devaient acheter  un abonnement supplémentaire, dont le montant, fixé par le ministère, était de 50 francs par an. Le texte des dépêches adressées aux abonnés de ce service devait être précédé du mot :  » TÉLÉPHONE  » . Toute dépêche téléphonée était en même temps confirmée par écrit par le  » service ordinaire des tubes pneumatiques  ». ( Les dépêches étrangères ne pouvaient être transmises par téléphone ).

Suite à cette même convention, il fut décidé que la transmission des télégrammes par téléphone pourrait être faite dans plusieurs villes, notamment à Bordeaux et à Marseille, et que des cabines téléphoniques publiques seraient placées dans certains bureaux des postes et télégraphes de ces villes.

Bonnus :

Moins  » glauque  » que le billet précédent …..

Vieux métiers d’autrefois : 

Le métier de chapelier : Chapelier

     Il se divisait au Moyen Age en plusieurs branches. Il y avait les chapeliers  » de fleurs  », les chapeliers  » de coton  » , les chapeliers  » de paon  », les  » faiseuses de chapeaux d’orfrois  », et enfin les chapeliers  » de feutre  », qui finirent par se substituer à tous les autres chapeliers.
   Dans le haut Moyen Age, le terme chapeau s’entendait aussi bien d’une couronne de métal ou de fleurs que du véritable couvre-chef, et l’usage du chapeau-couronne semble remonter fort loin : quelques auteurs en ont attribué l’invention aux gaulois. Sans rien affirmer à cet égard, disons seulement que la mode en persista très longtemps au Moyen Age : comme on portait les cheveux très longs, il fallait les retenir et les empêcher de tomber sur les yeux. A chaque page de la littérature du Moyen Age nous rencontrons le  » chapel de fleurs  » ; les dames des romans et des chansons de gestes passent leur temps à en tresser…
 »Je n’ay cure de nul esmay,
Je veuil cueillir la rose en may
Et porter chapeaux de flourettes. »
  Les Chapeaux de fleurs furent plus tard remplacés dans la classe riche par des cercles d’orfèvrerie ornés de perles précieuses. Toutefois le  » chapel de fleurs  » resta à titre de redevance féodale, et fut considéré comme une marque d’honneur et de respect. A la fin du quinzième siècle, les dames de Naples offrirent à Charles VIII, à son entrée dans leur ville, une couronne de violettes.

 

Les chapeaux de paon et d’orfrois ne furent portés que par les femmes. Sans doute les plumes de paon étaient alors plus coûteuses qu’elles ne le sont aujourd’hui, bien que le  » noble oiseau  » figurât souvent sur la table des grands seigneurs. Quoi qu’il en soit, c’était un ornement réservé aux grandes dames, qui s’en servaient pour décorer les coiffures compliquées dont elles s’affublèrent au quatorzième siècle et surtout au quinzième siècle.
   Quant aux chapeliers de coton, ils ne vendaient pas à vrai dire de chapeaux, mais des bonnets et des gants de laine.

   Les premiers statuts des chapeliers de feutre et ceux d’une corporation qui n’était pour ainsi dire qu’une dépendance de leur métier, celle des fourreurs de chapeaux, datent de la fin du règne de Saint-Louis ; ils furent plusieurs fois modifiés ou confirmés,  ( en 1324, 1325, 1367 et 1381 ).
   D’après les plus anciens statuts, le maître chapelier ne pouvait avoir qu’un seul apprenti. L’apprentissage durait sept ans pour ceux qui n’étaient ni fils ni parents de maître ; il était gratuit, si le maître y consentait ; mais dans tous les cas il fallait verser dix sous à la caisse de la confrérie.
   Deux prud’hommes nommés par le prévôt de Paris étaient chargés de veiller à l’exécution des règlements, qui, du reste, n’étaient ni très nombreux, ni très compliqués.      Défense de faire entrer dans la confection du feutre autre chose que du poil d’agneau ; défense de vendre de vieux chapeaux reteints, d’ouvrir boutique le dimanche, et de travailler avant le jour : telles étaient les principales dispositions des statuts.   

Ceux des fourreurs de chapeaux étaient à peu près semblables. Cependant chaque maître pouvait avoir deux apprentis qui, au bout de cinq années, devenaient compagnons ; se qui s’explique facilement, si l’on songe que leur métier était beaucoup moins compliqué que celui des véritables chapeliers : ils n’avaient qu’à garnir les chapeaux qu’on leur apportait tout préparés. Ce qu’on leur recommande plus particulièrement dans les statuts , c’est que la fourrure des chapeaux soit aussi bonne en dedans qu’en dehors :  » Ou tout viez ou tout nuef  », ajoute la rédaction de 1325. Toutes les marchandises fabriquées contrairement aux règlements devaient être brûlées.

Dans certaines villes, à Rouen, par exemple, les chapeliers réunissaient plusieurs industries : ils s’appelaient  » chapeliers-aumussiers-bonnetiers  ». Ils avaient fondé la confrérie de Saint-Sever dans l’église Notre-Dame de Rouen, comme ceux de Paris fondèrent celle de Saint-Jacques et de Saint-Philippe dans l’église des Jacobins de la rue Saint-Jacques ; mais, par une disposition particulière ,curieuse , tous les chapeliers n’étaient pas forcés d’entrer dans la confrérie.
  Autre singularité : les apprentis ne passaient leur contrat d’apprentissage qu’après quinze jours d’essai, pendant lesquels ils jugeaient si le métier leur agréait ; le maître profitait aussi de ce délai pour apprécier si son nouvel apprenti pouvait lui convenir et s’il devait le conserver.

Comme déjà écrit , il était défendu aux chapeliers de faire du feutre avec autre chose que du poil d’agneau. Plus tard, les choses changèrent beaucoup. Dès le quatorzième siècle on se servait de castor et quelquefois de laine. Avec le temps on usa de poil de lapin, et même, au dix-huitième siècle, de poil de chameau ; le poil de lièvre demeura seul proscrit comme impropre à la fabrication d’un feutre convenable ; mais on l’employa quand même, grâce au procédé de la  » dorure  », qui consistait à y ajouter une petite quantité de poil de castor qui donnait aux chapeaux une bonne apparence, des plus trompeuses, du reste.
   Ces modifications dans la fabrication se produisirent à mesure que l’usage des chapeaux se répandit. Encore rares au onzième siècle (ce ne sont guère que des espèce de calottes), ils deviennent très fréquents au douzième siècle et au treizième siècle : à cette époque même, des chapeaux, presque toujours pointus et de couleur jaune, deviennent parfois le signe distinctif imposé aux juifs. Mais ce n’est qu’au quatorzième siècle, où le chaperon est à peu près complètement abandonné, que l’usage du chapeau devient général. Enumérer tous les couvre-chef qui ont été de mise depuis cette époque serait fort long : chapeaux ronds et bas de forme, pointus, à larges bords, à trois cornes, se sont succédé sans que la mode se soit fixée définitivement.

  Au sujet de la réception du compagnon : Les maîtres et les compagnons formaient une sorte de société dont ils s’engageaient par serment à ne jamais dévoiler les secrets ; en y entrant ils recevaient le titre de  » compagnons du devoir.  » Le tout était accompagné de cérémonies bizarres, sorte de parodie de la messe, d’une messe noire ou d’une messe du diable, comme on disait alors. Cette étrange coutume dura jusqu’en 1655 ; à cette époque la Sorbonne s’émut, et toutes  » les diableries des chapeliers  », dévoilées sans doute par un faux compagnon, durent cesser à peine de punition exemplaire ….

Chapeliers illustration

( Image gravée en 1683 pour la confrérie des chapeliers de la ville et faubourgs
de Paris. Dans l’original, une prière adressée aux patrons de la confrérie,
saint Jacques et saint Philippe, est gravée sur la draperie.)

 

 »Faire la danse du dindon  » ?

 
 
   Chose qu’on a l’air de faire de bonne grâce, quoique ce soit à contrecœur

Cette expression proverbiale est fondée sur l’historiette suivante qui paraît être d’une tradition fort ancienne :

    Un de ces hommes dont le métier est de spéculer sur la curiosité publique, fit annoncer à son de trompe, un jour de foire, dans une petite ville de province, qu’il donnerait un ballet de dindons. La foule s’empressa d’accourir à ce spectacle extraordinaire ; la salle fut remplie ; des cris d’impatience commandèrent le lever de la toile : le théâtre se découvrit enfin, et l’on vit paraître les acteurs de basse-cour qui sautaient précipitamment, tantôt sur un pied et tantôt sur l’autre, en déployant leur voix aigre et discordante sur tous les tons, tandis que le directeur s’escrimait à les diriger avec une longue perche pour leur faire observer les règles du chassez et du croisez.

Cette scène burlesque produisit sur les assistants un effet difficile à d’écrire. Les uns se récriaient de surprise, les autres applaudissaient avec transport ; ceux-ci trépignaient de joie, ceux-là poussaient des éclats de rire immodérés ; et l’engouement général était tel que personne ne soupçonnait pourquoi les dindons se donnaient tant de mouvement.

   On s’aperçut enfin que c’était pour se soustraire au contact d’une tôle brûlante sur laquelle ils étaient placés. Quelques étincelles échappées d’un des fourneaux disposés sous cette tôle découvrirent le secret de la comédie. Mais en même temps la peur du feu gagna l’assemblée : dans un instant tout y fut tohu-bohu, et les spectateurs et les acteurs, se précipitant pêle-mêle, se sauvèrent comme ils purent, les premiers avec un pied de nez, et les seconds avec des pieds à la Sainte-Ménehould (allusion à la recette de cuisine dans laquelle les pieds de porc sont longtemps bouillis avant d’être panés).

marin-francis08@outlook.com

fralurcy085903@gmail.com

C’était un 12 septembre

De toutes les expéditions de Duguay-Trouin, celle qui lui a fait le plus d’honneur est la prise de Rio de Janeiro. Elle fit un grand bruit dans l’Europe, tant par la hardiesse de l’entreprise que par la vigueur de l’exécution.

René Duguay-Trouin

René Duguay-Trouin

Rio de Janeiro était la plus grande et la plus riche colonie des Portugais dans le Brésil ; le port est alors défendu des deux côtés par un grand nombre de forteresses, et la ville est située au milieu de trois montagnes qui la couvrent. Chacune de ces montagnes est couverte de batteries formidables, et environnée de retranchements inaccessibles.

Duguay-Trouin, parti de France le 9 juin 1711, et débarqué le 12 septembre suivant, à l’entrée de la baie de Rio de Janeiro, se rendit maître, en onze jours, de la place et de tous les forts qui l’environnaient.

La perte des Portugais fut immense : six cent dix mille crusades de contribution, une quantité prodigieuse de marchandises transportées sur l’escadre française, ou consumées par le feu, soixante vaisseaux marchands pris ou brûlés, causèrent à cette colonie un dommage de plus de vingt-cinq millions…..

Nos  » vieilles  » églises en sont  » truffées ……

  Pffff , j’ai pris du plaisir à chercher et écrire ce billet , mais qu’il ne soit ni lu ni commenté ne sera pas une surprise pour moi  ……..

 

De cette  » simple  » forme ou insérés dans les murs …… 

  Qu’est ce que c’est? 

    Ce sont des  » vases acoustiques  » !  A quoi servent ils ? 

     Les vases acoustiques sont des récipients en terre cuite scellés dans les murs et parfois sous le sol des églises médiévales. Leur fonction supposée est d’améliorer ou de modifier le son de la voix du prêcheur ou des chanteurs.
  Des expériences ont montré que l’effet des vases est d’absorber une partie des résonances (sur des fréquences précises) plutôt que d’amplifier les sons.

Histoire :
    L’utilisation des vases acoustiques remonte , parait il ,  à l’Antiquité. Des récipients en bronze étaient insérés dans des niches afin de modifier l’acoustique des théâtres grecs et romains. Leur utilisation a été décrite par Vitruve

     (Marcus Vitruvius Pollio, connu sous le nom de Vitruve  Vitruve, est un architecte romain qui vécut au Iᵉʳ siècle av. J.-C.. Son prénom Marcus et son surnom Pollio sont eux-mêmes incertains. ) : il décrit comment les dimensionner et où les placer. Il préconise de limiter leur emploi aux théâtres construits en pierre et en marbre, qui  » ne produisent aucune résonance  »
  »  Cette disposition des vases d’airain fera que la voix qui viendra de la scène comme d’un centre s’étendant en rond frappera dans les cavités des vases et en sera rendue plus forte et plus claire selon la consonance et le rapport que son ton aura avec quelqu’un des vases.  »
    Aucun exemplaire de ces vases d’airain  n’a pu être retrouvé, mis à part dans le théâtre de Scythopolis, équipé de niches pour les vases résonateurs. Au Moyen Âge, le vase acoustique réapparaît : on en trouve dans environ deux cents églises, dont la moitié en France. Ces vases ont de nombreuses formes et des positionnement variés.  Contrairement à ceux décrits par Vitruve, ils sont en terre cuite et scellés dans la structure des édifices. 

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Il existe encore d’autres particularités acoustiques liées à l’architecture : par exemple, à Frascati, dans la villa Parizi  villa Frascati, on écoute face à une vasque tout ce qui se dit à l’étage inférieur. Difficile  douter de l’intention acoustique d’une telle disposition qui ne peut être le fruit du hasard ou un résultat  de la géométrie propre au bâtiment. Déjà, deux des trois principaux théoriciens de l’architecture du  » quattrocento  »

   ( Le Quattrocento, contraction de millequattrocento en italien, est le XVᵉ siècle italien, succédant au Moyen Âge. C’est le siècle de la Première Renaissance, mouvement qui amorce le début de la Renaissance en Europe)

  parlent des conduits acoustiques. L’architecte  Francesco di Giorgio Martini dans une traité  publié en 1490 en explique le but ainsi que la façon de les réaliser :   » Qu’il puisse se faire (on peut faire) un instrument par lequel le seigneur entend facilement tout ce qui se dit dans sa maison,  »Lui absent  » dit-on, et cette forme :         » On fait une concavité laquelle est comme une fenêtre murée de la grosseur du mur (une niche) et creusée tel un petit tube, et dans la partie supérieure on fait une concavité de la forme dessinée qui parvienne à un lieu d’où le seigneur en appuyant l’oreille entendra tout bien que l’on parle doucement, parce que les résidus du son et de la voix dans ce lieu anguleux se fortifient et d’une certaine façon les bribes dispersées s’unissent et se fortifient comme l’expérience le démontre ».

   Léon Battista Alberti en parle également dans son traité , publié en 1485 :  » Il est opportun de se rappeler combien sont utiles aux tyrans les conduits acoustiques cachés dans l’épaisseur des murs, au moyen desquels on perçoit les discours soit des hôtes, soit des familiers de la maison  »  Plus tard , en 1650, A. Kircher, en explique la technique et la disposition dans un ouvrage . Ce système est en fait l’ancêtre des  »speaking tubes » , tuyaux permettant de transmettre la parole et les informations à l’intérieur des grandes maisons et de certains hôtels du siècle passé. À condition que les tuyaux soient de petit diamètres et que les parois intérieures soient lisses, le son de la voix se propage étonnamment bien. 

Bref , un moyen d’espionner , t’entendre tout ce qui se dit dans un lieu clos  ! 

  

 

 

Il y a environ 125 ans :

Première compétition automobile de l’histoire, l’épreuve Paris-Rouen des  » voitures sans chevaux  » , organisée par Pierre Giffard, journaliste pour le quotidien Le Petit Journal   , se déroula du 18 au 22 juillet 1894. Après la présentation, le premier jour, des véhicules engagés (au nombre de 26, cependant qu’il y avait eu 102 inscriptions), eut lieu sur les trois jours suivants des épreuves éliminatoires s’effectuant sur 5 parcours de 50 km, ( l’épreuve finale ayant lieu le 22 juillet) .
      Depuis longtemps, explique Le Petit Journal, on s’occupait de remplacer, pour la traction, les chevaux qui coûtent cher à acheter et à nourrir, qui s’enrhument, glissent et s’emballent, dont les forces ont une limitées ; déjà l’on avait trouvé les locomotives, les machines routières et aussi les tramways à traction mécanique.        Mais même sur ce point, c’est à peine alors si dans Paris circulent de rares tramways électriques, tandis qu’on voit depuis plusieurs années déjà, dans la jolie ville de Berne, de charmants omnibus à air comprimé, qui conduisent sans secousse, sans bruit, sans accident de la gare à la fosse où s’ébattent des ours.

    Concours des voitures sans chevaux organisé par Le Petit Journal
    Chez nous, on prétendit longtemps les voitures à traction électrique absolument impossibles sous prétexte que les chevaux s’emballaient en voyant des voitures cheminer sans être traînées par des individus de leur espèce. Un humoriste proposa d’atteler alors aux nouveaux véhicules des chevaux empaillés pour ménager la susceptibilité des autres. Le remède n’était point plus ridicule que le prétendu mal.
    En dépit de la crainte de froisser les chevaux, on continua les études ; mais les efforts étaient isolés, par conséquent infructueux, jusqu’au jour où Le Petit Journal eut l’idée de réunir tous les inventeurs, de leur fournir le moyen de se comparer entre eux afin que tous profitassent des résultats acquis par chacun.
    Le succès fut immense. La condition imposée à la voiture était : être sans danger, facilement maniable pour les voyageurs, et ne pas coûter trop cher sur la route. Le prix de 5000 francs donné par le quotidien fut partagé entre MM. Panhard et Levassor d’une part, les fils de Peugeot frères de l’autre. D’autres récompenses de 2000, 1500, 1000, 500 francs, furent donné par M. Marinoni qui, en sa qualité de grand inventeur, s’intéressait généreusement aux nouvelles inventions.

Course de voiture 1