Le savoir est inutile…..mais…

    1 ) Il existe une allocation pour frais d’obsèques pour les députés français. Utilisée pour payer les enterrements des députés, des ex-députés, de leur conjoint et aussi de leurs enfants, elle a couté 573 000 euros aux contribuables en 2017.

2 ) Le forage le plus profond jamais réalisé par l’Homme est le forage de Kola, ou forage Sg3. Commencé à 1970, ce trou descend à profondeur de 12 262m (12km) dans les entrailles de la Terre, soit plus bas que le point le plus profond du globe.?

3 ) Mai 1907, Bertha Boronda a été reconnue coupable et est condamnée à 5 ans d’emprisonnement dans une prison de l’Etat du Minnesota. Elle aurait coupé le pénis de son mari avec un rasoir.!!!

4 ) Notre pouce a la même longueur que notre nez.? ! ( à contrôler )

Épidémie, révoltes, répression……..

N.B: Bien que sur ce blog ,les commentaires soient  » autorisés » : Les éventuels (rares ) lecteurs sont libres de ne pas mettre de commentaires…

…… ce que nous vivons s’est produit il y a 200 ans

Il y a bien sûr des différences, mais les ressemblances dans l’enchaînement des événements sont troublantes…..

Attaque de l'Hôtel de Ville de Paris, le 28 juillet 1830, tableau de Joseph Beaume. | Château de Versailles via Wikimedia Commons

    La monarchie de Juillet est installée depuis deux ans quand une épidémie de choléra arrive en France. Elle avait démarré en Inde et les dirigeants français avaient d’abord pensé qu’elle n’arriverait jamais jusqu’à l’Hexagone parce que… eh bien, sans doute parce qu’ils pensaient qu’elle s’arrêterait gentiment à la frontière.

   Bref, en 1832, en mars pour être précise (tiens, tiens) la maladie fait sa première victime à Paris. Au début, les journaux en plaisantent. Personne ne prend ça très au sérieux. Mais le nombre de décès se multiplie de jour en jour. Les Parisiens les plus fortunés quittent alors la ville pour se réfugier à la campagne. C’est le cas de Balzac  Résultat d’images pour balzac image jpg  , qui n’a pas de fortune mais une maîtresse dévouée, Madame de Berny, qui l’emmène dans une de ses propriétés dans l’Oise. Il y reste à l’abri de la maladie et des événements (cet homme avait un vrai talent pour passer à côté des moments historiques, c’est-à-dire deux révolutions et une insurrection).

   Dans les grandes villes comme Paris ou Marseille, la situation ne cesse de s’aggraver. Les médecins ne comprennent pas cette maladie, on entend des préconisations contradictoires. Et puis, comme la maladie touche avant tout les pauvres, on s’imagine que c’est une sorte de punition pour leur alcoolisme/saleté/impiété/guillotinage de roi. !! Certains pauvres, de leur côté, se demandent si ce ne serait pas les patrons et le gouvernement qui les empoisonnent exprès pour les affaiblir. Il faut dire que la France connaît pas mal de mouvements sociaux. De nos jours, on parlerait d’un pays fracturé. Il y a eu la révolution de 1830 et la révolte des canuts. Alors peut-être que cette pandémie arrangeait bien le gouvernement ?……

La meilleure amie de Balzac, la géniale Zulma Carraud, lui écrit avec philosophie: «Nous subirons le choléra comme nous subissons le gouvernement.»

L’immuable désir d’égalité..

Mais en juin (tiens, tiens lol ), la révolte reprend. Passons les détails, grosso modo un des opposants au régime, le général Lamarque, meurt du choléra et ses funérailles, le 5 juin, virent assez vite au rassemblement politique et à la manif. Il y a des affrontements avec les forces de l’ordre (même si une partie de la garde nationale fraternise avec les insurgés) et des barricades.

     Et là, au lieu de calmer les choses, Louis-Philippelouis philippe 1er décide qu’il est hors de question de laisser la chienlit se propager et va  »leur montrer qui est le chef  ». Le 6 juin, une véritable bataille a lieu. Cinquante-cinq morts côté armée, dix-huit pour la garde nationale et quatre-vingt-treize parmi les insurgés.

   Des députés demandent au roi d’arrêter ce bain de sang et de changer sa politique. À la place, il déclare Paris en état de siège. Les insurgés sont arrêtés et condamnés. ( en résumé )

   Cette insurrection de 1832, on ne l’étudie pas à l’école mais tout le monde la connaît sans la connaître parce que c’est celle que raconte Victor Hugo dans Les Misérables.

Et l’épidémie dans tout ça? De mars à septembre 1832, on compta 18.500 morts du choléra à Paris, 100.000 dans toute la France. Comme l’a raconté l’historienne des révolutions Mathilde Larrère, faute de payer les étudiants en médecine qui avaient apporté leur aide pendant l’épidémie, et alors qu’on promettait aux médecins une prime, le gouvernement voulut leur remettre une médaille. Ça rappelle encore quelque chose.? 

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    Après le jeu des ressemblances entre les deux époques, on pourrait bien sûr énumérer la liste bien plus longue des différences. Et elle serait sans doute aussi intéressante –vu les incroyables variétés et nuances des modes de domination. Mais ce qui ne change pas, c’est chez les dominé (·e )s le désir profond d’être traité (·e) s à égalité. Ce ressort intime qui fait que l’inégalité devient à un moment, pour celles et ceux qui la subissent, une injustice insupportable. Tellement insupportable qu’on a besoin de sortir de chez soi pour le crier, tellement insupportable que commence à poindre l’espoir que les choses pourraient changer, qu’on pourrait inventer une société moins maltraitante, moins dure, moins injuste.

Vers la révolution :

   Mais ce qui ne semble pas changer non plus, c’est la réponse à cette demande d’un présent meilleur. Cette réponse, c’est toujours la répression par la force. Les sabres, les épées, les fusils, les canons, les matraques, les tasers, les gaz sont l’expression du pouvoir face aux demandes de justice des dominé(e)s.

    Le personnage de Gavroche avait été inspiré à Victor Hugo par le tableau de Delacroix qui représentait la révolution de 1830.

( La Liberté guidant le peuple, tableau d’Eugène Delacroix (1830). )

  De nos jours, Gavroche pourrait être  un enfant noir. Et il réclame toujours la même chose: l’égalité.

   Et que se passa-t-il après juin 1832? Si le gros de l’épidémie était passé en France, cette pandémie de choléra dura à l’échelle mondiale une vingtaine d’années par intermittence.

    Des mouvements sociaux continuèrent d’éclater en France (notamment quand des patrons voulurent baisser les salaires pour des raisons économiques). Le gouvernement restreignit la liberté de la presse et renforça l’appareil répressif contre les insurgés et autres manifestant (e )s.

 

 Ceci, jusqu’à la révolution de 1848 qui mit fin au règne de Louis-Philippe et aboutit à un nouveau régime (la Deuxième République), qui fut très vite récupéré par Napoléon III pour en faire le Second Empire.

 

C’était en Juin ….

17 juin 1953 :

  Insurrection ouvrière à Berlin-Est

   Une insurrection ouvrière éclate à Berlin-Est, le 16 juin 1953, à l’initiative des ouvriers du bâtiment qui travaillent sur la  » Stalinallee  ». Elle s’étend le lendemain à toutes les villes de la République Démocratique Allemande.

    Les ouvriers dénoncent l’augmentation des cadences dans les usines et les chantiers, à salaire constant. Ces nouvelles conditions de travail leur ont été imposées par le gouvernement communiste que l’Union soviétique a mis en place dans sa zone d’occupation militaire, après l’effondrement de l’Allemagne nazie.

soulèvement à Berlin-Est en juin 1953

Naissance de la RDA …

La zone d’occupation a été transformée en un État communiste, la République Démocratique Allemande ( RDA) le 7 octobre 1949, après que les occupants en eurent pillé les ressources et transféré chez eux une grande partie des machines et des équipements industriels.

Staline avait placé à la tête de la RDA le secrétaire général du parti socialiste unifié ( »Sozialistische Einheits Partei » , ou SED), Walter Ulbricht. Celui-ci collectivise sans tarder les grandes propriétés agricoles des anciens nobles prussiens, les Junkers. Il pressure par ailleurs la classe ouvrière.

Mais après la mort de Staline, le 5 mars 1953, un séisme politique secoue le Kremlin. Beria, le nouvel homme fort de Moscou, annonce une amnistie politique pour un million de prisonniers soviétiques.

L’insurrection de l’espoir :

   Dans les pays soumis au   » joug soviétique  », on se prend à espérer… C’est ainsi qu’éclate en RDA l’insurrection ouvrière de juin 1953. À Berlin-Est, la capitale, 60 000 manifestants s’en prennent aux symboles du pouvoir communiste.

  Walter Ulbricht, faute de mieux, appelle les Soviétiques à la rescousse. Les chars noient l’insurrection dans le sang, au prix d’un grand nombre de victimes. Au moins 80 morts et 25 000 arrestations.

soulèvement à Berlin-Est en juin 1953

   Ce soulèvement démocratique et anticommuniste valut à Beria, le successeur de Staline, d’être évincé du pouvoir le 26 juin suivant, arrêté et aussitôt exécuté sur les ordres d’un  » apparatchik  », Nikita Khrouchtchev.

   La répression laisse les Occidentaux indifférents. Au plus fort de la guerre froide et quelques mois à peine après les éloges dithyrambiques qui ont accompagné les funérailles de Staline, ils se résignent à la coupure de l’Europe en deux.

   Les Allemands de l’Est échappent comme ils le peuvent à la répression. Sur 19 millions d’habitants, plus de 3 millions s’enfuient à l’Ouest avant la construction du mur de Berlin le 13 août 1961.

La Solution selon Bertold Brecht

Dans un poème intitulé  »La Solution  », écrit après la répression, le dramaturge est-allemand Bertold Brecht moque le mépris des hiérarques communistes pour le peuple :
Après l’insurrection du 17 juin,
Le secrétaire de l’Union des Écrivains
Fit distribuer des tracts dans la Stalinallee.
Le peuple, y lisait-on, a par sa faute
Perdu la confiance du gouvernement
Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts
Qu’il peut la regagner.
Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un autre ?