Île  » poubelle  » ….

Résultat d’images pour images jpg île thilafushi L’ île Thilafushi est une île des Maldives sur laquelle l’archipel jette tous ses déchets , d’où son nom d’île poubelle …..

  Thilafushi , est une île en grande partie artificielle des Maldives située à 6,85 Km à l’ouest de Malé, la capitale du pays, entre les îlots de Giraavaru et Gulhifalhu. Elle est célèbre pour être la décharge des Maldives….dont une grande partie est issue du tourisme.

Quand on pense « Maldives », on imagine une mer cristalline, un ciel bleuté et son sable fin… Normal, on n’a pas accès à l’envers du décors. Près de 300 tonnes de déchets y sont déversés chaque jour …

Histoire , pourquoi ?

 En 1992, le gouvernement ne sachant plus comment gérer une quantité toujours grandissante d’ordures (dues à l’essor du tourisme dans le pays ), avait décidé de faire acheminer à Thilafushi les déchets des îles voisines. Au départ, des fosses ( » cells  ») d’un volume total de 1 060 m3 avaient été créées pour recevoir les ordures, destinées à être ensuite enfouies. Mais ces fosses furent saturées beaucoup plus rapidement que prévu, et en l’absence de solution de rechange le déversement des ordures se fait depuis à même le sol ou l’eau.!!!!

   Depuis, l’île-poubelle de 0,43 km 2 emmagasine 330 tonnes de déchets par jour, dont environ 200 tonnes d’ordures ménagères, et 100 tonnes de déchets industriels. Chaque touriste visitant l’archipel ( un million annuellement ) produit 7,2 kg d’ordures par jour, contre 2,8 kg pour un Maldivien) ;ce qui fait que l’île croît de 1 m2 par jour.

   La conséquence de cette activité de stockage des déchets sans tri ni traitement est un niveau de pollution extraordinaire, autant du sol que de l’eau et surtout de l’air, une partie des déchets étant constamment en feu, libérant un épais panache de fumée au-dessus de l’île, qui atteint parfois la proche capitale Malé. Huiles, mercure, amiante et plomb seraient ainsi déversés dans l’écosystème en grande quantité sans le moindre contrôle.

   La croissance exponentielle de l’île a fini par intéresser certains promoteurs : le gouvernement l’ouvre donc au lotissement dès Et 57 entreprises y installent des activités, notamment un chantier naval et des entrepôts.  L’île compte plus de 260 entreprises. L’île est ainsi devenue le siège de certaines industries polluantes, comme le traitement du méthane ou du ciment. Les ouvriers (souvent originaires du Bangladesh) qui y vivent travaillent 12 heures par jour dans un environnement saturé d’émanations toxiques pour un salaire mensuel de 255 euros, ce qui est très faible même pour le pays.

  En 2004, le tsunami avait ravagé l’île et projeté la majorité des ordures et des produits toxiques dans la mer, polluant plus d’une centaine d’autres îles et mettant l’accent sur le risque national que représente Thilafushi. Les Croix-Rouge australienne et canadienne  avaient réuni près de 10 millions de dollars pour financer un système de gestion des déchets écologique et durable, mais l’absence d’initiative du gouvernement avait finalement fait échouer le projet.

   Le gouvernement maldivien a souvent été alerté sur le problème écologique mais aussi sanitaire, économique et touristique que représente l’île, mais n’a encore jamais pris la moindre mesure réelle pour changer la situation. En 2008, la Banque mondiale avait fait un prêt de 14 millions de dollars pour lancer un  » Maldives Environnementale Management Project  », mais rien ne changea pour autant à Thilafushi (cependant un incinérateur fut créé sur l’île de Vandhoo, dans l’atoll de Thaa). En 2011, le déchargement des déchets avait été temporairement interdit sur Thilafushi en raison de sa saturation et de la dérive en mer d’une grande quantité de déchets, mais en l’absence de solution de rechange le déchargement avait rapidement repris de plus belle. Un contrat avait également été signé avec l’entreprise indienne Tatva Global Renewable Energy pour faire de l’île un centre de gestion des déchets moderne, mais ce projet fut mis à l’arrêt dès l’année suivante sans que des justifications soient données, et définitivement annulé en 2014 !!!

  Le seul projet encore d’actualité était l’ouverture d’une nouvelle prison sur l’île pour .

(Vue aérienne des réservoirs pétroliers de Thilafushi, construits sur des piles de déchets compactées au bulldozer.)

2 réflexions sur “Île  » poubelle  » ….

  1. Un pays qui doit être gouverné par des branquignols et ds hommes politiques corrompus jusqu’à l’os. Quand on voit les gigantesques sommes allouées pour la dépollution de cette merveille de l’océan indien, on peut sérieusement s’interroger sur la réelle volonté politique des gouvernants d’engager une vraie politique d’assainissement et une politique écologique digne de ce nom.
    La meilleure façon de faire caler ces dirigeants serait de lancer un appel au boycott de ces îles par les touristes en leur expliquant bien les raisons profondes de ce boycott avec images à l’appui.

  2. Un prêt de 14 millions de dollars ! Et rien n’a été fait , je me demande à quoi à réellement servi la somme ? Comme toi , je me suis posé des questions sur le comportement , la volonté du gouvernement de faire quelque chose ….
    L’idée de lancer un appel au boycott des îles est bonne , mais je ne sais pas si les touristes qui se paient un séjour aux Maldives suivraient la  » consigne  » ?
    En tous cas , j’ai découvert cette horreur avec une grande surprise …..Je n’imaginais même pas qu’une telle  » île  » puisse exister .
    Merci pour avoir laissé un mot
    F.

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