çà s’est passé il y a environ….

Sans intérêt , ne nécessite pas de commentaire : Pour moi !

…..120 ans  : Le 10 /07 /1900 

 

   Le premier projet de chemin de fer dans Paris daterait  de 1855. Imaginé par Édouard Brame et Eugène Flachat Afficher l’image sourceil consistait en un chemin de fer souterrain, destiné à relier le centre de Paris à la périphérie et à assurer l’approvisionnement des Halles centrales. Il fut sur le point d’être mis à exécution mais, au dernier moment, des considérations relatives à l’effort énorme qui serait nécessaire pour arriver en définitive à un résultat d’ordre secondaire, firent arrêter les études et dès lors, on envisagea non seulement l’idée du transport des marchandises, mais aussi celle de la circulation d’un million de voyageurs par jour.

Dans les dernières années de l’Empire, l’Administration se préoccupait fort de l’achèvement des voies de communication de la capitale. Un projet de chemin de fer urbain avait été dressé par un groupe d’ingénieurs et la question allait peut-être entrer dans une phase définitive, lorsque éclata la guerre de 1870. Tout fut remis en question. Cependant, vers la fin de 1871, le 10 novembre, le Conseil général de la Seine invita le Préfet à faire étudier par une Commission spéciale un réseau de transport en commun par tramways et chemins de fer intérieurs. Cette Commission dut aussitôt examiner, en outre du projet  » Brame-Flachat  » ,  un certain nombre d’autres projets intéressants parmi lesquels   ceux de Le Hir, Le Masson, Vauthier, Le Tellier et Guerbigny.( pas trouvé de photos / images) 

Travaux de construction du métropolitain en 1899   <==Travaux de construction du métropolitain en 1899 (image du net ) 

  Suite à cet examen, la Commission formula les données essentielles d’un grand réseau intra-urbain ; elle posa en principe que le railway métropolitain devait être effectué dans les conditions générales des chemins de fer à voie normale. Elle donna quelques consignes , à titre d’indication :

1 ) Une ligne allant de la Bastille au Bois de Boulogne par les boulevards intérieurs, en passant par la place de l’Étoile .

2 )  Une ligne transversale nord-sud composée de trois sections : des Halles au chemin de fer de ceinture, rive droite ; du square Cluny à Montrouge par le boulevard Saint-Michel ; une ligne de jonction entre les précédentes.

 La commission ajourna à une époque ultérieure toute étude de lignes complémentaires. La traction devait être faite au moyen de locomotives ; les tunnels étaient prévus avec 4m50 de hauteur. Le préfet de la Seine fut invité à concéder le premier réseau à titre de chemin de fer d’intérêt local, mais aucune demande de concession ne se produisit. L’idée n’était pas assez mûre pour attirer les capitaux.

Le Conseil général ne renonça pas  et trois ans plus tard, le 22 novembre 1875, il vota des fonds pour l’étude d’un nouveau projet. En réponse à l’invitation du Conseil, le Préfet de la Seine présenta un projet de chemin de fer souterrain très différent de celui de 1872. Une gare centrale établie sous le Jardin du Palais-Royal dirigeait ses voies sur chacune des grandes gares. La concession en aurait été faite au Syndicat des cinq grandes Compagnies de chemins de fer. Pour l’exécution du projet, on demandait une subvention au Conseil général et une autre au Conseil municipal ; l’État aurait garanti l’excédent. Ce chemin de fer desservait bien les gares, mais il ne répondait pas du tout  aux besoins de la circulation parisienne. Le Conseil municipal refusa de discuter le projet ainsi établi ……..Une Commission spéciale nommée par ce même Conseil fut chargée d’étudier de nouveaux projets présentés par des particuliers. Parmi ces projets : Celui de Louis Heuzé, dont l’originalité consistait en ce qu’il parcourait, à 7 mètres au-dessus du sol, une voie de 13 mètres de largeur spécialement ouverte pour lui ; le viaduc formait passage couvert pour piétons.  » Il faut, disait Heuzé, créer des chemins de fer en élévation, dans une voie spéciale, percée exprès, par expropriation, avec passage couvert pour piétons, bordé de boutiques ou étalages dont la location s’ajoutera au revenu du trafic de la voie et du transport des voyageurs. Heuzé ajoutait :  » Le principe de la traversée ainsi faite est  » si avantageux à tous les points de vue que nous croyons ce mode de percement destiné à suppléer aux boulevards qui nous manquent encore.  » Le tracé qu’il proposait desservait les Halles, la mairie du premier arrondissement, les églises Saint-Sulpice, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Germain-L’auxerrois, Saint-Eustache, Bonne-Nouvelle et Saint-Laurent, la Monnaie, le théâtre du Gymnase, le Conservatoire de musique, le Palais de Justice et trois grandes gares.

Un autre projet soumis à la Commission, le plus remarquable de tous, fut celui de J. Chrétien. Il se rapprochait , par plusieurs points , du Métropolitain actuel : Il prévoyait la traction électrique avec  » force motrice produite par des machines  »magnéto-électriques Gramme  », lesquelles produisent de l’électricité. Cette électricité est conduite par des fils de cuivre tout le long de la voie et se trouve ainsi distribuée sur tous les points du parcours. Les voitures portent chacune une machine magnéto-électrique qui recueille l’électricité envoyée par les conducteurs et tourne à la vitesse que l’on veut avoir. Le mouvement ainsi obtenu est transmis aux roues du véhicule par un mécanisme approprié.  »

Le métropolitain parisien. Chromolithographie de 1930( illustration du net métro 1930 )

Au sujet des voitures, Chrétien disait :  » Elles doivent donner les plus grandes facilités pour l’entrée et la descente des voyageurs. Il ne doit y avoir qu’un seul marchepied peu élevé prolongeant jusque sur le quai le parquet de la voiture afin que l’entrée et la sortie puissent se faire facilement. Les portes doivent être très larges et l’intérieur des voitures bien visible du dehors, afin d’éviter autant que possible les pertes de temps… Tout le monde peut voir facilement les places libres, en passant devant un compartiment.  »  Le tracé comportait trois lignes dont la principale parcourait les boulevards intérieurs de la Madeleine à la Bastille et dont les deux autres suivaient l’une le boulevard Voltaire, l’autre le boulevard Haussmann et l’avenue Friedland avec gares terminus à la Madeleine, à la Bastille, à l’Arc de Triomphe et à l’ancienne barrière du Trône.

 Aucune de ces études n’était accompagnée d’une proposition de construire la voie projetée. Elles ne donnaient que des estimations de dépenses et de recettes montrant qu’un chemin de fer métropolitain pouvait être assez rémunérateur pour être exécuté sans subvention ni garantie d’intérêts. Pour s’informer  sur la question, le Conseil municipal décida, en 1876, d’envoyer à Londres quelques-uns de ses membres avec mission d’étudier sur place le fonctionnement du Métropolitain de cette ville. Après un examen approfondi des conditions dans lesquelles ce chemin de fer était construit et exploité, les délégués conclurent : 1: à la possibilité de doter Paris d’un railway analogue à celui de Londres ;

                                                                                                                                                        2: à la possibilité d’exécuter cette entreprise sans aucune subvention de la Ville ou de l’État, et même sans garantie d’intérêts.

Quelque temps plus tard fut promulguée la loi du 11 juin 1880 réservant aux communes la faculté de construire des chemins de fer d’intérêt local sur leur territoire : le Métropolitain passait par suite du Conseil général au Conseil municipal, et on put alors, croire que certaines difficultés seraient aplanies rapidement. Mais alors l’État intervint et voulut faire déclarer le Métropolitain de Paris d’intérêt général pour rester maître de la situation. Le Conseil résista et voulut retenir pour lui le projet.

C’est alors qu’une Société Buisson et Cie présenta un projet dressé par Soulié, ingénieur, et demanda la concession du chemin de fer métropolitain de Paris, sans subvention ni garantie d’intérêts. Le projet comprenait : 1) Une ligne allant de Saint-Cloud aux chemins de fer de Vincennes et de Lyon ; 2) Une ligne allant des Halles Centrales à la Chapelle ; 3 )Une ligne allant de la Bastille à la place de l’Étoile par la gare d’Orléans, la gare de Sceaux, la gare Montparnasse et le Trocadéro ; 4) Une ligne allant du square Cluny au pont de l’Alma ; 5 )Une ligne allant du carrefour de l’Observatoire à la place de l’Étoile, par la gare Montparnasse et le Trocadéro ; 6 ) Un raccordement entre les lignes 2 et 3, traversant la Seine à la pointe de la Cité.

 Ce projet fut retenu par le Conseil municipal de Paris. Le 10 février 1883 un arrêté préfectoral ouvrait la mise à l’enquête et nommait la commission prévue par la loi du 3 mars 1841. L’enquête fut close le 24 avril ; le 5 mai, le dossier était soumis au Conseil municipal qui l’approuvait le 4 juin suivant. De son côté, le Conseil général donnait le 14 juin 1883 un avis favorable et l’affaire était ensuite transmise au ministère des Travaux Publics pour introduction au Parlement et vote d’une loi d’autorisation.

    C’est alors qu’éclata le conflit dont la solution ne devait intervenir qu’en 1898. L’État,  ( comme dit précédemment, revendiquait le privilège de construction et d’exploitation du chemin de fer Métropolitain ; de son côté, le Conseil municipal tenait bon et émettait la prétention d’avoir son chemin de fer à lui. À la suite de la demande Buisson, le Ministre consulta le Conseil général des Ponts et Chaussées qui approuva le tracé en maintenant au réseau le caractère d’intérêt général. Le Conseil d’État, également consulté par le gouvernement et réuni en session plénière, affirma le caractère d’intérêt général du Métropolitain. En présence de ces deux avis favorable  ( que d’ailleurs il espérait tels ), le ministre mit fin au débat et retint l’entreprise pour le compte de l’État.

     En 1884. La Commission municipale du Métropolitain se rendit alors auprès du ministre pour protester contre cette décision. Il lui fut répondu que l’avis du Conseil d’État créait au gouvernement l’obligation de proposer aux Chambres l’attribution à l’État du chemin de fer projeté et que, par suite, le projet Buisson devait être considéré comme écarté, mais que cependant le tracé envisagé par le ministre correspondait à peu de chose près à celui du projet en question. Le 3 avril 1886, le ministre des Travaux publics, qui était alors Baïhaut, et le ministre des Finances, Sadi-CarnotRésultat d’images pour Sadi Carnot homme d'État , présentèrent à la Chambre un projet de Métropolitain se raccordant aux lignes des grandes Compagnies qui devait être concédé à Christophle, Gouverneur du Crédit foncier.

  Ce projet fut mis en discussion le 21 juillet 1887, mais fut repoussé, et jusqu’en 1893 aucun résultat ne put être obtenu malgré les efforts officiels et la pression de l’opinion. La Ville, propriétaire du sol sur lequel devait être établi le railway, était justement exigeante. Elle soutenait que le Métropolitain devait avoir pour unique but de satisfaire aux besoins de l’activité parisienne et que les raccordements des grandes lignes étaient une tout autre question qui devait rester nettement séparée de la première.

       Malgré  tout : L’avis du Conseil général des Ponts et Chaussées, malgré celui du Conseil d’État et les décisions de ministres qui passent, la Ville finit par obtenir gain de cause. La crainte de se retrouver, pendant l’Exposition universelle de 1900, aux prises avec l’insuffisance des moyens de transport qui avait été si durement ressentie pendant l’Exposition de 1889, décida le gouvernement à mettre fin au conflit.

Détail d'un édicule Guimard (modèle créé au début du XXe siècle) ornant l'accès de la station Abesses. À l'origine placé station Hôtel de Ville, il fut déplacé à la station Abesses en 1974

Détail d’un édicule Guimard  ornant l’accès de la station Abesses.
À l’origine placé station Hôtel de Ville, il fut déplacé à la station Abesses en 1974

 Le 22 novembre 1895, une dépêche du ministre des Travaux publics  »proclama » que la Ville aurait le droit d’assurer l’exécution à titre d’intérêt local des lignes destinées à la circulation urbaine. C’est l’avant-projet de réseau de  » chemin de fer urbain à traction électrique  » d’Edmond huet ( directeur des travaux de la ville de Paris ) et de Fulgence Bienvenüe ( ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ) qui avait été retenu.

Le Conseil municipal obtint bientôt le vote par les Chambres, le 30 mars 1898, d’une loi déclarant d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer métropolitain municipal, à traction électrique, comprenant les six lignes suivantes : 1) Ligne de la Porte de Vincennes à la Porte Dauphine ; 2) Ligne circulaire par les anciens boulevards extérieurs ; 3) Ligne de la Porte Maillot à Ménilmontant ; 4) Ligne de la Porte de Clignancourt à la Porte d’Orléans ; 5) Ligne du boulevard de Strasbourg au Pont d’Austerlitz ; 6) Ligne du Cours de Vincennes à la place d’Italie.

  La même loi prévoyait la concession éventuelle de deux autres lignes,  : 1) Ligne du Palais-Royal à la Place du Danube ; 2) Ligne d’Auteuil à l’Opéra par Grenelle.        Deux lois nouvelles en date du 22 avril 1902 et du 6 avril 1903 rendirent définitive la concession de ces deux lignes.

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 »A d’autre dénicheur de merles  »….

  Comme chacun sait , je présume , cette expression  ( qu’ emploie encore ici ) signifie : faire comprendre à ceux qui nous ont trompé  , fait une  » farce  » , qu’on sait ce qu’ils ont fait et qu’on ne se laissera pas avoir de nouveau …
   J’ai cherché un peu pour connaitre l’origine de cette expression, locution proverbiale  et j’ai trouvé ce qui suit dans un  » vieux livre  » :
Le merle blanc

Le merle blanc (image du net ) 

 »  Un paysan, s’étant accusé à confesse d’avoir brisé une haie pour aller reconnaître un nid de merles, le confesseur lui demanda s’il avait enlevé les merles.  » Non  », répondit le paysan ; »  ils n’étaient pas encore assez gros Résultat d’images pour images nichée de merles ; je les ai laissés pour qu’ils puissent croître jusqu’à samedi ; j’irai alors les dénicher, afin de les faire fricasser dimanche  ». Que fit le curé curé. Il profita du renseignement (qui pourtant lui avait été donné sous le sceau du secret), et s’en alla le vendredi matin dénicher lui-même les oiseaux. Le samedi, le paysan se leva de grand matin, mais trouva la place vide…..

 » Il en fut d’abord consterné , puis il se douta que le curé lui avait fait une supercherie ; néanmoins il n’osa rien dire. Quelque temps après, le paysan qui avait encore sur le cœur le tour que lui avait joué le curé retourna à confesse. Le prêtre lui posa une question sur une particularité de son existence ; mais le paysan, se méfiant de lui, répondit par ces mots :  » A d’autres, dénicheur de merles ; je ne me laisse pas attraper deux fois.  »

   Le récit de cette anecdote nous  apprend l’usage que l’on doit faire de cette locution proverbiale. On l’emploie contre ceux que l’on croit vous avoir trompé à votre insu, pour leur faire comprendre  qu’on n’ignore pas ce qu’ils ont fait et que l’on ne veut pas être de nouveau leur dupe.

Dans le Bourbonnais……

….région où je vis  :  ( pratiquement recopié le texte tel que lu dans mon livre des traditions , pour en garder   » le  parler du terroir  »  )…….

 » Burloir  » et  » coq en pâte  » animent le Bourbonnais….

Le burloir :
 Dans la montagne bourbonnaise retentissait encore, à la fin du XIXe siècle, le  » burloir  » , sorte d’oliphant destiné à guider les troupeaux, à inviter la population à se rassembler pour l’annonce d’une nouvelle, ou encore à faire le charivari aux veuves et veufs convolant en nouvelles noces ; du côté de Moulins et de ses environs, on avait coutume de s’offrir le premier jour de l’An, un petit coq façonné avec de la pâte de farine, bien doré et symbolisant le bonheur que l’on se souhaitait mutuellement.

   La montagne bourbonnaise, ( dernier soubresaut des révolutions géologiques qui tourmentèrent l’Auvergne et le Forez ) , se divise en deux parties bien distinctes que sépare la Besbre (Barbara), ce torrent qu’une ondée suffit pour faire mugir ; au sud le Moutoucel, chauve et dénudé (Monte-au-Ciel), est le royaume des Pions, ceux dont la patrie est bien plus loin que d’où le soleil se lève, et qui ne craignent rien, sinon que :  » l’tounar d’Gieu l’a-z-’acraze   »!( que le tonnerre de dieu ne les  » écrase » ) et à l’est, la Madeleine, dont les flancs boisés forment l’immense forêt de l’Assise.

 C’est au canton du Mayet-de-Montagne qu’appartiennent ces pays pittoresques, où les traditions et les légendes se sont conservées comme le menhir Résultat d’images pour menhir avec croix Auvergne image jpgsur lequel saint Martin a scellé la croix . C’est là que se retrouvent les fontaines et les bois sacrés, le cercle de pierres (Ré-mur-Seint), le Ré-de-Sol, le mont Lune, les pierres du Jo, la pierre et la grotte des Fées, la pierre du Jour, les palets de Gargantua, la croix du Sun.

Paysans bourbonnais

Paysans bourbonnais

 Chaque village possède ses traditions, et chaque pierre conserve ses légendes ; les fées y sont dans leur empire, la montagne bourbonnaise est encore toute mystérieuse ;  » lo fadas  » se cachent dans les bois et dans les rochers. C’est que dans cette contrée couverte de neige pendant plus de six mois, les montagnards ont conservé leurs mœurs d’autrefois, et leur foi vive et ardente.

 Le pays est pauvre et l’herbe courte, et quand le pâtre veut rassembler son troupeau dispersé pour redescendre à la chaumière, il ne pourrait crier assez fort, mais il a façonné un instrument sur le modèle d’un ancien tout vermoulu, c’est une trompe de plus d’un pied de long et de la grosseur du bras : il a creusé avec son couteau une branche courbe de fayard (hêtre), il l’a percée avec un fer rouge, et avec ce même fer il a tracé un monogramme, sa propriété, et des ornements ; avec cette trompe qu’il nomme burloir il appelle ses animaux habitués à sa voix, et, lentement, ils descendent ces pics et ces pentes rapides aux accents du chant traditionnel  » La saint Jean  ».

    Le burloir sert aussi à transmettre la voix d’une montagne à l’autre, et à plus d’une grande lieue du pays (6 kilomètres), on appelle son voisin du village. Les maisons sont groupées par village et chacun d’eux porte son nom : Chez Pion, Chez Girardière. Mais le principal office du burloir est d’appeler aux offices de la Semaine-Sainte les habitants de la commune que les cloches muettes de l’église n’avertissent plus ; les gars montent au clocher, et sur un thème convenu, ils annoncent ensemble l’heure des offices.

   Par extension, le burloir sert aussi à un très singulier usage, notamment quand une veuve semble se remarier un peu tôt : le charivari des burloirs ne manque pas de poursuivre le couple trop empressé de la mairie au domicile conjugal, et il est plus de minuit que ce concert baroque n’est pas terminé. D’autres fois, les mauvaises actions d’un habitant sont révélées par les sons graves des burloirs.

 Plus anciennement, on employait le burloir pour annoncer le rassemblement de la population au chef-lieu du village pour la lecture des édits royaux, ou pour avertir d’un danger, car le son des cloches était insuffisant, tandis que celui des burloirs se fait entendre à de très grandes distances.

Cet instrument ne devait pas être autre chose que la tradition de l’oliphant dont il a pris  la forme. C’est surtout à la Pruyne, l’une des dernières communes perdues dans la montagne bourbonnaise, que le burloir est le plus généralement employé.

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Les coqs en pâte :
 » Heureux comme un coq en pâte  » était encore voici un siècle une expression familière du Bourbonnais, et de Moulins en particulier. Comme partout, le jour de l’an était un jour de joie surtout pour les enfants qui n’avaient rien à donner et tout à recevoir, et dans chaque famille on s’abordait le matin en échangeant de bons souhaits……  Chacun s’offrait réciproquement un petit coq façonné avec de la pâte de farine, bien cuit et surtout bien doré, la tête haute et la queue bien troussée. Il était posé sur deux petits morceaux de bois fendu qui lui servaient de pattes.

    Des marchands spéciaux promenaient depuis le jour de Noël ces petits coqs en pâte, dans un large plat de vieille faïence bleutée, avec de jolis rinceaux ; les gros coqs valaient six liards en monnaie du temps, et les petits, deux liards seulement.       Au milieu du XIXe siècle, le nombre des marchands était réduit à deux et ils suffisaient, le père Paradis et son gars, à satisfaire les gens de la ville, tandis qu’autrefois il y avait un marchand à chaque coin de rue et sur toutes les places : leur quartier général était à la Bonne-Dame de Délivrance.

   Dans la région ,on dit que c’était  une allusion aux souhaits de bonheur que chacun échangeait, ce symbole du bonheur :  » Heureux comme un coq en pâte !  » Dans les dernières années du XIXe siècle, on pouvait voir de petits animaux accompagnant le coq, pétris de la même pâte, et leurs pattes façonnées du même bois. Il est possible de   comparer ces petits coqs et ces animaux à ceux que façonnaient dans l’antiquité les céramistes gaulois dans leurs officines de Toulon et de Saint-Pourçain-sur-Besbre (Allier), simultanément avec les dieux Lares. Leur ressemblance est frappante avec ces jouets primitifs fondus en bronze et découverts en Scanie, en Etrurie, et qui appartiennent à l’âge du bronze ; le rapprochement en est aussi frappant que singulier.

    L’usage de s’offrir le coq en pâte au jour de l’an est fort ancien. Les bourbonnais n’ont pas la prétention de reculer cet usage jusqu’aux temps perdus de l’histoire, mais il doit remonter à une haute antiquité. Ce n’était pas un jouet du jour, ni de spontanéité, que le coq en pâte que l’on s’offrait au jour de l’an, mais c’était la tradition d’une bien vieille coutume qui, sans être particulière à la ville de Moulins et à ses environs, pourrait bien se retrouver dans la vieille Gaule.

   Tous les historiens de l’antiquité  rapportent qu’en ce jour de Guy-l’an-neuf, chacun s’offrait des présents, des jouets, etc. Grivaud de la Vincelle, dans son grand ouvrage des Arts et Métiers, donne à la planche  la figure d’un petit coq semblable. Dans les inscriptions de Gruter , on trouve le coq brûlé en holocauste  » Holocausto gallo  ». Le coq était immolé aux dieux Lares, gardiens du foyer (Montfaucon). Caylus donna un petit bronze représentant un volatile en bronze de un pouce et demi de hauteur sur des planches gravées est  représenté un petit coq en bronze, muni d’un anneau de suspension, puis sur la même planche sont représentés plusieurs petits animaux portant le même anneau sur le dos.

 Exemple du parler typique du Bourbonnais :

Adeline Gray ?

   6 juin 1942. En pleine guerre, l’Américaine Adeline Gray teste le premier parachute en nylon……

Les hommes étant sur le front, c’est une femme qui fit le premier saut. Elle deviendra l’égérie des cigarettes Camel

6 juin 1942. En pleine guerre, l'Américaine Adeline Gray teste le premier parachute en nylon

   6 juin 1942. En pleine guerre, l’Américaine Adeline Gray teste le premier parachute en nylon

     Si le 6 juin 1944, des milliers de parachutistes participent au Débarquement, c’est un peu grâce à l’exploit réalisée, exactement deux ans plus tôt par une jeune Américaine nommée Adeline Gray. Le 6 juin 1942, cette superbe femme  qu’on verrait davantage en page centrale de Playboy que tester des parachutes, est le première parachutiste à tester une  » ombrelle  »  en nylon, à la place de la soie. Le nylon , inventé quatre ans plus tôt par du Pont de Nemours, a l’avantage de présenter toutes les caractéristiques de la soie, tout en étant bien moins cher. Dans un premier temps, le nylon est conçu pour équiper des brosses à dents, et faire des bas.

   ( Certains pensaient que le mot  » nylon  » est l’acronyme de  » Now You’ve lost Old Nippon  » ???) En fait , le mot a été inventé avec la syllabe  »ny  »  sans signification particulière , complétée par  » on  » commun à d’autres fibres comme le coton ou la rayonne .)

    À 24 ans, Adeline possède déjà 32 sauts à son actif, effectués depuis l’âge de 19 ans. C’est la seule Américaine à détenir son brevet de parachutiste, dans le Connecticut. Hormis NKM dont la tentative de parachutage sur Paris s’est révélée un échec total. Il faut noter qu’elle travaille pour un fabricant de parachutes, la firme  » Pioneer Parachute Company of Manchester  ».  Avant qu’elle ne se lance, le parachute en nylon est d’abord testée avec des mannequins en bois. Tout se passe bien. C’est maintenant à elle de faire le grand saut sous le regard des militaires. Avant de s’élancer dans le vide, Adeline cherche du regard le minuscule timbre-poste sur lequel elle est censée se poser.

 
   Dans sa tête, elle compte : 1, 2, 3… Cela lui semble une éternité. Le sol vient à sa rencontre comme propulsé par un ascenseur atomique. Elle tire sur la sangle commandant l’ouverture du parachute. « Durant un instant, rien ne se passe et puis… ça marche ! Il s’épanouit en une énorme ombrelle blanche bienvenue et vous savez alors que vous êtes sauvée… » Adeline se pose comme une fleur devant les représentants de l’armée, prêts à se jeter à ses pieds. Elle devient une  » petite héroïne  ». La presse lui consacre des articles enthousiastes. La marque de cigarettes Camel décide alors d’en faire son égérie.

« Le point T » ?

    Adeline tombe vraiment à pic pour l’industrie cigarettière dont les clients sont essentiellement masculins. Jusque là, la femme qui fume est regardée de travers. C’est une femme de mauvaise vie, une actrice, une moins que rien. Pour changer cette mauvaise image, l’industrie du tabac   » met le paquet  » en enrôlant dans ses pubs des femmes célèbres et remarquables pour leurs actes héroïques. C’est exactement le cas de cette petite blonde sexy de 24 ans qui a osé se jeter dans le vide accroché à un chiffon de nylon… Camel Résultat d’images pour illustrations paquets cigarettes camels’empresse donc de l’engager dans ses pubs.

   Le cigarettier lance la campagne « Let’s smoke, girls ». En février 1943, une pub paraît dans les journaux américains à la gloire de la parachutiste. Elle dit : « Pas étonnant que la première chose qu’Adeline Gray ait faite après avoir touché le sol ait été d’allumer une Camel. Ce que vous auriez sans doute fait aussi ! Une Camel possède toujours une saveur formidable, mais dans un moment tel que celui-ci… Bon, il n’y a pas assez de mots pour exprimer combien c’est formidable ! »

    Ne reculant devant rien, les publicitaires inventent pour elle  » le point T  », comme il y a  »le point G  »!. Mais le point T est situé au fond de la gorge. T comme tabac, throat (gorge) et taste (goût). Une bouffée de Camel sur le point T et voilà la femme expédiée au septième ciel. Le point G, puis le point T, dans la foulée, c’est le pied…lol 

 

 

 

Ma mère est ( était ) née un 28 juin ….

…..mais en 1933 , comme je n’ai rien trouvé d’intéressant pour le jour de sa naissance , j’ai choisi 100 ans avant ! …..

28 juin 1833 :

   Guizot instaure un enseignement primaire public :

   Le 28 juin 1833, au début du règne de Louis-Philippe Ier, le ministre de l’Instruction publique François Guizot Résultat d’images pour François Guizot fait voter une loi instaurant en France un enseignement primaire public et gratuit pour les enfants des familles pauvres. C’est la première étape de l‘éducation pour tous en France...

Loi Guizot du 28 juin 1833

Caricature de Daumier sur l'école (BNF)

Vers l’alphabétisation de masse :

    François Guizot, bourgeois sévère et conservateur, est aussi un pieux protestant épris des Lumières. Il exige dans la loi que chaque commune devienne, dans les six ans qui suivent, propriétaire d’un local d’école, loger et entretenir un ou plusieurs instituteurs et instruire tous les enfants en échange d’une rétribution mensuelle des familles :  » Toute commune est tenue, soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou plusieurs communes voisines, d’entretenir au moins une école primaire élémentaire  » . Cette loi  rappelle l’ordonnance royale du 13 décembre 1698 qui avait demandé la création de  » petites écoles  »​ paroissiales sans contrainte toute fois . 

   Pour la formation des instituteurs, le ministre accélère la création des Écoles normales. Les premières sont apparues sous la Révolution pour remplacer les curés dans leur fonction d’enseignants. L’article 11 de la loi stipul​e :  » Tout département sera tenu d’entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins  »​ . Il ne s’agit encore que de former des instituteurs masculins. Les écoles normales de femmes seront créées à partir de 1844 selon le bon vouloir ​des élus locaux et les départements ne seront tenus d’en ouvrir qu’à partir de 1879.

   La loi Guizot précise aussi  le contenu de l’enseignement :  » L’instruction primaire élémentaire comprend nécessairement l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures  » ..

    En  précisant :  » Le vœu des pères de famille sera toujours consulté et suivi en ce qui concerne la participation de leurs enfants à l’instruction religieuse  »  ! ( ce qui sous entend  que , dès 1833, sous le règne de Louis-Philippe, on met des limites à l’influence de l’Église )…

  L’enseignement primaire élémentaire est gratuit pour les enfants des familles pauvres  (un sur trois environ ). Pratiqué le plus souvent dans une classe unique, sans souci des niveaux, il permet aux enfants les plus faibles d’être soutenus par les autres.  ( Les châtiments corporels sont interdits par la loi dès 1834 ) .

   Dans un pays où un adulte sur deux est encore analphabète, la loi Guizot va contribuer de manière décisive à répandre l’instruction. Elle sera complétée sous le règne de Napoléon III, dans les années 1860, par l’action législative du ministre Victor Duruy et sous la IIIe République, dans les années 1880 par celle de Jules Ferry.

Une autre …version voudrait …

….. Que ce soit  au roi Louis XIV, « l’infâme despote absolu », d’avoir rendu obligatoire et gratuite la scolarisation des enfants jusqu’à l’âge de 14 ans par l’Ordonnance Royale du 13 décembre 1698. Dans certaines contrées d’ailleurs, les parents qui n’envoyaient pas leur enfants à l’école plus de deux fois dans l’année pouvaient être passibles d’une amende de 10 sols.
  L’impact de cette ordonnance n’aurait pas été nul puisque la proportion de sujets français illettrés serait passée en France de la moitié au quart, en un siècle de 1698 à 1788.

Au lecteur éventuel de choisir ….Guizot 1833 ou  Louis 14   en 1698  !

 

Pour finir….

……C’était il y a environ 73 ans : Le 5 juin 1947 exactement  ….

Le plan Marshall :

Le 5 juin 1947, le général George C. Marshall , dans un discours prononcé à l’Université de Harvard, annonce un programme d’aide au développement comme le monde n’en avait encore jamais connu.

  Ce  » programme de reconstruction européenne  »  (ou E R P) gardera dans l’Histoire le nom de son auteur. (Général G.Marshall en 1950 )

 

Générosité intéressée ?

Né en 1880 en Pennsylvanie, le rapporteur du plan a gravi les échelons sans passer par la prestigieuse académie militaire de West Point comme la plupart des officiers d’état-major américains. Conseiller militaire du président Roosevelt

                                  pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été nommé au grade de général d’armée à la fin de celle-ci.

   Secrétaire d’État (ou ministre des Affaires étrangères) dans le gouvernement du président Harry Truman, George C. Marshall veut aider l’Europe (y compris l’URSS) à se remettre sur pied au sortir de la Seconde Guerre mondiale…

    L’événement déclenchant du plan est la Grèce, victime d’une violente guerre civile entre communistes et libéraux et risquant  de tomber sous la coupe des premiers. Le 12 mars 1947, dans un discours devant le Congrès américain, le président Truman proclame sa volonté de l’aider  » à sauvegarder son régime démocratique  » . Trois mois plus tard, son Secrétaire d’État offre aux Grecs et à l‘ensemble des Européens les moyens de lutter  » contre la famine, le désespoir et le chaos  ». ! ?

   En définitive , seize pays acceptent  l’aide américaine : Autriche, Belgique, Danemark, Irlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et Turquie (en fait, tous les pays qui ont échappé en 1945 à l’occupation soviétique). En 1949, ils seront rejoints par la République fédérale allemande .

   Pour la répartition de l’aide américaine et la promotion des échanges au sein du Vieux Continent, les Européens mettent en place le 16 avril 1948 une organisation supranationale : l’ O E C E (Organisation européenne de coopération économique).

     En septembre 1961, cette organisation s’ouvrira aux autres pays développés du monde occidental et prendra le nom d’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour  » promouvoir des politiques visant à contribuer à une saine expansion économique dans les pays membres, ainsi que non membres en voie de développement  ».

çà s’est passé un 4 février ….

Il y a 120 ans ! …Le 4 /2/1900

A Neuilly-sur – Seine  naissait Monsieur Jacques Prévert Prevert.

Poète il nous a laissé des vers inoubliable (  » le cancre  » ,  » Les enfants qui s’aiment  » etc…..) . Scénariste aussi qui ne se souvient pas de  » Quai des Brumes  » ,  » Les enfants du Paradis  »……

Sans oublier de la chanson (  » les feuilles mortes  » entre autres  ) .

Libertaire et anticlérical ( ce qui ne peut que me plaire lol ) , il est mort le 11 avril 1977 à l’âge de 77 ans environ …….

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Quelques unes de ses poésies :

  L’enfance

dans le lointain de la jeunesse

l’adolescent la méprise et ne veut pas l’entendre

ce n’est plus moi dit-il

c’est un petit qui ne sait pas ce qu’il dit

mais le petit dit ce qu’il sait

même et surtout quand il se tait

L’adolescent grandit il n’a pas étouffé tous les cris
Il n’a effacé ni les rires ni les larmes…

Les éducateurs veulent le jeter dans le grand pareil au même il ne veut pas penser au pas il ne veut pas rêver à la baguette…

il veut l’enfance.

Le cancre : (vidéo )

Les enfants qui s’aiment :

Les enfants qui s’aiment
S’embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent
Les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

 

Les feuilles mortes:

Oh!
Je voudrais tant que tu te souviennes

des jours heureux où nous étions amis

En ce temps-là la vie était plus belle

et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Tu vois je n’ai pas oublié

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

les souvenirs et les regrets aussi

et le vent du nord les emporte

dans la nuit froide de l’oubli

Tu vois je n’ai pas oublié

la chanson que tu me chantais

C’est une chanson qui nous ressemble

Toi tu m’aimais

et je t’aimais

Et nous vivions tous deux ensemble

toi qui m’aimais

et que j’aimais

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment

tout doucement

sans faire de bruit

et la mer efface sur le sable

les pas des amants désunis

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

les souvenirs et les regrets aussi

Mais mon amour silencieux et fidèle

sourit toujours et remercie la vie

Je t’aimais tant tu étais si jolie

Comment veux-tu que je t’oublie

En ce temps-là la vie était plus belle

et le soleil plus brûlant qu’ aujourd’hui

Tu étais ma plus douce amie…

Mais je n’ai que faire des regrets

Et la chanson que tu chantais

toujours toujours je l’entendrai

C’est une chanson qui nous ressemble
Toi tu m’aimais et je t’aimais

Et nous vivions tous deux ensemble toi qui m’aimais que j’aimais

lais la vie sépare ceux qui s’aiment

tout doucement

sans faire de bruit

et la mer efface sur le sable

les pas des amants désunis.

etc……( beaucoup ont été mis en musique ) :

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‘ les enfants du paradis  » extraits vidéo 

 

Conte …….

Cordes…ordres…….illusion…..


   Un paysan avec 3 de ses ânes se rendait au marché pour vendre sa récolte.
La ville était loin et il lui fallait plusieurs jours pour l’atteindre.
Le premier soir, il s’arrêta pour bivouaquer non loin de la maison d’un vieil ermite.
Au moment d’attacher son dernier âne, il s’aperçut qu’il lui manquait une corde.
Si je n’attache pas mon âne se dit-il demain, il se sera sauvé dans la montagne!
Il monta sur son âne après avoir solidement attaché les 2 autres et prit la direction de la maison du vieil ermite.
  Arrivé, il demanda au vieil homme s’il n’aurait pas une corde à lui donner.
Le vieillard avait depuis longtemps fait vœu de pauvreté et n’avait pas la moindre corde,
cependant, il s’adressa au paysan et lui dit:
 » Retourne à ton campement et comme chaque jour fait le geste de passer une corde autour du cou de ton âne et n’oublie pas de feindre de l’attacher à un arbre.  »
Perdu pour perdu, le paysan fit exactement ce que lui avait conseillé le vieil homme.

   Le lendemain dès qu’il fût réveillé, le premier regard du paysan fût pour son âne.
Il était toujours là !
Après avoir chargé les 3 baudets, il décida de se mettre en route, mais là, il eut beau faire, tirer sur son âne, le pousser, rien n’y fit.
  L’âne refusait de bouger.
Désespéré, il retourna voir l’ermite et lui raconta sa mésaventure.
 » As-tu pensé à enlever la corde?  »lui demanda-t-il.
  » Mais il n’y a pas de corde!  » répondit le paysan.
 » Pour toi non, mais pour l’âne si !  »
 » Le paysan retourna au campement et d’un ample mouvement, il mima le geste de retirer la corde.
L’âne le suivit sans aucune résistance.
Source inconnue….

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   Souvent, nous sommes aussi attachés à des cordes invisibles, des habitudes, des tics, des superstitions et nous ne changeons pas facilement.
    Parfois ce sont les autres qui nous mettent des cordes lorsque nous leur donnons le pouvoir de le faire.
  Une réflexion, une croyance, un ordre, un interdit, un compliment, un chantage, une supplique… les cordes virtuelles sont nombreuses.
   Mais n’attendons pas que ce soit les autres qui enlèvent la corde, soyons assez sage pour savoir qu’elle n’est qu’illusion !

c’était un 28 décembre…..

Il y a environ 976 ans !

28 décembre 1043 :
Robert de Turlande Turlandefonde l’abbaye de La Chaise-Dieu…

    Près de mille ans plus tard, l’abbaye trône majestueusement sur le haut plateau du Livradois, partagé entre de maigres pâtures et de grandes forêts à 1080 mètres d’altitude, cerné au nord par la Sénouire et au sud par la Borne, là où l’Auvergne (région où je vis ) côtoie le Velay et le Forez. Parfois effrayante mais le plus souvent fascinante, installée au milieu du bourg, elle ne laisse personne indifférent.        L’église abbatiale a  conservé,  une grande partie de son décor et de son mobilier malgré les dégradations importantes causées par les guerres de religions et la Révolution.

ChaiseDieuabbaye

  Le 28 décembre 1043, Robert de Turlande prend possession d’une clairière dans les forêts d’Auvergne. Il fonde à cet endroit l’une des plus belles abbayes , la Chaise-Dieu, comme en témoigne encore aujourd’hui l’église abbatiale.

Une abbaye bénie du pape
Robert de Turlande : Cadet d’une grande famille d’Auvergne , né en 1001. Peu disposé au métier des armes, il est placé chez les chanoines de Brioude alors chargés de garder le tombeau de Saint Julien et devient lui même chanoine en 1026 puis prêtre. La vie qu’il mène ne le satisfait pas : Il part pour Rome, puis poursuit son voyage pour étudier la règle de Saint Benoît au mont Cassin. De retour en Auvergne, avec quelques compagnons, il prend possession d’une clairière près d’une chapelle ruinée dans les forêts du Livradois le 28 décembre 1043. Un premier monastère y voit le jour en 1050 et prend le nom de Casa Dei (La Maison de Dieu). Ce monastère prend rapidement une renommée importante dans toute l’Auvergne.     L’abbaye comptera jusqu’à trois cents moines. Robert et Rencon demandent une approbation royale et pontificale, qu’ils obtiennent en 1052.
À la mort de son fondateur en 1067 ( âgé de 66 ans ), l’abbaye est déjà célèbre et dotée de riches possessions concédées par de riches et puissantes familles d’Auvergne. À l’annonce de son décès, les pèlerins affluent à l’abbaye pour vénérer sa dépouille. Très vite célébré comme un saint, il est canonisé par le pape Alexandre II en 1070. Les catholiques célèbrent depuis lors sa fête le 24 avril.
  Le 18 août 1095, le Pape Urbain II  »  consacre  » solennellement l’église abbatiale. L’abbaye prend part aux préparatifs de la première croisade prêchée par Urbain II à Clermont où il nomme Adhémar du Monteil ,  Légat apostolique pour conduire les troupes en terre Sainte. L’abbaye consent des prêts aux chevaliers ce qui lui permet d’augmenter son patrimoine. Elle joue un rôle de banquier comme d’autres monastères à cette époque.
  Le 7 mai 1342, Pierre Roger de Beaufort est élu pape sous le nom de Clément VI. Il avait été reçu en 1302, à l’âge de 10 ans, à l’abbaye de la Chaise-Dieu. En 1323 il obtient la Licence et la Maîtrise de théologie. Plusieurs fois évêque à Arras, Sens, Rouen, il est nommé cardinal en 1339. Pape à Avignon, il n’oublie pas son abbaye et lui accorde plusieurs  » bulles  » de privilèges.
L’abbaye devient  »nullius diocesis » : =>Elle est non seulement exemptée de tout impôt mais elle reçoit l’exterritorialité. Le roi de France et l’évêque de Clermont n’ont plus aucun droit ou pouvoir sur l’abbaye ! Dès 1107, le pape Pascal II avait confirmé que l’abbaye ne dépendait que du Siège apostolique et que ce privilège s’étendait à toutes ses dépendances. En 1144, Lucius II renouvelait cette protection pontificale, qualifiant l’abbaye de  » miroir de la perfection monastique ».
En 1344 ,  Clément VI  Clément VIdécide de faire reconstruire l’abbatiale. L’architecte Hugues Morel, languedocien d’origine, est désigné comme principal Maître d’œuvre. Il sera secondé dans sa tâche par Pierre Falciat et Pierre de Cébazat. Avec la participation d’une foule  d’ouvriers,  l’église romane est démolie partiellement , car il fallait conserver un lieu de culte. Un édifice important comme le laisse entrevoir la comptabilité de l’époque. Le terrain en forte pente dut être nivelé pour recevoir les fondations de l’abbatiale. Les travaux sont rapidement achevés. L’ancienne église gênant la fin des travaux, il est décidé de la détruire définitivement en janvier 1347.
   Toute la région participe à la tâche. Les ouvriers et artistes, qui se déplacent de chantier en chantier ignorent les frontières. Le latin ou lingua franca, la langue commune de ces hommes, véhicule non seulement les outils mais aussi le savoir mathématique et géométrique. Les chiffres, tels que pi ou le nombre d’or, sont indispensables à l’édification de constructions religieuses.
Jean de Chandorat , alors abbé, quitte l’abbaye pour administrer l’évêché du Puy, à la demande de Clément VI. Attaché à son abbaye, il y  reviendra une première fois en 1352 pour procéder à la translation des reliques de Saint Robert puis une seconde fois en 1353 pour accompagner la dépouille de Clément VI qui avait souhaité que son tombeau soit placé au coeur de l’abbatiale. Il décèdera en 1356 et sera inhumé dans l’abbaye .
Les travaux se poursuivent: En 1350, l’église abbatiale est en partie achevée et il ne lui manque que la façade. . La plupart des constructions en chantier s’achèvent mais il reste la décoration intérieure. Clément VI fait appel à Matteo Giovanetti giovanettide Viterbe, son peintre favori, et lui commande huit tableaux.             Pour les fresques, Matteo gagne la Chaise-Dieu en 1351 et réalise  »La vie de Saint Robert  », aujourd’hui disparue. La translation des reliques de Saint Robert sous le maître-autel de l’abbatiale semble indiquer la fin des travaux, en 1352.
Clément VI décède le 6 décembre 1352 ChaiseDieugisantclement6 en Avignon avec le regret de n’avoir pu refaire l’unité de l’Église autour du Saint-Siège romain. Après un long voyage, sa dépouille est déposée dans le chœur de l’église abbatiale, le 8 avril 1353, par l’abbé Renaud de Montclar.

Heures sombres de l’abbaye :
   Le pape Clément VI avait donné aux abbés et aux confesseurs nommés par lui le droit d’absoudre de tous les péchés. Ce qui fait que  l’abbaye devint un important centre de pèlerinage durant tout le Moyen Âge et le restera jusqu’à la Révolution.         Les travaux de construction de la tour clémentine commencés vers 1355, à l’initiative de Jean de Chandorat qui donna 12.000 florins, s’arrêtent faute d’argent. Il décède en 1378 après avoir lutté, lui aussi sans succès, pour ramener le Saint Siège à Rome.
Les travaux ne seront définitivement achevés que l’année suivante. Puissante tour carrée, d’aspect militaire, entourée de mâchicoulis et percée d’archères, la tour Clémentine sert essentiellement de tour de défense passive. Elle sera utilisée au fil du temps comme donjon, grenier, salle du trésor pour les reliques, ou comme sacristie.
    A la fin du XIVème siècle l’abbaye bénédictine de la Chaise-Dieu compte encore trois cents prieurés dans l’ensemble de ses dépendances. Mais son rayonnement tant en France qu’en Europe » décline  » fortement . Les guerres et les calamités de toutes sortes ne l’ont pas épargnée et ont contribué à la perte de certaines de ses dépendances les plus lointaines d’Italie et d’Espagne.
Le recrutement dans l’ordre bénédictin est de plus en plus difficile et la ferveur chrétienne, en ces temps troublés, a fait place au doute. A la fin de l’année 1377, les moines de l’abbaye élisent André Ayraud à leur tête. Mais le mécontentement prend place au sein de la communauté. Comme l’abbaye enregistre déjà des baisses importantes de ses revenus, André fait mettre en ordre tous les statuts et traités anciens pour les insérer dans un seul parchemin, le  » Domino  ».
En 1383, l’Anglais est en Velay et en Auvergne. Quand le pays n’est pas étouffé par la guerre, il est saigné par les exactions répétées du Duc de Berry. En 1390, un seul constat, l’Auvergne et le Velay sont ruinés. André Ayraud fonde des aumônes et fait donner du pain à tous les pauvres. Pour mettre l’abbaye à l’abri, il fait renforcer les murs d’enceinte, les munit de fortins et de fossés. Il meurt en 1420 avec la réputation d’un  »grand homme de bien ».
  L’abbaye possède toujours beaucoup de dépendances, abbayes, monastères de moniales et prieurés mais toutes ne sont pas d’égale importance. Souvent peu peuplées, mal entretenues et mal gérées, leur prospérité est en déclin. Les guerres ou les révoltes qui entraînent le pillages et les épidémies de toutes sortes,  affaiblissent l’abbaye mère. Malgré toutes ces difficultés, une grande partie de la population du village de la Chaise-Dieu travaille pour l’abbaye. Enfants ou vieillards, religieux ou laïcs, tout le monde participe aux diverses tâches nécessaires à l’entretien et à la vie du monastère. La région, en cette fin de Moyen Âge, retrouve un peu de quiétude.
L’élection du successeur d’André Ayraud est quelque peu houleuse.

     Malgré de multiples protestations, le pape Martin V confirme l’élection de Hugues de Chauvigny. En 1426, celui-ci prend des mesures contre un incendie qui ravage durant trois jours le village de la Chaise-Dieu. Hugues règnera sur l’abbaye durant 45 années.
   La fresque célèbre de la Danse macabre pourrait avoir été réalisée pendant son abbatiat, inspirée par les horreurs de l’époque. Mais, peu actif, il ne peut endiguer le déclin de l’abbaye et en août 1465, résigne en faveur de Renaud, son neveu. Renaud de Chauvigny de Blot, infirmier de l’abbaye était un personnage en vue, conseiller du roi, baron de Blot et sénéchal d’Auvergne. Pas plus actif dans son abbatiat que son oncle, il ne reste pas ou peu dans les mémoires. Il décède le 9 mai 1491.
   Le dernier abbé régulier, élu librement par la communauté, sera Jacques de Saint-Nectaire qui passe pour un abbé artiste et se distingue par un vrai goût des arts. Il fait venir des ouvriers, de France et de Flandre, pour remettre en état le réfectoire, le cloître, les bâtiments conventuels, la salle capitulaire et l’infirmerie.     Il fait aussi refaire la toiture de l’abbatiale endommagée par la foudre en 1497. On lui doit peut-être les stalles de chêne sculptées, encore visibles dans le chœur de l’abbatiale. Il est aussi le commanditaire des draps imagés (tapisseries) du chœur qui représentent des scènes de l’Ancien Testament, réalisées entre 1516 et 1518.
Le concordat de Bologne entre le pape Léon X et François Ier place l’abbaye au même rang que les autres églises de France, dans la main du roi. Jacques de Saint-Nectaire meurt le 24 octobre 1518. Désormais, l’abbé de la Chaise-Dieu est nommé par le roi. Une nouvelle ère commence pour l’abbaye, qui sera bien différente des précédentes.     

    Plusieurs abbés commendataires se succèdent sans toutefois laisser un souvenir impérissable. La plupart d’entre eux ne résident pas à l’abbaye. Quelques-uns sont restés célèbres dans l’histoire, mais pour d’autres raisons : Armand Du Plessis, duc de Richelieu, Jules Mazarin, Armand de Rohan Soubise ou Louis René-Edouard de Rohan Guémené connu comme le protagoniste de l’Affaire du collier de la Reine et dernier abbé de la Chaise-Dieu.
La Révolution met un terme à la présence de moines bénédictins et vend une partie des bâtiments comme biens nationaux. Seule l’église abbatiale conserve son statut de lieu de culte et devient église paroissiale. Depuis quelques années, la communauté Saint Jean s’est installée à la Chaise-Dieu, assurant une présence religieuse et apostolique sur ces hauts plateaux du Livradois.