Pain….

  Avec le mot pain , le français peut écrire une phrase en partant des expressions propres à notre langue  :

  Vous avec certes du pain sur la planche , mais vous n’aimez pas les planches à pain , vous ne mangez pas de ce pain là à moins qu’elles soient bonne ( les planches) comme du bon pain . Et quand vous aurez plus de la moitié de votre pain cuit , il faudra songer que le temps passe et que , finalement, la vie n’est pas longue comme un jour sans pain . On vous l’a répété souvent : Mieux vaut avoir  » pain en poche que plume au chapeau  » mais çà ne mange pas de pain de vous le répéter encore . et si vous ne voulez pas qu’on vous ôte le pain de la bouche , vous pouvez toujours gagner votre pain à la sueur de votre front , car un salaire, c’est toujours du pain béni , mais son fruit part vite comme des petits pains . Et si l’on a parfois l’occasion de manger pour une bouchée de pain , il est toujours préfèrable defaire son pain !  pains

Pierre Tremblay……….

     Si, aujourd’hui, Pierre Tremblay et sa femme Ozanne Achon, la mère de ses 12 enfants, voulaient donner une poignée de main et offrir un sourire d’une durée d’une minute à chacun de leurs descendants d’Amérique, ils devraient se tenir debout, jour et nuit, pendant deux mois. Le généalogiste Gérard Lebel a trouvé cette image sympathique pour montrer la formidable fécondité de l’ancêtre unique de tous les Tremblay d’Amérique du Nord.

   Dans  » Nos ancêtres   », un ouvrage monumental en 30 tomes, le père Lebel qualifie Pierre Tremblay de « père d’un peuple » au Nouveau Monde. L’Association des Tremblay d’Amérique (ATA) se présente fièrement comme la plus grande famille-souche en Amérique du Nord. « Les Smith et les Brown sont sans doute plus nombreux en chiffres absolus, mais ils sont issus de plusieurs lignées, tandis que les Tremblay d’Amérique remontent tous à l’ancêtre Pierre », a déjà souligné l’historien Rosaire Tremblay.

Maison ancestrale des Tremblay à Randonnai, dans le Perche

Maison ancestrale des Tremblay à Randonnai, dans le Perche

 Pierre Tremblay naît, vers 1626, à Randonnai, une obscure petite commune du Perche en France. Ses parents, Philibert Tremblay et Jeanne Coignet, s’étaient mariés trois ans plus tôt, à Saint-Firmin de Normantel, une localité voisine. Le père est laboureur à la ferme « La Filonnière », une terre dont il n’était probablement pas le propriétaire. Pierre devient orphelin de père à l’âge de 16 ans. Il a un frère et une sœur plus jeunes. Il devient soutien de famille.

   Le jeune homme rêve d’une autre vie. Dès que son frère Guillaume est en mesure de prendre soin des siens, il se laisse tenter par les sirènes des agents recruteurs de la Nouvelle-France. Le 9 avril 1647, il signe un contrat d’engagement de trois ans envers Noël Juchereau, un armateur et commerçant de Québec. Le 6 juin de la même année, il quitte le port de La Rochelle à bord de La Marguerite, un navire de 70 tonneaux. La traversée, épouvantablement éprouvante, dure deux mois. Quand Pierre Tremblay arrive à Québec, il a 21 ans. Il ne quittera plus jamais son nouveau pays.

Dessin représentant Pierre Tremblay

Dessin représentant Pierre Tremblay

  Après avoir rempli son contrat, à Québec, avec le sieur Juchereau, il cherche à s’établir comme cultivateur sur la côte de Beaupré. Au début, il aurait été à l’emploi de fermiers déjà établis, probablement les Gagnon ou les Gravel. Nous le retrouvons, à Québec, à l’automne 1657. Il vient signer son contrat de mariage chez le notaire Aubert. Il épouse Anne (Ozanne) Achon, née 24 ans plus tôt à Chambon, diocèse de La Rochelle. Elle était arrivée à Québec sur le même bateau que Paul Chomedy de Maisonneuve, de retour au pays après avoir plaidé la cause de Montréal auprès du roi.

   Pierre et Ozanne se marient le 2 octobre 1657. Deux ans plus tard, le jeune chef de famille se verra concéder une terre, à L’Ange-Gardien. Le couple aura 12 enfants, dont 10 parviennent à l’âge adulte. Six des filles sont les ancêtres féminins de familles qui laisseront des traces durables au Québec : Gagné, Savard, Pelletier, Parron, Roussin, Laforest. Les quatre fils, Pierre, Michel, Louis et Jacques, fondent des familles qui constituent les quatre branches du tronc Tremblay.

Monument commémoratif, inauguré le 21 juin 1958 et situé à L'Ange-Gardien, de l'acte de concession à Pierre Tremblay

Monument commémoratif, inauguré le 21 juin 1958 et situé à L’Ange-Gardien,
de l’acte de concession à Pierre Tremblay. 

   Pierre Tremblay va travailler la terre toute sa vie. Le 1er décembre 1678, Mgr François de Laval lui confie l’exploitation d’une ferme, à Baie-Saint-Paul. Il voit aussi à l’établissement de ses fils. Pierre, l’aîné, deviendra seigneur des Éboulements ? . Son épouse, Marie Roussin, donnera le terrain de la première église de Petite-Rivière-Saint-François. Une croix en rapelle le souvenir. Louis, père de 14 enfants, deviendra grand-père de 113 petits-enfants. Michel élèvera une famille de 14 enfants, dont 9 garçons. Jaques héritera du bien paternel à L’Ange-Gardien, où sa mère écoulera le reste de ses jours.

   Le 14 avril 1687, Pierre Tremblay assiste au mariage de sa fille Marguerite mais il est déclaré mort au moment du contrat de mariage de Louise, le 5 novembre 1689. Pierre aurait été victime d’une épidémie qui frappa la colonie, en 1688. L’acte de sépulture de l’ancêtre est introuvable ou perdu. Son épouse Ozanne lui survivra une vingtaine d’année, et sera inhumée le 24 décembre 1707, à l’âge de 75 ans, dans le cimetière de L’Ange-Gardien.