Pour finir…..

   La maman dit à l’enfant  » Mets la table , nous allons manger  »  , celui -ci , quelque peu impertinent  ( mais logique ) répond :  » Pas besoin elle est déjà dans la salle à manger  » ……table

   Aujourd’hui , il est plus juste de dire   » mettre le couvert  »  , mais  si on se réfère à l’époque médiévale , l’expression  » mettre la table  » prend tout son sens  : Dans les châteaux , les seigneurs recevaient un grand nombre de convives  pour  » festoyer   ». Si les tables avaient été installées en permanence , la perte de place aurait été trop importante .

Avant le diner , les serviteurs installaient donc des tréteaux sur lesquels ils posaient de grandes planches : => Ils mettaient la table ! repas-medieval

Voici tout ce que l’on doit ( devrait ? ) à Napoléon….

…….

1 ) De sa vie militaire , l’empereur avait gardé  l’habitude de manger vite, parfois même debout ! ( même aussi à cheval !!!!) …Et quand il  » daignait se poser  » , il se contentait souvent , parait il , d’un plat de pâtes et de vin coupé d’eau . Pas franchement gastronome le  » monsieur  »  , pourtant il serait à l’origine d’ innovations autour de la table : 

2) La diplomatie  » par la table  » :

    Son  » archi-chancelier  » , Jean Jaques de Cambacérès Résultat d’images pour jean jacques de cambacérès , un grand gourmet lui aurait affirmé que  » c’est en grande partie par la table qu’on gouverne  » . Bon élève , napoléon organise ce qu’on nommerait aujourd’hui des  » diners people  » : Deux fois par semaine , il reçoit à sa table toutes les personnalités françaises ou étrangères de passage à Paris !

3) La boite de conserve : !

Napoléon cherche un moyen permettant de conserver la nourriture pour ses troupes … En 1809 ( je crois ) , Nicolas Appert Résultat d’images pour Nicolas Appert ( un confiseur ) lui présente un procédé de stérilisation des bocaux par la chaleur … » Bingo  » ! lol , il devient le fournisseur des armées napoléoniennes …( c’est l’origine de  » notre  » boite de conserve ……

4 ) Le sucre de betterave :

Pour riposter au blocus continental décidé par napoléon pour  » ruiner  » leur économie ,les anglais bloquent le transport de la canne à sucrecanne à sucre (2) provenant des Antilles  ….( Les français sont comme en hypoglycémie lol ) ..L’empereur demande alors aux meilleurs chimistes du pays de trouver une alternative …. » Euréka »  ! lol …Début janvier 1811 , un industriel nommé Benjamin Delessert Résultat d’images pour Benjamin Delessertlui présente le  » pain de sucre  »  pain de sucrefabriqué à partir de betterave . Ces pains sont parfait pour Napoléon qui en décroche sa propre légion d’honneur de sa poitrine pour l’épingler sur celle du  » héros du jour  » ….A la fin du règne de napoléon , 213 usines produisent du sucre raffiné ( la France serait toujours le premier producteur mondial  de sucre de betterave ! ? )

5 ) La baguette de pain :

Le  » fameux  » cliché du français avec la baguette Résultat d’images pour images baguette de pain sous le bras n’existerait peut-être pas sans Napoléon ! Là encore , il sagit d’une  » affaire  » militaire  

 

La  » Vache qui rit  »

La vache qui rit

Un  » premier de cordée  » au cœur du Jura…..

 » 100 % des Français ont mangé, mangent ou mangeront de La vache qui rit  », dit un slogan publicitaire. Et c’est vrai, pas seulement en France ! Qui n’en a pas mangé au moins une fois, ne serait-ce qu’à la cantine ?

  L’emblématique vache rouge hilare aux boucles d’oreilles est un bel exemple d’une réussite à la française, une histoire dans l’Histoire……

La vache qui rit est commercialisée dans 136 pays. Ouest France, DR

Des origines jurassiennes à la  »Wachkyrie  »

Tout aurait commencé dans les montagnes du Jura, en 1865, à Orgelet, près de la frontière suisse, Jules Bel (23 ans) fait l’acquisition de caves pour y débuter son activité d’affinage.

Léon Bel (1878-1957), directeur de la maison et inventeur de « La vache qui rit ». DREn 1897,  il transmet à ses deux fils, Henry et Léon, une entreprise florissante. Les nouveaux patrons installent leur atelier à Lons-le-Saunier.

  Mais quand éclate la Première Guerre mondiale, Léon (35 ans) est mobilisé et affecté au ravitaillement.

Dans son escouade, les camions de ravitaillement en viande fraîche sont ornés d’un dessin offert par un illustrateur célèbre de l’époque, Benjamin Rabier, spécialiste des animaux humoristiques. Il représente une vache hilare ( » La vache qui rit  ») dénommée  » La Wachkyrie  » ! Il s’agit d’un jeu de mots qui rappelle le surnom donné aux combattants d’en face, les  » Walkyries  », en référence à d’anciennes divinités germaniques.

La Wachkyrie, dessin de Benjamin Rabier sur les camions de ravitaillement en viande de la Grande Guerre.

Les frères Graf, la recette du fromage fondu :

Une fois la guerre finie, Léon rentre à Lons-le-Saunier pour reprendre la direction de l’entreprise familiale. Il rencontre alors deux Suisses, les frères Graf, qui ont développé à Dole une invention explosive : le fromage fondu.

Les trois premières années, « La vache qui rit » est commercialisée en boîte de conserve. DRLeur technique permet au fromage de se conserver à température ambiante longtemps après que la meule a été entamée. C’est un atout décisif pour la commercialisation même si les qualités gustatives du produit s’en ressentent..

Léon Bel peut de cette façon commercialiser les invendus de la guerre et exporter sa production au delà des frontières, dans les colonies et en Amérique.

Léon Bel n’a pas oublié la Wachkyrie de Benjamin Rabier. Il s’en inspire pour décorer ses boîtes de fromage fondu d’une vache hilare à quatre pattes sur un fond rouge. En 1921,  » La vache qui rit  » est née.

Benjamin Rabier, à nouveau sollicité, soumet plusieurs ébauches de tête de vache. Anne-Marie, épouse de Léon, ajoute son grain de sel en suggérant d’ajouter à la vache des boucles d’oreilles avec la désormais célèbre  » mise en abyme  » (les boucles d’oreille montrent une boîte qui elle-même montre une boîte qui elle-même…).

La même année, en 1924, Bel délaisse la conserve pour des portions individuelles en papier d’étain.

   Dans les années 30, La vache qui rit est un produit bien installé… Nombreux sont les fromagers à vouloir le copier. L’exemple le plus connu est  » La vache sérieuse !?  » commercialisée en 1926, également vendue en portions.

« La vache sérieuse » à été produit par la société Grosjean de 1926 à 1955. DR

La guerres, années de  » vache maigre  » :

   En 1939, la guerre met de nouveau un coup d’arrêt à cet élan. Les ventes diminuent et le rationnement oblige à réduire le taux de matière grasse. Autre bouleversement pour l’entreprise, en 1941, Léon Bel cède sa place à son gendre Robert Fievet (qui restera à la tête de l’entreprise jusqu’en 1996).

   Après la guerre, le groupe familial repart à la conquête du monde. Son produit phare s’est adapté pour traverser les époques et les continents. Et c’est peut-être pour ça que près de 100 ans plus tard, avec treize mille salariés dans le monde (2018) et des résultats à faire pâlir d’envie  » les jeunes pousses de l’internet  » ?

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Jules Bel (1842-1904), fondateur de la maison Bel. DR ( Jules Bel )Léon Bel (1878-1957), directeur de la maison et inventeur de « La vache qui rit ». DR ( Léon Bel )

Benjamin Rabier, l’illustrateur à part

   Né en 1864 à la Roche-sur-Yon, en Vendée, Benjamin Rabier était un artiste et une personnalité hors du commun. Extrêmement généreux, il avait pour habitude d’offrir ses dessins et se souciait peu de la valeur de ses œuvres. Á tel point qu’il y eu parfois des conflits de propriété intellectuelle car il avait donné les mêmes dessins à différentes entreprises.

Benjamin Rabier (1864-1939) dessinateur de La vache qui rit. DR B.Rabier

Avant même de commencer sa carrière de dessinateur, il remporta à l’âge de quinze ans le Prix de dessin de la Ville de Paris.

    Le facétieux illustrateur aimait faire rire les animaux en leur prêtant des expressions humaines, notamment dans des albums pour enfants dont le personnage le plus célèbre est Gédéon.

Il illustra les Fables de La Fontaine, travailla pour la presse, créa des carte postales, des images scolaires, des pièces de théâtre et des films d’animation en parallèle de son activité de fonctionnaire.

Dans la publicité aussi, il laissa des personnages désormais célèbres comme La vache qui rit, mais aussi  » La Baleine  » (marque de sel) ou  » Le Chat  » (marque de savon).

     Autre héritage notable, son Tintin-Lutin a inspiré Hergé dans les années 20 pour la création des aventures de Tintin et Milou.

 

L’idée circule que Benjamin Rabier et Léon Bel se sont connus pendant la guerre. En réalité, Rabier, trop âgé, n’a pas combattu. Mais une chose est sûre, son dessin sur les camions de ravitaillement en viande fraîche a connu une certaine notoriété et n’a pas échappé à Léon Bel.

graaf

afficherabier  ( affiche pub par Barbier )

La vache qui rit à la pointe

La portion individuelle, format toujours utilisé aujourd’hui, permet une conservation plus longue de la crème de fromage. Le succès est au rendez-vous et les commandes s’accélèrent.

Dans les années 20, l'entreprise bel est à la pointe de la modernité. DRPour faire face à la demande, Bel modernise son équipement notamment avec des machines afin de mécaniser l’emballage en triangle. L’entreprise quitte l’atelier historique pour une usine flambant neuve en 1926.

  Sa production est multipliée par dix : des 12 000 boîtes quotidiennes, on passe à 120 000 boîtes de crème de gruyère soit 120 tonnes de fromage fondu produits par jour. Un système de succursales et d’entrepôts est mis en place pour répondre à la demande plus rapidement que ne le permettent les moyens de transport de l’époque.

  Dans les années 30, La vache qui rit est un produit bien installé. Le groupe devient le premier employeur de Lons-le-Saunier. Une usine de fabrication est implantée en Angleterre en 1929 et une autre ouvre ses portes en Belgique en 1933. Ces deux nouvelles portes d’accès vers l’Afrique finissent d’asseoir le succès des petites portions facilement conservables même dans les pays chauds.

  Le groupe Bel travaille à d’autres produits comme le Babybel, conçu pour faire concurrence au Port Salut. Ne comptant pas s’arrêter là, il se lance dans l’une des plus ambitieuses campagnes de communication de l’époque.

Avec le succès de la « La vache qui rit », Bel devient le principal employeur de la région. DR

Le pari de la publicité…..

     Dans les années 20, la publicité de masse telle que nous la connaissons n’en était qu’à ses balbutiements. On avait tendance à croire que si le produit était bon, il se vendrait tout seul. C’était vrai en local mais ça ne l’était plus à l’échelle nationale ou internationale qu’offraient les nouveaux transports. Léon Bel en est conscient. Dès l’ouverture de sa nouvelle usine, il se dote d’un bureau de la publicité avec un budget annuel équivalent à celui de la construction de son usine. Il n’est pas le seul dans ce cas. D’autres marques prestigieuses, comme LU, Michelin, Peugeot ou Citroën multiplient comme lui les campagnes publicitaires.

  Pour tirer son épingle du jeu, Bel innove. Il y a bien sûr les publicités à la radio, dans les magazines, chez les commerçants mais aussi des jeux-concours avec des vignettes qui permettent de gagner de très beaux cadeaux comme des appareils photo ou des radios.     

    L’entreprise comprend l’importance de soigner aussi les petits consommateurs en éditant des buvards ou des protège-cahiers.

    En 1933, sur le Tour de France, Bel lance une campagne de » sponsoring  » sportif et distribue aux spectateurs échantillons et cadeaux. Des représentants se rendent chez les détaillants dans des voitures floquées. Ils distribuent des objets dérivés pour promouvoir la marque comme des affiches, plaques émaillées, présentoirs.

A partir des années 20, Bel redouble d'ingéniosité pour faire sa publicité. DR

La guerre, années de  » vache  » maigre :

Robert Fievet (1908-2002) et son épouse Andrée Bel (1910-?). DREn 1939, la guerre met de nouveau un coup d’arrêt à cet élan. Les ventes diminuent et le rationnement oblige à réduire le taux de matière grasse. D’un produit contenant 40 % de matière grasse (sur produit total), La vache qui rit devient de plus en plus maigre à 30, puis 20, 10 %… progressivement jusqu’à 0 %. Á​ la fin, on n’est même pas sûr qu’il restait des produits laitiers.

   Un concurrent en profite pour lancer la rumeur que La vache qui rit serait une  » crème de rien, à base de croute de fromage et de restes  ».

    Autre bouleversement pour l’entreprise, en 1941, le mythique entrepreneur Léon Bel cède sa place à son gendre Robert Fievet (il restera à la tête de l’entreprise jusqu’en 1996 avant de passer le relais à son fils).

  En 1943, le siège social déménage à Suresnes, sa localisation actuelle, pour se rapprocher de Paris.

Après la guerre, les consommateurs attendent plus de matière grasse. DRAprès la guerre, on remet du gras dans le fromage, et même plus qu’avant ! Cela devient un bon argument de vente. La recette est retravaillée.

   Dans cette course à la matière grasse que se livrent les fromagers, La vache qui rit renaît en 1955 et la crème de gruyère devient un  » fromage pour tartines  » tel que le précise l’appellation sur la boîte.

   On fait des mélanges pour la rendre plus onctueuse, avec de l’emmental, de la mimolette et de l’edam, la plupart produits par Bel. On va jusqu’à ajouter du beurre pour atteindre 50 % de matière grasse.

« La vachesérieuse » à été produit par la société Grosjean de 1926 à 1955. DR
La vache qui rit fait des envieux

   Nombreux sont les fromagers à avoir voulu copier La vache qui rit. L’exemple le plus connu est  »La vache sérieuse  » commercialisée en 1926, également vendue en portions, qui se voulait un » pied de nez  » à la célèbre vache rouge.  » Le rire est le propre de l’homme ! Le sérieux celui de la vache ! La vache sérieuse. On la trouve dans les maisons sérieuses ».

 » La vache qui rit  » rit jaune et va jusqu’à attaquer en justice  » La vache sérieuse  » qui perd le procès en 1955 pour contrefaçon. La malheureuse est contrainte à changer de nom. Bien d’autres tentatives de copies se sont succédées comme  » La vache qui lit  »,  » Le veau qui pleure  », La vache coquette  »,  »La belle vache  »,  » La vache savante » ,  »La vache du Jura  »… Sans que jamais aucune ne parvienne à détrôner La vache qui rit. Néanmoins la bataille est rude. Au début de son histoire, en 1923, La vache qui rit elle-même a été condamnée à verser des dommages et intérêts à la marque « La vache rouge » déposé par la société Vercasson.

Des consommateurs du monde entier, les Marocains et les Algériens sont les fans absolus de « La vache qui rit ». DR

À la conquête du marché international….

   La vache qui rit conquiert véritablement le monde à partir des années 60 en s’adaptant dans chaque pays au goût des consommateurs. Les recettes de base sont différentes. La vache qui rit se consomme nature en France mais affiche des variantes très diverses dans les autres pays : poulet, barbecue, fraise etc. Le fabriquant ajoute aussi, au besoin, calcium, zinc, fer

   Aux États-Unis, dans les années 2000, un livre à succès a conseillé aux Américaines de manger de La vache qui rit dans le cadre d’un régime. Depuis, La vache qui rit y est réputée pour être un produit diététique qui existe en version ultra light à 2 % de matière grasse.

Les goûts et la perception du produit varie selon les pays mais la vache reste. DR    Pour s’adapter toujours plus aux marchés étrangers, le nom La vache qui rit est traduit dans la langue du pays de commercialisation afin de conserver le trait d’humour. Lorsque nécessaire, le petit fromage triangulaire a su faire oublier ses origines françaises.

  Selon une étude menée au Maroc, l’un de ses principaux marchés, 80 % des personnes interrogées pensent que La vache qui rit est un produit marocain. Á l’inverse, parfois, le fromage emblématique de Bel revendique ses origines nationales.

En 1966, le Kiri voit le jour inspiré de la recette de La recette de « La vache qui rit » DRDans les dernières décennies, on a constaté en effet que, par endroits, le nom traduit n’est plus qu’une forme de sous-titre. Au Japon par exemple, être un produit français est un plus. Il y a un drapeau français ajouté sur la boîte  ! et il est important que le produit soit importé depuis la France.

   Quoiqu’il en soit aujourd’hui, La vache qui rit est, selon le site internet de son fabriquant, commercialisé dans 136 pays dont L’Algérie et le Maroc où se trouvent ses plus fervents consommateurs. Elle est produite dans quinze usines à travers le monde à raison de 121 portions par seconde (plusieurs milliards par an), ce qui en fait le quatrième fromage le plus vendu.

   La vache rouge qui a fait le succès de Bel, entreprise restée familiale, a permis au groupe de prospérer et de posséder plus de trente marques différentes, parmi lesquels Apéricubes, Babybel, ou encore Leerdammer, Boursin et Port Salut rachetés dans les années 2000, mais aussi le célèbre Kiri (1966) semblable à sa grande sœur mais à base de fromage frais.

    La vache qui rit n’a plus grand chose à voir avec la crème de gruyère des années 20 mais a su s’adapter pour traverser les époques. Et c’est peut-être pour ça que près de 100 ans plus tard, avec treize mille salariés dans le monde (2018) et des résultats à faire pâlir d’envie les jeunes pousses de l’internet, La vache qui rit continue de rire.

La maison de  »La vache qui rit  »

À l’initiative de la petite-fille de Léon Bel, le siège historique du groupe, à Lons-le-Saunier, est devenu un musée et une attraction touristique de premier plan :  » La maison de La vache qui rit  ». Parcours découverte, expositions permanentes ou temporaires et objets de collection accueillent petits et grands….

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Petit complément :